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La rhinopneumonie chez le cheval : EHV-1 et EHV-4

La rhinopneumonie désigne surtout les infections par les herpèsvirus équins EHV-1 et EHV-4. Elle peut provoquer une atteinte respiratoire, des avortements ou une forme nerveuse, parfois sans signe visible au départ, ce qui rend l’isolement et l’appel rapide au vétérinaire déterminants.

Mis à jour le 7 min de lecture

Une vétérinaire ausculte un cheval bai au stéthoscope devant l’écurie, près d’une enfant et d’un poney gris
Sommaire9 parties

Ces repères aident à observer et à agir vite. Le diagnostic et les traitements relèvent du vétérinaire : au moindre doute, appelez-le.

Pas à pas

  1. Isoler le cheval

    Placez le cheval suspect dans un espace séparé, avec seau, licol, longe et matériel de pansage dédiés. Limitez les déplacements jusqu’à l’avis du vétérinaire.

  2. Prendre la température

    Utilisez un thermomètre réservé aux chevaux et notez la valeur, l’heure et l’attitude du cheval. Recommencez selon le rythme défini avec le vétérinaire.

  3. Appeler le vétérinaire

    Appelez dans la journée en cas de fièvre, d’abattement, de toux ou d’écoulement nasal. Signalez tout contact, transport, avortement ou signe nerveux.

  4. Prévenir l’écurie

    Informez le responsable, les propriétaires et les cavaliers ayant manipulé le cheval. Suspendez les déplacements et les cours concernés jusqu’aux consignes sanitaires.

  5. Séparer le matériel

    Utilisez des seaux, couvertures, licols, longes et outils distincts. Commencez les soins par les chevaux sains et terminez par le cheval isolé.

  6. Nettoyer puis désinfecter

    Retirez les matières organiques, lavez les surfaces, puis appliquez un désinfectant adapté en respectant son temps de contact et ses précautions d’emploi.

Comprendre les virus EHV-1 et EHV-4

La rhinopneumonie est une maladie infectieuse due principalement à EHV-1 et EHV-4, deux herpèsvirus équins. EHV-4 provoque surtout des signes respiratoires chez les poulains et les jeunes chevaux. EHV-1 peut aussi atteindre l’appareil respiratoire, le placenta et le système nerveux. Un cheval infecté peut rester porteur du virus à l’état latent, puis le réactiver lors d’un stress, d’un transport, d’une maladie ou d’un changement de groupe.

La transmission se fait par les gouttelettes et les sécrétions du nez, surtout lors des contacts rapprochés. Un seau, un licol, une longe, une main, une veste ou une brouette peuvent transporter le virus d’un cheval à l’autre. La période d’incubation respiratoire dure souvent de 2 à 10 jours, avec des variations selon la souche, l’immunité et l’âge du cheval.

  • Fièvre, abattement, baisse d’appétit, toux ou écoulement nasal.
  • Contact récent avec un cheval malade, transporté ou nouvellement arrivé.
  • Partage de matériel entre chevaux de groupes différents.
  • Réactivation possible après un stress ou une baisse de forme.

Reconnaître les trois formes principales

La forme respiratoire ressemble parfois à une infection banale : fièvre, fatigue, écoulement nasal clair puis plus épais, toux, ganglions sous la mâchoire augmentés et baisse d’appétit. La température rectale peut dépasser 38,5 °C, mais une température normale ne suffit pas à exclure l’infection. Chez un cheval malade, prenez la température avec un thermomètre dédié et notez l’heure et la valeur.

La forme abortive concerne surtout EHV-1. L’avortement peut survenir plusieurs semaines ou plusieurs mois après l’infection, souvent en fin de gestation, parfois sans signes respiratoires visibles. Le poulain peut aussi naître faible et développer rapidement une détresse respiratoire. Une jument qui avorte doit être isolée, et le vétérinaire doit être contacté dans la journée pour organiser les prélèvements et protéger les autres juments.

La forme nerveuse peut apparaître après une phase de fièvre ou sans signe respiratoire évident. Le cheval présente une démarche désordonnée, une faiblesse des postérieurs, des difficultés à se lever, une queue portée différemment, des pertes d’urine ou une impossibilité d’uriner. Il peut rester couché et ne plus réussir à se relever. Ces signes constituent une urgence vétérinaire.

  • Écoulement nasal et toux : surveillez la température et séparez le cheval.
  • Avortement ou poulain faible : éloignez la jument et le matériel du groupe.
  • Démarche instable ou faiblesse : ne faites pas marcher le cheval sans consigne vétérinaire.
  • Difficulté à uriner ou cheval couché qui ne se relève pas : appelez immédiatement.

Réagir dès les premiers signes

Dans une écurie, mesurez la température des chevaux exposés au moins matin et soir pendant la période définie avec le vétérinaire. Notez les valeurs, l’appétit, la toux, l’écoulement nasal, les crottins, l’urine et l’attitude. Une fièvre répétée, un cheval abattu ou un nouveau signe respiratoire doit conduire à appeler le vétérinaire dans la journée, avant de déplacer l’animal ou de l’emmener en cours.

Placez le cheval suspect dans un espace séparé, avec son propre seau, son propre matériel et, si possible, un soigneur désigné. Commencez les soins par les chevaux sains et terminez par le cheval isolé, puis lavez-vous les mains et changez de vêtement ou de surblouse. Ne rendez pas le cheval au groupe sur la seule amélioration de son état : la durée d’isolement et la reprise des mouvements se décident avec le vétérinaire.

L’isolement doit aussi concerner les contacts à risque, notamment les chevaux ayant partagé un van, une aire de pansage, un box voisin ou du matériel. Prévenez immédiatement le responsable de l’écurie, le club, les propriétaires concernés et le vétérinaire sanitaire. Suspendre temporairement les déplacements et les cours peut limiter la diffusion dans plusieurs écuries.

  • Mesurez et notez la température avec un thermomètre réservé aux chevaux.
  • Isolez sans déplacer inutilement le cheval suspect.
  • Utilisez des seaux, licols, longes et couvertures séparés.
  • Nettoyez d’abord les zones saines, puis la zone d’isolement.
  • Informez les personnes ayant été en contact avec le cheval.

Mettre en place des mesures sanitaires

Le nettoyage enlève les matières organiques avant la désinfection : retirez crottins, sécrétions, paille souillée et aliments, puis lavez les surfaces et le matériel selon les consignes du produit utilisé par l’écurie. Respectez le temps de contact indiqué sur l’étiquette. Une désinfection appliquée sur une surface sale agit mal. Les seaux et mangeoires doivent sécher avant d’être réutilisés.

Évitez les rassemblements, les transports et les changements de groupe tant que le vétérinaire n’a pas évalué la situation. Pour un cheval revenant d’un concours, d’un stage ou d’une nouvelle écurie, une zone séparée pendant environ 14 à 21 jours peut être proposée par le vétérinaire selon le niveau de risque. Cette durée ne remplace pas la surveillance de la température et peut être prolongée en cas de signe ou de contact confirmé.

Dans un centre équestre, séparez les circuits de soins, de matériel et de personnes autant que possible. Un cavalier ne doit pas passer directement d’un cheval fébrile à un autre cheval sans hygiène des mains et changement de matériel contaminé. Les règles de circulation décidées par le vétérinaire priment sur le planning des reprises, des concours et des transports.

  • Évitez de partager seaux, embouchures, licols, longes, couvertures et matériel de pansage.
  • Nettoyez les mains après chaque cheval malade ou suspect.
  • Désinfectez les surfaces après nettoyage et respectez le temps de contact.
  • Reportez les déplacements si un cheval présente de la fièvre.
  • Conservez une liste des chevaux exposés et de leurs contacts.

Vaccination et coût à prévoir

La vaccination contre EHV-1 et EHV-4 se discute avec le vétérinaire selon l’âge, le statut reproducteur, la vie en collectivité, les transports et les épisodes observés dans l’écurie. Elle diminue généralement les signes respiratoires, les avortements et l’excrétion virale, sans garantir une protection complète. Le vétérinaire choisit le protocole autorisé pour le vaccin utilisé, car les indications et les intervalles peuvent varier.

Chez les juments reproductrices, les protocoles prévoient souvent des rappels pendant la gestation, fréquemment autour des 5e, 7e et 9e mois. Chez les chevaux de sport ou vivant en groupe, des rappels semestriels peuvent être proposés. Ces repères ne remplacent pas l’ordonnance vaccinale du vétérinaire, qui tient compte de la notice, de l’historique et de la situation sanitaire de l’écurie.

En France, le prix indicatif en 2026 se situe souvent autour de 70 à 140 euros par injection, consultation et déplacement compris, avec des écarts selon la région, le nombre de chevaux et le forfait de la clinique. Le vaccin seul représente une partie de la facture. Demandez un devis lorsque plusieurs chevaux doivent être vaccinés le même jour.

  • Demandez au vétérinaire un calendrier écrit pour chaque cheval.
  • Conservez les dates et vignettes dans le carnet ou le passeport.
  • Vaccinez avant une période à risque lorsque le vétérinaire le conseille.
  • Ne vaccinez pas un cheval fiévreux sans avis vétérinaire.
  • Vérifiez séparément les règles de vaccination des concours visés.

RESPE, FFE et obligations en France

Le RESPE, Réseau d’épidémiosurveillance en pathologie équine, recueille des alertes et des déclarations de maladies équines afin de suivre la situation sanitaire. Votre vétérinaire peut signaler un cas suspect ou confirmé selon les dispositifs en vigueur. Consultez les alertes RESPE avant un déplacement et transmettez rapidement toute information utile au responsable de l’écurie et aux personnes exposées.

La rhinopneumonie n’est pas la vaccination générale exigée pour participer aux activités FFE. Les règles FFE et les règlements du concours doivent toutefois être vérifiés pour les vaccinations obligatoires, notamment contre la grippe équine lorsque le règlement applicable l’impose. La vaccination contre EHV peut être demandée par une écurie, un organisateur ou un stud-book dans un règlement particulier, sans constituer automatiquement une obligation générale.

L’identification du cheval dans le SIRE et la présence de documents à jour ne remplacent pas les mesures sanitaires. En cas de maladie, les décisions de restriction de déplacement, d’isolement ou de prélèvement relèvent du vétérinaire et, selon la situation, des autorités compétentes. Ne publiez pas de diagnostic non confirmé sur les réseaux sociaux : transmettez des faits datés et vérifiables.

  • Consultez les alertes et informations du RESPE.
  • Vérifiez le règlement FFE ou celui de l’organisateur avant un concours.
  • Demandez au vétérinaire si un prélèvement est utile.
  • Notez les dates de fièvre, de contact, de transport et de vaccination.
  • Suivez les consignes du vétérinaire sanitaire et des autorités compétentes.

Quand appeler le vétérinaire ?

  • Tout de suiteFaiblesse des postérieurs, démarche instable, difficultés à uriner ou cheval qui tombe
  • Tout de suiteCheval couché qui ne se relève pas, ou poulain nouveau-né faible et en difficulté respiratoire
  • Dans la journéeAvortement, délivre anormale ou jument ayant expulsé un fœtus
  • Dans la journéeFièvre, abattement, toux ou écoulement nasal après un contact ou un transport

La nuit et le week-end, le répondeur de votre vétérinaire indique le service de garde. Notez la température, le pouls et l’heure des premiers signes : ces repères l’aident à juger l’urgence.

Questions fréquentes

La rhinopneumonie est-elle la même maladie que la grippe équine ?

Non. La grippe équine est due à des virus influenza, tandis que la rhinopneumonie concerne surtout EHV-1 et EHV-4. Les deux maladies peuvent provoquer fièvre, toux et écoulement nasal, mais leurs complications et leurs protocoles sanitaires diffèrent. Une vaccination contre la grippe ne protège donc pas automatiquement contre EHV.

Un cheval vacciné peut-il attraper la rhinopneumonie ?

Oui. La vaccination réduit le risque de signes sévères, d’avortement et d’excrétion du virus, sans bloquer toutes les infections. Un cheval vacciné qui a de la fièvre ou présente des signes respiratoires doit être isolé et signalé au vétérinaire, comme un cheval non vacciné.

Combien de temps faut-il isoler un cheval suspect ?

Il n’existe pas une durée unique valable pour toutes les situations. Le vétérinaire tient compte des signes, des résultats d’analyses, des contacts et de l’évolution de la température. Une quarantaine de 14 à 21 jours peut être proposée lors d’une arrivée ou d’un retour à risque, puis prolongée si un cas est confirmé.

Puis-je monter les autres chevaux de l’écurie ?

Demandez d’abord les consignes du responsable et du vétérinaire. Si vous avez manipulé un cheval suspect, changez de vêtements, lavez-vous les mains et nettoyez vos chaussures avant de toucher un autre cheval. Les cours et transports peuvent être suspendus temporairement pour éviter de diffuser le virus entre écuries.

Testez-vous

3 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.Quel signe évoque particulièrement une forme nerveuse d’EHV-1 ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : Une démarche instable avec faiblesse des postérieurs. La forme nerveuse peut provoquer ataxie, faiblesse des postérieurs, difficultés à uriner ou impossibilité de se relever. Elle nécessite un appel vétérinaire immédiat.

  2. 2.Quel geste limite le mieux la transmission dans une écurie ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : Séparer le matériel et organiser les soins des chevaux sains avant le cheval isolé. La séparation du matériel, des chevaux et des circuits de soins réduit le transport du virus par les sécrétions, les mains et les objets contaminés.

  3. 3.Quel organisme suit les alertes de maladies équines en France ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : Le RESPE. Le RESPE est le réseau français d’épidémiosurveillance en pathologie équine. Les vétérinaires peuvent y transmettre des signalements selon les dispositifs en vigueur.

Sources

  1. RESPE, Réseau d’épidémiosurveillance en pathologie équine respe.net
  2. IFCE Équipédia, Encyclopédie du cheval equipedia.ifce.fr
  3. FFE, Fédération Française d’Équitation, règlements et informations sanitaires ffe.com
  4. AVEF, Association des vétérinaires équins français avef.fr

Mis à jour le . Ces repères généraux ne remplacent pas l’avis du vétérinaire qui suit votre cheval. En cas de doute, appelez-le.

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