L’ouïe, l’odorat et le toucher du cheval
Le cheval analyse son environnement avec des oreilles mobiles, un odorat fin et une peau très sensible. Comprendre le flehmen, les vibrisses et les réactions à une mouche vous aide à mieux le manipuler, à repérer son inconfort et à adapter vos gestes au pansage comme au travail.

Sommaire9 parties
Pas à pas
- 1Prévenir à la voix
Parlez au cheval avant d’entrer dans son espace, puis approchez son épaule plutôt que son arrière-main. Gardez une allure lente et régulière.
- 2Observer les oreilles
Regardez séparément l’orientation des deux oreilles, puis vérifiez l’encolure, les yeux et la position des membres avant de toucher le cheval.
- 3Présenter la main
Tenez votre main ouverte à hauteur de l’épaule, laissez le cheval la renifler et attendez qu’il reste détendu avant de poursuivre.
- 4Toucher progressivement
Passez la paume sur l’encolure et l’épaule, puis utilisez la brosse adaptée. Réduisez la pression sur les zones osseuses, la tête et les membres.
- 5Contrôler les vibrisses
Observez les vibrisses autour des naseaux et des yeux sans les tirer ni les couper. Signalez toute zone dépilée, croûteuse ou douloureuse.
- 6Vérifier la protection
Avant de remettre un masque ou un bonnet, contrôlez la propreté, les coutures, la liberté des yeux et l’absence de frottement derrière les oreilles.
Une ouïe précise et des oreilles très mobiles
Le cheval localise rapidement les sons grâce à ses pavillons auriculaires, les parties externes de l’oreille. Chaque oreille peut pivoter dans une direction différente, puis les deux peuvent se fixer vers la même source. Une oreille tournée vers vous indique souvent une écoute, tandis qu’une oreille orientée vers l’extérieur signale qu’un bruit retient son attention. Observez toujours l’encolure, les yeux et la posture avec les oreilles.
Le cheval perçoit des sons aigus que l’être humain entend moins bien. Dans une écurie, une fermeture brusque de porte, un sac froissé ou un engin éloigné peuvent provoquer une réaction avant que vous ayez identifié le bruit. Pour l’aborder, annoncez votre présence à la voix, avancez vers l’épaule et gardez une main posée sur l’encolure si le cheval vous connaît. Évitez de crier près de ses oreilles ou de placer une enceinte sonore contre son box.
- Oreilles pointées vers l’avant : attention dirigée vers un élément situé devant.
- Oreilles mobiles et posture souple : exploration fréquente de l’environnement.
- Oreilles plaquées avec encolure tendue : signal de menace ou d’inconfort à prendre au sérieux.
- Une seule oreille vers le cavalier pendant le travail : écoute possible d’une aide ou d’un bruit latéral.
L’odorat guide l’exploration et le flehmen
Le cheval utilise ses naseaux pour examiner un congénère, une odeur d’urine, un aliment ou un objet nouveau. Il peut allonger l’encolure, ouvrir légèrement les naseaux et inspirer plusieurs fois. Le flehmen se reconnaît à la lèvre supérieure relevée, aux naseaux plissés et à la tête souvent portée vers le haut. Ce mouvement dirige certaines molécules vers l’organe voméronasal, situé dans la région nasale et impliqué dans l’analyse de signaux chimiques.
Le flehmen dure souvent quelques secondes, parfois davantage, et varie selon l’individu et l’odeur. Il apparaît fréquemment après l’identification d’urines ou de sécrétions d’un autre cheval, notamment chez les mâles et les juments autour des chaleurs. Il peut aussi suivre la découverte d’une odeur inhabituelle. Un flehmen répété avec bâillements, difficulté à manger, salivation ou gêne pour avaler mérite un avis vétérinaire, car l’odeur seule n’explique pas toujours le comportement.
- Laissez le cheval renifler un objet nouveau à distance, sans le pousser vers son nez.
- Ne versez jamais de parfum, d’huile essentielle ou de produit irritant près des naseaux.
- Un cheval qui souffle fort peut exprimer une exploration, une inquiétude ou une réaction à une odeur.
- Le flehmen ne permet pas à lui seul de conclure à des chaleurs ou à une douleur.
Les vibrisses renseignent sur les distances
Les vibrisses sont les poils épais et rigides situés autour des naseaux et au-dessus des yeux. Leur base contient des récepteurs sensoriels qui renseignent le cheval lorsqu’un objet ou une surface se trouve près de sa tête. Elles l’aident notamment à explorer une mangeoire, une clôture ou un passage étroit lorsque la vision ne suffit pas. Les vibrisses ne sont donc pas des poils décoratifs à raccourcir pour une présentation.
La peau du cheval réagit à une pression légère, à un courant d’air, à la température et au déplacement d’un insecte. Une mouche posée sur le flanc peut déclencher un frémissement local, appelé parfois tressaillement cutané, avant même que le cheval ne la chasse avec sa queue. Pendant le pansage, la pression doit rester adaptée à la zone : plus ferme sur les masses musculaires avec une étrille en caoutchouc, plus douce sur la tête et les membres.
- Ne coupez pas les vibrisses autour des naseaux et des yeux pour des raisons esthétiques.
- Utilisez une brosse douce sur le chanfrein, le contour des yeux et les zones osseuses.
- Passez la main lentement sur l’encolure avant de toucher le ventre ou les membres.
- Un cheval qui se contracte toujours au même endroit peut signaler une douleur ou une irritation.
Lire les réactions sans isoler un seul indice
Une oreille en arrière ne signifie pas automatiquement que le cheval est agressif. Elle peut suivre un bruit, une gêne liée au filet, une demande du cavalier ou l’approche d’un autre cheval. En revanche, des oreilles plaquées, une bouche tendue, une queue qui fouaille fortement, un corps figé ou une menace de morsure forment un ensemble de signaux à respecter. Éloignez-vous de la zone de danger et demandez l’aide d’un moniteur.
Pour comparer les réactions, observez le cheval dans trois situations calmes : au box, au pansage et en main. Notez l’endroit où il regarde, la durée de sa réaction et ce qui la fait cesser. Une observation de deux à cinq minutes suffit souvent pour repérer un changement par rapport à son comportement habituel. Un cheval qui réagit soudainement à un bruit familier, à une odeur ou au contact mérite une vérification de son état général.
- Approchez par l’épaule, après avoir parlé au cheval.
- Ne passez jamais derrière un cheval sans l’avoir prévenu et sans garder une distance de sécurité.
- Comparez le comportement habituel du cheval avec celui observé le jour même.
- Demandez au responsable de l’écurie avant de toucher la tête d’un cheval inconnu.
Respecter les sens pendant les soins
Les protections contre les insectes doivent préserver la respiration, la vision et les mouvements naturels. Un masque anti-mouches doit rester éloigné des yeux, ne pas comprimer les oreilles et être propre avant chaque utilisation. Une chemise anti-mouches peut réduire les piqûres sur le corps, tandis qu’un bonnet protège partiellement les oreilles, sans supprimer la capacité du cheval à entendre. En 2026, comptez environ 15 à 60 euros pour un masque et 20 à 70 euros pour un bonnet, selon la taille et la matière.
Le Code rural reconnaît l’animal comme un être sensible et impose à son détenteur des conditions compatibles avec ses impératifs biologiques. Cela concerne notamment l’accès à l’eau, au fourrage, à un abri adapté et à des relations sociales compatibles avec sa sécurité. Un cheval ne doit pas rester isolé ou exposé aux insectes sans solution adaptée lorsque ceux-ci provoquent des lésions ou une agitation importante. Demandez conseil au vétérinaire pour une dermite, une réaction cutanée ou une gêne persistante.
- Vérifiez l’absence de frottement sous le frontal, autour des yeux et derrière les oreilles.
- Retirez le masque chaque jour pour contrôler les yeux, les poils et l’état du matériel.
- Lavez les protections selon leur étiquette, puis séchez-les complètement avant de les remettre.
- Remplacez un équipement déformé, déchiré ou devenu trop serré.
Observer les sens en toute sécurité
Vous pouvez tester l’attention auditive sans surprendre le cheval. Placez-vous à son épaule, à environ un mètre et demi, parlez doucement, puis faites un son léger avec vos doigts hors de son champ de vision. Regardez si une oreille pivote, si l’œil cherche la source et si l’encolure reste souple. Arrêtez immédiatement si le cheval recule, se fige, tire sur la longe ou montre une tension inhabituelle.
Pour le toucher, faites glisser la paume sur l’encolure puis sur l’épaule, sans chatouiller ni appuyer sur une zone douloureuse. Pour l’odorat, laissez simplement le cheval renifler votre main propre ou un objet neutre tenu à distance. Cette observation ne remplace ni un examen vétérinaire ni une évaluation comportementale. Elle sert à mieux connaître les réactions du cheval et à ajuster votre approche lors des soins.
- Réalisez l’observation avec un cheval tenu par une personne expérimentée.
- Gardez vos pieds à distance des antérieurs et des postérieurs.
- Faites une seule modification à la fois : bruit, objet ou contact.
- Notez la date, la situation et la réaction si un changement apparaît.
Quand appeler le vétérinaire ?
- Tout de suiteLe flehmen se répète avec difficulté à avaler, salivation, baisse d’appétit ou gêne respiratoire.
- Tout de suiteLa peau présente une réaction étendue, un gonflement rapide, de l’urticaire ou une gêne respiratoire après une piqûre.
- Dans la journéeLe cheval devient soudainement insensible à un bruit habituel, trébuche ou semble désorienté.
- Dans la journéeUne oreille est douloureuse, chaude, gonflée, malodorante ou le cheval refuse qu’on approche sa tête.
- Sous quelques joursLe cheval réagit vivement au toucher toujours au même endroit, avec menace, fuite ou douleur manifeste.
La nuit et le week-end, le répondeur de votre vétérinaire indique le service de garde. Notez la température, le pouls et l’heure des premiers signes : ces repères l’aident à juger l’urgence.
Questions fréquentes
Pourquoi mon cheval plaque-t-il les oreilles quand je le selle ?
Les oreilles plaquées peuvent signaler une douleur, une gêne anticipée ou une menace. Vérifiez d’abord le sanglage, le tapis, la selle, le dos et la façon dont vous approchez. Si la réaction apparaît aussi au pansage ou s’accompagne de morsure, de ruade, de dos creux ou de baisse d’allant, prévenez le responsable et demandez un examen vétérinaire.
Faut-il couper les poils autour des naseaux ?
Les vibrisses donnent des informations tactiles au cheval. Les couper retire une partie de ces repères, notamment près de la mangeoire ou d’un obstacle proche de la tête. En France, les règles de compétition peuvent encadrer certaines pratiques de toilettage selon les disciplines et règlements applicables. Pour le quotidien, laissez-les en place et nettoyez seulement les saletés avec un geste doux.
Le flehmen signifie-t-il que mon cheval aime une odeur ?
Le flehmen indique surtout une analyse approfondie d’une odeur. Il peut suivre l’odeur d’urine, d’un autre cheval, d’un aliment ou d’un objet nouveau. Il ne traduit pas systématiquement du plaisir. Si le mouvement devient fréquent et s’accompagne de signes digestifs, de salivation ou de difficulté à avaler, appelez le vétérinaire tout de suite.
Pourquoi mon cheval tressaille-t-il quand une mouche se pose ?
La peau détecte le déplacement et la pression légère d’un insecte. Le cheval peut contracter un petit groupe musculaire, tourner la tête, fouailler de la queue ou frissonner sur le flanc. Une réaction localisée et brève est courante. Des secousses répétées, des plaques, des croûtes ou un prurit intense doivent conduire à demander un avis vétérinaire.
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Sources
- 1.IFCE Équipédia, Bien-être du cheval equipedia.ifce.fr
- 2.IFCE, Institut français du cheval et de l’équitation ifce.fr
- 3.Légifrance, Code rural et de la pêche maritime, article L214-1 legifrance.gouv.fr
- 4.RESPE, Réseau d’épidémiosurveillance en pathologie équine respe.net
Mis à jour le . Ces repères généraux ne remplacent pas l’avis du vétérinaire qui suit votre cheval. En cas de doute, appelez-le.
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