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Faire maigrir un cheval trop gros sans le faire jeûner

Pour faire perdre du poids à un cheval, vous devez réduire l’énergie apportée par la ration sans supprimer le fourrage ni l’eau. Une note d’état régulière, un foin pauvre en sucres, davantage de mouvement et un suivi vétérinaire permettent d’avancer sans déclencher de troubles digestifs ou de fourbure.

Mis à jour le 8 min de lecture

Un cheval bai au ventre rond se tient devant l’écurie, près d’une enfant et d’un filet à foin suspendu
Sommaire9 parties

Pas à pas

  1. Peser le cheval

    Mesurez le poids avec une balance ou un ruban peseur, puis notez la date, la note d’état, le tour de ventre et la ration quotidienne.

  2. Lister les apports

    Inscrivez le foin, l’herbe, les aliments concentrés, les friandises, les compléments et les restes donnés par les autres personnes.

  3. Peser le fourrage

    Pesez la quantité de foin distribuée avant trempage. Ajustez-la avec un professionnel pour éviter une restriction trop forte ou une ration déséquilibrée.

  4. Tremper le foin

    Immergez le foin dans l’eau froide pendant environ 30 à 60 minutes, égouttez-le, puis distribuez-le rapidement dans un filet propre.

  5. Répartir les repas

    Divisez le fourrage en plusieurs distributions ou utilisez un filet à petites mailles adapté, sans créer de longue période sans fibres.

  6. Marcher régulièrement

    Commencez par 20 à 30 minutes de marche active quatre à six fois par semaine, puis ajoutez progressivement du trot si le cheval reste confortable.

  7. Contrôler chaque semaine

    Comparez le poids, la note d’état, le tour de ventre et le comportement. Visez une baisse lente et demandez un avis vétérinaire si l’évolution est anormale.

Évaluer le surpoids avec la note d’état

La note d’état corporel décrit la quantité de graisse visible et palpable sur l’encolure, les côtes, le dos, le garrot et l’attache de la queue. Sur une échelle courante de 0 à 5, un cheval autour de 3 est généralement dans un état moyen, tandis qu’une encolure très épaisse, un dos creusé par les dépôts graisseux et une gouttière autour de la queue indiquent une note élevée. La méthode varie selon les grilles, alors utilisez toujours la même.

Palpez votre cheval une fois par semaine, le matin avant la distribution du repas. Passez la main derrière l’épaule, sur les côtes et à la base de l’encolure, puis prenez une photo de profil et notez le tour de ventre. Une balance reste la mesure la plus fiable, mais un ruban peseur donne un repère utile si vous le placez toujours au même endroit, juste derrière le garrot.

  • Pesez ou mesurez le cheval une fois par semaine, à la même heure.
  • Notez la ration réelle, y compris les carottes, friandises, compléments et accès à l’herbe.
  • Demandez l’avis du vétérinaire si l’encolure devient dure, bombée ou très grasse.
  • Ne confondez pas un ventre volumineux lié au fourrage avec une surcharge de graisse.

Réduire les sucres sans déséquilibrer la ration

Les sucres solubles et l’amidon sont présents dans l’herbe jeune, les céréales, certains aliments concentrés et plusieurs friandises. Un cheval en surpoids, surtout s’il a déjà fait une fourbure ou présente une encolure grasse, doit recevoir une ration pauvre en sucres sur conseil du vétérinaire ou d’un nutritionniste équin. Supprimez d’abord les céréales, mélanges riches, récompenses répétées et accès illimité à une herbe courte et très verte.

Le fourrage reste la base de l’alimentation. Une quantité souvent utilisée pour une perte de poids se situe autour de 1,5 % du poids corporel en matière sèche par jour, à ajuster avec un professionnel selon l’âge, l’activité, l’état de santé et la qualité du foin. Pour un cheval de 500 kg, cela correspond approximativement à 8 à 10 kg de matière sèche, soit souvent 9 à 12 kg de foin tel que distribué, selon son taux d’humidité.

Ne retirez pas totalement les concentrés si le cheval est âgé, en croissance, en gestation ou soumis à un travail important sans faire recalculer la ration. Un aliment minéral vitaminé sans céréales peut être nécessaire pour couvrir les besoins, mais sa quantité dépend de l’étiquette et du poids réellement consommé.

  • Comptez les aliments donnés par tous les membres de l’écurie.
  • Pesez le foin avec un peson plutôt que d’estimer le nombre de filets.
  • Réduisez progressivement un aliment concentré sur plusieurs jours.
  • Gardez de l’eau propre disponible en permanence et un apport de sel adapté.

Choisir un foin pauvre et le tremper correctement

Un foin récolté tardivement, fibreux, peu feuillu et sans odeur sucrée marquée contient souvent moins d’énergie qu’un foin jeune, vert et très fin, mais l’aspect ne permet pas de connaître précisément sa composition. Une analyse peut mesurer notamment les sucres solubles, les protéines et l’énergie. Si le cheval est fourbu ou très gras, demandez au vétérinaire quel niveau de sucres rechercher avant de changer toute la ration.

Pour tremper le foin, pesez d’abord la quantité sèche, placez-la dans un filet propre, immergez-la complètement dans une grande poubelle réservée à cet usage, puis égouttez-la avant de la distribuer. Un trempage à l’eau froide pendant environ 30 à 60 minutes est fréquemment utilisé pour diminuer une partie des sucres solubles. L’effet varie selon le foin, la température, le volume d’eau et la durée.

Ne laissez pas le foin trempé plusieurs heures à température douce, car il fermente et peut devenir impropre à la consommation. Jetez l’eau après chaque trempage, rincez le contenant et distribuez rapidement le fourrage. Le trempage ne retire pas toute l’énergie et ne remplace pas une ration calculée.

  • Pesez le foin avant le trempage, car il devient beaucoup plus lourd une fois gorgé d’eau.
  • Utilisez un contenant propre, stable et assez grand pour immerger toute la ration.
  • Distribuez le foin trempé rapidement, surtout par temps chaud.
  • Préparez plusieurs filets si le cheval doit manger fréquemment dans la journée.

Augmenter le mouvement progressivement

Le mouvement augmente la dépense énergétique et aide à conserver les muscles pendant la perte de poids. Commencez par 20 à 30 minutes de marche active quatre à six fois par semaine, en main ou monté si le cheval est apte et correctement équipé. Ajoutez ensuite quelques minutes de trot par périodes courtes, uniquement si les pieds, les articulations, le dos et la respiration restent normaux.

Un cheval qui vit au box peut marcher davantage grâce à plusieurs distributions de foin, un abreuvoir éloigné de la zone de repos et des sorties quotidiennes. La vie en groupe, lorsqu’elle est compatible avec les individus et les clôtures, favorise aussi les déplacements. Le filet à petites mailles ralentit la prise alimentaire, mais il ne doit jamais empêcher le cheval de manger suffisamment ni provoquer des frottements.

Évitez les séances intenses pour un cheval très gras, déconditionné ou récemment fourbu. Vérifiez les pieds avant et après le travail, utilisez un casque conforme, des chaussures à talon et un équipement adapté. Une chaleur des sabots, une démarche raide, des foulées courtes ou un cheval qui se campe sur ses postérieurs nécessitent l’arrêt immédiat de l’exercice.

  • Semaine 1 : marche active 20 à 30 minutes, quatre à six fois.
  • Semaine 2 : ajoutez quelques séquences de trot si aucune douleur n’apparaît.
  • Augmentez la durée d’environ cinq minutes à la fois, sans accélérer toutes les séances.
  • Arrêtez le travail si le cheval boite, respire anormalement ou semble douloureux.

Suivre une perte de poids progressive

Une perte de 0,5 à 1 % du poids corporel par semaine constitue un repère souvent utilisé pour éviter une restriction brutale. Pour un cheval de 500 kg, cela représente environ 2,5 à 5 kg par semaine. Le rythme dépend de l’âge, de la saison, de l’activité et du métabolisme. Si le poids ne baisse pas après trois à quatre semaines de mesures fiables, faites contrôler les quantités réellement distribuées.

Ne pratiquez jamais le jeûne. Un cheval a besoin de fibres réparties sur une grande partie de la journée pour soutenir le fonctionnement digestif et limiter les périodes prolongées sans aliment. Une restriction trop forte peut augmenter le stress, favoriser les troubles digestifs et aggraver la perte musculaire. Répartissez le foin dans plusieurs filets ou repas, avec de l’eau accessible à tout moment.

Un cheval âgé, très gras, sujet à la fourbure, anormalement assoiffé, urinant beaucoup ou perdant du muscle malgré son embonpoint doit être examiné. Le vétérinaire pourra rechercher une maladie métabolique ou hormonale, notamment un syndrome métabolique équin ou une maladie de Cushing, sans que l’apparence seule permette de poser un diagnostic.

  • Contrôlez le poids et la note d’état chaque semaine, puis comparez les données sur un mois.
  • Réévaluez la ration après chaque changement de pension, de foin ou de niveau de travail.
  • Conservez les résultats d’analyse du foin avec le plan de ration.
  • Demandez un avis vétérinaire avant toute restriction forte chez un poney ou un cheval malade.

Organiser les soins et le budget

En France, le Code rural et de la pêche maritime impose au détenteur de fournir à l’animal une alimentation, un abreuvement et des soins adaptés à ses besoins. Le propriétaire reste responsable, même lorsque le cheval est confié à une pension ou à une demi-pension. Écrivez les quantités et les horaires dans l’écurie afin que chaque personne distribue la même ration.

En 2026, le prix du foin varie fortement selon la région, la récolte, le conditionnement et le transport. Comptez souvent environ 0,20 à 0,60 euro par kilogramme acheté en vrac ou en petite botte, davantage lorsque le foin est livré ou analysé. Un peson coûte généralement 15 à 40 euros, un filet à foin 15 à 60 euros et une analyse de fourrage environ 50 à 120 euros selon les paramètres recherchés.

Appelez le vétérinaire tout de suite en cas de boiterie brutale, de pieds chauds, de posture avec les antérieurs avancés, de cheval qui se couche et se relève difficilement, ou de douleur abdominale. Appelez dans la journée si le cheval mange nettement moins, boit ou urine beaucoup, perd du muscle ou présente une baisse d’état général. Une ration amaigrissante ne doit jamais retarder un examen.

  • Affichez la ration pesée et les horaires dans la sellerie ou l’écurie.
  • Prévoyez un contenant propre, un peson, des filets adaptés et une zone d’égouttage.
  • Faites vérifier les dents, les pieds et l’état général selon le suivi habituel.
  • Demandez au vétérinaire un plan personnalisé si le cheval a déjà fait une fourbure.

Questions fréquentes

Puis-je supprimer le foin pendant quelques heures pour faire maigrir mon cheval ?

Non. Le cheval doit conserver un apport régulier de fibres et un accès permanent à l’eau. Une restriction trop forte augmente les périodes sans mastication, favorise le stress et peut aggraver les troubles digestifs. Réduisez l’énergie totale de façon calculée, répartissez le foin et faites valider le plan par un vétérinaire si le cheval est très gras ou sujet à la fourbure.

Le foin trempé enlève-t-il tous les sucres ?

Non. Le trempage peut diminuer une partie des sucres solubles, surtout avec une immersion d’environ 30 à 60 minutes dans l’eau froide, mais l’effet dépend du foin et des conditions. Il ne permet pas de connaître précisément la teneur restante. Pour un cheval fourbu ou à risque, une analyse du fourrage et un avis vétérinaire sont plus fiables.

Combien de temps faut-il pour faire maigrir un poney ?

Comptez souvent plusieurs semaines à plusieurs mois. Une baisse d’environ 0,5 à 1 % du poids par semaine constitue un repère prudent, à adapter à l’âge, à la santé et à l’activité. Un poney de 300 kg ne devrait donc perdre qu’environ 1,5 à 3 kg par semaine. Le tour de ventre et la note d’état complètent la pesée.

Comment savoir si mon cheval risque une fourbure ?

Le risque augmente notamment avec le surpoids, une encolure très grasse, l’accès à une herbe riche ou un antécédent de fourbure. Une démarche raide, des pieds chauds, une douleur en tournant ou une posture avec les antérieurs avancés imposent d’appeler le vétérinaire tout de suite. Arrêtez le travail et ne tentez pas de traiter vous-même.

Testez-vous

3 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.Quel repère convient généralement à une perte de poids progressive ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : 0,5 à 1 % du poids corporel par semaine. Une perte autour de 0,5 à 1 % par semaine limite le risque de restriction brutale et permet de suivre l’évolution avec le poids et la note d’état.

  2. 2.Quelle pratique est à éviter pour faire maigrir un cheval ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : Supprimer l’eau la nuit. L’eau doit rester disponible en permanence. La privation d’eau peut provoquer une déshydratation et des troubles digestifs graves.

  3. 3.Que faut-il faire devant des pieds chauds et une démarche raide ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : Appeler le vétérinaire tout de suite. Ces signes peuvent accompagner une fourbure. Il faut arrêter l’exercice et demander rapidement un examen vétérinaire, sans donner de médicament de sa propre initiative.

Sources

  1. IFCE Équipédia, Alimentation et besoins du cheval equipedia.ifce.fr
  2. IFCE et SIRE, informations officielles sur le cheval et sa détention ifce.fr
  3. AVEF, Association des vétérinaires équins français avef.fr
  4. RESPE, Réseau d’épidémiosurveillance en pathologie équine respe.net

Mis à jour le . Ces repères généraux ne remplacent pas l’avis du vétérinaire qui suit votre cheval. En cas de doute, appelez-le.

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