L’enrubannage et l’ensilage pour les chevaux
L’enrubannage et l’ensilage conservent un fourrage humide grâce à une fermentation sans air. Leur faible teneur en poussières peut aider certains chevaux asthmatiques, à condition d’utiliser un produit fabriqué pour les équidés, bien conservé et consommé rapidement après ouverture.

Sommaire9 parties
Pas à pas
- 1Contrôler la balle
Vérifiez que le film est intact, sans trou, fuite ni zone gonflée. Refusez toute balle souillée ou contenant une matière étrangère.
- 2Lire l’étiquette
Relevez la matière sèche, la composition, la date de récolte et les consignes du producteur. Pesez le fourrage tel qu’il est distribué.
- 3Introduire progressivement
Mélangez une part croissante d’enrubannage au fourrage habituel sur environ 7 à 14 jours, tout en surveillant crottins, appétit et état corporel.
- 4Ouvrir au bon moment
Ouvrez seulement une quantité qui sera consommée en quelques jours. Inscrivez la date d’ouverture sur la balle.
- 5Inspecter chaque portion
Avant chaque distribution, vérifiez l’odeur, la température et l’aspect du fourrage. Retirez tout fragment moisi, visqueux ou anormal.
- 6Surveiller le cheval
Observez l’appétit, les crottins et la respiration au repos. Appelez le vétérinaire tout de suite en cas de faiblesse, de trouble de la déglutition ou de difficulté respiratoire.
Distinguer enrubannage et ensilage
L’enrubannage est un fourrage, le plus souvent une herbe ou un mélange de graminées et de légumineuses, fauché puis préfané avant d’être enveloppé dans plusieurs couches de film plastique. Il contient souvent environ 45 à 65 % de matière sèche, c’est-à-dire la fraction restante après retrait de l’eau. La fermentation lactique se déroule dans l’emballage fermé, en absence d’oxygène.
L’ensilage désigne une famille de fourrages conservés par fermentation dans un silo, un couloir, un tas ou parfois une bâche. Sa teneur en matière sèche est souvent plus basse que celle de l’enrubannage, avec des valeurs qui varient largement selon la récolte. Pour un cheval, les mots utilisés par le fournisseur ne suffisent pas : demandez la matière sèche, l’analyse et la destination prévue, cheval ou bovin.
- Enrubannage équin : fourrage préfané, fermenté et emballé en balle.
- Ensilage : fourrage humide conservé par fermentation sans oxygène.
- Matière sèche : quantité de fourrage restant quand l’eau est retirée.
- Le fourrage pour chevaux doit être identifié et distribué selon les consignes du producteur.
Comprendre l’intérêt pour le cheval asthmatique
Le cheval asthmatique présente une inflammation des voies respiratoires, souvent aggravée par les poussières, les moisissures et les particules présentes dans le foin sec. Un enrubannage correctement fermenté libère généralement moins de poussières respirables lors de la distribution. Il peut donc réduire l’exposition d’un cheval sensible, en complément d’une litière peu poussiéreuse, d’une bonne ventilation et d’une gestion adaptée du milieu.
L’enrubannage ne traite pas l’asthme et ne convient pas automatiquement à chaque cheval. Une toux persistante, une respiration plus rapide au repos, des naseaux dilatés ou un effort abdominal visible doivent conduire à appeler le vétérinaire dans la journée. Si le cheval peine à respirer, reste très essoufflé au repos ou devient abattu, appelez-le tout de suite. La page « Asthme équin » aide à reconnaître les signes, sans remplacer l’examen.
- Distribuez le fourrage à l’extérieur ou dans un endroit bien ventilé.
- Évitez de secouer une balle moisie près du cheval ou dans son box.
- Surveillez la fréquence de la toux au repos, au pansage et après le travail.
- Associez l’alimentation à une litière peu poussiéreuse et à des sorties régulières.
Calculer une quantité sans confondre eau et fourrage
La ration de fourrage se raisonne en matière sèche. Un cheval adulte reçoit souvent au moins 1,5 à 2 % de son poids vif en matière sèche par jour, avec des ajustements selon son état corporel, son activité, son âge, sa santé et la présence d’herbe. Pour un cheval de 500 kg recevant 2 % de matière sèche, cela représente 10 kg de matière sèche. Avec un enrubannage à 60 % de matière sèche, il faudrait environ 16,7 kg de produit tel que distribué pour fournir cette quantité.
Ce calcul donne un repère, pas une ration universelle. Un poney sujet à la fourbure, une jument pleine, un cheval âgé ou un cheval de sport peuvent avoir des besoins différents. Pesez une portion avec un peson, demandez l’analyse du lot et suivez l’évolution de la note d’état corporel. Ne remplacez pas brutalement tout le foin par de l’enrubannage : faites la transition sur environ 7 à 14 jours, en augmentant progressivement la nouvelle ration.
- Exemple : 500 kg à 2 % de matière sèche équivalent à 10 kg de matière sèche par jour.
- À 60 % de matière sèche, 10 kg correspondent à environ 16,7 kg d’enrubannage frais.
- Répartissez le fourrage sur plusieurs prises pour limiter les périodes sans manger.
- Contrôlez le poids réel d’une portion, car une balle peut contenir beaucoup d’eau.
Repérer les risques sanitaires
Le botulisme est une intoxication grave provoquée par des toxines produites par la bactérie Clostridium botulinum. Une contamination peut survenir lorsqu’une carcasse, de la terre ou une matière organique souillée est enfermée dans le fourrage. Les signes possibles comprennent une faiblesse progressive, des difficultés à mâcher ou à avaler, une langue peu tonique, des tremblements, des chutes ou une incapacité à se relever. Appelez le vétérinaire tout de suite si vous observez ce tableau et retirez le lot suspect sans le redistribuer.
Jetez également un fourrage qui chauffe, moisit, coule anormalement ou dégage une odeur putride, rance ou inhabituelle. Une odeur acidulée peut être normale, tandis qu’une odeur de pourriture ne l’est pas. Ne donnez jamais une balle dont le film est percé depuis longtemps ou dont la fermentation est incertaine. Le cheval qui ne mange plus, présente une diarrhée importante ou montre des signes de colique doit être examiné en urgence.
- Refusez une balle contenant une carcasse, des plumes, des os ou une souillure visible.
- Vérifiez l’intégrité du film avant de stocker et avant d’ouvrir.
- Ne mélangez pas un reste douteux avec une balle saine.
- Nettoyez les surfaces de distribution pour limiter la contamination.
Gérer l’ouverture et le stockage
L’ouverture fait entrer l’oxygène et relance les moisissures ainsi que l’échauffement. Une petite balle ouverte se consomme souvent en trois à cinq jours par temps frais, mais ce délai peut descendre à deux ou trois jours lorsqu’il fait chaud. Les grandes balles et les filets ralentissent parfois la consommation, sans supprimer le risque. Suivez la durée indiquée par le producteur, surtout si la balle est destinée à plusieurs chevaux.
Stockez les balles intactes sur une surface propre, sèche et drainante, à l’abri des rongeurs et des dommages qui perforeraient le film. Après ouverture, couvrez sans enfermer un fourrage déjà chaud, surveillez chaque distribution et retirez les parties suspectes. Si la balle chauffe ou change d’odeur, cessez de la donner. Un cheval exposé à un fourrage altéré et présentant ensuite une faiblesse ou des troubles de la déglutition doit voir un vétérinaire immédiatement.
- Datez chaque ouverture au marqueur sur le film ou sur l’étiquette.
- Utilisez d’abord les petites balles dans une écurie avec peu de chevaux.
- Contrôlez l’intérieur de la balle, pas seulement sa face extérieure.
- Gardez de l’eau propre à volonté, comme pour toute ration de fourrage.
Acheter un fourrage adapté aux équidés
Avant l’achat, demandez le type de plante récoltée, la date de récolte, la matière sèche, les résultats d’analyse disponibles et la durée de conservation après ouverture. Une analyse peut renseigner sur les protéines, les sucres et l’énergie, des paramètres utiles pour un poney en surpoids comme pour un cheval de sport. La couleur seule ne permet pas de juger la qualité et un emballage bien fermé ne garantit pas l’absence de toxines.
En France, le détenteur doit assurer des conditions compatibles avec les besoins biologiques de l’animal, conformément à l’article L214-1 du Code rural et de la pêche maritime. Pour une pension ou une demi-pension, notez dans le contrat qui choisit le fourrage, qui contrôle les balles et qui appelle le vétérinaire. Un centre équestre peut aussi demander l’avis de son vétérinaire sanitaire avant de modifier l’alimentation de plusieurs chevaux.
- Demandez un fourrage explicitement destiné aux chevaux.
- Conservez l’étiquette, le numéro de lot et les coordonnées du fournisseur.
- Faites valider la transition par le responsable de l’écurie.
- N’utilisez pas un ensilage de maïs ou un ensilage bovin comme équivalent automatique du fourrage équin.
Questions fréquentes
L’enrubannage convient-il à tous les chevaux asthmatiques ?
Non. Il peut diminuer l’exposition aux poussières, mais sa qualité varie et il peut contenir des moisissures s’il est mal fabriqué ou mal conservé. Demandez l’avis du vétérinaire pour un cheval qui tousse, respire difficilement ou reçoit déjà un suivi pour asthme. La litière, la ventilation et la réduction de la poussière comptent aussi.
Combien de temps garder une balle ouverte ?
Le délai dépend du format, de la température, du nombre de chevaux et des consignes du producteur. Comptez souvent trois à cinq jours pour une petite balle par temps frais, moins lorsqu’il fait chaud. Toute balle qui chauffe, moisit ou sent la pourriture doit être retirée immédiatement, même si elle vient d’être ouverte.
Peut-on donner de l’ensilage de maïs à un poney ?
L’ensilage de maïs est un aliment très énergétique et sa composition varie selon la récolte. Il ne remplace pas automatiquement un fourrage équin. Pour un poney, notamment s’il est en surpoids ou sujet à la fourbure, demandez une analyse et un avis vétérinaire ou nutritionnel avant toute distribution.
Quels signes font penser au botulisme ?
Une faiblesse inhabituelle, une mastication difficile, une langue peu tonique, des difficultés à avaler, des tremblements, des chutes ou l’impossibilité de se relever sont des signes d’alerte. Retirez le fourrage suspect et appelez le vétérinaire tout de suite. Ne donnez aucun traitement de votre propre initiative.
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Sources
- 1.IFCE Équipédia, Alimentation et besoins nutritionnels du cheval equipedia.ifce.fr
- 2.IFCE, Institut français du cheval et de l’équitation ifce.fr
- 3.AVEF, Association vétérinaire équine française avef.fr
- 4.RESPE, Réseau d’épidémiosurveillance en pathologie équine respe.net
Mis à jour le . Ces repères généraux ne remplacent pas l’avis du vétérinaire qui suit votre cheval. En cas de doute, appelez-le.
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