Aller au contenu

Les vaccins du cheval : grippe, tétanos, rhinopneumonie et rage

Vacciner un cheval protège sa santé et limite la circulation de maladies dans les écuries, les concours et les hippodromes. La grippe équine suit un calendrier réglementé en compétition, tandis que le tétanos, la rhinopneumonie et la rage relèvent d’un protocole adapté au mode de vie, aux déplacements et aux risques de chaque équidé.

Mis à jour le 7 min de lecture

Une vétérinaire fait une injection dans l’encolure d’un cheval bai tenu en longe par une enfant devant l’écurie
Sommaire9 parties

Pas à pas

  1. Rassembler les documents

    Prenez le passeport, les anciennes factures et les dates connues des injections. Notez les concours, voyages, changements d’écurie et contacts récents avec d’autres chevaux.

  2. Observer l’état général

    Avant la visite, vérifiez l’appétit, la température si vous savez la prendre, la respiration et la présence éventuelle de toux ou d’écoulement nasal. Signalez toute anomalie au vétérinaire.

  3. Définir le protocole

    Le vétérinaire choisit les vaccins et les dates selon l’âge, l’historique, la gestation éventuelle, le mode de vie et le règlement de la compétition ou du voyage.

  4. Présenter le cheval

    Gardez le cheval au licol, dans un endroit calme et dégagé. Évitez de le manipuler brusquement et prévenez le vétérinaire s’il réagit aux injections ou aux soins de l’encolure.

  5. Faire inscrire l’injection

    Contrôlez que la date, le vaccin, les mentions nécessaires, le cachet et la signature sont inscrits dans le document d’identification avant le départ du vétérinaire.

  6. Surveiller après l’injection

    Observez l’appétit, la température, la respiration et le site d’injection pendant les heures suivantes. Suivez les consignes d’activité données par le vétérinaire.

Grippe équine : le calendrier à respecter

La grippe équine est une maladie respiratoire très contagieuse, due à des virus influenza. Elle provoque souvent de la fièvre, une toux sèche, un écoulement nasal et une grande fatigue. Un cheval vacciné peut encore être infecté, mais la vaccination réduit généralement la gravité des signes et la diffusion du virus dans un groupe.

Pour une primovaccination, c’est-à-dire le début du protocole chez un cheval jamais vacciné ou dont le suivi est inconnu, le règlement sportif utilise habituellement deux injections espacées de 21 à 92 jours. Le rappel doit ensuite respecter le délai prévu par le règlement FFE, la discipline et l’organisateur. Une injection trop récente peut rendre le cheval non partant.

En compétition FFE et sur les hippodromes, la vaccination contre la grippe équine est exigée selon les règlements en vigueur. Pour une épreuve précise, vérifiez la version actuelle du règlement FFE ou les conditions de France Galop ou de la Société d’encouragement à l’élevage du cheval français, puis demandez au vétérinaire de contrôler les dates avant l’engagement.

  • Conservez au moins 21 jours entre les deux injections initiales, sans dépasser 92 jours.
  • Anticipez le rappel plusieurs semaines avant une compétition, car un vaccin réalisé trop tard peut empêcher le départ.
  • Contrôlez aussi les délais de la discipline, de l’hippodrome et du règlement international si le cheval voyage.
  • Une toux ou de la fièvre après un concours justifie l’isolement du cheval et un appel au vétérinaire.

Tétanos : une protection à entretenir

Le tétanos est provoqué par une bactérie du sol qui peut pénétrer par une petite plaie, une piqûre ou une blessure profonde. Chez le cheval, la maladie entraîne une raideur musculaire, une difficulté à ouvrir la bouche, des spasmes et parfois une issue mortelle. La vaccination ne remplace donc pas le nettoyage rapide d’une plaie.

Le protocole commence généralement par deux injections espacées de quelques semaines, suivies d’un premier rappel puis de rappels périodiques. Les intervalles dépendent de l’âge, de l’historique vaccinal, du produit utilisé et du risque de blessure. En pratique, le vétérinaire peut proposer un suivi annuel ou des rappels plus espacés chez certains chevaux correctement primovaccinés.

Un cheval de club, de pré ou de sport reste exposé, car il peut se blesser sur une clôture, un clou, une branche ou une ferrure. Si la vaccination est inconnue et qu’une plaie existe, ne vous contentez pas de regarder la date du dernier vaccin : appelez le vétérinaire dans la journée pour évaluer la plaie et la protection antitétanique.

  • Inspectez les glomes, le paturon et les membres après une sortie, surtout après un cheval qui s’est accroché.
  • Nettoyez une plaie avec de l’eau propre ou du sérum physiologique, sans appliquer de produit irritant.
  • Une plaie profonde, souillée, punctiforme ou située près d’une articulation nécessite un avis vétérinaire rapide.
  • Ne donnez aucun médicament ou sérum de votre propre initiative.

Rhinopneumonie : protéger l’écurie

La rhinopneumonie désigne principalement les infections dues aux herpèsvirus équins de types 1 et 4. Elles peuvent provoquer une maladie respiratoire, de la fièvre et, chez les juments gestantes, des avortements. Le type 1 peut aussi être associé à des formes neurologiques. La contagion passe par les sécrétions respiratoires, le contact rapproché et du matériel contaminé.

La vaccination est particulièrement discutée pour les chevaux vivant en collectivité, participant à des rassemblements, voyageant souvent, ou côtoyant des poulinières et des jeunes. Le protocole comporte généralement deux injections initiales puis des rappels, souvent tous les six mois dans les situations à risque. Chez la jument gestante, les injections et les mois de gestation dépendent de l’autorisation du vaccin et de l’avis vétérinaire.

La vaccination s’accompagne de mesures d’écurie : prendre la température d’un cheval malade, limiter les déplacements, ne pas partager seaux, longes ou matériel de pansage, et respecter une quarantaine lors de l’arrivée d’un nouvel équidé. La vaccination seule ne suffit pas à arrêter une épidémie si des chevaux malades continuent de circuler.

  • Isolez un cheval fiévreux du groupe et prenez conseil avant de le transporter.
  • Nettoyez et désinfectez le matériel partagé entre deux chevaux.
  • Demandez le statut vaccinal des chevaux avant une arrivée en pension ou un stage.
  • Pour une jument gestante, faites établir le calendrier avec le vétérinaire avant le début de la gestation.

Rage : une vaccination selon le contexte

En France, la vaccination antirabique n’est pas un rappel systématique demandé à tous les chevaux vivant sur le territoire. Elle peut devenir nécessaire pour un voyage, une importation, une exportation, certaines destinations ou une situation sanitaire particulière. Les règles dépendent du pays de destination, du statut du cheval et des documents exigés au moment du déplacement.

Pour voyager dans l’Union européenne, le cheval doit notamment être identifié et accompagné de son document d’identification. La vaccination antirabique doit respecter les conditions du pays concerné, avec un délai d’attente après la première injection. Un cheval déjà vacciné doit conserver une continuité de rappels conforme au vaccin et à la réglementation applicable.

Demandez les exigences plusieurs semaines avant le départ, car une primo-vaccination, un délai d’attente, un certificat sanitaire ou un contrôle documentaire peuvent être nécessaires. Le vétérinaire vérifie l’identité du cheval, la validité du passeport et la cohérence entre la vaccination et le trajet prévu.

  • Vérifiez les règles du pays de destination et des pays traversés.
  • Ne voyagez pas avec un document d’identification dont les pages de vaccination sont incomplètes.
  • Anticipez les démarches avant de réserver un transport ou un concours à l’étranger.
  • Conservez une copie des documents dans le téléphone du responsable du cheval.

Carnet, passeport et inscription des vaccins

Le document d’identification du cheval, souvent appelé passeport, contient son signalement, son numéro d’identification et ses informations sanitaires. Le vétérinaire y inscrit la date de vaccination, le nom du vaccin ou son identification, le numéro de lot lorsque le document le prévoit, ainsi que son cachet et sa signature. Une injection non inscrite ou inscrite de façon illisible peut être refusée lors d’un contrôle.

Avant chaque concours, demandez au responsable de l’écurie ou au vétérinaire de vérifier la cohérence entre le cheval présenté et son document. Le numéro SIRE, le nom, la robe et les marques blanches, comme une liste sur la tête ou une balzane sur un membre, doivent correspondre à l’équidé concerné.

Photographiez les pages utiles après chaque visite et notez la prochaine échéance dans un calendrier partagé. En demi-pension, le propriétaire reste généralement le détenteur des informations sanitaires, tandis que le cavalier doit signaler rapidement une fièvre, une toux ou une réaction après vaccination.

  • Apportez le passeport original lorsque le règlement ou l’organisateur l’exige.
  • Vérifiez les dates avant l’engagement, pas le matin du concours.
  • Signalez immédiatement au vétérinaire toute erreur de nom, de numéro ou de date.
  • Gardez les certificats et factures avec les autres documents du cheval.

Le rôle du vétérinaire dans le protocole

Le vétérinaire ne se contente pas de réaliser une injection. Il vérifie l’état général du cheval, son historique, son âge, ses déplacements, la composition du groupe et les exigences sportives. Il peut repousser une vaccination si le cheval présente de la fièvre ou des signes de maladie, car vacciner un animal malade demande une évaluation médicale.

Le choix du protocole dépend du vaccin autorisé, du statut précédent et du risque rencontré. Un poulain, un cheval dont les rappels sont interrompus, une jument gestante et un cheval de course ne suivent pas forcément le même calendrier. Le vétérinaire explique aussi les réactions attendues, comme une légère sensibilité locale, et celles qui nécessitent un appel.

En France, le prix varie selon le vaccin, le nombre de chevaux vus lors de la même tournée, la consultation et les frais de déplacement. En 2026, prévoyez souvent environ 60 à 120 euros par cheval pour une vaccination courante avec visite regroupée, et davantage si le déplacement est isolé ou si un examen complémentaire est nécessaire. Demandez un devis à la clinique.

  • Préparez le passeport et l’historique des dernières injections avant la visite.
  • Signalez une fièvre, une toux, un traitement en cours ou une gestation.
  • Demandez la prochaine date limite adaptée à votre objectif : vie au pré, concours ou voyage.
  • Observez le cheval pendant les heures suivant l’injection et gardez-le au calme selon les conseils reçus.

Quand appeler le vétérinaire ?

  • Tout de suiteDifficulté à respirer, gonflement du membre ou de l’encolure, malaise après la vaccination
  • Dans la journéeFièvre marquée, abattement important ou cheval qui ne mange plus après l’injection
  • Dans la journéeRéaction locale douloureuse, chaude ou qui augmente au lieu de diminuer
  • Dans la journéePlaie profonde, souillée, punctiforme ou située près d’une articulation chez un cheval dont le vaccin antitétanique est incertain

La nuit et le week-end, le répondeur de votre vétérinaire indique le service de garde. Notez la température, le pouls et l’heure des premiers signes : ces repères l’aident à juger l’urgence.

Questions fréquentes

La vaccination contre la grippe est-elle obligatoire pour un cheval de club ?

Elle n’est pas exigée pour chaque cheval vivant en France, mais elle devient obligatoire selon les règlements applicables aux compétitions FFE et aux hippodromes. Un cheval de club côtoie souvent plusieurs équidés : le protocole peut donc être recommandé par le vétérinaire et par la structure, même sans sortie en concours.

Combien de temps faut-il attendre entre deux vaccins contre la grippe ?

Pour une primovaccination, les deux injections sont généralement espacées de 21 à 92 jours. Le rappel suit ensuite le règlement de l’épreuve et les indications du vaccin. Vérifiez toujours les dates dans le règlement en vigueur, car un rappel trop ancien ou trop proche de la compétition peut rendre l’engagement impossible.

Un cheval vacciné peut-il attraper la rhinopneumonie ?

Oui. La vaccination diminue le risque et peut réduire la gravité, mais elle ne bloque pas toutes les infections ni tous les épisodes de contagion. L’isolement d’un cheval fiévreux, la limitation des déplacements et le nettoyage du matériel restent nécessaires dès qu’une maladie respiratoire est suspectée.

Que faire si le passeport ne contient pas la dernière vaccination ?

Appelez le vétérinaire qui a réalisé l’injection ou votre clinique habituelle. Une attestation séparée peut ne pas suffire pour un contrôle sportif ou un voyage. Ne modifiez jamais vous-même le document : seule une inscription vétérinaire conforme permet de régulariser le suivi.

Testez-vous

3 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.Quel délai sépare généralement les deux injections initiales contre la grippe équine ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : Entre 21 et 92 jours. La primovaccination contre la grippe comprend habituellement deux injections espacées de 21 à 92 jours. Le règlement applicable précise ensuite les conditions des rappels.

  2. 2.Quelle information doit être vérifiée avant un concours ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : La date et la conformité des vaccinations dans le passeport. Le passeport doit correspondre au cheval présenté et contenir des inscriptions vétérinaires lisibles et conformes au règlement de l’épreuve.

  3. 3.Quelle situation impose d’appeler rapidement le vétérinaire après une vaccination ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : Une difficulté à respirer ou un gonflement important. Une difficulté respiratoire, un malaise ou un gonflement important peuvent signaler une réaction nécessitant une prise en charge immédiate.

Sources

  1. Fédération française d’équitation, règlements et règlement médical ffe.com
  2. IFCE Équipédia, encyclopédie de la santé et du bien-être du cheval equipedia.ifce.fr
  3. Réseau d’épidémiosurveillance en pathologie équine, maladies infectieuses et alertes sanitaires respe.net
  4. Association vétérinaire équine française, informations professionnelles en médecine équine avef.fr

Mis à jour le . Ces repères généraux ne remplacent pas l’avis du vétérinaire qui suit votre cheval. En cas de doute, appelez-le.

À lire aussi