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Reconnaître un bon foin pour son cheval

Un bon foin nourrit le cheval tout en respectant ses voies respiratoires et sa digestion. Sa couleur, son odeur, sa texture, sa propreté et parfois une analyse de laboratoire permettent de repérer un lot adapté, avant de le distribuer au box ou au pré.

Mis à jour le 7 min de lecture

Une enfant examine une poignée de foin près d’un cheval alezan aux crins clairs qui mange un tas de foin devant l’écurie
Sommaire8 parties

Pas à pas

  1. Choisir une botte représentative

    Prenez une botte du lot que vous allez réellement distribuer, plutôt qu’un échantillon soigneusement préparé par le vendeur. Vérifiez l’étiquette, la date de récolte connue et les conditions de stockage.

  2. Sentir le foin

    Ouvrez la botte et sentez plusieurs poignées, au centre comme sur les bords. Gardez uniquement une odeur d’herbe sèche ou de paille propre, sans renfermé, vinaigre ni échauffement.

  3. Observer la matière

    Cherchez une couleur vert pâle à doré, des feuilles conservées et des tiges sèches. Refusez les zones noires, visqueuses, compactes, humides ou couvertes de poudre.

  4. Tester la poussière

    Secouez doucement une poignée dehors, dans une zone ventilée. Une pluie légère de particules végétales est possible, mais un nuage fin qui reste visible doit vous faire écarter la botte.

  5. Chercher les plantes

    Étalez une poignée sur une surface claire et recherchez des plantes inconnues, des graines abondantes, des tiges épineuses ou des fragments suspects. Photographiez-les avant de décider.

  6. Peser la ration

    Pesez une portion avec un peson, puis adaptez la quantité au poids, à l’état corporel et au travail du cheval. Pour 500 kg, le repère courant est souvent 8,5 à 12 kg de foin par jour.

  7. Stocker le lot

    Placez les bottes sur palettes, sous un toit ventilé, sans contact avec un sol ou un mur humide. Isolez immédiatement toute botte qui change d’odeur ou chauffe.

Observer la couleur et l’odeur

Un foin correctement séché garde généralement une couleur vert pâle à vert doré. Les feuilles sont visibles, les tiges restent souples et la botte ne contient pas de zones brunes, noires ou grisâtres en plaques. Une couleur très jaune peut correspondre à un foin plus mûr ou stocké longtemps, avec une valeur alimentaire souvent moindre, sans signifier automatiquement qu’il est dangereux.

Approchez une poignée de foin de votre nez avant de la donner. Une odeur d’herbe sèche, de paille propre ou de végétal séché est rassurante. Une odeur de cave, de moisi, de vinaigre, de tabac, de caramel ou d’échauffement indique une fermentation ou une dégradation possible. Si le centre de la botte paraît chaud, humide ou compact, écartez-la et demandez conseil au fournisseur.

  • Examinez plusieurs endroits de la botte, surtout le cœur et les faces internes.
  • Frottez quelques tiges entre vos doigts : elles doivent être sèches, sans film gras ni sensation visqueuse.
  • Recherchez les feuilles conservées, car elles portent une part importante des protéines et des minéraux.
  • Comparez une botte suspecte avec une botte saine du même lot, à la lumière du jour.

Repérer la poussière et les moisissures

Placez-vous dehors ou dans un local bien ventilé, puis détachez une poignée de foin. Secouez-la doucement à hauteur de poitrine et observez la lumière : une petite chute de particules végétales est normale, tandis qu’un nuage persistant de poussière fine doit vous alerter. Les spores de moisissures peuvent irriter les voies respiratoires et aggraver une toux ou un asthme équin, maladie respiratoire chronique parfois appelée « emphysème » dans le langage courant.

Les moisissures ne forment pas toujours des taches visibles. Une poudre blanche, grise ou verdâtre, des filaments, des plaques collées et une odeur de renfermé sont des signes de refus. Ne mélangez pas une botte suspecte avec du bon foin et ne comptez pas sur un trempage pour rendre un foin moisi sain. Le trempage peut réduire une partie de la poussière, mais il ne neutralise pas tous les contaminants et diminue aussi certains nutriments.

  • Faites sentir le foin à un adulte avant de le distribuer à un poney ou à un cheval.
  • Retirez immédiatement le foin poussiéreux d’un box où un cheval tousse.
  • Ne brûlez pas et ne secouez pas une botte moisie près des chevaux.
  • Éliminez le lot douteux selon les règles de votre commune ou demandez conseil à l’écurie.

Identifier les plantes indésirables

Un foin peut contenir quelques plantes de prairie sans danger, mais une plante inconnue ne doit pas être donnée par défaut. Le séneçon jacobée, l’if, la digitale, la prêle ou la fougère aigle font partie des végétaux à risque selon la plante et la quantité ingérée. Le séneçon séché reste dangereux, car son odeur et son goût deviennent moins dissuasifs dans le foin.

Ne triez pas rapidement une poignée en retirant seulement les feuilles visibles : une plante toxique peut être fragmentée et répartie dans toute la botte. Photographiez l’échantillon, conservez l’étiquette ou le numéro du lot et demandez l’identification à un vétérinaire, à l’IFCE ou à un spécialiste des plantes. Si votre cheval a mangé un foin contenant une plante potentiellement toxique, appelez le vétérinaire dans la journée, ou tout de suite s’il présente des coliques, une faiblesse marquée, des tremblements ou des difficultés respiratoires.

  • Refusez un lot où les plantes inconnues sont nombreuses ou dominantes.
  • Méfiez-vous des tiges épineuses, des graines en abondance et des fragments de plantes non identifiées.
  • Gardez une photo et un échantillon dans un sachet propre, hors de portée des enfants et des animaux.
  • Ne donnez pas de restes de taille, de déchets de jardin ou de foin récupéré sans origine connue.

Relier la qualité à la quantité distribuée

Le fourrage, c’est-à-dire l’herbe conservée sous forme de foin, doit constituer la base de la ration du cheval. Un repère couramment utilisé est d’environ 1,5 à 2 % du poids vif par jour en matière sèche, à adapter selon l’activité, l’état corporel, l’accès à l’herbe et l’avis du vétérinaire ou du nutritionniste. La matière sèche correspond à ce qui reste après retrait de l’eau.

Pour un cheval de 500 kg, cela représente souvent 7,5 à 10 kg de matière sèche. Comme un foin contient généralement autour de 85 à 90 % de matière sèche, la quantité distribuée peut se situer autour de 8,5 à 12 kg de foin par jour. Pesez une ration avec un peson au début, puis contrôlez régulièrement : une petite botte de 20 kg peut représenter presque deux jours pour un cheval, ou beaucoup moins dans un groupe.

En 2026, une petite botte de 15 à 25 kg coûte souvent environ 5 à 12 euros, tandis qu’une balle ronde de 250 à 350 kg se situe fréquemment autour de 60 à 140 euros hors livraison. Ces prix varient selon la région, la récolte, le conditionnement, la qualité botanique et le transport. Un foin moins cher devient coûteux s’il est gaspillé ou s’il provoque des problèmes respiratoires.

  • Pesez le cheval ou estimez son poids avec un ruban adapté avant de calculer une ration.
  • Répartissez le foin en plusieurs distributions ou utilisez un filet à petites mailles pour prolonger l’ingestion.
  • Conservez les bottes sur palettes, à l’abri du sol, de la pluie et des remontées d’humidité.
  • Laissez circuler l’air autour des bottes et ne collez pas le foin contre un mur humide.
  • Notez la date d’achat, le fournisseur et le numéro de lot quand il est indiqué.

Décider quand faire analyser le foin

Une analyse devient utile lorsque plusieurs chevaux du même lot maigrissent, grossissent, développent une toux persistante, présentent une fourbure, ou reçoivent une ration difficile à équilibrer. Elle mesure notamment la matière sèche, l’énergie, les protéines, les fibres et certains minéraux. Pour un poney sujet à la prise de poids ou à la fourbure, la teneur en sucres solubles peut aussi guider le choix du fourrage.

Prélevez un échantillon représentatif de plusieurs bottes du même lot, et non une seule poignée prise sur la face extérieure. Suivez la méthode du laboratoire, qui peut demander une sonde à foin et une quantité précise d’échantillon. Ne mélangez pas des récoltes, des parcelles ou des années différentes. En 2026, une analyse courante coûte souvent autour de 60 à 150 euros, davantage si elle comprend des paramètres complémentaires ; le tarif dépend du laboratoire et du nombre de mesures.

Le résultat ne remplace pas l’examen du foin ni le suivi de l’animal. Un cheval qui tousse, respire avec difficulté, ne mange plus, présente des coliques ou devient brutalement faible doit être examiné par un vétérinaire. Appelez-le tout de suite en cas de détresse respiratoire ou de coliques, et dans la journée pour une toux répétée, une baisse d’appétit ou une perte d’état.

  • Demandez au laboratoire quelles valeurs conviennent à un cheval adulte, un poney ou une jument pleine.
  • Conservez le compte rendu avec la date de récolte et le numéro du lot.
  • Faites interpréter les valeurs avec le vétérinaire ou un professionnel de la nutrition équine.
  • Comparez l’analyse avec le poids, l’état corporel, le travail et les autres aliments distribués.

Questions fréquentes

Un foin très jaune est-il forcément mauvais pour un cheval ?

Non. Un foin très jaune peut avoir été récolté à un stade avancé, avoir perdu une partie de sa couleur au stockage ou avoir été exposé à la lumière. Il peut être moins riche que le foin vert, mais la couleur seule ne suffit pas. Vérifiez surtout l’odeur, l’absence de moisissures, la poussière et la composition botanique.

Puis-je donner un foin poussiéreux après l’avoir mouillé ?

Le mouillage peut réduire temporairement la poussière, mais il ne rend pas sain un foin moisi ou fermenté. L’eau entraîne aussi une partie des nutriments et le foin mouillé doit être distribué rapidement pour éviter une nouvelle dégradation. Pour un cheval qui tousse, retirez le lot et demandez un avis vétérinaire dans la journée.

Combien de temps peut-on garder une botte de foin ?

La durée dépend de l’humidité initiale, du pressage, du format et du stockage. Une botte bien sèche, protégée de la pluie et ventilée peut rester utilisable plusieurs mois, parfois jusqu’à la saison suivante. Contrôlez son odeur, sa température et sa poussière à chaque ouverture, car une botte peut se dégrader après un déplacement ou une infiltration.

Que faire si mon cheval a mangé du foin avec une plante inconnue ?

Retirez le foin et notez la quantité approximativement ingérée, l’heure et les signes observés. Photographiez la plante et gardez un échantillon. Appelez le vétérinaire dans la journée pour obtenir une conduite adaptée, ou tout de suite si le cheval présente des coliques, une faiblesse, des tremblements, une difficulté à respirer ou un comportement anormal.

Testez-vous

3 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.Quelle odeur doit avoir un foin correctement conservé ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : Une odeur d’herbe sèche ou de paille propre. Le foin sain sent généralement l’herbe sèche ou la paille propre. Les odeurs de moisi, de vinaigre ou d’échauffement indiquent une dégradation possible.

  2. 2.Quel repère de foin sec correspond souvent à un cheval de 500 kg ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : 8,5 à 12 kg par jour. Avec un repère d’environ 1,5 à 2 % du poids vif en matière sèche et un foin contenant 85 à 90 % de matière sèche, la quantité distribuée est souvent proche de 8,5 à 12 kg.

  3. 3.Que faire face à une plante inconnue très présente dans une botte ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : Écarter le lot et demander une identification. Une plante toxique peut être fragmentée et répartie dans toute la botte. Il faut isoler le lot, photographier la plante et demander un avis compétent.

Sources

  1. IFCE Équipédia, rubrique Alimentation et fourrages equipedia.ifce.fr
  2. IFCE, Institut français du cheval et de l’équitation ifce.fr
  3. AVEF, Association vétérinaire équine française avef.fr
  4. RESPE, Réseau d’épidémiosurveillance en pathologie équine respe.net

Mis à jour le . Ces repères généraux ne remplacent pas l’avis du vétérinaire qui suit votre cheval. En cas de doute, appelez-le.

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