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Les coliques du cheval : reconnaître les signes et agir

Une colique désigne une douleur abdominale, parfois liée à un simple amas de gaz, parfois à une obstruction ou une lésion grave de l’intestin. Regardez les réactions de votre cheval, retirez sa nourriture et appelez le vétérinaire immédiatement dès qu’une douleur digestive vous paraît possible.

Mis à jour le 6 min de lecture

Une vétérinaire accroupie pose une main sur le flanc d’un cheval bai, tandis qu’une enfant se tient près de sa tête
Sommaire9 parties

Ces repères aident à observer et à agir vite. Le diagnostic et les traitements relèvent du vétérinaire : au moindre doute, appelez-le.

Pas à pas

  1. Sécuriser l’espace

    Éloignez les autres chevaux, retirez les objets dangereux et demandez de l’aide à un responsable si vous êtes en club ou mineur.

  2. Retirer la nourriture

    Enlevez foin, granulés, céréales, friandises et herbe disponible. Ne donnez ni huile, ni médicament, ni aliment à la seringue sans consigne vétérinaire.

  3. Appeler le vétérinaire

    Téléphonez immédiatement et décrivez l’heure de début, les signes, les crottins, l’eau, la ration récente et les éventuelles roulades.

  4. Observer les constantes

    Mesurez la température et le pouls seulement si vous maîtrisez le geste et sans retarder l’appel. Notez les résultats et leur heure.

  5. Marcher avec prudence

    Marchez quelques minutes uniquement si le cheval veut se rouler violemment et si vous pouvez rester en sécurité. Arrêtez s’il s’épuise ou devient dangereux.

  6. Surveiller sans forcer

    Laissez le cheval debout ou couché s’il reste calme, empêchez les mouvements dangereux et appliquez les instructions reçues jusqu’à l’arrivée du vétérinaire.

Reconnaître les premiers signes

Le cheval peut commencer par regarder son flanc, tourner la tête vers son ventre, gratter le sol avec un antérieur ou taper sous son ventre avec un postérieur. Il peut s’étirer comme pour uriner, bâiller, serrer les lèvres, rester immobile ou changer souvent de place. Ces signes sont parfois discrets, surtout chez un poney calme ou dans un grand troupeau.

La douleur peut ensuite provoquer des sueurs, une respiration plus rapide, des hennissements, un refus de manger, des tentatives de se coucher ou des roulades. Certains chevaux restent debout, le dos voussé et la tête basse. Mesurez la température et le pouls si vous savez le faire sans retarder l’appel. Chez un adulte au repos, le pouls se situe souvent autour de 28 à 44 battements par minute, avec des variations individuelles.

  • Il regarde plusieurs fois ses flancs ou son ventre.
  • Il gratte, tape sous son ventre ou s’étire de manière inhabituelle.
  • Il se couche, se relève, se roule ou cherche à se rouler.
  • Il transpire sans effort ou présente une respiration accélérée.
  • Il refuse son foin ou ne produit plus de crottins comme d’habitude.

Appeler le vétérinaire immédiatement

Toute douleur abdominale inhabituelle justifie un appel immédiat au vétérinaire, même si les signes paraissent modérés. Une colique peut évoluer rapidement, et l’intensité de la douleur ne permet pas à elle seule de connaître la gravité. Appelez aussi si le cheval se roule, transpire, reste couché, présente un ventre très distendu, a les muqueuses pâles ou foncées, ou ne répond pas à votre présence.

Lorsque vous téléphonez, indiquez l’heure de début, les signes observés, la présence de crottins, la dernière prise de nourriture et d’eau, la température et le pouls si vous les avez mesurés. Précisez les changements récents de ration, de pâture, de transport ou d’exercice. En 2026, une visite urgente coûte souvent environ 150 à 400 euros avant les examens, les médicaments, les soins et un éventuel transport, avec de fortes variations selon la région, l’horaire et la clinique.

Agir en attendant le vétérinaire

Retirez immédiatement le foin, les granulés, les céréales, les carottes et les friandises. Ne forcez pas le cheval à boire et ne lui donnez aucun médicament, huile ou aliment à la seringue sans consigne vétérinaire. Éloignez les autres chevaux, gardez l’animal dans un espace dégagé et préparez son dossier de soins, son numéro d’identification et l’accès à l’écurie.

Marchez quelques minutes uniquement si le cheval cherche à se rouler violemment et si vous pouvez le conduire sans chute, morsure, coup de pied ni épuisement. Utilisez un licol bien ajusté, restez à son épaule et évitez les cercles serrés. S’il reste calme debout ou couché, laissez-le dans la position choisie, surveillez-le et suivez les instructions du vétérinaire. Ne le faites pas marcher jusqu’à l’arrivée du praticien par principe.

  • Notez l’heure de chaque changement : douleur, roulade, crottin, eau et déplacement.
  • Retirez la nourriture sans fouiller la bouche ni provoquer de stress supplémentaire.
  • Gardez un passage libre pour le vétérinaire et préparez une lampe la nuit.
  • Ne vous placez jamais devant les antérieurs ni derrière les postérieurs pendant une roulade.
  • Demandez à un responsable du centre équestre de rester avec vous si vous êtes mineur.

Comprendre les causes possibles

Une colique peut venir d’une accumulation de gaz, d’un amas de contenu digestif, appelé impaction, d’un déplacement d’une portion d’intestin, d’une inflammation ou d’un étranglement. Une douleur liée à l’estomac, aux reins ou aux organes reproducteurs peut aussi ressembler à une colique. Seul l’examen vétérinaire permet de distinguer ces situations et d’évaluer leur gravité.

Les changements rapides de ration, l’accès soudain à une herbe riche, le manque d’eau, les repas concentrés trop volumineux, la diminution des déplacements et certains problèmes dentaires peuvent favoriser les troubles digestifs. Une infestation parasitaire, l’ingestion de sable ou une chirurgie antérieure sont d’autres facteurs possibles. L’âge, la race, le mode de vie et les antécédents modifient le risque d’un cheval à l’autre.

Réduire le risque au quotidien

Basez la ration sur un fourrage adapté et distribué régulièrement. Une fourchette courante se situe autour de 1,5 à 2 kilogrammes de matière sèche de fourrage pour 100 kilogrammes de poids vif par jour, à ajuster avec le vétérinaire ou le nutritionniste selon le travail, l’état corporel et le fourrage. Pour un cheval de 500 kilogrammes, cela correspond souvent à environ 8,5 à 12 kilogrammes de foin tel qu’il est distribué, selon son taux d’humidité.

Conservez des horaires réguliers, répartissez les aliments concentrés en plusieurs petits repas et effectuez toute transition sur environ 7 à 14 jours. Laissez une eau propre accessible en permanence, avec une consommation souvent comprise entre 20 et 60 litres par jour selon la température, le fourrage et le travail. Une sortie quotidienne, des déplacements réguliers et une vie sociale compatible avec le cheval soutiennent aussi le fonctionnement digestif.

Faites contrôler les dents au moins une fois par an, davantage chez un cheval âgé ou qui mâche mal. Demandez un plan de vermifugation raisonnée fondé sur le mode de vie et, lorsque c’est pertinent, sur des analyses de crottins. Vérifiez également les clôtures, les plantes accessibles et les zones sableuses. Notez les habitudes normales de votre cheval : appétit, crottins, quantité d’eau bue et comportement au repos.

  • Introduisez un nouvel aliment progressivement sur 7 à 14 jours.
  • Évitez les repas concentrés très volumineux et les longues périodes sans fourrage.
  • Surveillez l’abreuvement lors des transports, des fortes chaleurs et des changements de saison.
  • Pesez ou estimez les rations avec une mesure constante, plutôt qu’avec une poignée variable.
  • Faites examiner les dents régulièrement et adaptez le suivi aux besoins du cheval.

Surveiller après une crise

Après l’examen et les soins, respectez les consignes du vétérinaire sur la reprise de l’eau, du fourrage, du travail et de la sortie. Surveillez l’appétit, les crottins, le comportement, la température et le pouls pendant la période indiquée. Une douleur qui revient, une absence persistante de crottins, une faiblesse ou un cheval qui se recouche de manière répétée nécessitent un nouvel appel, même si une première amélioration avait eu lieu.

Dans une écurie ou un centre équestre, transmettez l’information au moniteur, au propriétaire et aux personnes qui assurent la surveillance. Un carnet de soins peut mentionner la date, les signes, la ration, les changements récents et les recommandations reçues. En France, les actes de médecine et de chirurgie des animaux sont encadrés par le Code rural et de la pêche maritime : un cavalier ne remplace pas l’examen du vétérinaire par une recette trouvée en ligne.

Quand appeler le vétérinaire ?

  • Tout de suiteDouleur abdominale inhabituelle, regard vers les flancs, grattage, refus de manger ou agitation
  • Tout de suiteCheval qui se couche, se relève, se roule ou transpire sans effort
  • Tout de suiteAbsence de crottins associée à une douleur, ventre distendu, faiblesse ou muqueuses anormales
  • Dans la journéeDouleur qui revient après une première amélioration ou changement persistant d’appétit et de crottins

La nuit et le week-end, le répondeur de votre vétérinaire indique le service de garde. Notez la température, le pouls et l’heure des premiers signes : ces repères l’aident à juger l’urgence.

Questions fréquentes

Un cheval qui a encore fait un crottin peut-il avoir une colique ?

Oui. Un cheval en colique peut encore produire un ou plusieurs crottins, surtout au début ou lorsqu’une partie de l’intestin fonctionne encore. La présence de crottins ne suffit donc pas à écarter une urgence. Regardez l’ensemble des signes, retirez la nourriture et appelez le vétérinaire dès qu’une douleur abdominale vous paraît inhabituelle.

Faut-il toujours faire marcher un cheval qui a des coliques ?

Non. La marche peut limiter une roulade dangereuse lorsque le cheval la recherche avec insistance, à condition de pouvoir le conduire sans risque. Elle ne doit ni épuiser l’animal ni retarder l’appel. Un cheval calme peut rester debout ou couché sous surveillance. Suivez les consignes du vétérinaire plutôt qu’une règle automatique.

Puis-je donner de l’huile ou un médicament trouvé dans ma pharmacie ?

Non. Une huile ou un médicament peut être inadapté, masquer l’évolution des signes ou présenter un risque si l’intestin est obstrué. Ne donnez rien par la bouche et ne faites pas avaler de produit avec une seringue sans instruction précise du vétérinaire, qui choisira les examens et les soins adaptés.

Quelle quantité de foin aide à prévenir les coliques ?

La ration dépend du poids, de l’état corporel, du travail et de la qualité du fourrage. Une fourchette courante est de 1,5 à 2 kilogrammes de matière sèche de fourrage pour 100 kilogrammes de poids vif par jour. Faites valider la ration, surtout pour un poney en surpoids, un cheval âgé ou un cheval ayant déjà eu des coliques.

Testez-vous

3 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.Quel signe impose d’appeler le vétérinaire immédiatement ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : Un cheval qui se roule de façon répétée et transpire. Les roulades répétées et la sueur traduisent une douleur importante possible. Elles nécessitent un appel immédiat, même si le cheval a encore produit un crottin.

  2. 2.Que retirez-vous en premier en attendant le vétérinaire ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : Le foin, les granulés et les friandises. La nourriture est retirée pour éviter d’aggraver une obstruction ou de compliquer l’examen. Ne donnez aucun produit par la bouche sans consigne vétérinaire.

  3. 3.Quelle prévention réduit le risque lié aux changements de ration ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : Faire une transition sur environ 7 à 14 jours. Une transition progressive sur environ une à deux semaines laisse le microbiote digestif s’adapter et limite les perturbations liées au changement d’aliment.

Sources

  1. IFCE Équipédia, Encyclopédie du cheval et de l’équitation equipedia.ifce.fr
  2. Association vétérinaire équine française, informations vétérinaires équines avef.fr
  3. Réseau d’épidémiosurveillance en pathologie équine, informations sanitaires respe.net
  4. Fédération française d’équitation, informations sur la pratique équestre et la sécurité ffe.com

Mis à jour le . Ces repères généraux ne remplacent pas l’avis du vétérinaire qui suit votre cheval. En cas de doute, appelez-le.

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