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Les tics du cheval : à l’appui, à l’ours et du bois

Les tics sont des comportements répétitifs que l’on voit souvent chez les chevaux vivant longtemps au box, nourris avec trop peu de fourrage ou séparés de leurs congénères. Pour les limiter, il faut d’abord rechercher une douleur ou un trouble alimentaire, puis rapprocher le mode de vie des besoins naturels du cheval.

Mis à jour le 7 min de lecture

Un cheval alezan pose les dents sur une porte de box, un gris se tient près d’un poteau et un bai mord un tronc au pré
Sommaire9 parties

Pas à pas

  1. Observer sans intervenir

    Filmez le cheval à plusieurs horaires et notez le lieu, la durée, le déclencheur apparent, la présence de fourrage et la proximité des congénères. Ne le punissez pas pendant l’observation.

  2. Peser le fourrage

    Pesez chaque distribution pendant trois jours avec un peson et notez les heures auxquelles le filet ou le râtelier est vide. Comparez ces données à l’état corporel et au travail du cheval.

  3. Vérifier les supports

    Inspectez les incisives, les portes, les planches, les mangeoires et les clôtures. Retirez les échardes et sécurisez les attaches, sans appliquer de dispositif anti-tic ni de produit répulsif sans avis professionnel.

  4. Augmenter les sorties

    Ajoutez progressivement du temps au paddock ou au pré, avec un congénère compatible lorsque les clôtures et la surveillance le permettent. Évitez une mise à l’herbe brutale chez un cheval à risque de fourbure.

  5. Ralentir l’ingestion

    Si le vétérinaire ou le responsable de la ration le valide, utilisez un filet à foin adapté et contrôlez chaque jour les mailles, les attaches et la facilité d’accès au fourrage.

  6. Faire le bilan

    Après quatre semaines, comparez les vidéos, l’état corporel, l’appétit, les crottins et le temps d’accès au fourrage. Transmettez ces informations au vétérinaire si le tic persiste ou s’aggrave.

Reconnaître les trois principaux tics

Le tic à l’appui, aussi appelé tic à l’air, commence lorsque le cheval saisit une mangeoire, une porte ou une planche avec ses incisives. Il tend l’encolure, contracte les muscles de l’encolure, tire vers l’arrière et émet souvent un bruit de gorge en avalant de l’air. Les incisives peuvent s’user et les muscles de l’encolure se développer de façon asymétrique. Le cheval ne reproduit pas forcément ce comportement lorsqu’il est dehors ou occupé à manger.

Le tic à l’ours correspond à un balancement répétitif de la tête et de l’encolure, parfois accompagné d’un déplacement du poids d’un antérieur à l’autre. Il survient fréquemment devant la porte du box, avant la distribution de la ration ou lorsque les autres chevaux partent travailler. Le tic du bois désigne un mâchonnement répété de planches, de portes ou de poteaux, avec ou sans ingestion de fragments. Une observation sur plusieurs moments de la journée aide à distinguer un tic d’un simple grignotage occasionnel.

Ces comportements appartiennent aux stéréotypies, c’est-à-dire des séquences répétées, peu variables et sans but immédiat visible. Ils peuvent apparaître après une période de frustration, d’isolement, de restriction alimentaire ou de stress. Une douleur digestive, dentaire ou locomotrice peut aussi favoriser un comportement répétitif. La cause ne se déduit donc pas du tic seul.

Rechercher le mode de vie et la santé

Commencez par relever la durée passée au box, les heures de distribution, la quantité de fourrage, le nombre de sorties et les contacts avec les autres chevaux. Un cheval de 500 kg reçoit souvent autour de 8 à 10 kg de matière sèche de fourrage par jour lorsqu’il dépend principalement du foin. Comme le foin contient généralement 85 à 90 % de matière sèche, cela correspond approximativement à 9 à 12 kg de foin distribué, à ajuster selon l’herbe, l’état corporel, le travail et la ration complète.

Le cheval est un herbivore dont le système digestif fonctionne avec des prises alimentaires fréquentes. Plusieurs repas concentrés séparés par de longues périodes sans fourrage augmentent la frustration et peuvent favoriser des troubles digestifs. Pesez le foin pendant au moins trois jours avec un peson, puis notez la durée réelle d’accès. Un filet à petites mailles ralentit parfois la consommation, mais ses mailles doivent laisser le cheval manger sans s’acharner ni se coincer un fer ou une ferrure.

Demandez au vétérinaire de rechercher une cause médicale si le tic est récent, s’il s’accompagne de bâillements fréquents, d’une baisse d’état, d’une baisse d’appétit, de crottins inhabituels ou d’une sensibilité au sanglage. Un examen dentaire réalisé par un professionnel compétent est également indiqué si le cheval mâche lentement, laisse tomber des bouchées ou refuse certains aliments. Les ulcères gastriques et les douleurs dentaires ne se diagnostiquent pas à partir d’un tic seul.

Prévenir les tics par l’organisation

La prévention commence par davantage de temps dehors, de contacts sociaux et d’accès au fourrage. Lorsque la sécurité et la gestion de l’écurie le permettent, une vie au pré ou en paddock avec un congénère compatible répond mieux aux besoins de déplacement et de relations sociales qu’une longue journée seul au box. Une transition progressive est nécessaire pour un cheval qui sort peu, surtout au printemps lorsque l’herbe est riche.

Répartissez le fourrage dans plusieurs points de distribution éloignés les uns des autres, à condition que chaque cheval puisse manger sans être chassé. Pour un cheval hébergé au box, alterner filet à foin, sol propre et râtelier peut prolonger le temps d’ingestion. Ne suspendez pas un filet lourd à hauteur de tête si le cheval tire violemment dessus. Vérifiez chaque jour les attaches, les mailles, les dents et l’état du licol si le cheval en porte un.

En France, les tarifs varient selon la région et les prestations. En 2026, un filet à foin courant coûte souvent environ 20 à 70 euros, un râtelier de paddock environ 80 à 300 euros et une pension au pré environ 180 à 450 euros par mois. Ces montants sont des ordres de grandeur commerciaux, non des tarifs réglementaires. Le coût d’une amélioration doit être comparé à la sécurité, au temps de surveillance et à la qualité du fourrage.

Réagir sans punir

Ne tapez pas sur le nez, ne criez pas et ne retirez pas brutalement le cheval d’un support lorsqu’il tique. La punition augmente la tension sans supprimer le besoin qui déclenche le comportement. Les dispositifs anti-tic, comme une sangle placée autour de l’encolure, peuvent empêcher le geste chez certains chevaux, mais ils ne corrigent ni l’isolement, ni la faim, ni une douleur éventuelle. Leur utilisation doit être discutée avec le vétérinaire et l’équipe qui assure les soins.

Filmez le cheval pendant quelques minutes à plusieurs horaires, en notant ce qui précède le tic : distribution du repas, départ d’un congénère, retour au box ou absence de fourrage. Mesurez aussi son poids ou son état corporel, contrôlez l’usure des incisives et recherchez les échardes sur les supports. Ces informations sont utiles au propriétaire, au moniteur, au palefrenier et au vétérinaire.

Un cheval qui tique ne doit pas être exclu d’une reprise ou d’une compétition uniquement à cause de ce comportement, sauf si sa sécurité, celle des autres ou son état de santé l’exige. En revanche, une planche rongée, une clôture fragilisée, une ingestion de bois ou une morsure répétée d’un support doivent être traitées sans attendre.

Mettre en place un plan sur quatre semaines

Pendant la première semaine, établissez un état des lieux : horaires, durée au box, quantité de foin pesée, sorties, contacts sociaux et fréquence du tic. Le même observateur peut compter le nombre de séquences sur dix minutes, matin et soir. Une baisse du nombre de séquences ne suffit pas à prouver une amélioration si le cheval ne dispose plus d’un support ou s’il est simplement plus fatigué.

Pendant les semaines suivantes, augmentez progressivement le temps de sortie, rapprochez les distributions de fourrage et améliorez les contacts visuels ou physiques sécurisés. Ne changez pas en même temps la ration, le logement, le travail et le matériel sans suivi, car vous ne saurez plus quel changement a aidé. Faites valider toute modification alimentaire par la personne qui suit la ration du cheval, surtout pour un poney, un cheval obèse ou un sujet ayant déjà fait une fourbure.

À la fin de la quatrième semaine, comparez les vidéos, le poids, l’état corporel, les crottins, l’appétit et le temps passé à manger. Une stéréotypie peut persister même lorsque les conditions s’améliorent, car le comportement devient parfois une habitude motrice. L’objectif prioritaire est alors la santé, la sécurité et une vie quotidienne plus adaptée, plutôt que l’absence immédiate de tout tic.

Sécuriser le box et le paddock

Inspectez les portes, mangeoires, poteaux et planches où le cheval prend appui. Retirez les échardes, protégez les angles et vérifiez que les clous ou vis ne dépassent pas. Une clôture mâchonnée peut devenir instable. Les produits amers appliqués sur le bois ne remplacent pas une adaptation du logement et doivent être utilisés seulement s’ils sont compatibles avec les animaux et autorisés par le responsable de l’écurie.

Gardez une distance de sécurité lorsque vous approchez un cheval qui se balance devant la porte. Parlez-lui, attendez qu’il vous ait vu et ouvrez sans passer directement devant ses antérieurs. Portez des chaussures fermées à talon et, pour les manipulations à risque, demandez l’aide d’un adulte expérimenté ou du palefrenier. En club, signalez le tic au moniteur plutôt que d’essayer de corriger vous-même le cheval.

Le Code rural impose de placer les animaux dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de leur espèce. Les modalités concrètes dépendent du logement, de la surveillance et de l’état de l’animal. Les recommandations de l’IFCE et les règles de l’établissement doivent être appliquées avec le vétérinaire et le responsable de la structure.

Quand appeler le vétérinaire ?

  • Tout de suiteCheval présentant des signes de colique, une douleur intense, des roulades répétées ou des sueurs inhabituelles
  • Dans la journéeTic apparu brutalement avec baisse d’appétit, perte d’état, bâillements répétés ou signes de douleur digestive
  • Dans la journéeCheval qui avale des morceaux de bois, présente une plaie profonde ou s’est blessé sur une porte ou une clôture
  • Dans la journéePerte de poids, crottins anormaux ou baisse durable des performances associés à un comportement répétitif
  • Sous quelques joursTic ancien sans signe général, mais avec usure dentaire, difficulté à manger ou aggravation progressive

La nuit et le week-end, le répondeur de votre vétérinaire indique le service de garde. Notez la température, le pouls et l’heure des premiers signes : ces repères l’aident à juger l’urgence.

Questions fréquentes

Un cheval qui tique à l’appui avale-t-il vraiment de l’air ?

Souvent, oui. Dans le tic à l’appui, le cheval saisit un support avec ses incisives, tend l’encolure et contracte les muscles de la gorge, ce qui peut s’accompagner d’une déglutition d’air. Le bruit émis ne suffit toutefois pas à confirmer le comportement. Une vidéo et un examen permettent de distinguer ce tic d’un simple mâchonnement.

Faut-il empêcher un cheval de tiquer ?

Il faut surtout empêcher les blessures et rechercher la cause du comportement. Bloquer systématiquement le geste avec une sangle ou une punition peut augmenter le stress et ne règle pas une longue période sans fourrage, l’isolement ou une douleur. Discutez de tout dispositif anti-tic avec le vétérinaire et améliorez d’abord le logement, les sorties et l’accès au fourrage.

Le tic du bois signifie-t-il que le cheval manque de minéraux ?

Le mâchonnement du bois est plus souvent associé à une recherche d’occupation, à une restriction de fourrage ou à un environnement pauvre en stimulations. Une carence ne peut pas être diagnostiquée par ce comportement. La ration doit être évaluée avec un professionnel, sans ajouter de complément au hasard, car un excès de certains minéraux peut aussi déséquilibrer l’alimentation.

Un cheval peut-il arrêter de tiquer après une mise au pré ?

Certains chevaux réduisent nettement leur tic lorsqu’ils disposent de fourrage, de déplacements et de contacts sociaux plus fréquents. D’autres continuent, car la stéréotypie est devenue une habitude. La mise au pré doit être progressive et adaptée à l’état corporel, à la richesse de l’herbe et au risque de fourbure. L’amélioration se juge aussi sur la santé et le comportement général.

Testez-vous

3 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.Quel signe correspond le mieux au tic à l’appui ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : Le cheval saisit un support avec ses incisives et avale souvent de l’air. Le tic à l’appui associe généralement la prise d’un support avec les incisives, la tension de l’encolure et une déglutition d’air.

  2. 2.Quelle mesure réduit le mieux le risque de stéréotypie liée au mode de vie ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : Augmenter les périodes de fourrage et les contacts sociaux sécurisés. Le fourrage réparti sur la journée, les sorties et les contacts sociaux répondent à plusieurs besoins naturels du cheval et réduisent les périodes de frustration.

  3. 3.Quand faut-il appeler le vétérinaire tout de suite ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : Lorsqu’il présente des signes de colique avec douleur intense et roulades répétées. Une douleur intense, des roulades répétées ou des signes de colique constituent une urgence vétérinaire, indépendamment de la présence d’un tic.

Sources

  1. IFCE Équipédia, Bien-être du cheval et conditions de détention equipedia.ifce.fr
  2. IFCE, SIRE, identification et réglementation équine ifce.fr
  3. AVEF, Association vétérinaire équine française avef.fr
  4. RESPE, Réseau d’épidémiosurveillance en pathologie équine respe.net

Mis à jour le . Ces repères généraux ne remplacent pas l’avis du vétérinaire qui suit votre cheval. En cas de doute, appelez-le.

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