La mue du cheval : poils d’été, poils d’hiver et bons gestes
Le cheval renouvelle généralement son pelage deux fois par an, sous l’influence principale de la durée du jour. Au printemps, les poils d’hiver tombent en quantité, puis un pelage plus dense pousse lorsque les jours raccourcissent. Le pansage aide à retirer les poils détachés et permet de surveiller la peau.

Sommaire9 parties
Pas à pas
- 1Préparer le matériel
Prenez une étrille, un bouchon, une brosse douce, un peigne à crins et une éponge propre. Vérifiez que les brosses ne contiennent ni boue sèche ni partie coupante.
- 2Installer le cheval
Placez le cheval dans un endroit calme, avec un licol et une longe adaptée. Gardez-vous à hauteur de son épaule et prévenez-le avec la voix avant de changer de côté.
- 3Décoller les poils morts
Passez l’étrille en petits cercles sur l’encolure, l’épaule, les côtes et la croupe. Arrêtez-vous sur les reliefs osseux, les membres, la tête, le ventre sensible et toute zone douloureuse.
- 4Brosser vers l’extérieur
Utilisez le bouchon dans le sens du poil pour faire sortir les saletés et les poils décollés. Tapotez régulièrement la brosse contre une surface adaptée pour la nettoyer.
- 5Finir doucement
Passez la brosse douce sur le corps, puis sur la tête et les membres. Démêlez les crins par petites mèches avec les doigts ou un peigne, sans tirer sur les nœuds.
- 6Contrôler la peau
Écartez les poils sur plusieurs zones et recherchez croûtes, rougeurs, plaies, tiques ou dépilation. Notez toute anomalie et prévenez le responsable du cheval avant de poursuivre la séance.
Deux mues liées à la lumière
Le cheval connaît habituellement une mue de printemps et une mue d’automne. La première commence souvent entre février et avril en France, selon la région, l’exposition à la lumière et l’individu. Les poils d’hiver, longs et isolants, tombent progressivement pour laisser place à un pelage d’été plus court et moins dense. La mue d’automne se prépare généralement entre août et octobre, lorsque la durée du jour diminue.
La photopériode, c’est-à-dire la durée quotidienne d’exposition à la lumière, agit sur les hormones qui commandent la croissance du poil. La température influence aussi le confort du cheval et la vitesse de chute des poils, mais elle ne suffit pas à expliquer les dates de mue. Un cheval vivant en écurie, exposé à un éclairage artificiel tard le soir, peut donc présenter un calendrier différent d’un cheval vivant au pré.
- Mue de printemps : souvent février à avril, avec de grandes variations individuelles.
- Mue d’automne : souvent août à octobre, avant l’installation du poil d’hiver.
- Durée pratique : environ 4 à 12 semaines, parfois davantage chez un cheval âgé ou peu en forme.
- Les chevaux tondus n’expriment plus leur pelage naturel de la même manière.
Reconnaître une mue normale
Pendant une mue normale, les poils se détachent par petites touffes, surtout sur l’encolure, le poitrail, les épaules, les flancs et la base de l’encolure. La peau reste généralement souple, sans croûtes ni zones franchement dépilées. Vous pouvez voir des poils courts et brillants apparaître sous les poils longs, tandis que le cheval conserve son état général, son appétit et son comportement habituels.
La perte de poils ne doit pas provoquer de démangeaisons intenses. Des plaques sans poils, des croûtes, des pellicules épaisses, une peau rouge ou une forte envie de se gratter orientent plutôt vers un problème cutané, comme des parasites externes, une dermatite ou une infection. Une mue très asymétrique, avec une zone nettement différente de l’autre côté du corps, mérite aussi une surveillance attentive et un avis professionnel.
- Poil mort qui se détache sans plaie : situation généralement compatible avec la mue.
- Démangeaisons marquées, croûtes ou suintement : ne pas attribuer automatiquement ces signes à la mue.
- Perte de crins localisée : vérifier les frottements, les parasites et l’état de la peau.
- Prendre une photographie hebdomadaire aide à comparer l’évolution du pelage.
Aider le cheval pendant la mue
Un pansage de 10 à 20 minutes peut suffire pour un cheval peu sale, tandis qu’un cheval en pleine mue demande parfois deux passages quotidiens de 10 minutes. Travaillez sur un cheval attaché dans un endroit sûr, avec un licol adapté et une longe tenue sans l’enrouler autour de la main. Portez des chaussures fermées et prévenez le cheval avant de passer derrière lui.
Commencez par une étrille, outil à picots souples ou rigides qui décolle les saletés et les poils morts, sur les parties charnues : encolure, épaule, dos, côtes et croupe. Faites de petits cercles sans appuyer sur les reliefs osseux. Prenez ensuite un bouchon, brosse à poils durs, pour pousser les poils vers l’extérieur, puis une brosse douce sur les zones sensibles. La tête se nettoie avec une brosse douce ou une éponge réservée à cet usage.
- Étrille : encolure, épaule, côtes et croupe, jamais sur la tête ni directement sur les membres.
- Bouchon : mouvements dans le sens du poil, en évitant les zones osseuses et les plaies.
- Brosse douce : finitions sur la tête, les membres et les zones sensibles.
- Peigne à crins : démêler par petites mèches, sans arracher la crinière.
- Prix indicatifs en France en 2026 : étrille 3 à 15 €, bouchon 8 à 25 €, brosse douce 8 à 25 €.
Adapter le pansage au terrain
Si le cheval vit au pré, retirez les poils détachés avant de mettre une selle, car des amas sous le tapis peuvent créer des frottements. Brossez particulièrement la zone du garrot, relief osseux situé à la base de l’encolure, et l’emplacement de la sangle. Après le travail, laissez sécher la sueur avant de brosser énergiquement un cheval encore chaud ou couvert de boue humide.
Évitez de raser ou d’arracher les poils pour accélérer la mue. Une tonte modifie l’isolation naturelle et impose de gérer la couverture, l’abri et l’activité du cheval avec l’équipe de l’écurie. En période de mue, le fourrage doit rester la base de la ration, avec une eau propre disponible. Aucun complément ne doit être ajouté sans identifier un besoin réel avec un vétérinaire ou un nutritionniste équin.
- Vérifier le dos et le passage de sangle avant chaque séance.
- Ne pas gratter une peau irritée avec une étrille dure.
- Sécher la sueur avant de remettre une couverture ou de rentrer le cheval au box.
- Laver les brosses régulièrement pour limiter la transmission de saletés et de parasites.
Quand le cheval âgé mue mal
Avec l’âge, la mue peut devenir plus lente, irrégulière ou moins complète. Un cheval âgé qui conserve longtemps un poil épais peut toutefois présenter une maladie de Cushing, appelée aussi syndrome de dysfonctionnement de la pars intermedia de l’hypophyse, ou PPID. Le poil devient souvent anormalement long, ondulé ou frisé, avec une mue retardée, mais tous les chevaux atteints ne présentent pas exactement les mêmes signes.
La PPID est plus fréquente chez les chevaux âgés, sans qu’un âge unique permette de poser le diagnostic. Une fonte musculaire, une transpiration excessive, une baisse de forme, une augmentation de la soif et des urines, des infections répétées ou une fourbure doivent renforcer la vigilance. Le vétérinaire examine le cheval et choisit les examens adaptés. Ne tondez pas un poil inhabituel pour masquer le signe avant d’avoir demandé conseil.
- Poil long, frisé ou persistant après le printemps : prendre rendez-vous avec le vétérinaire.
- Fourbure, douleur aux pieds ou difficulté à se déplacer : vétérinaire dans la journée.
- Surveiller l’état corporel, la masse musculaire, la consommation d’eau et la sudation.
- Le diagnostic de PPID ne se fait pas au pansage ni à partir d’un seul signe.
Suivre la peau et l’état général
La mue est une bonne occasion d’examiner le cheval centimètre par centimètre. Recherchez des tiques, des croûtes, des petites plaies, une chaleur locale, une sensibilité au toucher et des zones où le poil ne repousse pas. Vérifiez aussi les membres, le dessous de l’encolure, le passage de sangle et la base de la queue, souvent exposés aux frottements ou aux parasites.
Notez dans un carnet la date de début de la mue, son évolution, l’état du poil et les changements de comportement. Pour un cheval de club ou de demi-pension, transmettez les observations au moniteur, au propriétaire ou au responsable d’écurie. En France, l’identification et les informations sanitaires relèvent notamment du système SIRE de l’IFCE, mais aucun document administratif ne permet de diagnostiquer une maladie de peau ou une PPID.
- Comparer l’état du poil chaque semaine avec une photographie prise sous une lumière similaire.
- Noter une perte de poids, une fatigue inhabituelle ou une modification de la consommation d’eau.
- Prévenir l’équipe de l’écurie si une zone douloureuse empêche le pansage.
- Appeler le vétérinaire dès qu’un signe général s’ajoute à une mue inhabituelle.
Quand appeler le vétérinaire ?
- Tout de suiteFourbure, douleur aux pieds, difficulté à marcher ou cheval qui reste couché anormalement
- Dans la journéeMue accompagnée d’une perte d’état, d’une soif ou d’urines nettement augmentées, d’une sudation inhabituelle ou d’une fatigue marquée
- Dans la journéePlaques dépilées, croûtes nombreuses, peau suintante ou démangeaisons intenses
- Sous quelques joursPoil long, frisé ou très épais qui persiste après la période habituelle de mue, surtout chez un cheval âgé
La nuit et le week-end, le répondeur de votre vétérinaire indique le service de garde. Notez la température, le pouls et l’heure des premiers signes : ces repères l’aident à juger l’urgence.
Questions fréquentes
Pourquoi mon cheval perd-il encore ses poils en juin ?
La mue ne suit pas une date fixe. Elle peut durer plusieurs semaines selon l’âge, la région, l’exposition à la lumière, la densité du poil d’hiver et l’état général. Quelques poils résiduels en juin peuvent être normaux. En revanche, un pelage très long, frisé ou associé à une fatigue, une perte d’état ou une forte sudation justifie un avis vétérinaire.
Puis-je utiliser une étrille sur les jambes de mon cheval ?
Évitez l’étrille sur les membres, où la peau est plus fine et les reliefs osseux plus proches. Utilisez plutôt un bouchon souple ou une brosse douce, avec des gestes courts. Sur une zone chaude, gonflée, douloureuse ou blessée, ne frottez pas et prévenez le responsable du cheval.
La tonte aide-t-elle un cheval âgé qui ne mue plus ?
La tonte peut retirer un excès de poil et faciliter le séchage, mais elle ne traite pas la cause d’une mue anormale. Chez un cheval âgé, un poil persistant et frisé peut être lié à une PPID. Demandez d’abord l’avis du vétérinaire, puis adaptez la couverture, l’abri et la surveillance si une tonte est réalisée.
Faut-il donner des vitamines pendant la mue ?
La mue n’impose pas automatiquement un complément. La ration doit d’abord couvrir les besoins avec un fourrage de qualité, de l’eau propre et, si nécessaire, un aliment équilibré adapté au cheval. Un complément mal choisi peut déséquilibrer les apports. Demandez conseil au vétérinaire ou à un nutritionniste équin si le cheval perd de l’état ou si sa ration doit être corrigée.
Testez-vous
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Sources
- 1.IFCE Équipédia, Les maladies endocriniennes du cheval equipedia.ifce.fr
- 2.IFCE, SIRE et identification des équidés ifce.fr
- 3.AVEF, Association des vétérinaires équins français avef.fr
- 4.RESPE, Réseau d’épidémiosurveillance en pathologie équine respe.net
Mis à jour le . Ces repères généraux ne remplacent pas l’avis du vétérinaire qui suit votre cheval. En cas de doute, appelez-le.
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- SoinsLe pansage : l’ordre et les gestesLe pansage nettoie la robe, la peau et les crins, tout en vous permettant d’observer l’état général du cheval avant de le seller. Au Galop 1, vous devez connaître l’ordre des outils, travailler sans brusquer l’animal et curer chaque pied avant et après le travail.
- SoinsPrendre soin d’un cheval âgé : dents, ration et mouvementÀ partir de 18 à 20 ans, un cheval peut garder une bonne qualité de vie si ses dents, son poids, ses pieds et son confort sont suivis régulièrement. Une ration adaptée, une protection contre le froid et un mouvement quotidien aident à repérer tôt les signes du vieillissement et du PPID, anciennement appelé maladie de Cushing.
- SoinsLa maladie de Cushing (PPID) chez le chevalUn cheval âgé qui garde un poil long au printemps, perd du muscle ou présente une fourbure doit être examiné par un vétérinaire. La maladie de Cushing, appelée PPID, nécessite un diagnostic sanguin, un traitement prescrit et des soins adaptés pour préserver son confort.
- MatérielL’étrille : décoller la boue et les poils morts sans irriter le chevalL’étrille décolle la boue sèche, les poussières et les poils morts grâce à ses picots souples ou semi-souples. Elle s’utilise sur les parties charnues du corps, avec des mouvements circulaires, en évitant soigneusement les os, les membres, la tête et toute zone douloureuse.
