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Les seimes, fissures du sabot

Une seime est une fissure verticale de la paroi du sabot, parfois limitée à la corne, parfois assez profonde pour provoquer douleur, saignement ou infection. La position de la fissure, sa profondeur, l’équilibre du pied et l’évolution après le parage orientent la conduite à tenir avec le maréchal-ferrant et le vétérinaire.

Mis à jour le 7 min de lecture

Une vétérinaire tient un antérieur levé et examine une fissure du sabot d’un poney palomino tenu par une enfant
Sommaire9 parties

Pas à pas

  1. Sécuriser le cheval

    Placez le cheval dans un endroit propre, calme et éclairé, attaché avec une longe tenue correctement. Portez des chaussures fermées et ne passez jamais derrière lui sans le prévenir.

  2. Curer le pied

    Soulevez le pied après avoir fait glisser la main le long du membre. Retirez les débris avec le cure-pied, sans forcer dans la fissure ni arracher une partie de la paroi.

  3. Observer la fissure

    Repérez le pied, la position en pince ou en quartier, la longueur, l’ouverture et toute chaleur, douleur, trace de sang ou odeur anormale.

  4. Faire marcher au pas

    Sur sol plat, observez quelques pas en ligne droite. Arrêtez l’examen si le cheval boite nettement ou s’il devient difficile à tenir en sécurité.

  5. Prévenir le professionnel

    Transmettez une photographie nette au propriétaire, au moniteur ou au maréchal-ferrant. Si la fissure est douloureuse, profonde ou accompagnée de saignement, contactez aussi le vétérinaire.

  6. Suivre l’évolution

    Photographiez le pied à intervalles réguliers, dans une lumière comparable. Notez les dates de parage, les changements de terrain et l’apparition éventuelle d’une boiterie.

Reconnaître une seime

Une seime est une fissure verticale qui suit les fibres de la paroi cornée, la partie dure et visible du sabot. Elle peut commencer au bord inférieur et remonter vers le haut, ou partir de la couronne, zone où la nouvelle corne pousse sous le bourrelet coronaire. Une fissure courte, stable et non douloureuse reste parfois superficielle. Une seime ouverte, mobile ou profonde peut atteindre les tissus vivants et devenir douloureuse.

La seime en pince se situe sur l’avant du sabot, dans l’axe du membre. Elle est souvent liée à une pince trop longue, à un appui mal réparti ou à une paroi qui s’écarte pendant la locomotion. La seime en quartier apparaît sur le côté, entre la pince et le talon. Elle peut être favorisée par un déséquilibre latéral, une paroi évasée ou une pression répétée sur une zone peu soutenue.

  • Inspectez les quatre pieds après le pansage, surtout sous la couronne et près des talons.
  • Repérez la longueur, l’ouverture et la présence éventuelle de sang, de chaleur ou d’écoulement.
  • Comparez avec une photographie datée prise de face et de profil, sans compter sur la mémoire.

Comprendre les causes

La sécheresse peut rendre la corne moins souple, surtout lorsque le cheval alterne sol très sec, douche répétée et séchage rapide. Elle n’explique toutefois pas à elle seule une seime profonde. Les cycles d’humidité et de dessiccation, les sols caillouteux, les chocs et une corne de qualité médiocre peuvent fragiliser la paroi. Une litière très humide ou souillée peut aussi favoriser la dégradation de la ligne blanche et des tissus proches.

L’équilibre du sabot joue souvent un rôle mécanique majeur. Une pince longue, des talons fuyants, une paroi évasée ou une différence de charge entre les côtés concentrent les forces sur une zone. Une ancienne blessure de la couronne peut également produire une ligne de croissance irrégulière pendant plusieurs mois. Le maréchal-ferrant observe le pied posé et en mouvement, tandis que le vétérinaire recherche une douleur, une infection ou une maladie générale qui ralentirait la pousse de la corne.

  • Terrain dur ou caillouteux, surtout après une période sans travail sur sol ferme.
  • Alternance répétée entre pied détrempé et pied très sec.
  • Parage trop espacé, pied déséquilibré ou usure irrégulière.
  • Traumatisme de la couronne, abcès ancien ou inflammation locale.
  • Ration déséquilibrée ou état général altérant la qualité de la corne.

Évaluer la gravité

Commencez par curer le pied, puis brossez doucement la paroi avec une brosse propre. Observez la seime à l’arrêt et demandez au responsable de l’écurie de regarder le cheval au pas sur sol plat. Une fissure qui reste fine, sans chaleur ni douleur à la pression, est moins préoccupante qu’une fissure qui s’ouvre à chaque appui. Ne grattez pas la fente avec un outil métallique et ne tentez pas de la coller vous-même.

Une seime qui atteint la couronne, s’ouvre largement, saigne ou contient une matière noire et malodorante mérite un examen professionnel. La présence de chaleur, d’un pouls digité marqué, d’une sensibilité à la pince exploratrice ou d’une boiterie peut traduire une atteinte plus profonde. Une boiterie brutale, un saignement actif ou une plaie de couronne imposent d’appeler le vétérinaire tout de suite, même si la fissure paraît petite.

  • Faites marcher le cheval quelques mètres au pas, sans le monter si la seime est douloureuse.
  • Ne limez pas profondément la paroi pour ouvrir la fissure.
  • Ne versez pas de produit caustique, d’alcool ou de désinfectant non conseillé dans la fente.
  • Notez la date, le pied concerné et l’évolution après chaque passage du professionnel.

Adapter le parage et la ferrure

Le maréchal-ferrant cherche à réduire les contraintes qui font travailler la fissure. Il peut raccourcir une pince trop longue, limiter un évasement et rééquilibrer les appuis, en conservant assez de paroi saine pour soutenir le pied. Le rythme dépend de la pousse et de l’usure, souvent autour de quatre à huit semaines, avec des intervalles plus courts lorsque la seime évolue rapidement ou que l’équilibre doit être corrigé progressivement.

Une ferrure de soutien peut être proposée lorsque le pied manque d’appui ou que la paroi ne permet plus de fixer un fer classique de manière fiable. Selon la conformation et la cause, le professionnel peut choisir un fer couvrant mieux les talons, un fer à planche ou une autre solution de stabilisation. Le vétérinaire intervient lorsque la fissure est profonde, douloureuse, infectée ou associée à une atteinte de la couronne. La décision se prend au cas par cas.

En France, les tarifs varient selon la région, le déplacement, le type de ferrure et le suivi nécessaire. En 2026, comptez souvent environ 35 à 60 euros pour un parage et 80 à 140 euros pour une ferrure classique des quatre pieds, avec des montants supérieurs pour une ferrure thérapeutique ou des interventions rapprochées. Demandez un devis au professionnel qui connaît le cheval, car ces fourchettes ne remplacent pas son tarif local.

  • Programmez un contrôle avec le maréchal-ferrant dès qu’une nouvelle fissure apparaît.
  • Demandez quel appui doit être conservé et quelle zone sera déchargée.
  • Photographiez le pied avant et après le parage pour suivre la progression.
  • Respectez le délai de retour conseillé, même si la seime semble moins visible.

Protéger le pied au quotidien

Curez les pieds au moins une fois par jour, et avant comme après le travail sur un sol humide ou caillouteux. Retirez la boue autour de la couronne et séchez les replis sans frotter la fissure. Maintenez une litière propre et suffisamment sèche, tout en évitant les alternances répétées entre trempage prolongé et dessiccation complète. Le cheval doit garder un accès régulier au mouvement, sauf consigne vétérinaire liée à une douleur ou à une lésion.

Une alimentation distribuée selon le poids, l’activité et l’état corporel contribue à la pousse de la corne, mais aucun complément ne corrige un déséquilibre de pied à lui seul. Le foin constitue la base de la ration et l’eau doit rester disponible. Les produits hydratants ou graissants peuvent modifier l’aspect de la paroi, sans ressouder une fissure déjà formée. Demandez conseil au vétérinaire ou au nutritionniste équin avant de modifier la ration ou d’ajouter un complément.

  • Curez en allant du talon vers la pince, sans enfoncer le cure-pied dans la seime.
  • Nettoyez le cure-pied entre deux chevaux pour limiter les contaminations.
  • Évitez de travailler un cheval franchement boiteux ou douloureux.
  • Conservez un suivi avec photos prises dans des conditions comparables.

Suivre la repousse

La corne pousse depuis la couronne vers le bas, et une seime ne disparaît donc pas en quelques jours. La vitesse varie selon le cheval, le pied et la saison. Chez un cheval adulte, il faut souvent plusieurs mois pour voir une fissure descendre jusqu’au bord inférieur, et davantage pour renouveler toute la paroi. Le maréchal-ferrant peut parfois faire une petite marque de contrôle au-dessus de la seime, sans entailler profondément la corne.

Une ligne qui descend avec la pousse, sans s’élargir ni faire boiter, peut indiquer une stabilisation. Une fissure qui remonte, s’ouvre après chaque appui, devient chaude ou produit un écoulement évolue défavorablement. Ne reprenez le travail monté qu’avec l’accord du professionnel si le cheval a été boiteux ou si la couronne a été blessée. Pour un cavalier de club, signalez la seime au moniteur avant de seller et ne masquez pas la zone sous de la graisse ou de la boue.

  • Comparez les photos toutes les deux à quatre semaines.
  • Mesurez l’évolution depuis la couronne, sans gratter la corne.
  • Signalez immédiatement toute nouvelle boiterie au propriétaire ou au responsable.
  • Faites réévaluer le plan de soins si aucune amélioration n’est visible après quelques semaines.

Quand appeler le vétérinaire ?

  • Tout de suiteBoiterie brutale, impossibilité de poser le pied ou douleur marquée à la marche
  • Tout de suiteSaignement actif, fissure qui atteint la couronne ou plaie proche de la couronne
  • Dans la journéeChaleur importante, pouls digité marqué, gonflement ou écoulement malodorant
  • Sous quelques joursSeime qui s’élargit malgré le parage ou reste douloureuse après quelques jours
  • Au prochain passageFissure fine, stable et non douloureuse à montrer lors du prochain suivi professionnel

La nuit et le week-end, le répondeur de votre vétérinaire indique le service de garde. Notez la température, le pouls et l’heure des premiers signes : ces repères l’aident à juger l’urgence.

Questions fréquentes

Une seime vient-elle forcément d’un sabot trop sec ?

Non. La sécheresse peut fragiliser la corne, surtout avec des alternances répétées entre sol détrempé et sol très sec, mais une seime dépend aussi de l’équilibre du pied, des contraintes sur le sol, d’un traumatisme ou d’une ancienne lésion de la couronne. Le parage et l’observation de la locomotion sont nécessaires pour rechercher la cause dominante.

Puis-je mettre de la graisse sur une seime ?

La graisse peut modifier l’aspect de la paroi, mais elle ne ressoude pas une fissure et ne corrige pas un mauvais appui. Un pied propre, une litière entretenue et un suivi régulier du maréchal-ferrant comptent davantage. Si la fissure est ouverte, douloureuse, chaude ou suintante, demandez d’abord un avis vétérinaire.

Combien de temps faut-il pour qu’une seime disparaisse ?

La fissure doit généralement descendre avec la pousse de la corne, ce qui prend souvent plusieurs mois chez un cheval adulte. La durée varie selon la profondeur, la vitesse de pousse, l’équilibre du pied et la présence d’une atteinte de la couronne. Une seime qui s’élargit ou reste douloureuse ne doit pas être simplement surveillée.

Faut-il ferrer un cheval qui a une seime ?

La ferrure n’est pas automatique. Certains chevaux sont suivis pieds nus avec un parage adapté, tandis qu’une ferrure de soutien peut aider lorsque les appuis sont insuffisants ou que la paroi est instable. Le maréchal-ferrant choisit la solution avec le vétérinaire lorsque la fissure est profonde, infectée, douloureuse ou liée à une lésion de la couronne.

Testez-vous

3 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.Où se trouve une seime en pince ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : Sur l’avant du sabot, dans son axe. La pince désigne la partie située vers l’avant du sabot. Une seime en pince suit donc généralement l’axe antérieur du pied.

  2. 2.Quel signe impose d’appeler le vétérinaire tout de suite ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : Une boiterie brutale avec fissure ouverte et saignement. La boiterie brutale et le saignement peuvent signaler une atteinte douloureuse ou profonde. Le vétérinaire doit évaluer le pied sans attendre.

  3. 3.Quel professionnel corrige en priorité l’équilibre mécanique du sabot ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : Le maréchal-ferrant. Le maréchal-ferrant observe les appuis, la longueur de pince, les évasements et l’usure afin d’adapter le parage ou la ferrure.

Sources

  1. IFCE, Équipédia, Le pied du cheval equipedia.ifce.fr
  2. AVEF, Association vétérinaire équine française avef.fr
  3. RESPE, Réseau d’épidémiosurveillance en pathologie équine respe.net
  4. Code rural et de la pêche maritime, Légifrance legifrance.gouv.fr

Mis à jour le . Ces repères généraux ne remplacent pas l’avis du vétérinaire qui suit votre cheval. En cas de doute, appelez-le.

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