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Le mors : modèles, taille et action sur le cheval

Le mors est la pièce du filet placée dans la bouche du cheval. Relié aux rênes, il transmet des indications par une pression mesurée sur la langue, les barres, les commissures des lèvres et parfois la nuque ou le menton selon le modèle.

Mis à jour le 7 min de lecture

Mors, illustration à l'aquarelle
Sommaire10 parties
À quoi ça sert
Le mors permet au cavalier de communiquer avec le cheval par les rênes, à condition d’être adapté, correctement réglé et utilisé avec des mains stables.
Prix indicatif
En 2026, comptez environ 25 à 45 € pour un mors d’entrée de gamme en inox, 50 à 120 € pour un modèle courant ou une matière spécifique, et 130 à 250 € pour certains mors techniques ou haut de gamme. Les prix varient selon la marque, la matière, la finition et le mécanisme.

Mise en place, pas à pas

  1. Préparer le filet

    Desserrez les montants, vérifiez que le mors est propre et contrôlez l’état des anneaux, des articulations et des soudures.

  2. Positionner le cheval

    Placez-vous à gauche, près de l’épaule, avec le cheval attaché correctement ou tenu en main par une personne compétente.

  3. Présenter le mors

    Posez doucement le mors contre les lèvres, sans toucher les incisives, puis attendez que le cheval ouvre la bouche.

  4. Installer le filet

    Faites passer le mors, les montants et le frontal sans tordre les pièces, puis retirez le licol seulement lorsque le filet est sécurisé.

  5. Régler les montants

    Ajustez les montants pour que le mors soit stable et que la commissure forme au plus un ou deux plis discrets, selon la morphologie.

  6. Contrôler la sous-gorge

    Fermez-la sans la serrer contre la gorge. Vous devez conserver un espace permettant au cheval de mâcher et de respirer normalement.

  7. Vérifier avant de monter

    Passez un doigt sur les commissures et observez l’alignement du mors. Pendant les premières minutes, contrôlez la décontraction et l’absence de frottement.

Rôle du mors dans la communication

Le mors repose sur la langue et les barres, zones édentées entre les incisives et les molaires. La main agit par l’intermédiaire des rênes, avec une pression qui doit rester brève, progressive et adaptée à l’exercice. Le cheval peut aussi répondre à l’assiette, aux jambes et à la voix. Le mors ne remplace donc ni l’éducation, ni l’équilibre du cavalier, ni une préparation correcte.

Un cheval qui ouvre la bouche, passe la langue par-dessus le mors, secoue la tête, tire fortement ou ralentit avec crispation peut ressentir une gêne. Ces signes peuvent venir d’une taille incorrecte, d’un mauvais réglage, de dents douloureuses, d’une main trop fixe ou d’un mors inadapté. Une douleur persistante nécessite l’avis du vétérinaire et, pour le matériel, celui d’un moniteur ou d’un professionnel qualifié.

Les principales embouchures

Le canon est la partie du mors qui repose dans la bouche. Un canon brisé possède une articulation centrale. Selon la main et le contact, il peut répartir la pression sur les deux côtés de la bouche, tout en agissant davantage sur la langue et les barres lorsque les rênes se ferment. Un canon droit répartit la pression différemment et peut convenir à certains chevaux, mais il devient inconfortable s’il est trop épais ou si le cheval manque de place dans sa bouche.

Le double brisure possède deux articulations et une petite pièce centrale. Il suit souvent mieux la forme de la langue qu’un canon brisé classique, sans garantir à lui seul davantage de confort. Les anneaux libres rendent le mors mobile et peuvent pincer les commissures si la taille ou les rondelles sont mal choisies. Les anneaux à olives stabilisent davantage le mors. Le mors à aiguilles ajoute des branches latérales qui encadrent la bouche et facilitent les actions de direction.

Les mors à branches, comme le pelham, ajoutent un effet de levier lorsque les rênes sont fixées sur les anneaux inférieurs. La gourmette agit alors sous la mâchoire. Un mors releveur ou à anneaux multiples peut aussi augmenter la pression selon le point d’attache choisi. Ces modèles demandent une main précise et l’accord d’un moniteur. Leur action varie avec la longueur des branches, le réglage de la gourmette, la position des rênes et la morphologie du cheval.

  • Canon brisé : articulation centrale et action sensible à la fermeture des rênes.
  • Canon droit : pression plus continue, avec une place différente pour la langue.
  • Double brisure : deux articulations et une pièce centrale, à vérifier selon la forme de la langue.
  • Anneaux libres, olives ou aiguilles : mobilité et encadrement latéral différents.
  • Branches et gourmette : levier accru sur la nuque, les barres et le menton.

Matières et sensations en bouche

L’acier inoxydable résiste à la corrosion et reste facile à nettoyer. Le caoutchouc est plus souple au toucher, mais il peut être mâché, marqué par les dents et devenir inconfortable s’il s’échauffe ou se dégrade. Le cuir peut être accepté par certains chevaux, à condition d’être entretenu et remplacé dès qu’il présente une entaille ou une surface dure. Les alliages contenant du cuivre peuvent favoriser la salivation chez certains chevaux, sans convenir à tous.

La matière ne suffit jamais à déterminer le confort. Un mors épais prend davantage de place dans la bouche et peut gêner un cheval qui a une langue épaisse, un palais bas ou une faible largeur entre les barres. Un mors fin concentre la pression sur une zone réduite. La dentition, notamment la présence de dents de loup ou de surdents, doit être contrôlée par un vétérinaire ou un dentiste équin selon le suivi habituel du cheval.

Choisir la largeur et le modèle

Mesurez la bouche avec un ruban souple ou une ficelle placée à l’endroit où reposera le mors, puis reportez la mesure sur une règle. Les tailles courantes sont indiquées en centimètres, par exemple 10,5, 11,5, 12,5 ou 13,5 cm. Elles varient selon les fabricants. Un mors à anneaux libres doit généralement dépasser légèrement de chaque côté des lèvres, tandis qu’un mors à anneaux fixes doit rester proche de la commissure sans comprimer.

La taille du poney ou sa race ne donne qu’un repère approximatif. Un grand cheval peut avoir une bouche étroite, et un petit cheval une bouche large. Vérifiez aussi l’épaisseur du canon, l’espace disponible pour la langue et la stabilité du mors. Un filet correctement ajusté forme habituellement un ou deux plis discrets à la commissure, selon la morphologie et le réglage, sans tirer les lèvres vers le haut.

Pour un cavalier de club, le choix doit être validé par le moniteur qui connaît le cheval. En compétition FFE, les embouchures autorisées dépendent de la discipline, du niveau et du règlement en vigueur. Certains modèles, montages de rênes ou dispositifs avec gourmette sont limités ou interdits selon l’épreuve. Consultez le règlement FFE actualisé de votre discipline avant un concours, plutôt que de vous fier à une habitude d’écurie.

  • Mesurez la largeur de la bouche en centimètres avant l’achat.
  • Contrôlez la forme de la langue, du palais et des barres avec un professionnel.
  • Choisissez un modèle compatible avec la discipline et le niveau du cavalier.
  • Vérifiez le règlement FFE de l’année et de l’épreuve concernée.

Mettre le mors et l’utiliser correctement

Pour mettre le filet, placez-vous à gauche du cheval, desserrez les montants et retirez le licol en gardant une prise sûre sur la longe ou les rênes. Présentez le mors sans cogner les incisives, accompagnez-le avec les doigts et attendez que le cheval ouvre la bouche. Attachez ensuite la sous-gorge sans la serrer contre la gorge. Le réglage final se contrôle lorsque le cheval tient sa tête naturellement.

À cheval, gardez les poignets dans le prolongement des avant-bras et cherchez un contact élastique. Une rêne directe agit surtout sur la commissure, la langue et les barres. Avec un mors à branches, la fermeture des doigts peut aussi agir sur la nuque et le menton. Commencez toujours dans un exercice simple, au pas, puis observez la locomotion, la respiration, la décontraction de la mâchoire et la régularité du contact.

Nettoyer et contrôler le mors

Rincez le mors à l’eau après chaque séance afin d’enlever la salive et les grains de sable. Séchez-le avec un chiffon propre avant de le ranger. Inspectez les articulations, les anneaux, les branches et les soudures. Une arête, une fissure, une corrosion marquée ou un caoutchouc entaillé peut blesser la bouche. Retirez immédiatement le mors du service si sa surface n’est plus lisse.

Les mors en cuir nécessitent un entretien conforme aux indications du fabricant et doivent sécher à l’air libre, loin d’une source de chaleur. Évitez les produits agressifs et les éponges abrasives qui altèrent les surfaces. Rangez le mors séparément ou sur un porte-filet propre, sans le laisser en contact prolongé avec de l’humidité ou des résidus d’aliments.

Erreurs fréquentes et conséquences

Un mors trop étroit comprime les commissures et peut créer des frottements ou des plaies. Un mors trop large se déplace latéralement, rend les indications moins précises et peut venir heurter les barres. Un mors placé trop bas peut tomber contre les incisives ou inciter le cheval à le saisir, tandis qu’un réglage trop haut tire les commissures et gêne la mobilité de la mâchoire.

Changer pour un mors plus sévère après une résistance peut augmenter la douleur sans traiter sa cause. Une main qui tire longtemps fatigue la bouche et la nuque, surtout avec un mors à branches. Si vous constatez du sang, une plaie, une salivation inhabituelle, une difficulté à manger, une défense brutale ou une boiterie apparue pendant le travail, arrêtez la séance. Une plaie dans la bouche doit être montrée rapidement à un vétérinaire si elle est profonde, saigne ou ne s’améliore pas.

Questions fréquentes

Quelle largeur de mors choisir pour un cheval de club ?

Mesurez la bouche du cheval à l’endroit où le mors repose, puis choisissez une largeur légèrement supérieure à cette mesure. Les tailles courantes sont 10,5, 11,5, 12,5 et 13,5 cm, avec des variations selon les fabricants. Demandez au moniteur de vérifier le réglage sur le cheval, car la largeur du mors, sa forme et ses anneaux changent la façon dont il se place.

Un mors double brisure est-il toujours plus confortable ?

Non. Il peut mieux suivre certaines langues et certains palais, mais son confort dépend de la taille, de l’épaisseur, de la pièce centrale et de la main du cavalier. Une double brisure mal adaptée peut appuyer sur la langue ou les barres. Le cheval doit être observé au travail et sa bouche doit être contrôlée en cas de défense.

Comment savoir si un mors pince les lèvres ?

Après quelques minutes, vérifiez les commissures et la peau autour des anneaux. Des marques nettes, une peau plissée ou une plaie peuvent signaler un mors trop étroit, des anneaux mobiles mal adaptés ou un réglage incorrect. Des rondelles peuvent limiter certains pincements, mais elles ne corrigent pas une largeur inadaptée ni une main trop forte.

Peut-on utiliser le même mors en concours FFE et à la maison ?

Cela dépend de la discipline, du niveau et de la catégorie d’épreuve. Les règlements FFE précisent les embouchures et les montages autorisés, avec des différences possibles entre dressage, saut d’obstacles, concours complet et autres disciplines. Vérifiez le règlement en vigueur avant l’engagement et demandez conseil à votre enseignant si le mors comporte des branches, une gourmette ou plusieurs points d’attache.

Testez-vous

3 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.Quelle mesure faut-il surtout vérifier avant d’acheter un mors ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : La largeur de la bouche en centimètres. La largeur de la bouche permet de choisir une taille adaptée. La taille du cheval ou sa race ne suffit pas à déterminer la largeur du mors.

  2. 2.Quel élément peut augmenter l’action d’un mors à branches ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : Une gourmette correctement réglée. La gourmette transmet une pression sous la mâchoire lorsque les rênes sollicitent les branches. Le réglage et la main du cavalier modifient fortement cette action.

  3. 3.Que faire en présence d’une plaie dans la bouche après le travail ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : Arrêter la séance et faire contrôler la bouche. Il faut arrêter le travail et rechercher la cause, avec un professionnel. Une plaie profonde, persistante ou saignante nécessite un avis vétérinaire.

Sources

  1. FFE, Disciplines et règlements ffe.com
  2. IFCE Équipédia, Encyclopédie du cheval equipedia.ifce.fr
  3. AVEF, Association des vétérinaires équins français avef.fr
  4. FEI, Rules and Regulations fei.org

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