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Prendre soin d’un cheval âgé : dents, ration et mouvement

À partir de 18 à 20 ans, un cheval peut garder une bonne qualité de vie si ses dents, son poids, ses pieds et son confort sont suivis régulièrement. Une ration adaptée, une protection contre le froid et un mouvement quotidien aident à repérer tôt les signes du vieillissement et du PPID, anciennement appelé maladie de Cushing.

Mis à jour le 7 min de lecture

Un cheval gris avec une enfant près de l’écurie, entouré de scènes d’examen des dents, de repas et de marche en longe
Sommaire9 parties

Pas à pas

  1. Observer au repos

    Regardez l’attitude, l’appétit, la respiration, l’état du poil et la façon dont le cheval se lève. Comparez avec ses habitudes, car un changement discret peut précéder une maladie.

  2. Mesurer le poids

    Utilisez une balance ou un ruban barymétrique une fois par mois, toujours dans les mêmes conditions. Notez la mesure, la ration et l’activité dans un carnet de soins.

  3. Contrôler la bouche

    Surveillez les boulettes de foin, la mastication prolongée, les aliments qui tombent et la mauvaise haleine. Programmez un examen dentaire annuel, ou plus tôt si un signe apparaît.

  4. Vérifier la couverture

    Passez la main sous la couverture, puis retirez-la pour examiner la peau, le garrot et les épaules. Remplacez-la si elle est humide, souillée ou responsable d’un frottement.

  5. Organiser la sortie

    Proposez une marche quotidienne sur un sol sûr, en commençant doucement. Ajustez la durée à la locomotion, au souffle et à la récupération du cheval.

  6. Noter les changements

    Inscrivez dans le carnet la date, les signes observés, les crottins, l’eau bue et les modifications de ration. Ces informations aident le vétérinaire à interpréter l’évolution.

À quel âge un cheval devient-il âgé ?

Il n’existe pas d’âge unique pour définir un cheval âgé. Beaucoup commencent à nécessiter une surveillance renforcée vers 18 à 20 ans, tandis que certains restent en forme plus longtemps et que d’autres vieillissent plus tôt. Les antécédents, la race, la dentition, l’état des articulations et les conditions de vie comptent davantage que le chiffre inscrit sur le carnet.

Un cheval âgé doit pouvoir manger, boire, se coucher et se relever sans difficulté. Le Code rural, notamment son article L214-1, impose de placer l’animal dans des conditions compatibles avec ses besoins biologiques. En France, son identification et ses documents doivent rester à jour dans le système SIRE géré par l’IFCE, y compris lorsqu’il ne travaille plus.

  • Observez l’état corporel, la démarche et l’appétit chaque semaine.
  • Notez les changements de poids, de ration, de couverture et de comportement.
  • Demandez un avis vétérinaire avant de modifier fortement l’alimentation ou l’exercice.

Surveiller les dents et l’état corporel

Les dents d’un cheval âgé peuvent présenter une usure irrégulière, des dents manquantes ou une surface de mastication réduite. Une visite dentaire annuelle constitue un repère courant, avec un contrôle plus rapproché si le cheval laisse tomber des boulettes de foin, mâche longtemps, fait sortir du fourrage par les naseaux, maigrit ou refuse certains aliments. Une intervention dentaire coûte souvent environ 100 à 300 euros en France en 2026, selon le déplacement, l’examen et les soins nécessaires.

Pour suivre le poids, utilisez une balance si l’écurie en possède une ou un ruban barymétrique placé derrière le garrot, toujours au même endroit. Mesurez une fois par mois et prenez une photo de profil, de face et de derrière. Les côtes doivent pouvoir être senties sous une couverture de muscle et de graisse, sans être fortement visibles ni noyées sous un dépôt graisseux. La note d’état corporel se confirme avec un professionnel lorsque l’appréciation est difficile.

  • Contrôlez l’appétit, la durée des repas et la mastication.
  • Recherchez les aliments non mâchés dans les crottins.
  • Surveillez une fonte musculaire au-dessus de la ligne du dos et autour de la croupe.
  • Comparez les mesures d’un mois à l’autre, plutôt que deux pesées prises le même jour.

Adapter le fourrage et les aliments

Le fourrage reste la base de la ration. Un repère souvent utilisé se situe autour de 1,5 à 2 % du poids du cheval en matière sèche par jour, à ajuster selon son état, son activité et les recommandations du vétérinaire ou du nutritionniste équin. Pour un cheval de 500 kg, cela correspond approximativement à 7,5 à 10 kg de matière sèche, soit souvent davantage en kilogrammes de foin distribué, car le foin contient encore de l’eau.

Lorsque les dents ne permettent plus de broyer correctement le foin, proposez avec un professionnel des fibres réhydratées ou un aliment pour chevaux âgés, donné selon l’étiquette et réparti en plusieurs repas. Les granulés ou bouchons doivent être humidifiés si le cheval avale trop vite ou mâche difficilement. L’eau propre doit rester accessible en permanence, avec un contrôle quotidien de l’abreuvoir. En 2026, le prix d’un aliment senior varie souvent de 20 à 45 euros pour un sac de 20 kg, selon la composition et la région.

Une perte de poids impose de rechercher la cause avant d’ajouter beaucoup de concentrés. Une ration trop riche en amidon peut favoriser des troubles digestifs et un excès d’état corporel, tandis qu’un poney âgé et peu actif peut prendre du poids avec une ration apparemment modeste. Toute transition alimentaire s’effectue progressivement sur environ une semaine ou davantage, en surveillant les crottins et l’appétit.

  • Distribuez le fourrage en plusieurs accès si le cheval mange trop vite.
  • Pesez les aliments avec une balance, plutôt qu’avec un volume estimé au seau.
  • Réévaluez la ration après chaque changement de poids ou d’activité.
  • Demandez un calcul de ration si le cheval maigrit malgré un appétit conservé.

Choisir une couverture sans remplacer l’abri

Un cheval âgé peut moins bien produire ou conserver sa chaleur, surtout s’il est maigre, tondu, malade ou exposé à une pluie froide accompagnée de vent. La couverture ne se choisit donc pas selon l’âge seul. Vérifiez chaque jour qu’elle reste sèche, propre, adaptée à la taille du cheval et sans frottement au garrot, aux épaules ou derrière les coudes. Passez la main sous la couverture matin et soir pour contrôler la température de la peau et l’apparition d’humidité.

Un abri accessible, sec et suffisamment grand protège du vent, de la pluie et du soleil. Le cheval doit pouvoir y entrer sans être bloqué par un congénère dominant. Retirez la couverture pour examiner les zones d’appui, brosser la peau et vérifier l’état corporel. Une couverture humide, trop chaude ou trop serrée doit être changée rapidement. Le prix d’une couverture d’extérieur adaptée se situe souvent autour de 80 à 250 euros en 2026, avec de grands écarts selon l’imperméabilité, la résistance et la coupe.

  • Contrôlez le garrot, les épaules, le poitrail et le passage de sangle.
  • Choisissez une épaisseur selon la météo, le poil, l’état corporel et la tonte.
  • Prévoyez une couverture sèche de rechange si le cheval vit dehors.
  • Retirez les crottins et laissez sécher la couverture avant de la remettre.

Repérer le PPID chez le cheval âgé

Le PPID, anciennement appelé maladie de Cushing, est un trouble hormonal fréquent chez les chevaux âgés. Les signes possibles comprennent un poil long ou qui mue mal, une fonte musculaire, un ventre plus pendant, une transpiration inhabituelle, une grande fatigue, une consommation d’eau accrue ou des épisodes de fourbure. Ces signes peuvent aussi avoir d’autres causes, donc l’observation seule ne permet pas de poser un diagnostic.

Si vous remarquez plusieurs de ces changements, notez leur date d’apparition et appelez votre vétérinaire dans la journée pour demander la conduite à tenir. Le vétérinaire peut réaliser un examen clinique et proposer des analyses adaptées. Le suivi associe généralement observation du poids, de la robe, de l’appétit, de la locomotion et des pieds. Une fourbure, une douleur marquée ou un cheval qui se déplace avec difficulté nécessitent une prise en charge urgente.

  • Photographiez la robe pendant la mue au printemps et à l’automne.
  • Surveillez la chaleur des pieds, la démarche et la volonté de tourner.
  • Notez la quantité bue lorsque l’abreuvoir permet une estimation fiable.
  • Ne donnez aucun traitement sans prescription et suivi vétérinaire.

Maintenir un mouvement quotidien adapté

Le mouvement aide à conserver la mobilité, le tonus musculaire et un transit régulier. Pour un cheval âgé, une sortie au paddock ou au pré chaque jour peut être plus intéressante qu’une longue séance montée. Commencez par 10 à 15 minutes de marche en main si le cheval a été arrêté, puis augmentez progressivement selon sa locomotion, son souffle et sa récupération. Un cheval raide au départ doit marcher plusieurs minutes avant tout exercice plus soutenu.

Le travail monté doit rester compatible avec le dos, les articulations, les pieds et l’équilibre du cheval. Une séance de 20 à 30 minutes au pas, avec quelques transitions calmes, peut suffire pour un cheval de club âgé ou un cheval vivant au pré. Évitez les sols glissants, profonds ou gelés. Le lendemain, vérifiez une éventuelle chaleur, une raideur inhabituelle ou une boiterie avant de répéter la séance. Une boiterie brutale impose d’appeler le vétérinaire tout de suite.

  • Faites marcher le cheval sur un sol régulier avant de demander des transitions.
  • Préférez plusieurs sorties courtes à une seule séance longue.
  • Laissez un temps de récupération au pas avant de rentrer à l’écurie.
  • Arrêtez l’exercice si la locomotion se dégrade ou si le cheval devient essoufflé.

Quand appeler le vétérinaire ?

  • Tout de suiteBoiterie brutale, pied très chaud ou posture évoquant une fourbure
  • Tout de suiteCheval couché qui ne se relève pas, douleur intense ou signes de coliques
  • Dans la journéePerte de poids rapide, refus de manger ou difficulté à avaler
  • Dans la journéePoil anormalement long, fonte musculaire et soif accrue apparus ensemble
  • Sous quelques joursRaideur progressive, baisse d’activité ou changement de comportement sans urgence apparente

La nuit et le week-end, le répondeur de votre vétérinaire indique le service de garde. Notez la température, le pouls et l’heure des premiers signes : ces repères l’aident à juger l’urgence.

Questions fréquentes

Faut-il donner un aliment senior à tous les chevaux âgés ?

Non. Un aliment senior peut aider si le cheval mâche mal, maigrit ou ne couvre plus ses besoins avec le fourrage, mais il n’est pas systématique. Un cheval âgé en bon état peut rester avec une ration simple et équilibrée. Faites vérifier les dents, le poids et la ration avant d’ajouter un concentré.

Combien de fois faut-il faire voir les dents d’un cheval de 20 ans ?

Un contrôle annuel est un repère courant. Deux visites par an peuvent être nécessaires en cas de dents manquantes, d’usure irrégulière, de perte de poids ou de difficulté à manger. Le contrôle doit être réalisé par un professionnel compétent, avec un vétérinaire lorsque des lésions, une douleur ou une infection sont suspectées.

Un cheval âgé doit-il porter une couverture tout l’hiver ?

La couverture dépend du poil, de la tonte, de l’état corporel, du vent, de la pluie et de l’accès à un abri. Elle peut aider un cheval maigre ou tondu, mais elle doit être retirée régulièrement pour contrôler la peau et l’état corporel. Un cheval qui transpire sous sa couverture risque de se refroidir ensuite.

Peut-on encore monter un cheval de 20 ans ?

Oui, si son état général, son dos, ses articulations, ses pieds et sa locomotion le permettent. Demandez l’avis du propriétaire, du moniteur et du vétérinaire, puis privilégiez une séance courte, au pas et sur un sol régulier. Une douleur, une boiterie ou une récupération anormalement lente doit interrompre le travail.

Testez-vous

3 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.Quel signe peut orienter vers un problème dentaire chez un cheval âgé ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : Il laisse tomber des boulettes de foin en mâchant. Les boulettes de fourrage mal mâché, appelées parfois boulettes de foin, peuvent signaler une usure dentaire ou une douleur dans la bouche.

  2. 2.Quel repère convient pour suivre l’évolution du poids ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : Mesurer chaque mois dans les mêmes conditions. Une mesure mensuelle réalisée dans les mêmes conditions permet de repérer une tendance et d’associer les changements à la ration ou à l’activité.

  3. 3.Que faire si un cheval âgé présente une boiterie brutale ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : Appeler le vétérinaire tout de suite. Une boiterie brutale peut révéler une douleur importante, une fourbure ou une lésion. Le cheval doit être laissé au calme et examiné rapidement.

Sources

  1. IFCE Équipédia, santé et bien-être du cheval equipedia.ifce.fr
  2. IFCE, SIRE et identification des équidés ifce.fr
  3. AVEF, Association vétérinaire équine française avef.fr
  4. Légifrance, Code rural et de la pêche maritime legifrance.gouv.fr

Mis à jour le . Ces repères généraux ne remplacent pas l’avis du vétérinaire qui suit votre cheval. En cas de doute, appelez-le.

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