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Changer d’alimentation sans risque chez le cheval

Un changement de foin, d’aliment concentré ou d’herbe modifie le travail du microbiote, c’est-à-dire des micro-organismes qui digèrent les fibres dans le côlon. Une transition menée sur une à trois semaines réduit les troubles digestifs et vous permet de repérer rapidement une colique, une diarrhée ou une baisse d’appétit.

Mis à jour le 7 min de lecture

Une enfant verse des grains dans le seau d’un cheval bai, au-dessus de tas de fourrage et de granulés reliés par des flèches
Sommaire9 parties

Pas à pas

  1. Pesez la ration actuelle

    Pesez séparément le foin et l’aliment concentré pendant une journée complète. Notez le poids du cheval, son état corporel, le nombre de repas et l’aspect habituel des crottins.

  2. Vérifiez le nouveau produit

    Lisez l’étiquette, la composition, les constituants analytiques et la dose recommandée. Contrôlez que le sac est sec, intact, sans odeur de moisi ni présence d’insectes.

  3. Commencez par un quart

    Remplacez environ 25 % de l’ancien foin ou aliment par le nouveau pendant deux à trois jours. Conservez les mêmes horaires et la même quantité totale lorsque le produit est un aliment concentré.

  4. Passez à la moitié

    Distribuez 50 % de chaque produit pendant deux à trois jours supplémentaires. Prolongez cette étape jusqu’à une semaine si les crottins changent ou si le cheval est sensible.

  5. Augmentez progressivement

    Passez à 75 % du nouveau produit, puis au nouveau produit seul après 7 à 10 jours pour un aliment courant. Pour un changement de foin marqué ou un cheval fragile, étendez la transition à 14 ou 21 jours.

  6. Contrôlez matin et soir

    Vérifiez l’appétit, les crottins, l’attitude, l’eau disponible et l’absence de douleur abdominale. En cas de colique marquée, d’absence de crottins ou de diarrhée abondante, appelez le vétérinaire tout de suite.

Pourquoi une transition protège la digestion

Le cheval digère principalement les fibres dans le caecum et le côlon, où vivent des bactéries adaptées à sa ration. Un changement brutal de foin, d’herbe ou d’aliment concentré peut déséquilibrer cette population et provoquer des crottins mous, des gaz ou une colique. La transition laisse au microbiote le temps de s’adapter à la nouvelle composition botanique, au taux de sucre et à la teneur en amidon.

La prudence concerne tous les chevaux, y compris un poney rustique ou un cheval vivant au pré. Elle devient particulièrement importante chez un cheval ayant déjà présenté des coliques, une diarrhée, une fourbure, un ulcère gastrique suspecté ou une perte d’état. Pour ces animaux, demandez au vétérinaire ou au responsable de l’écurie de valider la ration avant le changement.

  • Changez une seule composante à la fois quand c’est possible.
  • Pesez les aliments avec une balance, car un gobelet ne mesure pas la même masse selon le produit.
  • Notez les quantités, les horaires, les crottins et l’état corporel pendant la transition.
  • Gardez un accès permanent à une eau propre et renouvelée.

Partir du foin et du poids du cheval

Le foin constitue généralement la base de la ration. Les repères d’alimentation équine utilisent souvent 1,5 à 2 % du poids vif par jour en matière sèche, selon le travail, l’état corporel, la qualité du fourrage et la présence d’herbe. Pour un cheval de 500 kg, cela correspond approximativement à 7,5 à 10 kg de matière sèche, soit souvent 9 à 12 kg de foin tel que distribué, avec des variations selon son taux d’humidité.

Pesez deux ou trois portions du nouveau foin avant de commencer. Un filet à foin ou un ratelier limite le gaspillage et allonge le temps d’ingestion, à condition que le cheval puisse manger suffisamment. Un foin poussiéreux, moisi, très chaud au cœur de la botte ou présentant une odeur anormale ne doit pas être distribué. En cas de doute, demandez l’avis du fournisseur, du vétérinaire ou d’un conseiller en alimentation équine.

  • Pour 500 kg, pesez d’abord la quantité réellement distribuée, sans estimer uniquement au nombre de flocons.
  • Adaptez la quantité au poids et à l’état corporel, avec une note d’état régulière.
  • Évitez une longue période sans fourrage, surtout chez un cheval qui mange vite.
  • Stockez les bottes dans un endroit sec, ventilé, propre et protégé des rongeurs.

Passer à un nouveau foin

Pour un changement de foin, prévoyez au moins 7 jours lorsque les deux fourrages sont disponibles. Commencez avec environ trois quarts de l’ancien foin et un quart du nouveau pendant deux jours, puis répartissez moitié ancien et moitié nouveau pendant deux à trois jours. Terminez par un quart d’ancien et trois quarts de nouveau pendant deux jours avant de passer au nouveau foin seul.

Cette méthode doit durer jusqu’à 14 jours si le foin change fortement de texture, de maturité ou de composition, par exemple lors du passage d’un foin de prairie tardif à une luzerne riche. La luzerne est un fourrage riche en protéines et en calcium, dont la quantité doit correspondre aux besoins du cheval. Contrôlez les crottins au moins matin et soir pendant les premiers jours.

  • Jours 1 et 2 : 75 % ancien foin, 25 % nouveau.
  • Jours 3 à 5 : 50 % ancien foin, 50 % nouveau.
  • Jours 6 et 7 : 25 % ancien foin, 75 % nouveau.
  • À partir du jour 8 : nouveau foin seul si l’appétit et les crottins restent normaux.

Introduire un nouvel aliment concentré

Un aliment concentré est un complément énergétique ou protéique distribué en granulés, floconnés ou mélange. Conservez la quantité totale habituelle au début, en remplaçant progressivement l’ancien produit par le nouveau. Une progression sur 7 à 10 jours convient souvent, tandis qu’un cheval sensible, un poney sujet à la fourbure ou un aliment riche en amidon justifient plutôt 14 à 21 jours.

Répartissez les concentrés en au moins deux repas, et davantage si la quantité quotidienne est élevée. À titre de repère de sécurité alimentaire, évitez les repas volumineux et ne dépassez pas la dose indiquée sur l’étiquette sans avis professionnel. Les recommandations varient selon la densité du produit, le poids du cheval, son activité et le fourrage disponible. Le sac doit porter une étiquette lisible avec les matières premières, les constituants analytiques et les consignes d’emploi.

  • Jours 1 à 3 : 75 % ancien aliment, 25 % nouveau.
  • Jours 4 à 6 : 50 % ancien aliment, 50 % nouveau.
  • Jours 7 à 9 : 25 % ancien aliment, 75 % nouveau.
  • À partir du jour 10 : nouveau produit seul, si les crottins et l’appétit restent normaux.
  • Pour un cheval sensible, gardez chaque étape 4 à 7 jours au lieu de 3.

Surveiller les signes digestifs

Observez le cheval avant chaque repas et regardez ses crottins au moins deux fois par jour. Une légère variation de consistance peut suivre un changement de fourrage, mais des crottins très mous répétés, une diarrhée liquide, une forte baisse d’appétit, une consommation d’eau inhabituelle ou un cheval qui reste isolé demandent un avis vétérinaire dans la journée. Mesurez la température si vous savez le faire sans stress et notez l’heure, la valeur et les autres signes.

Une colique peut se manifester par une agitation inhabituelle, des grattages répétés, des regards vers le flanc, des tentatives de se coucher, des roulades, de la transpiration ou une absence de crottins. Appelez le vétérinaire tout de suite si ces signes sont marqués, se répètent ou s’accompagnent d’un cheval abattu. Une fièvre, une diarrhée abondante, un cheval qui ne mange plus ou une douleur persistante nécessitent aussi un appel rapide. Ne donnez aucun médicament de votre propre initiative.

  • Notez l’heure du dernier repas, du dernier crottin et de la dernière prise d’eau.
  • En cas de colique, retirez l’accès au nouvel aliment et suivez les consignes du vétérinaire.
  • Ne forcez jamais un cheval douloureux à marcher longtemps.
  • Prévenez le responsable de l’écurie si vous êtes demi-pensionnaire ou mineur.

Organiser la transition à l’écurie

Avant de commencer, demandez qui distribue le foin, qui pèse les aliments et quels changements sont déjà prévus au pré ou dans le box. Un cheval peut recevoir une ration modifiée par plusieurs personnes sans que le propriétaire le sache. Écrivez le nom du produit, la quantité en kilogrammes, le nombre de repas et la date de chaque étape sur une fiche visible dans la sellerie ou la graineterie.

En France, les aliments pour animaux doivent être distribués selon leur étiquetage et leurs conditions d’emploi. Les aliments médicamenteux relèvent d’un cadre vétérinaire et ne doivent pas être utilisés de votre propre initiative. La FFE et le SIRE n’imposent pas de procédure particulière pour modifier une ration courante, mais le détenteur reste responsable des soins et du bien-être de l’équidé selon les règles applicables aux animaux détenus. En pension ou en demi-pension, respectez aussi le contrat et les consignes du professionnel.

  • Faites signer ou valider le plan de transition par la personne qui nourrit le cheval.
  • Gardez une photo de l’étiquette du sac et du numéro de lot en cas de problème.
  • Demandez au propriétaire avant toute modification pour un cheval de club ou de demi-pension.
  • Réévaluez la ration après deux à trois semaines selon l’état corporel et le niveau de travail.

Questions fréquentes

Combien de temps faut-il pour changer de foin ?

Comptez au moins 7 jours si le nouveau foin ressemble à l’ancien, puis 14 jours si sa maturité, sa texture ou sa composition diffère fortement. Une transition sur 21 jours peut convenir à un poney sujet à la fourbure ou à un cheval ayant déjà eu des troubles digestifs. Gardez les deux foins disponibles pour mélanger les quantités pesées.

Puis-je changer le foin et l’aliment concentré en même temps ?

Évitez de modifier deux éléments simultanément, car vous ne saurez pas lequel a provoqué une diarrhée ou une baisse d’appétit. Commencez par le foin, stabilisez la ration pendant plusieurs jours, puis introduisez l’aliment concentré. Si le changement est imposé par une rupture de stock, ralentissez chaque étape et surveillez le cheval matin et soir.

Que faire si les crottins deviennent mous ?

Arrêtez la progression et revenez à la dernière proportion bien tolérée, sans supprimer le fourrage. Vérifiez l’eau, la qualité du foin et l’accès éventuel à une herbe très riche. Si les crottins restent mous au-delà d’une journée, deviennent liquides, s’accompagnent de fièvre, d’abattement ou d’une baisse d’appétit, appelez le vétérinaire dans la journée.

Un poney a-t-il besoin de moins de temps pour s’adapter ?

La taille du poney ne permet pas de raccourcir la transition. Les poneys peuvent être sensibles aux apports élevés en sucres et en énergie, notamment lors de la mise à l’herbe. Maintenez une progression sur 14 à 21 jours lorsque le poney est en surpoids, a déjà fait une fourbure ou reçoit un fourrage très riche, avec un avis vétérinaire si nécessaire.

Testez-vous

3 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.Quelle progression correspond à un changement de foin courant ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : 25 % nouveau, puis 50 %, puis 75 %, avant le nouveau seul. Une progression par paliers sur au moins une semaine laisse au microbiote le temps de s’adapter et facilite l’observation des crottins.

  2. 2.Quel signe impose d’appeler le vétérinaire tout de suite ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : Des roulades répétées avec transpiration et absence de crottins. Les roulades répétées, la transpiration et l’absence de crottins évoquent une douleur abdominale potentiellement urgente.

  3. 3.Quelle pratique aide à sécuriser un changement d’aliment concentré ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : Peser les quantités et répartir les concentrés en plusieurs repas. Le pesage et le fractionnement limitent les erreurs de quantité et les repas trop volumineux, surtout avec un aliment riche en amidon.

Sources

  1. IFCE Équipédia, Alimentation et nutrition du cheval equipedia.ifce.fr
  2. IFCE, Institut français du cheval et de l’équitation ifce.fr
  3. AVEF, Association vétérinaire équine française avef.fr
  4. RESPE, Réseau d’épidémiosurveillance en pathologie équine respe.net

Mis à jour le . Ces repères généraux ne remplacent pas l’avis du vétérinaire qui suit votre cheval. En cas de doute, appelez-le.

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