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Les aliments dangereux pour le cheval

Pain distribué en quantité, tontes de gazon, déchets de jardin, chocolat et aliments pour bovins peuvent provoquer une urgence chez le cheval. Apprenez à repérer les risques, à sécuriser la pâture et à transmettre au vétérinaire les informations utiles dès qu’une ingestion suspecte survient.

Mis à jour le 7 min de lecture

Une femme et une enfant poussent une brouette de végétaux près d’un poney pie alezan derrière la clôture d’un pré
Sommaire9 parties

Pas à pas

  1. Éloignez les chevaux

    Fermez l’accès à l’aliment, à la plante ou aux déchets sans courir ni exciter le troupeau. Placez les chevaux dans une zone sûre avec de l’eau propre, sauf consigne contraire du vétérinaire.

  2. Identifiez le produit

    Photographiez l’étiquette, la plante ou le déchet, puis conservez l’emballage et le numéro de lot. Ne jetez pas la matière suspecte avant d’avoir demandé au vétérinaire s’il souhaite un échantillon.

  3. Estimez l’ingestion

    Notez l’heure, la quantité approximative, le nombre de chevaux exposés, leur poids estimé et leur âge. Précisez si un cheval est gestant, malade, en surpoids ou sujet à la fourbure.

  4. Appelez le vétérinaire

    Appelez tout de suite en cas de chocolat, ionophore, plante inconnue ou signes digestifs et nerveux. Pour une exposition limitée sans signe, demandez néanmoins un avis dans la journée.

  5. Surveillez sans traiter

    Observez appétit, crottins, fréquence respiratoire, sueurs, agitation, faiblesse et tentatives de se rouler. Ne donnez aucun médicament, huile, charbon ou laxatif sans consigne vétérinaire.

  6. Prévenez les autres

    Informez le propriétaire, le gérant de l’écurie ou le responsable du club afin que les autres chevaux ne consomment pas le même produit. Notez l’incident dans le carnet de soins.

Pain : une friandise, jamais une ration

Le pain sec n’est pas un aliment toxique en petite quantité chez un cheval en bonne santé, mais il devient risqué lorsqu’il remplace le fourrage ou lorsqu’il est distribué par morceaux entiers. Un pain frais, humide ou moisi peut fermenter, se coincer dans l’œsophage ou déséquilibrer la ration. Le cheval mâche moins bien s’il avale de gros morceaux rapidement, surtout avec des dents irrégulières.

Pour un cheval adulte, limitez la distribution à quelques petits morceaux occasionnels, donnés à la main et sous surveillance. Ne distribuez jamais plusieurs baguettes, un sac de pain récupéré ou du pain moisi à un groupe de chevaux. Chez un poney, un âne, un cheval en surpoids ou sujet à la fourbure, évitez le pain et choisissez une récompense prévue pour les équidés, en quantité contrôlée.

  • Pain frais, humide ou moisi : à jeter, même s’il semble seulement un peu altéré.
  • Pain distribué au kilo : risque de surcharge en amidon et de troubles digestifs.
  • Cheval qui tousse, bave ou tend l’encolure après avoir mangé : appelez le vétérinaire tout de suite.
  • Ne donnez pas de pain pour faire avaler un produit ou masquer un aliment contaminé.

Tontes de gazon : un déchet qui fermente

Les tontes de gazon sont dangereuses parce qu’elles sont coupées finement, avalées très vite et compactées dans l’estomac. Leur fermentation peut produire des gaz et perturber la digestion. Elles peuvent aussi contenir des plantes indésirables, des restes de traitement, des champignons ou des débris provenant d’une tondeuse. Une poignée mélangée à une grande quantité de fourrage reste à éviter, car vous ne contrôlez ni sa composition ni sa vitesse d’ingestion.

Ne déposez jamais un tas de tonte dans un pré, même pour quelques heures. Un cheval peut en manger plusieurs kilogrammes avant que vous ne le remarquiez, surtout lorsqu’il vit sur une parcelle pauvre ou qu’il est attiré par l’odeur fraîche. Si une tonte vient d’être répandue dans l’enclos, éloignez les chevaux, retirez le maximum de matière et appelez le vétérinaire dans la journée pour demander une conduite adaptée.

  • Ramassez les tontes dans un bac fermé et placez-les hors de portée des chevaux.
  • Ne mélangez pas les tontes au foin, à la paille ou à une litière.
  • Surveillez appétit, crottins, sueurs, agitation, ventre tendu et tentatives de se rouler.
  • Coliques, abattement ou cheval qui se couche et ne se relève pas : urgence vétérinaire.

Déchets de jardin : trier avant toute distribution

Les déchets de taille et de potager ne constituent pas une ration pour un cheval. Les feuilles, branches et fruits peuvent provenir d’espèces toxiques, avoir reçu un traitement ou commencer à fermenter dans un sac. Le laurier-rose, l’if, la digitale, la ciguë, le séneçon et certaines parties du robinier figurent parmi les végétaux à tenir hors d’accès. Les feuilles flétries de certains arbres peuvent aussi devenir dangereuses.

Les glands, les châtaignes, les noyaux et les fruits tombés au sol demandent une vigilance particulière. Une accumulation dans un paddock peut entraîner ingestion répétée, troubles digestifs ou intoxication. Pour sécuriser une parcelle, retirez les branches tombées, clôturez les arbres douteux et demandez l’identification d’une plante à un vétérinaire ou à un service spécialisé. Ne mettez jamais des déchets verts dans un râtelier ou une mangeoire.

  • Écartez les sacs de feuilles, tailles de haies et tontes de la clôture.
  • Photographiez la plante entière, les feuilles et les fruits sans les manipuler à mains nues.
  • Conservez un échantillon dans un sac fermé uniquement si le vétérinaire le demande.
  • Notez l’heure, la quantité supposée et le nombre de chevaux exposés.

Chocolat et restes de cuisine

Le chocolat contient notamment de la théobromine et de la caféine, substances stimulantes qui peuvent perturber le système nerveux et cardiovasculaire. La concentration varie selon le type de chocolat : le chocolat noir et le cacao en poudre sont généralement plus concentrés que le chocolat au lait. Il n’existe pas de quantité domestique fiable à déclarer comme sûre pour tous les chevaux, car le poids, la concentration et la quantité ingérée changent le risque.

Si un cheval a mangé une tablette, des pâtisseries au chocolat, du cacao ou des déchets de cuisine, appelez le vétérinaire tout de suite. Gardez l’emballage et estimez le poids du produit, l’heure d’ingestion et le poids du cheval. Ne donnez ni huile, ni charbon, ni autre produit de votre propre initiative. Les restes salés, alcoolisés, très gras ou contenant des oignons posent également des problèmes et ne doivent pas être distribués.

  • Chocolat noir, cacao et poudre chocolatée : urgence à signaler immédiatement.
  • Conservez emballage, recette ou photographie de l’étiquette.
  • Ne faites pas marcher le cheval pour le “faire digérer”.
  • Si le cheval présente tremblements, agitation, transpiration, rythme cardiaque inhabituel ou faiblesse, urgence vétérinaire.

Plantes toxiques : prévenir l’ingestion répétée

Les plantes toxiques ne provoquent pas toutes les mêmes signes. Certaines irritent la bouche et le tube digestif, d’autres atteignent le cœur, le foie ou le système nerveux. L’if et le laurier-rose peuvent provoquer une atteinte cardiaque sévère. Le séneçon peut endommager le foie après des ingestions répétées, parfois sans signes visibles au début. Le sycomore, surtout ses samares et ses plantules, est associé à la myopathie atypique, une maladie musculaire souvent observée en automne.

Inspectez les clôtures, les haies, les abords du râtelier et les zones d’ombre au printemps puis après les tailles. Apprenez à reconnaître les plantes présentes dans votre région avec une source fiable, et retirez les végétaux douteux avant la mise à l’herbe. Une plante séchée ne devient pas forcément inoffensive : elle peut rester présente dans du foin ou des déchets de coupe. Une ingestion probable impose un appel vétérinaire immédiat, même si le cheval paraît normal.

  • Sécurisez les arbres et haies inconnus avant d’introduire un cheval dans la parcelle.
  • Ne brûlez pas et ne distribuez pas les branches retirées.
  • Surveillez faiblesse, raideur, respiration rapide, diarrhée, salivation et troubles de l’équilibre.
  • Pour plusieurs chevaux exposés, comptez-les et prévenez le vétérinaire du nombre de sujets concernés.

Aliments pour bovins : le danger des ionophores

Les ionophores sont des additifs autorisés dans certaines fabrications destinées à des espèces données, notamment pour gérer la fermentation digestive des ruminants. La monensine, la lasalocid, la narasine et la salinomycine font partie des molécules rencontrées selon les produits et les pays. Le cheval y est très sensible : une erreur de sac, une pelle partagée ou un aliment pour bovins laissé dans une écurie peut provoquer une intoxication grave, parfois mortelle.

Ne donnez jamais à un cheval un aliment étiqueté pour bovins, même en petite quantité et même si l’étiquette indique une composition “naturelle”. En cas d’ingestion, appelez le vétérinaire tout de suite avec le sac, la référence du lot, la composition, la quantité manquante, l’heure et le poids des chevaux concernés. Éloignez les animaux du produit et empêchez toute nouvelle ingestion. Il n’existe pas de seuil domestique permettant d’attendre sans avis vétérinaire.

  • Séparez les seaux, pelles et zones de stockage des aliments pour bovins.
  • Lisez l’espèce cible sur l’étiquette avant chaque distribution.
  • Ionophore suspecté : ne faites pas travailler le cheval et appelez immédiatement.
  • Faiblesse, raideur, transpiration, respiration difficile ou cheval qui tombe : urgence absolue.

Questions fréquentes

Une tranche de pain peut-elle tuer un cheval ?

Une tranche isolée ne provoque généralement pas d’intoxication chez un cheval adulte en bonne santé, mais le risque augmente avec une grande quantité, du pain moisi, une ingestion rapide ou un cheval sujet à la fourbure. Retirez le pain restant, surveillez l’animal et appelez le vétérinaire dans la journée si la quantité est importante ou inconnue.

Que faire si mon cheval a mangé des tontes de gazon ?

Éloignez-le immédiatement de la zone et retirez les tontes accessibles. Notez la durée d’exposition et la quantité approximative, puis appelez le vétérinaire dans la journée. Des coliques, un cheval qui transpire, se couche, se roule, ne crotte plus ou reste abattu imposent un appel immédiat, avec urgence si le cheval ne se relève pas.

Les restes de légumes du potager sont-ils bons pour un poney ?

Les légumes propres et identifiés ne posent pas tous le même risque, mais les déchets de potager mélangés sont difficiles à trier et peuvent contenir feuilles toxiques, plantes traitées, parties vertes ou aliments fermentés. Ne distribuez pas un sac de déchets. Préférez une récompense connue, en petite quantité, et retirez les produits inconnus de la pâture.

Pourquoi un aliment pour bovins est-il dangereux pour un cheval ?

Certains aliments pour bovins contiennent des ionophores, dont la tolérance du cheval est très faible. Une ingestion accidentelle peut atteindre les muscles et le cœur, sans seuil domestique fiable. Appelez le vétérinaire tout de suite avec l’étiquette et le lot, même si le cheval paraît normal et même si la quantité manquante semble faible.

Testez-vous

3 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.Quel aliment doit être exclu de la pâture dès qu’il est coupé ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : Les tontes de gazon. Les tontes fermentent, sont avalées rapidement et peuvent contenir des plantes ou résidus indésirables. Elles ne doivent jamais être déposées dans un pré.

  2. 2.Que faut-il faire après une ingestion suspectée d’ionophore ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : Appeler le vétérinaire tout de suite. Les ionophores peuvent provoquer une intoxication grave chez le cheval avant l’apparition de signes visibles. L’emballage et le lot aident le vétérinaire à évaluer le risque.

  3. 3.Quelle information aide le vétérinaire après une ingestion de chocolat ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : Le poids et le type de chocolat. Le type de chocolat, sa concentration, la quantité avalée, l’heure et le poids du cheval sont les repères utiles pour apprécier l’exposition.

Sources

  1. IFCE Équipédia, Alimentation du cheval equipedia.ifce.fr
  2. Réseau d’épidémiosurveillance en pathologie équine, RESPE respe.net
  3. Association vétérinaire équine française, AVEF avef.fr

Mis à jour le . Ces repères généraux ne remplacent pas l’avis du vétérinaire qui suit votre cheval. En cas de doute, appelez-le.

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