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La vermifugation raisonnée chez le cheval

La vermifugation raisonnée commence par une coproscopie, c’est-à-dire l’analyse des œufs de parasites présents dans les crottins. Cette méthode aide à traiter les chevaux qui en ont besoin, à limiter les résistances aux antiparasitaires et à adapter la gestion du pâturage avec le vétérinaire.

Mis à jour le 7 min de lecture

Une enfant tient la longe d’un cheval alezan près d’une écurie, tandis qu’une femme examine un prélèvement avec un microscope
Sommaire9 parties

Pas à pas

  1. Préparer le prélèvement

    Prenez un récipient propre et étanche, puis prélevez des crottins frais sans paille ni terre. Écrivez le nom du cheval et la date.

  2. Conserver l’échantillon

    Suivez les consignes du laboratoire et placez l’échantillon au réfrigérateur si l’envoi n’est pas immédiat. Ne le congelez pas sans indication.

  3. Transmettre les informations

    Joignez l’âge, le mode de vie, la parcelle, les traitements précédents et les signes observés, car le résultat se lit avec le contexte.

  4. Faire interpréter le résultat

    Demandez au vétérinaire de classer l’excrétion et de décider si une surveillance suffit, si un traitement est indiqué ou si d’autres examens sont nécessaires.

  5. Administrer sous contrôle

    Utilisez uniquement le produit autorisé et la quantité prescrite pour ce cheval. Notez la date et le traitement dans le carnet de soins.

  6. Contrôler l’efficacité

    Quand le vétérinaire le demande, réalisez une coproscopie de contrôle dans le délai indiqué. Ne répétez pas le traitement de votre propre initiative.

  7. Entretenir la pâture

    Ramassez les crottins au moins deux fois par semaine dans les petites parcelles, nettoyez les zones d’alimentation et organisez la rotation avec le responsable.

Comprendre la coproscopie

La coproscopie est une analyse de laboratoire réalisée sur un échantillon de crottins. Le laboratoire recherche surtout des œufs de strongles, des parasites digestifs fréquents chez les chevaux adultes. Le résultat est souvent exprimé en œufs par gramme de crottins, abrégé en opg. Il renseigne sur l’excrétion au moment du prélèvement, pas sur la totalité des parasites présents dans l’organisme.

Prélevez des crottins frais, directement au sol juste après l’émission ou dans un récipient propre, sans paille ni terre. Un échantillon de quelques crottins suffit généralement au laboratoire, qui précise la quantité demandée. Fermez le contenant, inscrivez le nom du cheval et la date, puis conservez-le au réfrigérateur si l’envoi n’est pas immédiat, selon les consignes du laboratoire.

Une coproscopie négative ne signifie pas que le cheval n’a aucun parasite. Les œufs ne sont pas éliminés en continu, certains parasites sont mal détectés par cette méthode et les larves enkystées ne sont pas toujours évaluées. Le vétérinaire interprète donc le résultat avec l’âge, la saison, la vie au pré, l’état corporel et les signes observés.

  • Utiliser un pot propre et étanche destiné au prélèvement.
  • Éviter un échantillon desséché, mélangé à la litière ou vieux de plusieurs jours.
  • Identifier chaque prélèvement avec le nom du cheval et la date.
  • Demander au laboratoire son délai maximal avant analyse.

Distinguer les chevaux forts et faibles excréteurs

Les chevaux ne rejettent pas tous la même quantité d’œufs. Dans une écurie, une partie des adultes excrète peu, tandis qu’une minorité concentre une grande part de la contamination des pâtures. On parle couramment de faibles, moyens ou forts excréteurs. Les seuils utilisés varient selon les laboratoires et les recommandations, mais un résultat inférieur à environ 200 opg est souvent considéré comme faible, et un résultat supérieur à environ 500 opg comme élevé.

Cette catégorie n’est pas une étiquette définitive pour toute la vie. Elle peut changer avec l’âge, la saison, le changement de pâture, une maladie, une baisse d’état général ou l’efficacité d’un traitement précédent. Pour repérer une tendance, le vétérinaire peut proposer plusieurs coproscopies espacées dans le temps, par exemple au printemps et pendant la saison de pâturage.

Un cheval qui maigrit, a une diarrhée persistante, un poil terne, une baisse d’état ou des épisodes de coliques ne doit pas être classé uniquement à partir d’un résultat de laboratoire. Ces signes peuvent avoir une autre cause ou nécessiter des examens complémentaires. Appelez le vétérinaire dans la journée si l’état général se dégrade.

  • Comparer les résultats du même cheval sur plusieurs prélèvements.
  • Tenir compte de l’âge, notamment chez les poulains et les jeunes chevaux.
  • Ne pas traiter systématiquement tout le groupe sur un seul résultat.
  • Surveiller l’état corporel, l’appétit, les crottins et la croissance.

Limiter les résistances aux antiparasitaires

Une résistance apparaît lorsque des parasites survivent à un antiparasitaire correctement utilisé et transmettent cette capacité à leur descendance. Les traitements répétés sans indication, les doses mal calculées à partir d’un poids estimé et les administrations trop rapprochées favorisent la sélection de ces parasites. Une résistance rend ensuite certaines familles de traitements moins efficaces dans l’écurie.

La dose et le choix du produit relèvent du vétérinaire. Ne donnez jamais le reste d’un traitement à un autre cheval, ne partagez pas une seringue et ne répétez pas une administration parce qu’un cheval semble encore excréter des œufs sans avoir demandé un avis. Le poids réel ou mesuré, l’âge, le statut de la jument, le parasite recherché et les traitements précédents comptent dans la décision.

Le vétérinaire peut vérifier l’efficacité d’un traitement par une coproscopie de contrôle, selon le produit utilisé et la situation de l’écurie. Cette vérification ne consiste pas à traiter puis à multiplier les doses. Elle sert à repérer une perte d’efficacité et à modifier la stratégie avant que le problème ne s’étende au groupe.

  • Peser le cheval ou utiliser une estimation validée par un professionnel.
  • Noter la date, le produit prescrit et le cheval traité dans le carnet de soins.
  • Conserver les résultats de coproscopie avec les traitements précédents.
  • Ne jamais utiliser un produit destiné à une autre espèce sans prescription vétérinaire.

Réduire la contamination des pâtures

Ramasser les crottins retire les œufs avant qu’ils ne donnent des larves infectantes dans l’herbe. Dans une petite pâture, un passage de fourche à crottins au moins deux fois par semaine réduit la contamination mieux qu’un ramassage occasionnel. Une fréquence plus rapprochée est utile lorsque plusieurs chevaux partagent une petite surface ou que le temps est doux et humide.

La rotation consiste à laisser une parcelle au repos et à déplacer les chevaux vers une autre zone. La durée réellement utile dépend de la météo, de la température, de l’humidité, de la surface et du nombre d’équidés. Un repos court ne détruit pas toutes les larves. Le vétérinaire et le responsable de pâture peuvent organiser une alternance avec fauche, pâturage par une autre espèce ou repos plus long.

Évitez la surdensité, qui augmente le nombre de crottins par mètre carré et pousse les chevaux à brouter près des zones souillées. Distribuer le foin dans un râtelier propre, maintenir plusieurs points d’alimentation et retirer régulièrement les crottins autour des abris limitent aussi l’ingestion de larves. Une bonne hygiène de pâture complète la surveillance individuelle.

  • Ramasser les crottins au moins deux fois par semaine dans les petites parcelles.
  • Éviter de laisser une parcelle très chargée en crottins pendant toute la saison.
  • Nettoyer les zones d’alimentation et d’abreuvement.
  • Adapter le nombre de chevaux à la surface réellement disponible.

Construire un protocole avec le vétérinaire

Le protocole dépend de l’âge et du mode de vie. Un poulain, un jeune cheval, une jument pleine, un équidé âgé ou un cheval vivant en collectivité ne sont pas suivis exactement comme un adulte en bonne santé. Le vétérinaire peut recommander une coproscopie, un examen clinique, des analyses complémentaires ou une surveillance de l’état corporel avant de décider d’un traitement.

En France, les médicaments vétérinaires doivent être utilisés selon leur autorisation et les règles de prescription ou de délivrance qui leur sont applicables. Le Code rural encadre notamment l’exercice vétérinaire, la prescription et l’utilisation des médicaments vétérinaires. Le carnet de soins de l’écurie doit permettre de retrouver la date, le cheval concerné et les traitements réalisés. Les documents d’identification SIRE restent associés à l’équidé et doivent être tenus à jour selon les obligations applicables.

La FFE encadre les activités équestres et les Galops, mais elle ne remplace pas le vétérinaire pour établir un calendrier de vermifugation. Dans une structure, le responsable doit expliquer aux cavaliers qui prélève les crottins, qui décide du traitement et comment les crottins sont ramassés. Cette organisation évite qu’un demi-pensionnaire administre seul un produit au cheval qu’il monte.

  • Présenter au vétérinaire les résultats de coproscopie antérieurs.
  • Indiquer les changements de pension, de pâture ou de groupe.
  • Signaler une perte de poids, une diarrhée ou des coliques récurrentes.
  • Faire inscrire les traitements et observations dans le carnet de soins.

Prévoir le suivi et le budget

En France, en 2026, une coproscopie coûte souvent environ 15 à 35 euros par cheval, selon le laboratoire, le nombre de parasites recherchés et les frais d’envoi. Une consultation vétérinaire peut ajouter environ 40 à 90 euros avant déplacement et examens, avec de fortes variations selon le département et la clinique. Ces fourchettes sont indicatives et doivent être confirmées par le laboratoire ou le vétérinaire.

Le prix d’un traitement antiparasitaire varie selon le produit autorisé, le poids du cheval, la présentation et le circuit de délivrance. Comptez souvent environ 10 à 30 euros pour un traitement courant en 2026, hors consultation, mais cette fourchette ne permet pas de choisir un produit. Le coût d’un traitement inadapté comprend aussi le risque d’inefficacité, de résistance et de retard de diagnostic.

Pour une écurie, un tableau simple suffit : nom du cheval, âge, parcelle, date du prélèvement, résultat en opg, décision du vétérinaire, date du traitement et contrôle éventuel. Les propriétaires et demi-pensionnaires peuvent participer au ramassage, sans modifier le protocole. Le carnet de soins garde la trace des décisions utiles lors d’un changement de pension ou d’un nouvel examen.

  • Prévoir le coût du laboratoire et celui d’un éventuel déplacement vétérinaire.
  • Conserver les factures et résultats avec le carnet de soins.
  • Comparer les résultats plutôt que le seul prix d’un produit.
  • Répartir clairement les tâches entre propriétaire, pension et demi-pensionnaire.

Quand appeler le vétérinaire ?

  • Tout de suiteColiques, cheval qui se roule, se regarde le ventre ou reste couché sans se relever normalement
  • Tout de suiteRéaction inhabituelle après un traitement, tremblements, abattement marqué ou difficulté à respirer
  • Dans la journéeAmaigrissement marqué, faiblesse, diarrhée persistante ou baisse nette de l’appétit chez un cheval suivi pour parasites
  • Dans la journéePoulain avec diarrhée, retard de croissance, ventre très distendu ou état général diminué
  • Sous quelques joursRésultat de coproscopie élevé ou persistant malgré un traitement réalisé correctement

La nuit et le week-end, le répondeur de votre vétérinaire indique le service de garde. Notez la température, le pouls et l’heure des premiers signes : ces repères l’aident à juger l’urgence.

Questions fréquentes

Faut-il vermifuger tous les chevaux de l’écurie en même temps ?

Non, une administration collective systématique n’est pas toujours justifiée. Les résultats de coproscopie, l’âge, le mode de vie et les signes cliniques orientent la décision. Dans une écurie ou un groupe de pâture, le vétérinaire peut toutefois proposer une organisation commune pour limiter la contamination et éviter qu’un cheval traité soit immédiatement exposé à une parcelle très chargée.

Une coproscopie négative dispense-t-elle de tout traitement ?

Non. Elle indique seulement qu’aucun niveau détectable d’œufs n’a été retrouvé dans l’échantillon, avec les limites de la méthode. Certains parasites ou stades sont mal évalués par les selles. Un poulain, un cheval malade ou un équidé présentant des coliques répétées peut nécessiter un examen vétérinaire même avec une coproscopie négative.

À quelle fréquence faut-il faire une coproscopie ?

Il n’existe pas une fréquence identique pour tous les chevaux. Le vétérinaire peut proposer un contrôle avant la saison de pâturage, puis pendant celle-ci, avec un rythme adapté aux résultats précédents et au risque de la structure. Plusieurs prélèvements dans l’année permettent de confirmer la tendance d’un cheval fort ou faible excréteur.

Le ramassage des crottins suffit-il à éviter les parasites ?

Il réduit fortement la contamination d’une petite parcelle, surtout lorsqu’il est fait au moins deux fois par semaine, mais il ne supprime pas tous les œufs et toutes les larves. La densité de chevaux, la météo, la rotation, l’âge des équidés et le suivi vétérinaire restent déterminants. Le ramassage complète la stratégie de traitement.

Testez-vous

3 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.Que mesure principalement une coproscopie chez le cheval ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : La quantité d’œufs de certains parasites excrétés dans les crottins. La coproscopie recherche notamment des œufs de strongles dans les selles. Elle ne détecte pas tous les parasites ni tous leurs stades.

  2. 2.Quel geste limite directement la contamination d’une petite pâture ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : Ramasser régulièrement les crottins. Ramasser les crottins retire une source d’œufs avant l’apparition de larves infectantes dans l’herbe.

  3. 3.Qui décide du traitement antiparasitaire adapté à un cheval ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : Le vétérinaire, avec les résultats et le contexte. Le vétérinaire croise l’âge, l’état général, le mode de vie, les résultats et les traitements précédents avant de décider.

Sources

  1. IFCE Équipédia, Santé et bien-être des équidés equipedia.ifce.fr
  2. Système d’épidémiosurveillance en pathologie équine, RESPE respe.net
  3. Association vétérinaire équine française, informations vétérinaires avef.fr
  4. Institut français du cheval et de l’équitation, identification et SIRE ifce.fr

Mis à jour le . Ces repères généraux ne remplacent pas l’avis du vétérinaire qui suit votre cheval. En cas de doute, appelez-le.

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