Cavalier professionnel : valoriser des chevaux et vivre de son métier
Le cavalier professionnel travaille des chevaux pour les faire progresser, les préparer à la compétition ou les valoriser avant une vente. Il peut être salarié, indépendant, cavalier de commerce ou dirigeant d’écurie, avec des revenus souvent irréguliers et une forte disponibilité.

Sommaire9 parties
Le métier en bref
- Formation
- Il n’existe pas un diplôme unique de cavalier professionnel. Le BPJEPS éducateur sportif, mention activités équestres, est le diplôme principal pour encadrer contre rémunération. Le Bac pro conduite et gestion de l’entreprise hippique, le CAP agricole dans le secteur équin, le CQP et les diplômes supérieurs comme le DEJEPS peuvent compléter un parcours sportif ou de gestion.
- Durée
- Le Bac pro CGEH se prépare en trois ans après la classe de troisième, avec des variantes selon le parcours antérieur. Un BPJEPS dure souvent de dix mois à deux ans selon l’organisme et le statut du candidat. Un DEJEPS ou un DESJEPS demande généralement une année ou davantage, selon les tests, les allègements et l’alternance.
- Accès
- Les conditions changent selon le diplôme. Le BPJEPS demande notamment un niveau équestre évalué par des tests d’exigences préalables, une aptitude médicale et les prérequis de la mention choisie. Pour travailler en compétition, il faut aussi construire une expérience sportive, monter régulièrement, sortir en concours et apprendre à gérer la préparation, les transports et les engagements.
- Salaire
- À titre indicatif, un cavalier salarié débutant peut se situer autour de 1 500 à 1 900 euros bruts par mois, selon la convention, le poste et les avantages en nature. Un cavalier confirmé peut atteindre environ 2 000 à 3 500 euros bruts mensuels, parfois davantage avec une clientèle, des ventes ou des résultats. Un indépendant n’a pas de revenu garanti et doit déduire ses charges.
- Conditions
- Le travail se déroule en écurie, au pré, dans une carrière, un manège ou sur les terrains de concours. Les horaires commencent souvent avant 7 heures et incluent les week-ends, les jours fériés et des déplacements. Monter plusieurs chevaux sollicite le dos, les jambes et les articulations. Il faut aussi porter des seaux, déplacer du matériel, curer des boxes et travailler dehors par tous les temps.
Missions du cavalier professionnel
Le cavalier professionnel évalue chaque cheval avant de le travailler : âge, niveau de dressage, locomotion, tempérament, état corporel et objectifs du propriétaire. Il construit ensuite des séances adaptées, au pas, au trot et au galop, avec du travail sur le plat, à l’obstacle ou dans la discipline choisie. Il observe la régularité des allures, la réponse aux aides et les signes de fatigue ou de douleur.
Dans une écurie de valorisation, le cavalier prépare les chevaux pour les concours et les ventes. Il entretient leur condition physique, les habitue au transport, les présente aux acheteurs et transmet un compte rendu précis. Il peut aussi longer, marcher en main, organiser la récupération, vérifier les membres après l’effort et alerter le vétérinaire en cas de boiterie, de plaie près d’une articulation ou de changement brutal de comportement.
Le métier comporte une part commerciale. Un cheval peut être confié par son propriétaire, acheté jeune puis formé, ou proposé à la vente après plusieurs mois de travail. Le cavalier doit connaître les documents d’identification, expliquer honnêtement le niveau du cheval et respecter les règles de bien-être, d’essai et de transport.
- Travail et progression des chevaux
- Préparation et participation aux concours
- Présentation aux propriétaires et aux acheteurs
- Suivi du matériel, du transport et de la récupération
- Transmission des informations au vétérinaire, au maréchal-ferrant et à l’équipe
Une journée type en écurie
La journée commence souvent par la vérification des chevaux, de l’eau, du foin et de l’état des membres. Le cavalier repère un cheval qui mange moins, reste couché, transpire anormalement ou présente une chaleur sur un tendon. Une colique, une boiterie brutale ou un cheval qui ne se relève pas nécessitent d’appeler le vétérinaire tout de suite, sans attendre la séance prévue.
Le planning alterne généralement soins, pansage, travail monté et récupération. Après avoir curé les pieds et vérifié le matériel, le cavalier échauffe chaque cheval progressivement. Une séance peut durer de vingt à quarante-cinq minutes selon l’âge, la condition physique et l’objectif. Après le travail, il marche le cheval, contrôle sa respiration, le laisse sécher et nettoie le filet, la selle et les protections.
Les jours de concours, il faut charger les chevaux, contrôler les carnets et les papiers, organiser les horaires, détendre chaque cheval puis assurer les soins après l’épreuve. Le cavalier peut rentrer tard, surtout lorsque le transport comprend plusieurs chevaux. Une partie du travail reste administrative : messages aux propriétaires, factures, engagements, commandes de fourrage et planification des séances.
- 6 h 30 à 8 h : soins, alimentation et contrôle des chevaux
- Matinée : travail monté, longe ou marche selon les chevaux
- Après chaque séance : récupération, douche si nécessaire et observation des membres
- Après-midi : nouveaux chevaux, entretien de l’écurie et échanges avec les propriétaires
- Soir : alimentation, vérification de l’eau et préparation du lendemain
Qualités et compétences utiles
Un bon cavalier professionnel ne se résume pas à savoir monter vite ou sauter haut. Il doit sentir une irrégularité dans une allure, reconnaître une tension, ajuster la difficulté et renoncer à une séance si l’état du cheval l’impose. Cette capacité d’observation protège le cheval et évite de transformer une gêne légère en blessure plus longue à soigner.
La patience compte autant que la technique. Un jeune cheval peut avoir besoin de plusieurs semaines pour accepter le van, le tondeur, les barres au sol ou l’ambiance d’un concours. Le cavalier doit décomposer les apprentissages, rester cohérent dans ses demandes et respecter les signaux de stress. Il doit également communiquer clairement avec les propriétaires, le moniteur, le vétérinaire et le maréchal-ferrant.
La forme physique se travaille comme une compétence professionnelle. Le cavalier entretient son équilibre, sa mobilité et son endurance, tout en apprenant les gestes qui protègent le dos lors du curage d’un box ou du port d’un seau. Le casque aux normes EN 1384 ou VG1 reste nécessaire à cheval, et le gilet de protection est recommandé, voire exigé selon les épreuves de cross.
- Observation fine des allures et du comportement
- Patience avec les chevaux jeunes, inquiets ou difficiles
- Organisation des séances, concours et transports
- Communication avec les propriétaires et les professionnels
- Résistance physique et respect constant des règles de sécurité
Formation et diplômes
Le Bac pro conduite et gestion de l’entreprise hippique, appelé CGEH, prépare en trois ans après la troisième aux soins, à la conduite d’une structure et au travail des chevaux. Le CAP agricole dans le domaine de l’agriculture peut constituer une première étape vers les métiers d’écurie. Ces formations donnent de l’expérience pratique, mais elles ne suffisent pas à elles seules à établir une carrière sportive de haut niveau.
Le BPJEPS éducateur sportif, mention activités équestres, permet d’encadrer et d’enseigner contre rémunération dans le champ prévu par la mention. Il demande des tests d’entrée et un niveau équestre vérifié. Le DEJEPS perfectionnement sportif peut convenir à un cavalier qui vise un niveau d’encadrement et de perfectionnement supérieur. Le DESJEPS correspond à un niveau de direction et de performance sportive plus élevé.
Le CQP peut compléter une expérience dans l’animation, les soins ou l’enseignement selon la qualification préparée. Le BTS productions animales peut aider à comprendre l’élevage, l’alimentation et la gestion, sans faire de son titulaire un cavalier professionnel à lui seul. L’AFASEC concerne surtout les métiers des courses. Les écoles nationales vétérinaires forment des vétérinaires, pas des cavaliers, même si certains étudiants pratiquent l’équitation à haut niveau.
- CAP agricole dans le secteur agricole ou équin : première qualification pratique
- Bac pro CGEH : trois ans après la troisième, avec gestion et travail en structure hippique
- BPJEPS éducateur sportif, mention activités équestres : encadrement rémunéré selon la mention
- DEJEPS et DESJEPS : perfectionnement, performance et responsabilités supérieures
- Parcours sportif : concours réguliers, formation auprès d’un professionnel et résultats vérifiables
Salaire et évolution
Les revenus dépendent du statut. Un salarié peut être rémunéré pour le travail des chevaux, l’entretien de l’écurie, l’enseignement s’il possède la qualification requise, ou l’assistance en concours. Le logement sur place, les repas ou l’accès à une écurie peuvent modifier le budget réel, sans remplacer un salaire. Les conventions collectives, l’expérience et les responsabilités font varier la rémunération.
Un indépendant facture des pensions de travail, des séances, des stages, des transports ou des commissions de vente. Son chiffre d’affaires ne correspond pas à son revenu : il doit payer les charges, le carburant, l’assurance, le matériel, les engagements, les soins imprévus et parfois la location des installations. Les gains peuvent augmenter après une vente ou un bon classement, puis baisser plusieurs mois plus tard.
Avec l’expérience, le cavalier peut devenir responsable d’écurie, entraîneur, coach, marchand de chevaux, éleveur ou gérant de structure. Le BPJEPS ouvre l’enseignement, le DEJEPS le perfectionnement sportif et le DESJEPS des responsabilités de niveau supérieur. Une spécialisation en saut d’obstacles, dressage, concours complet, endurance, courses ou commerce peut clarifier le projet et le réseau professionnel.
- Débutant salarié : environ 1 500 à 1 900 euros bruts mensuels, selon le poste et la convention
- Confirmé : environ 2 000 à 3 500 euros bruts mensuels, avec de forts écarts
- Indépendant : revenus variables selon les clients, les ventes, les charges et la saison
- Avantages en nature : logement ou repas parfois proposés, à vérifier dans le contrat
- Évolution : responsable d’écurie, entraîneur, coach, marchand, éleveur ou gérant
Débouchés et réalités du métier
Les emplois se trouvent dans les écuries de propriétaires, les écuries de compétition, les centres équestres, les élevages, les sociétés de commerce et les structures de courses. Le cavalier peut aussi travailler pour un propriétaire qui lui confie un cheval, rejoindre une équipe de concours ou créer son activité. Les premiers postes sont souvent polyvalents et associent travail monté, soins, curage et entretien.
La concurrence est réelle dans les écuries sportives, surtout pour les postes qui donnent accès à des chevaux performants et à un circuit de concours. Les résultats ne dépendent pas seulement du cavalier : budget du propriétaire, qualité des chevaux, encadrement, disponibilité des installations et état de santé comptent aussi. Il faut accepter les déplacements, les week-ends travaillés et des périodes de revenus faibles.
Avant de choisir cette voie, testez une immersion auprès d’une écurie professionnelle et comparez le contenu réel des contrats. Demandez qui assure les soins, combien de chevaux sont montés, quels horaires sont prévus, comment sont payés les concours et si le logement est déclaré. Pour approfondir votre orientation, le jeu Chevaloo peut vous aider à explorer les métiers liés au cheval à partir de situations concrètes.
- Écuries de compétition et de valorisation
- Centres équestres et structures d’enseignement
- Élevages, commerce et vente de chevaux
- Courses hippiques avec une formation adaptée
- Activité indépendante, coaching ou gestion d’écurie
Questions fréquentes
Faut-il gagner des concours pour devenir cavalier professionnel ?
Non, aucun classement unique ne donne le titre de cavalier professionnel. En revanche, des sorties régulières et des résultats lisibles rassurent les propriétaires et facilitent l’accès à des chevaux de qualité. Le niveau demandé dépend de l’activité : valorisation de jeunes chevaux, enseignement, commerce, courses ou sport de haut niveau ne reposent pas sur les mêmes compétences.
Le BPJEPS est-il obligatoire pour monter des chevaux en compétition ?
Non. Vous pouvez monter vos propres chevaux ou ceux qui vous sont confiés sans BPJEPS. Le diplôme devient nécessaire pour encadrer une activité sportive contre rémunération dans le champ concerné. Un cavalier de compétition peut donc suivre un parcours sportif sans BPJEPS, tandis qu’un cavalier qui enseigne doit vérifier la qualification exigée pour son poste.
Peut-on vivre uniquement des gains de concours ?
C’est très rare et réservé à des parcours sportifs soutenus par des propriétaires, des sponsors ou une structure commerciale. La plupart des cavaliers professionnels associent plusieurs revenus : travail et valorisation de chevaux, enseignement, coaching, stages, commerce ou gestion d’écurie. Les gains, les ventes et les primes restent variables et ne constituent pas un salaire mensuel garanti.
Quel niveau faut-il avoir avant de demander une place dans une écurie ?
Il faut surtout savoir monter avec sécurité, soigner un cheval et appliquer les consignes. Pour une écurie de compétition, un niveau correspondant à plusieurs Galops et une expérience en concours sont souvent attendus, mais les exigences changent selon la discipline. Une journée d’essai ou une immersion permet d’évaluer votre autonomie réelle, votre ponctualité et votre capacité à travailler en équipe.
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Sources
- 1.FFE, Fédération Française d’Équitation ffe.com
- 2.IFCE, Équipédia, encyclopédie du cheval equipedia.ifce.fr
- 3.ONISEP, informations sur les formations et les métiers onisep.fr
- 4.AFASEC, formations et métiers des courses hippiques afasec.fr
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