Mon cheval ne mange plus : que faire ?
Une perte d’appétit apparue en quelques heures peut accompagner une colique, de la fièvre, une douleur dentaire ou une obstruction de l’œsophage. Mesurez sa température, observez ses crottins et son comportement, puis appelez le vétérinaire tout de suite ou dans la journée selon les signes associés.

Sommaire9 parties
Ces repères aident à observer et à agir vite. Le diagnostic et les traitements relèvent du vétérinaire : au moindre doute, appelez-le.
Pas à pas
- 1Sécuriser la zone
Approchez le cheval par l’épaule, prévenez les personnes présentes et éloignez les aliments accessibles. Ne restez jamais derrière un cheval inquiet ou douloureux.
- 2Observer les signes
Relevez douleur, transpiration, roulades, salivation, toux, écoulement nasal, crottins et comportement général. Notez l’heure du début des signes.
- 3Prendre la température
Si le cheval reste manipulable, utilisez un thermomètre électronique lubrifié par le côté, sans vous placer derrière les postérieurs. Notez la valeur exacte.
- 4Retirer les aliments
En cas de colique, de salivation anormale ou de suspicion d’obstruction, retirez foin, granulés, friandises et paille. Ne forcez ni eau ni aliment.
- 5Appeler le vétérinaire
Expliquez l’âge, la température, les signes, le dernier repas, le dernier crottin, les changements récents et les soins déjà réalisés.
- 6Surveiller calmement
Restez disponible jusqu’aux consignes du vétérinaire. Marchez seulement un cheval calme, sur une courte durée et dans un espace sécurisé.
Repérer une urgence dès les premières minutes
Un cheval qui ne touche plus à son foin ou à ses granulés, détourne la tête de la mangeoire ou mâche sans avaler doit être observé immédiatement. Regardez s’il transpire, gratte le sol, se couche et se relève, se roule, salive, tousse ou garde la tête tendue. Ces signes peuvent accompagner une colique ou une obstruction de l’œsophage, appelée aussi bouchon alimentaire.
Retirez le foin, les granulés, les friandises et la paille accessible. Ne donnez ni huile, ni mash, ni médicament et ne forcez pas l’eau. Prévenez le propriétaire, le responsable de l’écurie ou un adulte si vous êtes mineur, puis appelez le vétérinaire. Marchez uniquement le cheval calme et en sécurité, quelques minutes à la fois, sans l’épuiser ni vous exposer à un coup de pied.
- Douleur abdominale, transpiration ou roulades : urgence vétérinaire.
- Salivation abondante, toux et aliment ou liquide par les naseaux : urgence vétérinaire.
- Cheval très abattu, couché sans se relever ou incapable d’avaler : urgence vétérinaire.
- Notez l’heure du dernier repas, du dernier crottin et de l’apparition des signes.
Prendre la température sans se mettre en danger
Chez un cheval adulte au repos, la température rectale se situe souvent autour de 37,5 à 38,2 °C, avec des variations selon l’effort, la météo, le stress et les individus. Une valeur supérieure à environ 38,5 °C, surtout associée à une baisse d’appétit, doit être communiquée au vétérinaire. Chez un poulain, les repères peuvent être différents : indiquez toujours son âge.
Utilisez un thermomètre électronique réservé aux animaux, disponible généralement entre 10 et 30 € en France en 2026 selon le modèle. Placez-vous sur le côté, près de l’épaule, jamais directement derrière le postérieur. Prévenez le cheval, écartez doucement la queue et introduisez le thermomètre lubrifié sans forcer. Nettoyez-le ensuite et notez l’heure, la température et l’activité récente.
- Mesurez au repos si la sécurité le permet.
- Refaites une mesure après quelques minutes seulement si la première valeur semble incohérente.
- Ne poursuivez pas la prise de température si le cheval rue ou se défend violemment.
- Transmettez la valeur exacte au vétérinaire, avec l’âge et les traitements déjà prescrits par un professionnel.
Comprendre les causes apparues brutalement
Une colique correspond à une douleur abdominale, souvent liée au tube digestif. Le cheval peut manquer d’appétit, regarder ses flancs, gratter, transpirer, se coucher ou produire moins de crottins. L’intensité des signes ne permet pas de mesurer la gravité : un cheval qui semble seulement gêné peut tout de même avoir besoin d’un examen rapide.
Une obstruction de l’œsophage survient parfois après une bouchée de granulés, de carotte ou de foin mal mastiquée. Le cheval garde souvent l’encolure tendue, salive et rejette par les naseaux un mélange de salive et d’aliment. Une fièvre, une toux, des naseaux sales ou une grande fatigue peuvent aussi accompagner une infection. Dans ces situations, appelez le vétérinaire tout de suite et ne remettez rien dans la bouche.
- Colique : ne donnez rien à manger et contactez le vétérinaire.
- Obstruction de l’œsophage : ne versez pas d’eau dans la bouche et ne sondez jamais vous-même.
- Fièvre ou abattement : installez le cheval au calme et appelez le vétérinaire dans la journée.
- Ne concluez pas à un simple caprice après un seul repas refusé.
Rechercher une cause progressive
Une baisse d’appétit qui dure plusieurs jours peut venir de dents irrégulières, d’une ration changée trop vite, d’un foin poussiéreux ou refusé, d’ulcères gastriques, d’une douleur locomotrice ou d’une maladie générale. Une dentition douloureuse se repère parfois grâce à des bouchons de foin mâché, une mastication lente, une perte de poids ou des aliments qui tombent de la bouche.
Comparez la quantité réellement mangée avec la ration prévue et vérifiez l’eau, le foin, les crottins et l’état corporel. Une jument, un poulain, un cheval âgé ou un poney atteint d’un trouble métabolique peut avoir des besoins et des risques particuliers. Si la baisse persiste au-delà d’un repas ou s’accompagne d’amaigrissement, de diarrhée, de toux ou d’abattement, demandez un avis vétérinaire dans la journée.
- Inspectez le foin : odeur de moisi, poussière, échauffement ou changement de lot.
- Vérifiez que l’abreuvoir fonctionne et que l’eau reste propre.
- Observez la mastication, les bouchons de foin et les aliments qui tombent.
- Ne modifiez pas fortement la ration et ne multipliez pas les compléments sans avis professionnel.
Surveiller le cheval en attendant le vétérinaire
Restez auprès du cheval ou organisez une surveillance fiable. Notez l’heure du dernier repas accepté, la quantité approximative, les prises d’eau, les crottins, la température, les signes de douleur et les changements récents : transport, vermifugation, nouvelle ration, mise à l’herbe ou effort inhabituel. Ces informations aident le vétérinaire à décider de l’examen et des soins nécessaires.
Un cheval qui refuse seulement les granulés mais mange normalement son foin n’est pas dans la même situation qu’un cheval qui refuse toute nourriture. Toutefois, ne testez pas son appétit avec des friandises et ne le faites pas travailler. Préparez son carnet de soins, l’identité du propriétaire et l’adresse exacte de l’écurie. En 2026, une consultation équine en France peut souvent se situer autour de 70 à 150 € hors déplacement et actes, avec de fortes variations selon la région et l’urgence.
- Gardez le numéro du vétérinaire équin et celui de l’écurie accessibles.
- Demandez au vétérinaire avant de remettre du foin ou de l’eau si une colique ou une obstruction est suspectée.
- Photographiez si besoin les crottins anormaux ou les aliments rejetés.
- Ne transportez pas le cheval sans consigne vétérinaire, sauf nécessité médicale organisée par le professionnel.
Réduire le risque de récidive
Le cheval est un herbivore qui fonctionne mieux avec des périodes fréquentes de consommation de fourrage. Distribuez un foin propre et adapté, évitez les longues périodes sans fourrage et introduisez tout nouvel aliment progressivement. Une ration concentrée, comme des céréales ou des granulés, se fractionne selon les conseils du détenteur de la ration ou du vétérinaire nutritionniste.
Faites contrôler régulièrement les dents par un professionnel qualifié, particulièrement chez le jeune cheval en croissance et le cheval âgé. Maintenez une activité régulière, un accès à l’eau propre et une vie quotidienne limitant le stress. Le calendrier des contrôles dépend de l’âge, de la dentition et des problèmes observés, il ne se résume pas à une fréquence identique pour tous les chevaux.
- Conservez le même fourrage plusieurs jours lors d’un changement de lot pour repérer une réaction.
- Pesez les aliments concentrés plutôt que d’utiliser uniquement un volume approximatif.
- Surveillez chaque jour l’appétit, l’eau bue, les crottins et l’état corporel.
- Demandez un examen vétérinaire si les refus alimentaires se répètent.
Quand appeler le vétérinaire ?
- Tout de suiteDouleur abdominale, roulades, transpiration, grattage répété ou absence de crottins avec refus de manger
- Tout de suiteSalivation abondante, aliment ou liquide par les naseaux, encolure tendue ou difficulté à avaler
- Tout de suiteCheval couché qui ne se relève pas, très faible, difficile à réveiller ou présentant une respiration anormale
- Dans la journéeTempérature supérieure à environ 38,5 °C chez un cheval adulte, avec abattement ou perte d’appétit
- Dans la journéeBaisse progressive de l’appétit, amaigrissement, mastication difficile ou refus répété sans signe d’urgence
La nuit et le week-end, le répondeur de votre vétérinaire indique le service de garde. Notez la température, le pouls et l’heure des premiers signes : ces repères l’aident à juger l’urgence.
Questions fréquentes
Combien de temps un cheval peut-il rester sans manger ?
Un cheval ne devrait pas rester volontairement à jeun : son système digestif est adapté à l’ingestion régulière de fourrage. Un repas refusé doit être vérifié, et une absence totale d’alimentation pendant plusieurs heures devient préoccupante si elle persiste ou s’accompagne de douleur, fièvre, abattement ou absence de crottins.
Puis-je donner du mash à un cheval qui refuse ses granulés ?
Évitez de proposer un mash pour masquer le problème. Si le cheval a mal, semble fiévreux, salive ou avale difficilement, tout aliment peut aggraver la situation ou compliquer l’examen. Appelez le vétérinaire et suivez ses consignes avant de remettre foin, granulés, friandises ou mash.
La chaleur peut-elle couper l’appétit de mon cheval ?
Une forte chaleur peut réduire l’activité et modifier la consommation, surtout si l’eau est chaude, sale ou difficile d’accès. Vérifiez l’abreuvement et la température du cheval, mais ne mettez pas une perte totale d’appétit sur le seul compte de la météo. Fièvre, abattement ou signes de colique imposent un appel rapide.
Que faire si mon cheval mange le foin mais refuse les granulés ?
Vérifiez l’odeur, la texture et le changement de lot des granulés, puis observez la mastication et l’état de la bouche. Une douleur dentaire, une ration trop riche ou un inconfort digestif sont possibles. Si le refus se répète, si le cheval maigrit ou si son comportement change, contactez le vétérinaire dans la journée. Pour réviser ces réflexes autrement, le jeu Chevaloo vous attend.
Testez-vous
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Sources
- 1.IFCE Équipédia, Santé et bien-être du cheval equipedia.ifce.fr
- 2.AVEF, Association vétérinaire équine française avef.fr
- 3.RESPE, Réseau d’épidémiosurveillance en pathologie équine respe.net
- 4.VetAgro Sup, campus vétérinaire vetagro-sup.fr
Mis à jour le . Ces repères généraux ne remplacent pas l’avis du vétérinaire qui suit votre cheval. En cas de doute, appelez-le.
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