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La digestion du cheval : comprendre son petit estomac et son gros intestin

Le cheval digère comme un herbivore qui mange souvent de petites quantités. Son estomac contient environ 15 litres, il ne peut presque jamais vomir et son cæcum, associé au gros intestin, transforme les fibres grâce à une flore sensible aux changements de ration.

Mis à jour le 7 min de lecture

Une enfant présente du foin à un cheval bai tandis qu’un poney pie mange au sol devant l’écurie
Sommaire9 parties

Pas à pas

  1. Peser le fourrage

    Pesez une portion avec un peson à fourrage ou une balance, puis notez le poids du filet, du sac ou du ballot utilisé. Le volume seul ne permet pas de comparer correctement deux foins.

  2. Répartir les prises

    Divisez le fourrage en plusieurs distributions ou utilisez un dispositif adapté pour limiter les longues périodes sans manger. Conservez un accès permanent à une eau propre.

  3. Fractionner le concentré

    Répartissez l’aliment concentré en deux ou trois repas lorsque le cheval en reçoit. Ne dépassez pas la quantité prévue par la ration et la notice du produit.

  4. Changer progressivement

    Mélangez l’ancien et le nouvel aliment sur 7 à 14 jours, en augmentant par petites étapes. Allongez cette période pour un cheval sensible ou après un changement de pension.

  5. Observer les crottins

    Contrôlez chaque jour leur quantité, leur consistance, leur odeur inhabituelle et la présence éventuelle de mucus ou de sang. Toute anomalie marquée s’accompagne d’un appel vétérinaire.

  6. Réagir aux signes

    Retirez les aliments en cas de colique ou d’obstruction suspectée, gardez le cheval sous surveillance sans le faire marcher jusqu’à l’épuisement et appelez le vétérinaire tout de suite.

Le parcours des aliments dans le tube digestif

Le cheval saisit l’herbe, le foin ou les aliments avec ses lèvres et ses incisives, puis les broie avec ses molaires. La mastication humidifie la bouchée avec de la salive. Un cheval au foin produit davantage de salive qu’un cheval qui avale rapidement un aliment concentré, car il mâche plus longtemps.

L’œsophage conduit les aliments vers l’estomac, puis l’intestin grêle absorbe une grande partie des sucres, des acides aminés et des matières grasses. Le cæcum est une poche située à la jonction entre l’intestin grêle et le gros intestin. Il accueille ensuite une fermentation microbienne des fibres, poursuivie dans le côlon.

Le temps de transit varie selon le fourrage, la quantité d’eau, l’activité, le stress et l’individu. Une partie des aliments peut rester plusieurs heures dans le tube digestif, tandis que le passage complet est souvent estimé autour de 36 à 72 heures, avec de grandes variations.

  • Bouche et dents : broyage et mélange avec la salive.
  • Estomac et intestin grêle : digestion enzymatique et absorption de nombreux nutriments.
  • Cæcum et côlon : fermentation des fibres par les micro-organismes.
  • Rectum : formation et évacuation des crottins.

Un estomac de petite capacité qui ne permet presque pas de vomir

L’estomac du cheval contient environ 8 à 15 litres selon sa taille, les sources et les individus, soit une faible capacité par rapport à un cheval adulte de plusieurs centaines de kilos. Il se remplit rapidement, surtout avec un aliment concentré distribué en grande quantité. Le cheval est donc adapté à des prises fréquentes et modérées.

La jonction entre l’œsophage et l’estomac, ainsi que l’organisation musculaire de cette zone, rendent le vomissement pratiquement impossible chez le cheval. Une distension importante ou une obstruction de l’œsophage ne peut donc pas être évacuée comme chez l’être humain. Une douleur, des tentatives répétées de se coucher ou un cheval qui ne mange plus doivent être pris au sérieux.

Distribuer une grosse ration de granulés ou de céréales en une seule fois augmente la charge digestive et peut favoriser des troubles, notamment chez un cheval glouton. Fractionnez les concentrés en deux ou trois repas, utilisez une mangeoire stable et laissez le fourrage occuper la majorité du temps alimentaire.

  • Commencez par le foin ou l’herbe avant un aliment concentré lorsque l’organisation de l’écurie le permet.
  • Respectez la quantité indiquée par le fabricant et faites-la valider selon le poids, le travail et l’état corporel.
  • Évitez les changements brusques de granulés, de céréales, de foin ou de pâture.
  • Ne donnez jamais un aliment sec à un cheval qui avale très vite sans surveiller sa façon de manger.

Le cæcum et la flore digèrent les fibres

La flore digestive regroupe des bactéries et d’autres micro-organismes vivant principalement dans le cæcum et le côlon. Ils dégradent les fibres végétales que les enzymes du cheval digèrent mal. Cette fermentation produit notamment des acides gras volatils, utilisés comme source d’énergie par l’organisme.

Cette population microbienne s’adapte au type de ration. Une arrivée rapide de beaucoup d’amidon, par exemple après une forte distribution de céréales, peut perturber l’équilibre du gros intestin. La fermentation devient alors moins favorable et le risque de diarrhée, de douleur digestive ou de fourbure augmente chez certains chevaux.

La flore a besoin de temps pour s’adapter. Lors d’un changement de foin, de pâture, de granulés ou de pension, mélangez progressivement l’ancien et le nouvel aliment sur 7 à 14 jours. Pour un cheval âgé, fragile, sujet aux coliques ou déjà malade, la transition peut devoir durer plus longtemps avec l’avis du vétérinaire.

  • Basez la ration sur le fourrage, herbe, foin ou enrubannage correctement conservé.
  • Introduisez un nouvel aliment en petites quantités et augmentez par paliers.
  • Surveillez l’appétit, les crottins, l’abreuvement et l’état général chaque jour.
  • Appelez le vétérinaire dans la journée si une diarrhée persiste, s’accompagne d’abattement ou apparaît après un changement important.

Quantités et fréquence au quotidien

Pour un cheval adulte de 500 kg, une base courante correspond à environ 1,5 à 2 kg de matière sèche de fourrage pour 100 kg de poids vif par jour, selon l’activité, l’état corporel et la ration complète. Avec un foin contenant environ 85 % de matière sèche, cela représente souvent autour de 9 à 12 kg de foin par jour. Le poids réel doit être contrôlé avec un peson ou un contenant pesé.

Le besoin en aliment concentré dépend du travail, de la qualité du fourrage, de l’état corporel et du produit choisi. Beaucoup de chevaux de loisir couverts par un bon fourrage n’en ont besoin que d’une faible quantité, voire pas du tout. Quand il est utilisé, une règle de prudence souvent retenue est de ne pas dépasser environ 0,5 kg d’aliment concentré pour 100 kg de poids vif par repas, en suivant l’étiquette et l’avis du professionnel.

Un poney, un cheval sujet à la fourbure, un cheval âgé ou un cheval au repos ne se gère pas comme un cheval de sport. Pesez la ration plutôt que de mesurer au volume, car un litre de floconné, de granulé ou d’orge n’a pas le même poids. En 2026, le foin coûte fréquemment environ 0,20 à 0,60 euro par kilogramme selon la région, le conditionnement et la livraison, tandis que les aliments concentrés se situent souvent autour de 0,40 à 1,20 euro par kilogramme.

  • Fourrage : répartissez les prises sur la journée, avec un temps sans fourrage aussi court que possible.
  • Concentré : deux ou trois repas espacés sont préférables à une seule grosse ration.
  • Eau : gardez une eau propre et disponible en permanence, y compris après le travail.
  • Sel et minéraux : choisissez-les selon la ration et les besoins, sans multiplier les compléments au hasard.

Les troubles digestifs à repérer rapidement

Une colique désigne une douleur abdominale, quelle qu’en soit la cause. Le cheval peut gratter, regarder son flanc, se coucher, se rouler, transpirer, rester immobile ou refuser de manger. Mesurez si possible la température, le pouls et la fréquence respiratoire sans retarder l’appel. Une colique, une douleur qui augmente, un cheval qui se roule violemment ou une absence de crottins imposent d’appeler le vétérinaire tout de suite.

Une obstruction œsophagienne, souvent appelée bouchon, peut provoquer de la salive ou des aliments qui sortent par les naseaux, un cheval qui étire l’encolure ou tousse après avoir mangé. Retirez l’aliment et appelez le vétérinaire tout de suite. Ne versez pas d’eau ou d’huile dans la bouche et ne tentez pas de faire passer l’obstruction avec un tuyau.

La diarrhée, une baisse d’appétit ou des crottins anormalement rares peuvent suivre un changement de ration, une infection, un stress ou une autre maladie. Une diarrhée abondante, du sang, de la fièvre, un abattement ou une déshydratation nécessitent un appel vétérinaire dans la journée. Une modification légère mais persistante doit être signalée au prochain passage du vétérinaire.

  • Appelez tout de suite pour une colique ou une obstruction œsophagienne suspectée.
  • Ne donnez aucun médicament ou remède sans consigne vétérinaire.
  • Notez l’heure du dernier repas, du dernier crottin et de l’apparition des signes.
  • Éloignez les aliments en attendant les instructions du vétérinaire.

Organiser une distribution sûre

Dans une écurie, demandez qui distribue le foin, à quelle heure et en quelle quantité. Un cheval en demi-pension peut recevoir une ration différente les jours où vous venez. Écrivez les quantités en kilogrammes, le nombre de repas et les éventuels aliments interdits sur une fiche visible par les personnes qui nourrissent.

Un cheval qui mange trop vite peut avaler des bouchées volumineuses et mâcher moins longtemps. Un filet à foin à petites mailles peut ralentir la prise, à condition d’être adapté, solidement fixé et contrôlé pour éviter les accrochages. La nourriture doit rester propre, sans moisissure, terre excessive ni odeur anormale.

Les poulains et les jeunes chevaux changent progressivement de besoins avec la croissance. Le sevrage est souvent réalisé vers 6 mois, mais l’âge varie selon l’élevage et le développement du poulain. Une jument gestante, allaitante, un cheval âgé ou un poney sujet à l’embonpoint nécessite une ration calculée avec un vétérinaire ou un spécialiste de l’alimentation équine.

  • Pesez le foin et les concentrés pendant quelques jours pour étalonner vos mesures.
  • Vérifiez chaque matin l’eau, les crottins, l’appétit et l’état du cheval.
  • Changez une seule composante de la ration à la fois lorsque cela est possible.
  • Demandez l’avis du responsable d’écurie avant de modifier la ration d’un cheval de club.

Questions fréquentes

Un cheval peut-il rester plusieurs heures sans foin ?

Le cheval est adapté à une ingestion fréquente de fibres. De longues périodes répétées sans fourrage augmentent le temps passé l’estomac vide et peuvent favoriser l’ennui, l’ingestion rapide et certains troubles digestifs. Organisez les distributions ou utilisez un filet adapté pour réduire ces périodes, sans laisser un cheval sujet à l’embonpoint manger sans contrôle.

Pourquoi mon cheval ne vomit-il pas comme un chien ?

L’entrée de l’estomac et son fonctionnement rendent le vomissement pratiquement impossible chez le cheval. Une surcharge ou une obstruction ne peut donc pas être évacuée par la bouche de la même manière. Un cheval qui salive, rejette des aliments par les naseaux ou présente une douleur abdominale nécessite un appel vétérinaire tout de suite.

Le foin suffit-il pour un cheval de loisir ?

Un bon fourrage peut couvrir une grande partie des besoins d’un cheval de loisir au travail léger, mais cela dépend de sa qualité, de la quantité consommée, de l’état corporel et des minéraux disponibles. Faites analyser le foin lorsque la ration est difficile à équilibrer et demandez conseil pour un complément adapté plutôt que d’ajouter plusieurs produits.

Combien de temps faut-il pour changer de granulés ?

Comptez généralement 7 à 14 jours en mélangeant l’ancien et le nouvel aliment par étapes. Une transition plus lente convient à un cheval ayant déjà présenté des coliques, une diarrhée, une fourbure ou une sensibilité digestive. Surveillez l’appétit, les crottins et l’état général pendant toute la période.

Testez-vous

3 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.Quelle partie du tube digestif fermente principalement les fibres ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : Le cæcum et le côlon. Le cæcum et le côlon abritent les micro-organismes qui fermentent les fibres et produisent des acides gras volatils utilisables par le cheval.

  2. 2.Quelle attitude convient lors d’une suspicion d’obstruction œsophagienne ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : Retirer l’aliment et appeler le vétérinaire tout de suite. Une obstruction peut s’aggraver ou entraîner une fausse route. Il faut retirer l’aliment et demander rapidement l’avis du vétérinaire, sans introduire de liquide ou de tuyau.

  3. 3.Quelle quantité de foin correspond approximativement à 1,5 à 2 kg de matière sèche pour 100 kg chez un cheval de 500 kg ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : Environ 9 à 12 kg de foin. Pour 500 kg, cela représente 7,5 à 10 kg de matière sèche. Avec un foin contenant environ 85 % de matière sèche, on obtient approximativement 9 à 12 kg de foin.

Sources

  1. IFCE Équipédia, Alimentation et nutrition du cheval equipedia.ifce.fr
  2. IFCE, SIRE et informations officielles sur le cheval ifce.fr
  3. AVEF, Association des vétérinaires équins français avef.fr
  4. RESPE, Réseau d’épidémiosurveillance en pathologie équine respe.net

Mis à jour le . Ces repères généraux ne remplacent pas l’avis du vétérinaire qui suit votre cheval. En cas de doute, appelez-le.

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