Équithérapeute et thérapeute avec le cheval : études, missions et salaire
L’équithérapeute accompagne des personnes avec le cheval comme médiateur dans un cadre de soin psychique ou de réadaptation. En France, le terme équithérapeute ne correspond pas à un diplôme d’État unique : le parcours dépend d’abord de votre métier de santé, de rééducation ou du social, puis d’une formation complémentaire en médiation équine.

Sommaire9 parties
Le métier en bref
- Formation
- Le parcours principal associe un diplôme de santé, de rééducation ou du social, par exemple le diplôme d’État de psychomotricien, de masseur-kinésithérapeute, d’ergothérapeute, de psychologue avec titre réglementé ou d’éducateur spécialisé, puis une formation complémentaire en médiation équine. Une compétence équestre, souvent acquise par un BPJEPS activités équestres ou une expérience encadrée, complète le parcours.
- Durée
- Comptez généralement 3 à 5 ans pour le diplôme initial selon la profession, puis une formation complémentaire dont la durée varie selon l’organisme et le programme. Un BPJEPS se prépare souvent en alternance sur environ 12 à 18 mois, avec des variations selon le parcours et les allègements.
- Accès
- L’accès dépend du diplôme choisi. Les formations de santé et du social ont leurs propres conditions d’admission, souvent après le baccalauréat. Le BPJEPS demande notamment un niveau équestre, des tests d’exigences préalables et une structure d’alternance. Il faut aussi savoir manipuler un cheval à pied et évaluer les risques.
- Salaire
- Il n’existe pas de grille nationale propre à l’équithérapie. Pour un débutant salarié, comptez souvent environ 1 800 à 2 200 € bruts par mois selon le métier et la convention collective, puis environ 2 300 à 3 500 € bruts ou davantage pour un professionnel confirmé ou indépendant avec une activité stable. Les revenus varient fortement.
- Conditions
- Les séances ont lieu en centre équestre, établissement médico-social, cabinet ou structure de réadaptation. Le travail comprend la préparation du cheval, l’accueil, les transmissions et le nettoyage. Les horaires peuvent inclure les mercredis, fins de journée et samedis. Le métier est physique, exposé au froid, à la poussière, aux chutes et aux réactions imprévisibles d’un cheval.
Missions et publics accompagnés
L’équithérapeute construit des séances à partir d’objectifs définis avec la personne et son équipe : soutenir l’expression, travailler l’attention, favoriser la régulation émotionnelle, mobiliser le corps ou développer l’autonomie. Le cheval sert de partenaire et de médiateur. Il peut être monté, mené en main, observé, pansé ou simplement approché, selon les capacités et les objectifs du patient.
Les publics sont variés : enfants présentant des troubles du neurodéveloppement, adolescents en difficulté psychique, adultes en situation de handicap, personnes âgées ou patients engagés dans une réadaptation. Une séance ne remplace ni un suivi médical, ni une psychothérapie, ni une rééducation prescrite. Le professionnel adapte la durée, les consignes, la distance au cheval et le niveau de stimulation.
Le mot hippothérapie est souvent employé pour des actions de réadaptation utilisant les mouvements du cheval, notamment dans un cadre de santé. L’équitation adaptée vise plutôt l’accès à la pratique équestre avec des aménagements. Les termes ne sont toutefois pas utilisés de manière parfaitement uniforme en France : le contenu réel de l’intervention et les qualifications du professionnel comptent davantage que l’étiquette.
- Évaluer les capacités, les besoins et les risques avant la séance.
- Choisir un cheval adapté au gabarit, au comportement et à l’objectif du jour.
- Préparer un cadre sécurisé, avec matériel, accompagnants et solution de repli.
- Observer les réactions de la personne et transmettre les informations utiles à l’équipe.
Une journée type sur le terrain
La journée commence souvent par la vérification de l’état du cheval : locomotion, humeur, alimentation récente, blessures visibles et disponibilité. Le professionnel prépare ensuite le matériel, la carrière ou la salle, puis relit les objectifs des personnes accueillies. Une séance peut comprendre un pansage guidé, un déplacement à pied, un exercice de conduite ou quelques minutes montées avec une aide adaptée.
Pendant l’activité, le professionnel observe la posture, la respiration, le tonus musculaire, les réactions émotionnelles et la relation avec le cheval. Il peut demander de marcher à côté de l’encolure, de franchir un petit dispositif au sol ou de s’arrêter à un repère. Les consignes doivent rester compréhensibles et la sécurité impose de garder une issue dégagée.
Après la séance, il faut desseller, vérifier le dos et les membres du cheval, ranger le matériel et noter les observations. Les transmissions peuvent prendre du temps, surtout en établissement. Une réaction inhabituelle, une douleur, une chute ou une fatigue importante doit conduire à interrompre l’activité et à prévenir le responsable ou le professionnel de santé concerné.
- Préparation du cheval et du site.
- Accueil et bilan rapide de la personne.
- Séance individuelle ou en petit groupe.
- Transmissions, entretien et soins courants au cheval.
Qualités et compétences utiles
Vous devez d’abord savoir observer sans interpréter trop vite. Une personne qui détourne le regard, serre les jambes ou refuse de toucher le cheval peut exprimer de la peur, de la fatigue, une douleur ou un besoin de contrôle. Le professionnel ajuste alors la distance, la tâche et le rythme. L’écoute du patient passe avant l’envie de faire monter.
La connaissance du cheval est concrète : lire ses oreilles, sa tension corporelle et ses déplacements, régler un licol, mener en sécurité, vérifier une selle et repérer une boiterie ou une blessure. Un cheval de séance doit bénéficier de sorties, de contacts sociaux, de fourrage adapté et de temps de récupération. Un comportement inhabituel justifie l’arrêt de la séance et un avis professionnel.
Le métier demande aussi de travailler en équipe. Vous pouvez échanger avec un médecin, un psychologue, un psychomotricien, un éducateur spécialisé, un ergothérapeute ou la famille. Vous devez rester dans votre champ de compétences, protéger les données personnelles et expliquer clairement ce que la séance peut apporter, sans promettre de guérison.
- Patience et capacité à reformuler une consigne.
- Maîtrise de la conduite du cheval à pied et des règles de sécurité.
- Observation du comportement humain et équin.
- Goût du travail en équipe et des écrits professionnels.
- Résistance physique et sang-froid face aux imprévus.
Formation et diplômes
Il n’existe pas, en France, de diplôme d’État unique d’équithérapeute. Pour exercer un soin relevant de la psychologie, de la psychomotricité, de la rééducation ou d’une autre profession réglementée, il faut détenir le diplôme correspondant. Le diplôme d’État de psychomotricien se prépare en trois ans après admission, tandis que les études de psychologue passent par une licence puis un master de psychologie, soit cinq années d’études.
D’autres parcours sont possibles selon les missions : diplôme d’État d’éducateur spécialisé, d’ergothérapeute ou de masseur-kinésithérapeute, avec des durées et des admissions propres à chaque formation. Une formation complémentaire en thérapie avec le cheval ou en médiation équine peut ensuite être suivie. Examinez son programme, ses intervenants, ses stages, son évaluation et la place donnée à la santé et au bien-être du cheval.
La compétence équestre peut être structurée par un BPJEPS activités équestres. Le CAP agricole palefrenier-soigneur et le bac professionnel conduite et gestion de l’entreprise hippique, dit bac pro CGEH, apportent des bases de soins et de gestion d’écurie. Le DEJEPS ou le DESJEPS concernent surtout l’encadrement et le perfectionnement. Les écoles nationales vétérinaires forment des vétérinaires, et l’AFASEC prépare principalement aux métiers des courses : ces voies ne sont pas des diplômes d’équithérapie.
- Diplôme initial de santé, de rééducation ou du social.
- Formation complémentaire en médiation équine, avec stages encadrés.
- BPJEPS activités équestres pour renforcer l’encadrement équestre.
- CAPa palefrenier-soigneur ou bac pro CGEH pour les bases de gestion du cheval.
- DEJEPS ou DESJEPS pour des fonctions d’encadrement sportif plus avancées.
Salaire et évolution
Le salaire dépend surtout du métier initial et du statut. Un psychomotricien, un éducateur spécialisé, un ergothérapeute ou un enseignant d’équitation ne relèvent pas des mêmes grilles. Pour un débutant salarié dans le secteur social, médico-social ou équestre, une fourchette d’environ 1 800 à 2 200 € bruts mensuels est un repère prudent. Elle varie selon la convention collective, le temps de travail et la région.
Après plusieurs années, un professionnel salarié peut atteindre environ 2 300 à 3 500 € bruts mensuels, parfois davantage dans certaines professions de santé ou avec des responsabilités. En indépendant, le chiffre d’affaires ne correspond pas au salaire : il faut déduire les cotisations, les déplacements, la location des installations, l’assurance, le matériel, les soins et l’entretien des chevaux.
L’évolution peut mener vers la coordination d’un dispositif, la formation, la responsabilité d’une écurie ou la création d’une activité indépendante. Cette dernière demande une étude de marché, un statut adapté, une assurance responsabilité civile professionnelle et un cadre écrit pour les partenariats avec les établissements. Les rendez-vous annulés, la saisonnalité et les trajets rendent les revenus irréguliers au début.
- Salarié d’un établissement médico-social ou de santé.
- Intervenant dans une structure équestre ou une association.
- Profession libérale selon le diplôme et la réglementation de la profession.
- Coordinateur de projet ou formateur après expérience.
- Responsable d’une structure avec chevaux et locaux adaptés.
Débouchés et réalités du métier
Les employeurs possibles sont les établissements médico-sociaux, les centres de réadaptation, les associations, les centres équestres et certaines structures accueillant des personnes âgées ou en situation de handicap. Les postes explicitement intitulés « équithérapeute » restent moins nombreux que les postes de psychomotricien, éducateur spécialisé, moniteur d’équitation ou intervenant en activité adaptée. Une double compétence facilite souvent l’insertion.
Le lieu de travail doit permettre une circulation sûre, un accès adapté, un espace de pansage stable et une zone de séance suffisamment calme. Le professionnel doit anticiper la météo, la boue, le bruit, les autres chevaux et les secours. Le port d’un casque adapté est requis dès qu’une personne monte à cheval. Les accompagnants doivent savoir où se placer et comment agir en cas de déséquilibre.
Le cheval n’est jamais un outil interchangeable. Il faut organiser son repos, ses sorties, ses relations sociales, son alimentation et son suivi vétérinaire. Une boiterie brutale, une plaie près d’une articulation ou un changement marqué de comportement impose d’arrêter l’activité et de contacter le vétérinaire selon l’urgence. La qualité du projet dépend donc autant du cadre de soin que des conditions de vie du cheval.
- Établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux.
- Associations de handicap ou de réadaptation.
- Centres équestres et structures d’équitation adaptée.
- Activité indépendante avec partenariats professionnels.
- Coordination de projets de médiation animale ou équine.
Questions fréquentes
Faut-il être psychologue pour devenir équithérapeute ?
Non, mais le parcours dépend de l’intervention proposée. Le titre d’équithérapeute n’est pas un diplôme d’État unique. Pour exercer comme psychologue, psychomotricien ou masseur-kinésithérapeute, vous devez obtenir le diplôme réglementé correspondant. Une formation complémentaire en médiation équine ne donne pas automatiquement le droit d’exercer une profession de santé.
Quelle différence existe entre équithérapie et équitation adaptée ?
L’équithérapie s’inscrit dans un projet thérapeutique porté par un professionnel compétent dans son champ de santé, de rééducation ou du soin psychique. L’équitation adaptée aménage la pratique équestre pour permettre à une personne de monter ou de participer à une activité. Les appellations peuvent varier selon les structures : demandez toujours les qualifications et les objectifs précis.
Peut-on commencer par un BPJEPS activités équestres ?
Oui, si votre projet vise l’encadrement équestre et l’équitation adaptée. Le BPJEPS apporte des compétences de sécurité, d’enseignement et de gestion d’une séance, avec des tests d’entrée et une alternance. Il ne vous autorise pas à poser un diagnostic ni à réaliser un acte de soin réservé à un professionnel de santé.
Quel niveau d’équitation faut-il pour travailler avec des patients ?
Il faut savoir manipuler un cheval avec calme, le mener, l’attacher, vérifier son équipement et réagir à un écart ou à un départ brusque. Le niveau attendu dépend de la formation et du poste. Les Galops peuvent servir de repères, mais ils ne remplacent ni l’expérience encadrée, ni la connaissance du comportement équin, ni la formation aux publics accompagnés.
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Sources
- 1.France Travail, Fiche métier et recherche d’emploi dans le secteur social et médico-social francetravail.fr
- 2.ONISEP, Les études et métiers de la santé, du social et du sport onisep.fr
- 3.FFE, Formations et diplômes de l’équitation ffe.com
- 4.IFCE Équipédia, Médiation équine, cheval et activités avec les publics equipedia.ifce.fr
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