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Le foin, base de la ration du cheval

Le foin apporte la majorité des fibres dont le cheval a besoin pour faire fonctionner son appareil digestif et occuper ses journées. Qualité, quantité, coupe, poussière et conservation changent directement sa santé, son état corporel et le budget annuel d’un propriétaire.

Mis à jour le 6 min de lecture

Un enfant tend du foin à un cheval bai près d’un filet à foin, tandis qu’un poney pie mange au sol dans l’écurie
Sommaire8 parties

Pas à pas

  1. Peser le cheval

    Utilisez une toise avec estimation du poids, un ruban barymétrique ou une balance adaptée. Notez le poids estimé et l’état corporel avant de calculer la ration.

  2. Peser le foin

    Pesez une portion représentative avec un peson, puis multipliez la quantité nécessaire par le nombre de repas. Recommencez lors d’un changement de botte.

  3. Observer la botte

    Ouvrez-la au centre et vérifiez odeur, chaleur, humidité, couleur, présence de poussière et de zones moisies. Refusez toute partie douteuse.

  4. Choisir la distribution

    Placez le foin dans un râtelier sûr ou un filet adapté, éloigné de la boue et des crottins. Un filet à petites mailles ralentit la prise alimentaire, sans remplacer une évaluation de la ration.

  5. Tremper si nécessaire

    Mettez seulement la portion du repas dans un bac propre, immergez-la environ 15 à 30 minutes selon l’objectif, puis égouttez-la. Donnez-la rapidement et ne gardez pas les restes humides.

  6. Surveiller le cheval

    Contrôlez appétit, crottins, état corporel, toux et respiration. Appelez le vétérinaire tout de suite en cas de difficulté respiratoire, de coliques ou de cheval qui ne mange plus.

Une base fibreuse à distribuer chaque jour

Le foin est un fourrage, c’est-à-dire un aliment végétal destiné à l’herbivore. Il provient d’herbe fauchée, séchée puis stockée. Chez le cheval, les fibres soutiennent la mastication, la salivation et le transit dans le gros intestin. Une ration pauvre en fourrage augmente le risque de troubles digestifs et réduit le temps consacré à manger.

Pour estimer une quantité, partez du poids vif du cheval ou du poney. Une base courante se situe autour de 1,5 à 2 % du poids vif par jour en matière sèche, avec des besoins qui varient selon l’état corporel, le travail, l’âge, la qualité du foin et l’accès à l’herbe. Un cheval de 500 kg recevra souvent environ 9 à 12 kg de foin distribué tel quel, car un foin sec contient généralement autour de 85 % de matière sèche.

Pesez le foin avec un peson ou une balance, surtout lorsque vous changez de format de balle. Un petit ballot peut sembler léger, alors qu’un filet bien rempli peut dépasser largement la quantité prévue. Répartissez les apports sur plusieurs repas ou laissez du fourrage disponible selon le cheval, son état corporel et les consignes du vétérinaire ou du nutritionniste équin.

Reconnaître un foin adapté

Prenez une poignée au centre de la botte et observez-la à la lumière. Un foin correct présente une couleur allant du vert au vert brun, des tiges et des feuilles sèches, une odeur d’herbe agréable et une texture qui ne s’effrite pas en poussière. Une couleur très brune peut signaler une récolte ancienne ou un échauffement, mais la couleur seule ne suffit pas pour juger la valeur alimentaire.

Écartez une balle qui sent le moisi, le renfermé, le tabac ou le caramel très marqué. Des zones chaudes, humides, compactes ou blanchâtres doivent alerter. Les moisissures peuvent provoquer toux, irritation respiratoire et baisse d’ingestion. Le trempage retire une partie des poussières et des éléments solubles, mais il ne neutralise pas les toxines ni ne répare un foin altéré.

La composition botanique compte aussi. Un foin de graminées est souvent adapté à de nombreux chevaux, tandis qu’un foin contenant beaucoup de légumineuses, comme la luzerne, peut être plus riche en protéines et en calcium. Pour un poney sujet à l’embonpoint ou à la fourbure, demandez une analyse ou un avis professionnel avant d’augmenter la part d’un foin riche.

Première coupe et deuxième coupe

La première coupe est généralement récoltée plus tard dans la saison, lorsque les graminées ont développé davantage de tiges. Elle est souvent plus fibreuse et moins feuillue, avec une valeur alimentaire qui dépend du stade exact de récolte. Elle peut convenir à un cheval ayant peu de travail, à condition d’être propre, suffisamment sec et distribué en quantité adaptée.

La deuxième coupe est généralement récoltée après une repousse. Elle peut être plus tendre, plus feuillue et plus appétente, mais ce n’est pas une règle garantie. La météo, la prairie, la date de fauche, la fertilisation et le séchage modifient davantage la qualité que le seul numéro de coupe. Un foin de deuxième coupe très riche peut faire prendre du poids à un poney peu dépensier.

Demandez au producteur l’année de récolte, la parcelle, la date de fauche et les conditions de stockage. Pour un cheval de sport, un cheval âgé ou un animal qui maigrit, une analyse de laboratoire aide à connaître l’énergie, les protéines, les fibres et certains minéraux. Elle coûte généralement quelques dizaines d’euros, selon le laboratoire et les paramètres demandés.

Poussière et foin trempé

Un foin poussiéreux libère des particules lorsque vous secouez la botte ou que le cheval tire les brins. Si votre cheval tousse pendant la distribution, souffle fort, présente un jetage nasal ou respire avec effort, retirez le foin suspect et appelez le vétérinaire dans la journée. Une gêne respiratoire marquée, des naseaux très ouverts ou un cheval en difficulté imposent de l’appeler tout de suite.

Pour réduire la poussière, travaillez dehors, humidifiez le foin juste avant de le donner et utilisez un bac propre. Une immersion complète de courte durée, souvent autour de 15 à 30 minutes, diminue les poussières et entraîne aussi une perte d’éléments solubles. Les durées varient selon l’objectif et le conseil vétérinaire. Le foin trempé doit être égoutté, distribué rapidement et jeté s’il chauffe ou sent mauvais.

Le trempage ne convient pas à une conservation prolongée. Par temps chaud, ne laissez pas un seau de foin humide plusieurs heures. Le foin vapeur peut réduire davantage certaines particules, mais l’appareil doit être entretenu et utilisé conformément à sa notice. Dans tous les cas, un foin moisi, piqué ou échauffé doit être remplacé, même après lavage.

Stocker le foin et prévoir le budget

Entreposez les bottes sous un toit, sur une palette ou un support qui les éloigne du sol, avec une circulation d’air autour. Protégez-les de la pluie et des remontées d’humidité, sans les enfermer hermétiquement dans une pièce mal ventilée. Contrôlez régulièrement les bottes récemment rentrées, car une botte humide peut chauffer et se dégrader après le stockage.

Pour connaître la consommation annuelle, additionnez la quantité quotidienne puis ajoutez une marge de pertes. Un cheval recevant 10 kg par jour consomme environ 3,65 tonnes sur 365 jours, hors gaspillage. Avec 10 à 15 % de pertes liées au sol, au vent ou au tri, prévoyez environ 4 à 4,2 tonnes. Les besoins changent si l’herbe couvre une partie de la ration.

En France, en 2026, le prix varie fortement selon la région, la récolte, le conditionnement et la livraison. Comptez souvent environ 3 à 6 euros pour une petite botte rectangulaire, 25 à 60 euros pour une botte ronde ou carrée de plusieurs centaines de kilogrammes, hors livraison. Demandez le poids réel et non le seul prix de la botte pour comparer deux fournisseurs.

Questions fréquentes

Combien de foin donner à un poney de 300 kg ?

Une base de 1,5 à 2 % du poids vif en matière sèche correspond souvent à environ 5,3 à 7,1 kg de foin distribué tel quel pour 300 kg, si le foin contient 85 % de matière sèche. Un poney en surpoids peut nécessiter un calcul différent, réalisé avec le vétérinaire ou le nutritionniste.

La deuxième coupe est-elle toujours meilleure ?

Non. Elle est souvent plus tendre et plus feuillue, mais sa richesse dépend de la date de fauche, de la prairie, de la météo et du séchage. Une première coupe récoltée tôt peut être plus nutritive qu’une deuxième coupe tardive. L’odeur, l’état de conservation et, si besoin, l’analyse comptent davantage que le numéro.

Puis-je donner du foin poussiéreux après l’avoir trempé ?

Le trempage peut réduire les poussières et une partie des éléments solubles, mais il ne rend pas sain un foin moisi, échauffé ou mal conservé. Jetez les parties suspectes. Si le cheval tousse ou respire difficilement, appelez le vétérinaire dans la journée, ou tout de suite si la gêne est marquée.

Combien de temps garder du foin trempé ?

Donnez-le rapidement après égouttage et ne le laissez pas plusieurs heures par temps chaud. L’humidité favorise la fermentation et la dégradation. Jetez tout reste qui chauffe, devient visqueux ou sent mauvais. Le foin sec doit, lui, rester surélevé, ventilé et protégé de la pluie.

Testez-vous

3 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.Quelle quantité constitue une base courante pour calculer le fourrage quotidien ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : 1,5 à 2 % du poids vif en matière sèche. La base se situe souvent autour de 1,5 à 2 % du poids vif en matière sèche, puis s’ajuste selon le cheval, le foin, l’herbe et l’état corporel.

  2. 2.Que faire avec une botte qui sent le moisi et présente des zones chaudes ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : La retirer de la ration. Le trempage ne neutralise pas les moisissures ni les toxines. Une botte échauffée ou moisie doit être écartée.

  3. 3.Quel renseignement permet de comparer correctement le prix de deux bottes ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : Le poids réel et le coût de livraison. Le poids, le type de conditionnement et la livraison expliquent une grande partie des écarts de prix entre deux bottes.

Sources

  1. IFCE Équipédia, Alimentation du cheval equipedia.ifce.fr
  2. IFCE, Institut français du cheval et de l’équitation ifce.fr
  3. AVEF, Association des vétérinaires équins français avef.fr
  4. RESPE, Réseau d’épidémiosurveillance en pathologie équine respe.net

Mis à jour le . Ces repères généraux ne remplacent pas l’avis du vétérinaire qui suit votre cheval. En cas de doute, appelez-le.

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