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La grippe équine : reconnaître la toux et limiter la contagion

La grippe équine provoque souvent une fièvre brutale, une toux sèche et une grande fatigue. Elle circule rapidement entre chevaux, poneys, ânes et mulets, surtout en collectivité : l’isolement, l’appel au vétérinaire et la vaccination réduisent les risques pour toute l’écurie.

Mis à jour le 7 min de lecture

Une vétérinaire examine un cheval alezan à liste blanche tandis qu’une enfant tient sa longe devant une écurie, avec un autre cheval dans un box
Sommaire9 parties

Ces repères aident à observer et à agir vite. Le diagnostic et les traitements relèvent du vétérinaire : au moindre doute, appelez-le.

Pas à pas

  1. Arrêter le travail

    Ne montez pas, ne longez pas et ne transportez pas le cheval qui tousse ou qui a de la fièvre. Prévenez immédiatement le responsable de l’écurie.

  2. Prendre la température

    Mesurez la température au repos avec un thermomètre rectal, sans geste brusque, puis notez l’heure et la valeur. Nettoyez le thermomètre après usage.

  3. Isoler le cheval

    Placez-le dans un espace séparé, ventilé et calme, avec seau, licol, longe et matériel réservés. Évitez tout contact avec les autres chevaux.

  4. Appeler le vétérinaire

    Transmettez la température, la fréquence de la toux, l’aspect des écoulements, l’appétit et les derniers déplacements. Le vétérinaire décidera de l’examen et des analyses.

  5. Protéger les autres chevaux

    Commencez les soins par les chevaux sains, changez de vêtements si nécessaire et lavez-vous les mains après le contact avec le cheval isolé.

  6. Suivre l’évolution

    Contrôlez température, respiration au repos, appétit et toux au moins matin et soir pendant la phase aiguë, selon le protocole donné par le vétérinaire.

  7. Reprendre progressivement

    Attendez la disparition de la fièvre et l’accord vétérinaire. Recommencez par la marche, puis le pas monté, avant le trot et le travail habituel.

Reconnaître les signes de la grippe équine

La grippe équine est une infection respiratoire due à un virus influenza de type A, principalement du sous-type H3N8 chez le cheval. Après une incubation souvent courte, de 1 à 3 jours, la température peut monter autour de 39 à 41 °C. Une toux sèche, brève et répétée apparaît fréquemment, avec écoulement nasal clair, baisse d’énergie et diminution de l’appétit.

Prenez la température au repos avec un thermomètre rectal, après avoir calmé le cheval, puis notez l’heure et la valeur. Chez l’adulte au repos, une température située approximativement entre 37,2 et 38,3 °C est habituelle, avec des variations selon l’individu, l’heure et l’activité. Une fièvre mesurée au-dessus de 38,5 °C, surtout accompagnée de toux, mérite un avis vétérinaire dans la journée.

La toux peut persister après la disparition de la fièvre, car les voies respiratoires restent irritées. Un cheval qui respire difficilement, refuse de boire, devient très abattu ou présente un écoulement nasal épais doit être examiné rapidement, car une complication bactérienne ou une autre maladie respiratoire peut ressembler à une grippe.

Comprendre une contagion très rapide

Le virus se diffuse principalement dans les gouttelettes projetées par la toux et les naseaux. Une distance de quelques mètres ne suffit pas toujours à protéger un cheval voisin dans une écurie fermée. Les mains, les licols, les longes, les seaux, les couvertures, les vêtements et les chaussures peuvent aussi transporter des sécrétions respiratoires d’un cheval à l’autre.

Dès la suspicion, prévenez le responsable de l’écurie et suspendez le travail, les cours, les transports et les sorties en concours du cheval concerné. Installez-le dans un espace séparé, bien ventilé, sans courant d’air direct, avec du matériel identifié. Évitez de le déplacer dans une autre pension avant d’avoir reçu les consignes du vétérinaire.

La durée d’isolement dépend des signes, des résultats d’analyses et de la situation de l’écurie. En pratique, le vétérinaire peut demander au minimum 21 jours après les derniers signes, parfois davantage. Pendant cette période, surveillez les autres chevaux matin et soir et notez température, toux, écoulement nasal et appétit.

  • Servir les chevaux sains avant le cheval malade.
  • Utiliser un seau, un licol, une longe et une fourche réservés à l’isolement.
  • Se laver les mains après chaque contact et changer de veste si elle est souillée.
  • Nettoyer puis désinfecter les surfaces selon le produit et le temps de contact indiqués.
  • Limiter les visiteurs, les cavaliers extérieurs et les mouvements de chevaux dans l’écurie.

Organiser le repos et la surveillance

Un cheval fiévreux ne doit pas être monté, longé ou mis au travail en liberté. Le repos réduit la sollicitation des voies respiratoires et permet de surveiller son état. Installez-le dans un lieu calme, aéré et sans poussière, avec de l’eau propre disponible en permanence et du fourrage appétent, distribué de manière à limiter les efforts pour atteindre le sol.

Contrôlez la température deux fois par jour pendant la phase aiguë, puis selon les indications du vétérinaire. Notez aussi la quantité de fourrage mangée, la consommation d’eau, le nombre de quintes de toux et l’aspect des écoulements. Ne donnez aucun médicament de votre propre initiative, y compris un produit restant d’un ancien traitement.

La reprise se fait seulement lorsque le cheval n’a plus de fièvre ni d’abattement et après l’accord du vétérinaire. Elle commence généralement par plusieurs jours de marche en main, puis du pas calme, avant d’ajouter progressivement le trot. Une toux qui réapparaît à l’effort impose l’arrêt et un nouvel avis vétérinaire.

Prévenir grâce à la vaccination

La vaccination entraîne une réponse immunitaire contre les souches incluses dans le vaccin. Elle ne bloque pas toutes les infections et ne remplace pas l’isolement, mais elle réduit généralement la gravité des signes et la durée de l’excrétion virale. La protection dépend de l’âge, du statut vaccinal, de la circulation des souches et de la réponse propre à chaque cheval.

Chez le poulain, le calendrier commence selon le vaccin utilisé et les anticorps transmis par la mère. Le vétérinaire choisit le début de la série, souvent après les premières semaines ou les premiers mois, puis programme une primovaccination composée de plusieurs injections espacées. Un cheval adulte jamais vacciné ou dont le statut est inconnu doit aussi reprendre un protocole complet défini par le vétérinaire.

En France, il n’existe pas d’obligation générale de vacciner tous les équidés contre la grippe. En revanche, les règlements FFE ou FEI peuvent imposer une vaccination valide pour participer à certaines compétitions, avec des délais précis entre injections et avant l’épreuve. Vérifiez le règlement de l’année, le carnet de vaccination et les exigences de l’organisateur avant le transport.

En 2026, une injection vaccinale réalisée par un vétérinaire coûte souvent environ 55 à 110 euros, consultation et déplacement variant selon la zone, le nombre de chevaux et la clinique. Une primovaccination complète revient donc fréquemment à 110 à 250 euros, hors éventuels frais supplémentaires. Demandez un devis à la clinique et regroupez les vaccinations lorsque cela reste compatible avec le suivi de chaque cheval.

Ce que l’épisode européen de 2019 a montré

En 2019, un épisode important de grippe équine a touché le Royaume-Uni et a suscité une vigilance accrue dans plusieurs pays européens. Des chevaux vaccinés et non vaccinés ont été concernés, avec des suspensions de réunions, des restrictions de mouvements et des contrôles renforcés dans certaines structures. Cet épisode a rappelé qu’un cheval vacciné peut encore être infecté, tout en étant souvent mieux protégé contre les formes sévères.

La circulation rapide s’expliquait notamment par les déplacements entre écuries, les rassemblements et les différences de statut vaccinal. Pour un centre équestre, une compétition ou une pension, un cheval qui tousse ne doit donc pas continuer à passer de main en main dans un cours. Les cavaliers doivent signaler rapidement les signes au moniteur, au gérant ou au propriétaire.

En cas de foyer, le vétérinaire sanitaire ou le vétérinaire habituel peut recommander une séparation des lots, un arrêt temporaire des mouvements, une surveillance quotidienne et des prélèvements. Les mesures dépendent de la situation locale et des consignes des autorités ou de l’organisateur. La grippe équine n’entraîne pas automatiquement une fermeture réglementaire de toutes les écuries françaises.

Réagir dans une écurie ou un club

Dans un centre équestre, le premier geste consiste à identifier les chevaux ayant partagé un box, un paddock, un van, un cours ou du matériel avec le cheval suspect. Le responsable peut établir une liste des contacts sur les 7 derniers jours, durée pratique utile pour retrouver les déplacements récents, tandis que le vétérinaire adapte la surveillance à la situation.

Les cavaliers ne doivent pas déplacer seuls un cheval suspect vers un autre site, même pour l’isoler. Un transport augmente les contacts et peut contaminer le véhicule. Si plusieurs chevaux toussent ou fièvrent, l’écurie doit suspendre les activités concernées, prévenir les propriétaires et demander un avis vétérinaire collectif.

Pour les élèves qui préparent un Galop, la bonne conduite consiste à savoir prendre une température, reconnaître une toux inhabituelle, respecter un circuit de soins et transmettre une information précise. Portez des chaussures fermées à talon, attachez vos cheveux, ne passez jamais derrière un cheval sans le prévenir et lavez-vous les mains après chaque manipulation.

Quand appeler le vétérinaire ?

  • Tout de suiteRespiration difficile, naseaux très dilatés ou cheval très faible
  • Tout de suiteCheval qui ne boit plus, ne mange plus ou reste couché sans se relever
  • Dans la journéeTempérature supérieure à 38,5 °C avec toux, écoulement nasal ou abattement
  • Dans la journéePlusieurs chevaux malades dans la même écurie
  • Sous quelques joursToux qui persiste, réapparaît à l’effort ou s’aggrave après plusieurs jours de repos

La nuit et le week-end, le répondeur de votre vétérinaire indique le service de garde. Notez la température, le pouls et l’heure des premiers signes : ces repères l’aident à juger l’urgence.

Questions fréquentes

La grippe équine se transmet-elle à l’être humain ?

La grippe équine touche les équidés. La transmission à l’être humain n’est pas considérée comme un risque courant, mais l’hygiène reste nécessaire, car vos mains, vos vêtements et vos chaussures peuvent transporter le virus vers un autre cheval. Lavez-vous les mains et changez de tenue après avoir manipulé un animal malade.

Un cheval vacciné peut-il attraper la grippe ?

Oui. La vaccination ne garantit pas l’absence d’infection, car la protection dépend du vaccin, des souches en circulation, du respect du calendrier et de la réponse immunitaire du cheval. Elle réduit cependant généralement la gravité des signes. Un cheval vacciné qui tousse doit donc être isolé et signalé comme un autre cheval suspect.

Combien de temps faut-il arrêter l’équitation ?

La durée varie selon la fièvre, la toux, l’examen vétérinaire et les éventuelles complications. Le cheval ne doit pas travailler tant qu’il est fiévreux ou abattu. Après amélioration, la reprise est progressive et commence par la marche. Le vétérinaire peut demander au moins 21 jours après les derniers signes avant le retour en collectivité.

Puis-je aller monter un autre cheval après avoir soigné le malade ?

Oui seulement si le responsable de l’écurie l’autorise et après avoir appliqué le circuit sanitaire prévu. Occupez-vous d’abord des chevaux sains, lavez-vous les mains, changez de vêtements et nettoyez vos chaussures. Si plusieurs chevaux sont malades, évitez de fréquenter une autre écurie ou un concours jusqu’aux consignes du vétérinaire.

Testez-vous

3 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.Quel signe évoque le plus souvent une grippe équine ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : Une toux sèche avec une fièvre brutale. La grippe équine provoque fréquemment une fièvre d’apparition rapide, une toux sèche et un écoulement nasal clair.

  2. 2.Quelle est la première mesure face à un cheval suspect ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : Arrêter le travail, l’isoler et prévenir le responsable. L’arrêt du travail, l’isolement et l’appel au vétérinaire limitent la diffusion et évitent de masquer ou d’aggraver les signes.

  3. 3.La vaccination contre la grippe équine en France est-elle obligatoire pour tous les chevaux ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : Non, mais des règlements de compétition peuvent l’exiger. La vaccination n’est pas une obligation générale pour tous les équidés en France, tandis que la FFE ou la FEI peuvent imposer des conditions vaccinales en compétition.

Sources

  1. IFCE Équipédia, Santé et bien-être animal equipedia.ifce.fr
  2. Fédération française d’équitation, règlements et disciplines ffe.com
  3. Fédération équestre internationale, Veterinary Regulations fei.org
  4. Réseau d’épidémiosurveillance en pathologie équine, maladies équines respe.net

Mis à jour le . Ces repères généraux ne remplacent pas l’avis du vétérinaire qui suit votre cheval. En cas de doute, appelez-le.

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