Température, pouls et respiration : les signes vitaux du cheval
Mesurer la température, le pouls et la respiration vous aide à repérer rapidement un changement chez un cheval. Ces valeurs s’interprètent au repos, avec l’état général, l’appétit, les crottins, les muqueuses et le comportement, puis se transmettent au propriétaire et au vétérinaire.

Sommaire9 parties
Ces repères aident à observer et à agir vite. Le diagnostic et les traitements relèvent du vétérinaire : au moindre doute, appelez-le.
Pas à pas
- 1Installer le cheval
Placez le cheval dans un endroit calme, avec un licol tenu par une personne expérimentée. Attendez 15 à 20 minutes après un effort, un transport ou une excitation.
- 2Observer l’état général
Regardez l’attitude, la respiration, la sudation, l’appétit, les crottins et la démarche avant de toucher le cheval. Une anomalie visible prime sur la recherche d’un chiffre.
- 3Prendre la température
Lubrifiez le thermomètre, placez-vous sur le côté et introduisez-le doucement dans le rectum jusqu’au signal. Ne forcez jamais et maintenez la queue sur le côté.
- 4Compter le pouls
Repérez l’artère faciale sous la mâchoire avec deux doigts, puis comptez les pulsations pendant 30 secondes, ou une minute si le rythme est irrégulier.
- 5Compter les respirations
Observez les côtes, le flanc ou les naseaux. Comptez une inspiration et l’expiration suivante comme un mouvement, pendant 30 secondes ou une minute complète.
- 6Examiner les muqueuses
Soulevez doucement la lèvre pour vérifier la couleur et l’humidité des gencives. Appuyez une seconde sur une zone rose et mesurez le retour de couleur.
- 7Noter et transmettre
Écrivez les valeurs, l’heure, les conditions et les autres signes. Prévenez le propriétaire, le moniteur ou le vétérinaire selon la gravité et l’évolution.
Les valeurs normales au repos
Chez un cheval adulte calme, la température rectale se situe généralement entre 37,5 et 38,2 °C, le pouls entre 28 et 44 pulsations par minute, et la fréquence respiratoire entre 8 et 16 mouvements par minute. Ces fourchettes varient selon les sources, l’âge, la météo, le stress et l’individu. Une mesure isolée ne suffit donc pas à poser un diagnostic.
Le pouls correspond aux battements du cœur, perceptibles dans une artère. La respiration compte un cycle d’inspiration puis d’expiration. Mesurez toujours après au moins 15 à 20 minutes de repos dans un endroit calme, jamais juste après le travail, un transport, une douche froide ou une frayeur.
- Température : 37,5 à 38,2 °C au repos.
- Pouls : 28 à 44 pulsations par minute.
- Respiration : 8 à 16 mouvements par minute.
- Un poulain, un cheval âgé ou un cheval malade peut avoir des repères différents.
Prendre la température sans se mettre en danger
Utilisez un thermomètre électronique réservé au cheval, dont le prix se situe généralement entre 10 et 30 euros en 2026. Placez-vous à côté de l’arrière-main, jamais directement derrière le cheval, et demandez à une personne expérimentée de tenir la tête avec un licol. Prévenez le cheval par la voix avant de toucher sa queue, puis écartez-la sur le côté.
Lubrifiez l’extrémité du thermomètre, introduisez-la doucement dans le rectum sur quelques centimètres et maintenez-la jusqu’au signal sonore. Ne forcez jamais si le cheval contracte fortement la queue, rue ou recule. Retirez l’appareil lentement, lisez la valeur, nettoyez-le selon sa notice et notez l’heure, l’activité récente et le résultat.
- Prenez la température au calme, idéalement à une heure comparable si vous surveillez un cheval.
- Une mesure après l’exercice peut être physiologiquement plus élevée et doit être interprétée avec le temps de récupération.
- N’attachez pas la queue et ne vous agenouillez pas derrière le cheval.
- Lavez-vous les mains après la mesure et désinfectez le thermomètre entre deux chevaux.
Compter le pouls et la respiration
Pour le pouls, posez deux doigts sous l’os de la mâchoire inférieure, dans le sillon où passe l’artère faciale. Comptez les pulsations pendant 30 secondes et multipliez par deux, ou comptez pendant une minute si le rythme paraît irrégulier. Un stéthoscope placé derrière le coude gauche permet aussi d’écouter le cœur, sans appuyer fortement.
Pour la respiration, observez les mouvements des côtes, du flanc ou des naseaux sans toucher le cheval. Une inspiration et l’expiration qui suit comptent pour un mouvement. Comptez pendant 30 secondes puis multipliez par deux, en notant si l’expiration est bruyante, si les naseaux se dilatent ou si le cheval engage fortement les muscles de son ventre.
- Comptez une minute entière si le rythme est irrégulier ou si le cheval bouge.
- Notez la valeur immédiatement dans un carnet de soins ou l’application de l’écurie.
- Comparez avec les mesures habituelles du même cheval, prises dans les mêmes conditions.
- Une fréquence élevée après un effort doit redescendre progressivement pendant la récupération.
Examiner les muqueuses et le remplissage capillaire
Les muqueuses sont les tissus humides visibles à l’intérieur de la lèvre, autour des gencives ou sous la paupière. Chez un cheval en bonne santé, elles sont généralement roses, humides et sans taches inhabituelles. Soulevez doucement la lèvre avec le licol, sans mettre les doigts entre les dents, et observez la couleur, l’humidité et d’éventuelles lésions.
Pour mesurer le temps de remplissage capillaire, appuyez une seconde avec un doigt sur la gencive rose jusqu’à faire blanchir une petite zone, puis relâchez. La couleur revient habituellement en moins de deux secondes. Une gencive très pâle, blanche, bleutée, jaune, rouge foncé, sèche ou dont la couleur revient lentement doit être signalée au vétérinaire, surtout avec un pouls rapide ou des signes de douleur.
- Rose et humide : aspect habituel chez la plupart des chevaux au repos.
- Plus de deux secondes : anomalie à contrôler et à transmettre au vétérinaire.
- Gencives sèches, très pâles, bleutées ou rouge sombre : avis vétérinaire rapide.
- Ne confondez pas une pigmentation naturelle avec une modification récente de la couleur.
Interpréter plusieurs signes ensemble
Une valeur légèrement hors fourchette peut s’expliquer par la chaleur, l’anxiété, la douleur, le transport ou un effort récent. Faites revenir le cheval au calme, vérifiez la mesure et notez son comportement, son appétit, sa consommation d’eau, ses crottins et sa démarche. Un cheval qui reste attentif et récupère normalement ne se juge pas sur un chiffre isolé.
L’association de plusieurs anomalies est plus préoccupante : température élevée et abattement, pouls rapide et muqueuses anormales, respiration accélérée et difficulté à se déplacer, ou température basse avec cheval froid et faible. Ne donnez aucun médicament de votre propre initiative et ne masquez pas les signes avant l’appel, car cela peut compliquer l’évaluation vétérinaire.
- Recontrôlez une valeur douteuse après 10 à 15 minutes de calme.
- Mesurez avant de nourrir ou de faire travailler le cheval si vous surveillez son état.
- En cas de coliques, ne retardez pas l’appel pour multiplier les mesures.
- Transmettez au vétérinaire les valeurs, les horaires et l’évolution des signes.
Préparer un contrôle utile et sûr
Une petite trousse suffit : thermomètre électronique, lubrifiant, montre avec secondes, carnet, stylo, gants et désinfectant adapté au matériel. Comptez environ 15 à 40 euros pour l’ensemble en 2026, selon le thermomètre et les produits choisis. Un stéthoscope coûte souvent davantage, autour de 20 à 80 euros, et demande un peu d’entraînement pour distinguer correctement les bruits.
Le contrôle se fait avec un cheval tenu par une personne compétente, dans une zone dégagée et calme. Portez des chaussures à talon et restez à l’épaule ou sur le côté de l’arrière-main. Ne passez jamais sous l’encolure, ne vous placez pas dans l’axe des postérieurs et arrêtez la manipulation si le cheval montre des signes de peur ou d’agacement.
- Thermomètre électronique : environ 10 à 30 euros en 2026.
- Stéthoscope : environ 20 à 80 euros en 2026.
- Notez la date, l’heure, la météo, l’activité et les trois valeurs.
- Demandez au moniteur de vous montrer la palpation de l’artère faciale avant de vous entraîner seul.
Quand appeler le vétérinaire ?
- Tout de suiteCheval couché qui ne se relève pas, très abattu, en détresse respiratoire ou présentant des coliques
- Tout de suiteMuqueuses bleutées, blanches, rouge sombre ou temps de remplissage capillaire supérieur à deux secondes
- Dans la journéeTempérature égale ou supérieure à 38,5 °C au repos après une nouvelle mesure, surtout avec abattement ou baisse d’appétit
- Dans la journéePouls supérieur à 44 au repos ou respiration supérieure à 16 avec effort respiratoire, douleur ou absence de récupération
- Sous quelques joursValeur légèrement inhabituelle qui persiste sans autre signe inquiétant
La nuit et le week-end, le répondeur de votre vétérinaire indique le service de garde. Notez la température, le pouls et l’heure des premiers signes : ces repères l’aident à juger l’urgence.
Questions fréquentes
Puis-je prendre la température juste après une séance ?
La mesure sera difficile à interpréter, car l’exercice augmente temporairement la température, le pouls et la respiration. Laissez le cheval récupérer au calme pendant au moins 15 à 20 minutes, puis notez qu’il vient de travailler. Si les valeurs restent élevées ou si le cheval récupère mal, appelez le vétérinaire dans la journée.
Comment savoir si la respiration est trop rapide ?
Comptez les mouvements du flanc ou des côtes pendant une minute complète lorsque le cheval est réellement calme. Au-delà de 16 mouvements par minute au repos, contrôlez la mesure et observez l’effort fourni pour respirer. Des naseaux très dilatés, un bruit respiratoire ou un ventre qui pousse fortement justifient un appel vétérinaire dans la journée, voire tout de suite si la gêne est marquée.
Les gencives foncées empêchent-elles le test ?
Une pigmentation naturelle peut rendre la couleur difficile à lire. Cherchez alors une zone rose visible, sous la lèvre ou sur une autre partie des gencives, sans gratter ni pincer. Si aucune zone n’est lisible, montrez la technique à votre vétérinaire ou à votre moniteur. Une modification récente, une sécheresse ou un temps de remplissage prolongé reste préoccupant.
Un pouls rapide signifie-t-il forcément une colique ?
Non. Le stress, la douleur, la chaleur, la déshydratation ou un effort récent peuvent accélérer le pouls. Recontrôlez au calme et observez le cheval. Si le pouls reste élevé, si les muqueuses sont anormales, si le cheval se couche, se roule, transpire ou regarde son ventre, appelez le vétérinaire tout de suite, car les coliques sont une urgence.
Testez-vous
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Sources
- 1.IFCE Équipédia, Santé et bien-être du cheval equipedia.ifce.fr
- 2.AVEF, Association des vétérinaires équins français avef.fr
- 3.RESPE, Réseau d’épidémiosurveillance en pathologie équine respe.net
- 4.Vetagro Sup, École nationale vétérinaire vetagro-sup.fr
Mis à jour le . Ces repères généraux ne remplacent pas l’avis du vétérinaire qui suit votre cheval. En cas de doute, appelez-le.
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