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Que mange un cheval ? Le fourrage d’abord

Le cheval est un herbivore dont la ration repose sur l’herbe et le fourrage, surtout le foin. Pour préserver sa digestion, donnez-lui de petites quantités réparties sur la journée, de l’eau propre à volonté et une source de sel, puis adaptez les concentrés à son poids, son âge et son activité.

Mis à jour le 8 min de lecture

Un enfant présente une brassée de foin à un cheval bai devant son box, près d’un filet à foin suspendu
Sommaire9 parties

Pas à pas

  1. Pesez le cheval

    Utilisez une balance adaptée ou un ruban de pesée, puis notez le résultat et la date. La quantité de fourrage se raisonne en fonction du poids vif.

  2. Évaluez le fourrage

    Observez l’odeur, la couleur, la poussière et la présence de moisissures. Une analyse peut préciser l’énergie, les protéines et les minéraux du foin.

  3. Calculez le fourrage

    Visez au moins 1,5 à 2 kg de matière sèche de fourrage pour 100 kg de poids vif par jour, en tenant compte de l’herbe déjà consommée.

  4. Fractionnez les repas

    Répartissez le fourrage sur la journée. Divisez les concentrés en deux ou trois repas et donnez une partie du fourrage avant leur distribution.

  5. Contrôlez l’eau

    Vérifiez chaque jour la propreté, le débit et l’accessibilité de l’abreuvoir. En groupe, assurez-vous que chaque cheval peut boire sans être chassé.

  6. Suivez l’état corporel

    Palpez les côtes, observez l’encolure et la ligne du dos toutes les deux à quatre semaines. Ajustez la ration avec un vétérinaire ou un nutritionniste équin si le poids change.

Le fourrage constitue la base

Un cheval adulte de 500 kg reçoit généralement au moins 7,5 à 10 kg de matière sèche de fourrage par jour, selon son état, son activité et la qualité de l’herbe ou du foin. La matière sèche correspond à ce qui reste après retrait de l’eau. Un foin contenant environ 85 % de matière sèche pèsera donc un peu plus de 8,8 à 11,8 kg brut pour atteindre cette fourchette.

L’herbe, le foin et parfois l’enrubannage apportent les fibres qui alimentent la fermentation dans le cæcum et le côlon, des parties de l’intestin où des micro-organismes dégradent les végétaux. Un cheval doit pouvoir mastiquer longtemps, avec des périodes sans fourrage aussi courtes que possible. Un foin propre, sans odeur de moisi ni poussière excessive, convient à de nombreux chevaux au repos ou travaillant légèrement.

Le besoin varie selon la richesse du fourrage, la saison, l’âge, la gestation, la lactation, le travail et l’état corporel. Un poney rustique peut grossir avec une herbe courte en apparence, tandis qu’un cheval âgé aux dents usées peut avoir besoin d’un fourrage plus tendre ou d’une ration humide étudiée avec un professionnel.

  • Foin sec distribué dans un râtelier, un filet à petites mailles ou plusieurs tas propres.
  • Herbe pâturée, avec transition progressive lors de la mise à l’herbe.
  • Enrubannage uniquement s’il est fabriqué, stocké et distribué dans de bonnes conditions.
  • Paille propre comme support de mastication, après vérification de son intérêt dans la ration.

La digestion préfère les petits repas

Le cheval mange naturellement de nombreuses petites prises réparties sur une grande partie du jour et de la nuit. Son estomac est relativement petit par rapport à son corps, tandis que son intestin postérieur assure une grande partie de la digestion des fibres. Une longue période sans fourrage, suivie d’une grosse distribution, augmente le risque de troubles digestifs.

Les aliments concentrés, comme les granulés, les floconnés ou les céréales, servent surtout lorsque le fourrage ne couvre plus les besoins liés au travail, à la croissance, à la gestation, à la lactation ou à un état corporel insuffisant. Fractionnez-les en au moins deux repas, souvent trois pour une ration importante, et donnez le fourrage avant le concentré afin de stimuler la mastication.

Pour un cheval de 500 kg, une règle de prudence souvent utilisée limite chaque repas de concentré à environ 0,5 kg pour 100 kg de poids vif, soit 2,5 kg par repas. Cette valeur ne remplace pas un calcul de ration : la concentration énergétique et la teneur en amidon changent beaucoup d’un aliment à l’autre.

  • Pesez l’aliment avec une balance, car un même volume peut peser très différemment selon le produit.
  • Conservez les horaires aussi réguliers que possible dans une écurie ou une demi-pension.
  • Introduisez tout nouvel aliment sur environ 7 à 14 jours, en diminuant progressivement l’ancien.
  • Retirez un aliment moisi, rance, humide de façon anormale ou infesté par des insectes.

L’eau et le sel restent disponibles

Un cheval boit souvent autour de 20 à 60 litres d’eau par jour, avec de grandes variations selon la température, l’humidité, le travail, la teneur en eau de l’herbe et la production de lait. Après un effort ou par forte chaleur, surveillez particulièrement l’abreuvoir. L’eau doit être propre, renouvelée et accessible sans difficulté, y compris au pré.

Une pierre à sel ou du sel adapté aux équidés peut rester accessible dans un support propre et stable. La consommation varie selon les individus et la ration. Le sel ne remplace ni l’eau ni un complément minéral équilibré. Les électrolytes, qui apportent notamment du sodium et d’autres minéraux après certains efforts, ne se donnent pas au hasard : demandez conseil à votre vétérinaire ou à un nutritionniste équin.

Nettoyez régulièrement les abreuvoirs et vérifiez leur fonctionnement en posant la main sur le flotteur ou en observant le débit. Dans un groupe, prévoyez plusieurs points d’eau ou contrôlez que les chevaux dominés peuvent boire sans être chassés.

  • Vérifier l’eau avant chaque distribution de nourriture.
  • Contrôler les abreuvoirs automatiques au moins chaque jour.
  • Prévoir un seau propre en complément lors d’un transport ou d’une séance prolongée.
  • Observer les crottins, l’appétit et l’attitude lors des changements de température.

Adaptez la ration au cheval

Un cheval au repos ou monté légèrement couvre souvent ses besoins avec une herbe ou un foin de qualité, un accès à l’eau et du sel. Un cheval de sport, un poulain en croissance, une jument en fin de gestation ou une jument allaitante ont des besoins plus élevés en énergie, protéines, minéraux ou vitamines. La ration doit alors être calculée à partir du poids, de l’état corporel et de l’analyse du fourrage quand elle est disponible.

Le poids se mesure avec une balance adaptée ou s’estime à l’aide d’un ruban de pesée, avec une marge d’erreur. Observez aussi l’état corporel : les côtes doivent pouvoir être palpées sans être saillantes, le chignon ne doit pas devenir dur et épais, et la ligne du dos ne doit pas s’enfoncer. Un poney qui grossit facilement peut nécessiter une gestion précise de l’herbe et des concentrés.

En France, les aliments complémentaires et les minéraux se choisissent selon l’étiquette, qui indique les matières premières, les constituants analytiques et les recommandations du fabricant. Pour un cheval obèse, sujet à la fourbure, atteint d’un syndrome métabolique, âgé ou présentant des difficultés à mâcher, demandez un plan au vétérinaire ou à un nutritionniste équin.

  • Poney rustique : surveiller l’herbe et l’état corporel avant d’ajouter des granulés.
  • Cheval de sport : distinguer les besoins d’entretien des besoins liés au travail réel.
  • Cheval âgé : contrôler les dents et la capacité à mâcher le foin.
  • Poulain et jument pleine : faire suivre la ration pendant les périodes de croissance et de gestation.

Écartez les aliments à risque

Ne distribuez jamais de tonte de gazon : elle peut fermenter rapidement et favoriser un trouble digestif grave. Évitez aussi les aliments moisis, rances, contaminés par des plantes toxiques ou stockés dans de mauvaises conditions. Les glands, les châtaignes en quantité et certaines plantes de haie ou de jardin peuvent être dangereux ; l’absence de signe immédiat ne garantit pas l’innocuité.

Les carottes, pommes et friandises restent des compléments en petites quantités. Coupez les gros morceaux pour un cheval glouton ou âgé, et tenez compte de la ration totale, notamment chez un poney en surpoids. Le pain sec ne doit pas devenir une base alimentaire : sa texture et sa composition ne remplacent pas le fourrage.

Un changement brutal d’herbe, de foin, de granulés ou de céréales peut perturber la flore digestive. Si le cheval présente une baisse d’appétit, gratte, regarde son ventre, se couche et se relève de façon répétée, transpire ou produit beaucoup moins de crottins, appelez le vétérinaire tout de suite. Ces signes peuvent correspondre à une colique.

  • Tonte de gazon fraîche ou fanée : à proscrire.
  • Foin poussiéreux ou moisi : à retirer de la ration.
  • Aliment nouveau : à introduire progressivement sur 7 à 14 jours.
  • Friandise : à compter dans la ration, surtout chez le poney ou le cheval fourbu.

Organisez les achats et les distributions

En France, les prix varient selon la région, la récolte, le conditionnement et la livraison. À titre indicatif pour 2026, le foin se trouve souvent autour de 0,20 à 0,60 euro par kilogramme, davantage en petit conditionnement ou avec livraison. Un cheval de 500 kg consommant environ 9 à 12 kg de foin brut par jour peut donc représenter une dépense mensuelle approximative de 55 à 215 euros pour le foin seul, hors pertes et transport.

Les aliments concentrés courants se situent souvent autour de 0,40 à 1,20 euro par kilogramme en 2026, tandis que les aliments spécialisés et certains compléments coûtent davantage. Une ration sans concentré peut donc être moins chère qu’une ration très complémentée, à condition que le fourrage couvre réellement les besoins. Demandez le prix au kilogramme et non celui du sac seul.

À l’écurie, notez les quantités distribuées, le poids du cheval, les changements de fourrage et l’état des crottins. En demi-pension, demandez qui fournit le foin, combien de repas sont prévus, quelle eau est disponible et qui appelle le propriétaire ou le vétérinaire en cas d’anomalie. Cette organisation évite les doubles distributions et les changements improvisés.

  • Peser le foin pendant quelques jours pour connaître la consommation réelle.
  • Comparer les prix au kilogramme, livraison comprise.
  • Écrire les horaires et les quantités sur une fiche accessible à l’équipe.
  • Prévoir une marge lorsque le foin contient des tiges refusées ou tombe au sol.

Questions fréquentes

Combien de foin faut-il donner à un cheval de 500 kg ?

La base se situe au moins autour de 7,5 à 10 kg de matière sèche par jour, soit souvent environ 8,8 à 11,8 kg de foin contenant 85 % de matière sèche. La quantité réelle dépend de l’herbe disponible, de la qualité du foin, de l’activité, de l’âge et de l’état corporel.

Un cheval doit-il recevoir des granulés tous les jours ?

Non, un cheval au repos ou travaillant légèrement peut souvent couvrir ses besoins avec un fourrage adapté, de l’eau et du sel. Les granulés servent lorsque les besoins dépassent les apports du fourrage ou lorsqu’un complément minéral est nécessaire. Faites calculer la ration si le cheval maigrit, grossit ou travaille beaucoup.

Combien de temps un cheval peut-il rester sans manger ?

Il n’existe pas de durée unique qui convienne à tous les chevaux, mais les longues périodes sans fourrage sont défavorables à leur digestion et peuvent favoriser l’ennui ou les ulcères. Organisez un accès régulier au fourrage, éventuellement avec plusieurs distributions ou un filet adapté, sans provoquer de restriction excessive chez un cheval sensible.

Que faire si mon cheval ne mange plus ?

Retirez l’aliment inhabituel et observez l’eau, les crottins, la douleur, la respiration et l’attitude. Une perte d’appétit peut accompagner une colique, une douleur dentaire ou une autre maladie. Appelez le vétérinaire tout de suite si le cheval présente des signes de colique, se couche sans se relever ou paraît très abattu. Pour apprendre les bons repères au quotidien, Chevaloo vous invite aussi à jouer à son jeu équestre.

Testez-vous

3 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.Quelle quantité minimale de matière sèche de fourrage sert de repère général ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : Environ 1,5 à 2 kg pour 100 kg de poids vif. Le repère général est d’au moins 1,5 à 2 kg de matière sèche de fourrage pour 100 kg de poids vif par jour. Le poids brut du foin est supérieur, car il contient de l’eau.

  2. 2.Quel aliment faut-il proscrire pour un cheval ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : De la tonte de gazon. La tonte de gazon peut fermenter rapidement et provoquer de graves troubles digestifs. Elle ne doit pas être distribuée, même si elle paraît fraîche.

  3. 3.Quelle organisation convient le mieux aux concentrés ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : Des repas fractionnés et des changements progressifs. Les concentrés se donnent en petites quantités réparties sur la journée. Tout changement de ration doit être progressif afin de limiter les perturbations digestives.

Sources

  1. IFCE Équipédia, Alimentation du cheval equipedia.ifce.fr
  2. IFCE, Institut français du cheval et de l’équitation ifce.fr
  3. AVEF, Association des vétérinaires équins français avef.fr
  4. RESPE, Réseau d’épidémiosurveillance en pathologie équine respe.net

Mis à jour le . Ces repères généraux ne remplacent pas l’avis du vétérinaire qui suit votre cheval. En cas de doute, appelez-le.

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