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La maladie de Cushing (PPID) chez le cheval

Un cheval âgé qui garde un poil long au printemps, perd du muscle ou présente une fourbure doit être examiné par un vétérinaire. La maladie de Cushing, appelée PPID, nécessite un diagnostic sanguin, un traitement prescrit et des soins adaptés pour préserver son confort.

Mis à jour le 6 min de lecture

Une vétérinaire examine au stéthoscope un cheval gris, tandis qu’une enfant tient sa longe dans la cour d’une ferme
Sommaire9 parties

Ces repères aident à observer et à agir vite. Le diagnostic et les traitements relèvent du vétérinaire : au moindre doute, appelez-le.

Pas à pas

  1. Observer sans faire travailler

    Regardez le cheval au repos puis pendant ses déplacements habituels, sans provoquer de test douloureux. S’il marche à petits pas ou refuse de tourner, arrêtez toute demande d’exercice.

  2. Noter les changements

    Inscrivez la date, les anomalies de mue, l’appétit, la transpiration et les changements de silhouette. Ajoutez des photos de profil et du dos prises dans des conditions comparables.

  3. Prévenir le bon interlocuteur

    Informez le propriétaire ou le responsable d’écurie et contactez le vétérinaire selon le degré d’urgence. Une suspicion de fourbure ne doit pas attendre le prochain bilan.

  4. Préparer la consultation

    Rassemblez les analyses précédentes, la liste des traitements et la ration réellement distribuée. Demandez les consignes de préparation du prélèvement avant de modifier les repas.

  5. Organiser le suivi partagé

    Notez les administrations dans un seul carnet accessible aux personnes concernées. Programmez le prochain contrôle à la date fixée par le vétérinaire et signalez toute baisse d’appétit.

Une maladie hormonale fréquente chez les chevaux âgés

PPID signifie « dysfonctionnement de la partie intermédiaire de l’hypophyse ». L’hypophyse est une petite glande située à la base du cerveau, qui participe à la régulation hormonale. Avec cette maladie, une partie de la glande devient trop active, notamment parce qu’elle reçoit moins de signaux inhibiteurs liés à la dopamine. Elle produit alors un excès de certaines hormones, dont l’ACTH, mesurable dans le sang.

Le PPID concerne surtout les équidés de plus de 15 ans, avec une fréquence qui augmente en vieillissant. Un cheval plus jeune peut toutefois être atteint. Le terme « maladie de Cushing » reste courant, mais le mécanisme équin diffère de celui classiquement décrit chez l’humain ou le chien. Cette affection chronique n’est pas contagieuse : un cheval atteint peut conserver ses compagnons de pré.

Poil persistant, fonte musculaire et fourbure : les signes à repérer

Le signe le plus évocateur est une hypertrichose, c’est-à-dire un poil anormalement long et abondant, parfois bouclé, qui persiste après la période habituelle de mue. Au début, vous pouvez simplement remarquer une mue tardive ou des touffes persistantes. Une transpiration excessive, une baisse d’activité, une soif accrue ou des infections répétées peuvent également alerter. Aucun de ces signes isolés ne suffit à poser le diagnostic.

La fonte musculaire se remarque notamment le long du dos et de la croupe ; le ventre peut sembler plus pendant malgré un poids peu modifié. Le PPID peut s’accompagner d’un dérèglement de l’insuline, hormone impliquée dans la régulation du sucre sanguin, qui augmente le risque de fourbure. Cette atteinte douloureuse des tissus reliant le sabot à l’os peut apparaître chez un cheval qui n’est pas obèse.

  • Photographiez le profil et le dos une fois par mois, dans une position et une lumière comparables.
  • Notez les dates de mue et comparez-les à celles des années précédentes, sans vous fier uniquement aux autres chevaux.
  • Surveillez les petits pas, les demi-tours difficiles et une réticence à se déplacer, même sans boiterie spectaculaire.
  • Signalez au vétérinaire une consommation d’eau nettement accrue ou une litière beaucoup plus mouillée.

Le diagnostic repose sur l’examen et des analyses interprétées selon la saison

Le vétérinaire examine le cheval, son état musculaire, ses pieds et les signes rapportés, puis choisit les analyses utiles. Le dosage sanguin de l’ACTH est fréquemment utilisé. Sa concentration augmente naturellement à certaines périodes de l’année, particulièrement à la fin de l’été et en automne. Le résultat doit donc être comparé aux références saisonnières du laboratoire ; un seuil unique utilisé toute l’année peut conduire à une mauvaise interprétation.

Un résultat normal ou proche de la limite n’exclut pas toujours une forme débutante. Le vétérinaire peut proposer un nouveau prélèvement ou un test de stimulation, selon le contexte et sa disponibilité. Il peut aussi rechercher un dérèglement de l’insuline pour préciser le risque de fourbure. Ne mettez pas le cheval à jeun de votre initiative : la préparation dépend du test choisi, et les consignes viennent du vétérinaire.

Un traitement prescrit et des contrôles réguliers

Le traitement vise à réduire l’activité hormonale excessive ; il ne supprime pas définitivement la maladie. Le vétérinaire prescrit généralement un traitement quotidien au long cours et ajuste la prescription selon la réponse clinique et les analyses. Respectez son mode d’administration, sans modifier vous-même les quantités. Une baisse d’appétit, un abattement inhabituel ou une difficulté à administrer le traitement justifient de le contacter dans la journée.

Un premier contrôle est souvent prévu environ 4 à 6 semaines après le début du traitement ou une modification de prescription. Une fois le cheval stabilisé, les contrôles sont généralement espacés de 6 à 12 mois, avec une fréquence adaptée aux signes et aux résultats. La mue et le confort peuvent s’améliorer avant la musculature. Consignez chaque administration et chaque changement observé dans un carnet partagé avec les soigneurs.

  • Désignez la personne responsable de l’administration pour éviter les oublis et les doubles prises.
  • Notez chaque semaine l’appétit, l’activité, la transpiration et tout changement de comportement.
  • Transmettez au vétérinaire les anciens résultats, avec leur date et le laboratoire utilisé.
  • En cas d’oubli, demandez la conduite à tenir plutôt que de doubler l’administration suivante.

Adapter le fourrage, les sorties et les soins du poil

La ration dépend de l’état corporel, des dents et du bilan de l’insuline. Un cheval maigre atteint de PPID n’a pas les mêmes besoins qu’un poney en surpoids. Comme repère général à ajuster, le fourrage apporte souvent environ 1,5 à 2 % du poids vif par jour en matière sèche : pour 500 kg, cela correspond à environ 8,5 à 12 kg de foin contenant 85 à 90 % de matière sèche.

Répartissez l’accès au fourrage sur la journée ; si une restriction est nécessaire, faites-la encadrer pour limiter les périodes sans alimentation. En présence d’un dérèglement de l’insuline, le pâturage peut devoir être limité, avec un espace de sortie adapté et des contacts sociaux maintenus. Une tonte aide certains chevaux à supporter la chaleur, mais demande ensuite une protection adaptée au temps. L’exercice se décide avec le vétérinaire, jamais pendant une fourbure douloureuse.

  • Pesez le foin plutôt que de compter les quartiers, dont le poids varie fortement.
  • Laissez de l’eau propre disponible en permanence et vérifiez le fonctionnement de l’abreuvoir chaque jour.
  • Faites vérifier les dents si le cheval laisse tomber des boulettes de foin ou mange plus lentement.
  • Programmez le suivi des pieds avec le vétérinaire et le maréchal-ferrant selon leur état, souvent toutes les 4 à 8 semaines.
  • Avant une tonte, observez la tolérance au bruit et demandez une aide expérimentée si le cheval s’inquiète.

Prévoir le budget et organiser les soins à plusieurs

Repères budgétaires au 9 octobre 2026 : pour préparer un devis en France, prévoyez environ 100 à 250 € pour une visite avec prélèvement et dosage de l’ACTH, puis environ 40 à 120 € par mois pour le traitement prescrit. Ces fourchettes indicatives ne sont pas un tarif national vérifié : déplacement, poids du cheval, laboratoire et examens complémentaires changent la facture. Une fourbure peut ajouter des frais de radiographies et de soins des pieds.

Au club ou en demi-pension, prévenez le propriétaire et le responsable d’écurie dès qu’un signe inhabituel apparaît. Affichez les consignes autorisées près du lieu de préparation des rations et précisez qui appelle le vétérinaire ; un mineur transmet ses observations à un adulte. Le traitement relève d’une prescription vétérinaire. Pour prolonger vos repères sur les soins et les besoins des chevaux, vous pouvez aussi explorer le jeu Chevaloo.

Quand appeler le vétérinaire ?

  • Tout de suitePetits pas douloureux, refus de tourner, poids reporté vers l’arrière ou suspicion de fourbure
  • Tout de suiteColiques, boiterie brutale, fièvre ou cheval couché qui ne se relève pas
  • Dans la journéeBaisse d’appétit ou abattement inhabituel après le début du traitement ou un changement de prescription
  • Sous quelques joursPoil qui ne mue pas, fonte musculaire progressive ou soif durablement accrue sans douleur aiguë
  • Au prochain passageCheval stable, sans nouveau signe, dont le contrôle programmé arrive à échéance

La nuit et le week-end, le répondeur de votre vétérinaire indique le service de garde. Notez la température, le pouls et l’heure des premiers signes : ces repères l’aident à juger l’urgence.

Questions fréquentes

Un cheval au poil bouclé a-t-il forcément un PPID ?

Non. Certaines particularités de robe et de poil sont naturelles, notamment chez le curly. Pour suspecter un PPID, le vétérinaire tient compte de l’âge, de l’évolution du pelage, du retard de mue et des autres signes. Un poil devenu anormalement long chez un cheval âgé mérite une consultation, même s’il ne semble pas malade.

Peut-on encore monter un cheval atteint de PPID ?

Oui, certains chevaux stabilisés peuvent poursuivre une activité adaptée à leur état musculaire et à leur confort. Le vétérinaire doit vérifier l’absence de douleur des pieds et tenir compte des autres maladies liées à l’âge. Une suspicion de fourbure impose l’arrêt immédiat du travail ; faire marcher le cheval pour le « dérouiller » risque d’aggraver les lésions.

Le PPID et le syndrome métabolique équin sont-ils la même maladie ?

Non. Le PPID concerne le fonctionnement de l’hypophyse. Le syndrome métabolique équin est notamment associé à un dérèglement de l’insuline et à une prédisposition à la fourbure, souvent avec un excès de graisse. Les deux peuvent coexister. C’est pourquoi le vétérinaire peut examiner le fonctionnement de l’insuline même lorsque le diagnostic de PPID est déjà établi.

Peut-on arrêter le traitement lorsque le poil redevient normal ?

Une amélioration du poil indique une réponse possible au traitement, pas la disparition du PPID. Cette maladie nécessite généralement un traitement au long cours. L’arrêt ou la modification se décide avec le vétérinaire, à partir des signes et du suivi sanguin. Si le cheval refuse sa ration ou le traitement, contactez-le dans la journée pour adapter la conduite à tenir.

Testez-vous

3 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.Que faire si un cheval âgé marche soudain à petits pas et refuse de tourner ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : Arrêter le travail et appeler le vétérinaire tout de suite. Ces signes peuvent annoncer une fourbure. Ne forcez pas le cheval à marcher et demandez immédiatement les consignes du vétérinaire.

  2. 2.Pourquoi la date du prélèvement compte-t-elle pour interpréter l’ACTH ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : Parce que l’ACTH varie naturellement selon la saison. Les références du laboratoire doivent tenir compte de la saison. Un prélèvement en automne reste utile lorsqu’il est interprété avec les valeurs adaptées.

  3. 3.Quel élément suffit à lui seul pour exclure un PPID débutant ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : Aucun de ces éléments. Un PPID débutant peut présenter des signes discrets. Le diagnostic repose sur l’ensemble des observations, l’examen vétérinaire et les analyses appropriées.

Sources

  1. IFCE Équipédia, Le syndrome de Cushing equipedia.ifce.fr

Mis à jour le . Ces repères généraux ne remplacent pas l’avis du vétérinaire qui suit votre cheval. En cas de doute, appelez-le.

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