Aller au contenu

Mors à releveur et mors à pompe : usage et choix

Le mors à releveur et le mors à pompe utilisent plusieurs anneaux pour modifier l’action des rênes et relever davantage l’avant-main. Leur effet dépend du montage, de la main du cavalier, du réglage du filet et de la bouche du cheval. Ils demandent un encadrement expérimenté.

Mis à jour le 6 min de lecture

Mors à releveur et mors à pompe, illustration à l'aquarelle
Sommaire9 parties
À quoi ça sert
Ces mors renforcent l’action sur les commissures et la nuque pour améliorer le contrôle d’un cheval qui tire, sans remplacer le travail de fond.
Prix indicatif
En 2026, comptez environ 45 à 90 euros pour un modèle d’entrée de gamme en inox, et 90 à 180 euros pour un modèle de marque, une matière spécifique ou une finition plus soignée. Les modèles sur mesure et certains alliages peuvent dépasser 200 euros.

Mise en place, pas à pas

  1. Faire examiner la bouche

    Demandez un contrôle des dents, des commissures et des barres si le cheval résiste ou si vous changez d’embouchure. Faites valider le choix par votre moniteur.

  2. Mesurer le mors

    Mesurez le canon utile en centimètres et comparez-le avec un mors qui convient déjà. Prévoyez seulement un léger dépassement latéral pour un anneau mobile.

  3. Identifier les anneaux

    Repérez l’anneau supérieur destiné aux montants et l’anneau choisi pour les rênes. En cas de doute, ne montez pas le mors avant d’avoir demandé conseil.

  4. Régler le filet

    Ajustez les montants pour que le mors repose sans tirer les commissures. Vérifiez que les anneaux ne pincent pas les lèvres et que la muserolle ne bloque pas la mâchoire.

  5. Commencer au pas

    Testez le contact au pas dans un espace clos. Utilisez des actions brèves et précises, puis relâchez dès que le cheval répond.

  6. Observer après la séance

    Examinez les lèvres, les commissures et les barres après le travail. Toute plaie, douleur ou défense inhabituelle demande l’arrêt de l’utilisation et un avis professionnel.

À quoi servent ces mors à effet de levier

Un mors à releveur possède des anneaux permettant de fixer les montants du filet et les rênes à des hauteurs différentes. Quand les rênes sont placées sur un anneau inférieur, l’action devient plus marquée sur les commissures des lèvres et la nuque. Le cheval peut relever l’encolure ou ralentir plus facilement, mais une tension continue lui demande de résister au lieu de se décontracter.

Le mors à pompe, souvent vendu sous le nom de mors Pessoa, comporte généralement trois ou quatre anneaux. Les appellations varient selon les fabricants : vérifiez toujours où se fixent les montants, les rênes et les éventuelles alliances. Plus les rênes sont basses, plus l’action de levier augmente. Ce matériel ne corrige ni une douleur dentaire, ni une selle mal adaptée, ni un défaut d’équilibre.

  • Utilisez-le seulement avec l’accord d’un moniteur ou d’une monitrice expérimentée.
  • Faites contrôler la bouche et les dents si le cheval résiste, ouvre la bouche ou secoue la tête.
  • Privilégiez l’anneau le moins bas qui permet un contrôle suffisant.
  • Travaillez d’abord la réponse aux aides avec un mors moins contraignant lorsque c’est possible.

Les principaux modèles et leurs différences

Le mors à releveur simple possède souvent deux anneaux latéraux et un anneau inférieur. Les montants du filet se fixent à l’anneau supérieur, tandis que les rênes peuvent se placer sur l’anneau inférieur ou sur l’anneau principal. Certains modèles utilisent une paire de petites alliances pour relier les anneaux, ce qui répartit l’action et limite les erreurs de montage.

Le mors à pompe à trois anneaux permet plusieurs positions de rênes. Sur certains modèles, une rêne unique se fixe sur l’anneau du bas ; sur d’autres, le cavalier utilise deux rênes ou des alliances. Une deuxième rêne donne davantage de précision, mais elle exige un cavalier capable de différencier les actions. Un anneau coulissant peut aussi rendre le contact moins stable qu’avec un mors à anneaux fixes.

La forme du canon varie également : droit, brisé simple ou brisé avec articulation centrale. Un canon brisé agit différemment selon la langue, les barres et le palais. Le nombre d’anneaux ne suffit donc pas pour juger la sévérité d’un modèle. La position des rênes, la largeur du canon et la durée du contact comptent ensemble.

Comment choisir la taille et la matière

Mesurez la longueur utile du mors que le cheval porte déjà correctement, ou faites prendre la mesure par un professionnel. Pour un modèle à anneaux mobiles, le canon doit généralement dépasser légèrement de chaque côté des lèvres, souvent autour de 5 millimètres par côté, sans former de pli ni pincer la commissure. La taille poney, cob ou cheval varie selon les marques : fiez-vous à la mesure réelle du canon, exprimée en centimètres.

Examinez la largeur et l’épaisseur du canon. Un canon épais ne convient pas automatiquement à une petite bouche, car il prend davantage de place entre la langue, le palais et les barres. Demandez un avis professionnel si le cheval a une langue épaisse, un palais bas, des barres sensibles ou des dents de loup. Une embouchure adaptée ne doit pas provoquer de plaie, de saignement ni de défense persistante.

L’inox est durable et facile à nettoyer. Le caoutchouc peut être accepté par certains chevaux, mais il doit rester intact, car une surface abîmée devient abrasive. Les alliages aromatisés ou plus chauds en bouche peuvent favoriser la salivation chez certains chevaux, sans rendre le mors plus doux par eux-mêmes. Choisissez une matière autorisée en compétition dans votre discipline et contrôlez l’absence d’arêtes ou de corrosion.

Mettre le mors et utiliser les rênes

Passez le filet en vérifiant que les montants et les anneaux ne tordent pas les lèvres. Sur un mors à releveur ou à pompe, identifiez l’anneau supérieur avant d’attacher les montants, puis contrôlez que les rênes sont placées sur l’anneau prévu par votre encadrement. Le réglage du mors se vérifie monté et à pied : il ne doit ni tirer les commissures vers le haut, ni tomber contre les incisives.

Un cheval qui tire ne doit pas être retenu en permanence par les rênes basses. Gardez un contact élastique, redressez votre buste, demandez des transitions et rendez dès que le cheval répond. Travaillez dans un espace sécurisé, avec des rênes séparées si votre moniteur vous l’a montré. Une rêne basse tenue fort peut accentuer la pression sur la nuque et les lèvres, surtout avec l’anneau inférieur.

Commencez par quelques minutes au pas, puis vérifiez la salivation, la respiration et l’attitude de l’encolure. Arrêtez la séance si le cheval ouvre largement la bouche, passe la langue au-dessus du mors, se défend brutalement ou présente une lésion. Une douleur observée après le travail justifie un contrôle par le vétérinaire ou le dentiste équin, selon le signe constaté.

  • Le mors ne doit pas être utilisé pour punir un cheval qui accélère.
  • Une main expérimentée garde des doigts souples et évite les actions répétées.
  • Le choix de l’anneau se fait avec un professionnel, jamais d’après une photo seule.

Nettoyer et contrôler le matériel

Rincez le mors à l’eau tiède après chaque séance pour enlever la salive et les résidus d’aliment. Séchez-le avec un chiffon propre avant de le ranger. Nettoyez les anneaux, les passages de cuir et les éventuelles alliances, car le sable s’accumule facilement dans les pièces mobiles. Un mors rangé humide peut tacher, corroder ou dégrader les parties métalliques selon sa matière.

Avant chaque utilisation, passez un doigt sur le canon et les anneaux pour rechercher une bavure, une fissure ou une arête. Contrôlez aussi les coutures des montants, la solidité des boucles et l’état des alliances. Remplacez immédiatement un mors déformé, rouillé ou endommagé. Un mors nettoyé ne compense jamais un réglage trop serré ou une embouchure mal adaptée.

Les erreurs fréquentes et leurs conséquences

La première erreur consiste à choisir ce matériel uniquement parce qu’un cheval tire. Cette réaction peut masquer une douleur de bouche, de dos, de selle ou de pieds, ainsi qu’un problème d’équilibre ou de conduite. Une résistance apparue soudainement mérite un examen et un avis de moniteur. Une boiterie brutale, une plaie ou une douleur intense imposent d’appeler le vétérinaire tout de suite.

Monter les rênes sur l’anneau le plus bas, serrer fortement la muserolle ou utiliser des alliances sans les comprendre augmente la pression. Le cheval peut ouvrir la bouche, passer la langue, se contracter dans l’encolure ou devenir plus difficile à diriger. Un mors trop large peut pincer les commissures lorsqu’il coulisse ; un mors trop étroit comprime les lèvres contre les dents.

En compétition, la conformité dépend du règlement FFE applicable à la discipline, à l’épreuve et à la catégorie. Les embouchures, les alliances et les rênes autorisées peuvent différer entre dressage, saut d’obstacles et concours complet. Consultez le règlement FFE en vigueur et demandez un contrôle à votre enseignant avant d’engager le cheval.

Questions fréquentes

Le mors à releveur est-il adapté à un cavalier débutant ?

Non, il demande un encadrement et une main déjà indépendants. Un cavalier débutant peut involontairement tirer sur les rênes et augmenter la pression sur les lèvres et la nuque. Dans un club, suivez le choix de votre moniteur et apprenez d’abord à tenir un contact souple, à faire des transitions et à rendre les rênes.

Quelle différence y a-t-il entre un mors à releveur et un mors à pompe ?

Les deux utilisent plusieurs points d’attache et peuvent produire un effet de levier. Le mors à releveur désigne souvent un modèle à deux ou plusieurs anneaux destiné à agir sur les commissures et la nuque. Le mors à pompe, souvent appelé Pessoa, comporte généralement trois ou quatre anneaux. Les appellations commerciales varient, donc observez le montage réel.

Peut-on mettre les rênes directement sur l’anneau principal ?

Sur certains modèles, oui, mais l’action devient alors différente et généralement moins forte que sur un anneau inférieur. La position doit rester conforme aux indications du fabricant et à l’enseignement reçu. Ne changez pas de position parce que le cheval tire davantage : faites vérifier le réglage, la bouche, la selle et la qualité du contact.

Ces mors sont-ils autorisés en compétition FFE ?

La réponse dépend de la discipline, de l’épreuve, de la catégorie et du règlement en vigueur. Les règles peuvent différer entre dressage, saut d’obstacles et concours complet, notamment pour les alliances et les rênes. Consultez le règlement FFE correspondant à votre épreuve avant la compétition et faites vérifier le filet par votre encadrant.

Testez-vous

3 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.Quel élément augmente généralement l’effet de levier sur un mors à plusieurs anneaux ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : Fixer les rênes sur un anneau inférieur. Plus les rênes sont fixées bas, plus la pression peut augmenter sur les commissures et la nuque. Cet effet demande une main expérimentée.

  2. 2.Que faut-il vérifier en priorité pour choisir la taille du mors ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : La mesure réelle du canon et l’absence de pincement. La longueur et l’épaisseur du canon doivent convenir à la bouche. Un mors trop large peut coulisser et pincer, tandis qu’un mors trop étroit comprime les lèvres.

  3. 3.Que faire si un cheval se défend brutalement avec ce mors ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : Arrêter, vérifier le matériel et demander un avis professionnel. Une défense peut signaler une douleur, un mauvais réglage ou une demande trop forte. Il faut arrêter l’utilisation et faire contrôler le cheval et le matériel.

Sources

  1. Fédération française d’équitation, règlements et disciplines ffe.com
  2. IFCE Équipédia, encyclopédie du cheval equipedia.ifce.fr
  3. Association vétérinaire équine française, ressources vétérinaires avef.fr

Mis à jour le .

À lire aussi