Les ulcères gastriques chez le cheval
L’estomac du cheval sécrète de l’acide en continu, même lorsque l’animal ne mange pas. De longues périodes sans fourrage, les repas concentrés, le transport ou un travail stressant peuvent favoriser des lésions dont les signes restent discrets.

Sommaire9 parties
Ces repères aident à observer et à agir vite. Le diagnostic et les traitements relèvent du vétérinaire : au moindre doute, appelez-le.
Pas à pas
- 1Observer pendant une semaine
Notez l’appétit, les crottins, la réaction au sanglage, l’état corporel et la qualité des séances. Une observation régulière est plus utile qu’un souvenir isolé.
- 2Peser le fourrage quotidien
Pesez la quantité de foin réellement distribuée sur 24 heures et demandez si une partie est retirée ou gaspillée. Comparez cette quantité au poids et à l’état corporel du cheval.
- 3Réduire les jeûnes
Répartissez le foin entre plusieurs distributions ou utilisez un filet adapté. Ne modifiez pas brutalement la ration et demandez conseil si le cheval est en surpoids.
- 4Donner du foin avant le travail
Proposez une portion de foin, souvent autour de 1 à 2 kg pour un cheval adulte, 30 à 60 minutes avant la séance, selon sa ration et les consignes du professionnel.
- 5Appeler le vétérinaire
Contactez-le si les signes se répètent, si l’appétit baisse ou si le cheval maigrit. Il décidera si une gastroscopie ou un autre examen est nécessaire.
- 6Suivre les consignes
Ne donnez aucun traitement de votre propre initiative. Notez les recommandations sur le fourrage, les repas, le travail et les contrôles afin que toute l’écurie les applique.
Pourquoi l’estomac se fragilise
Le cheval produit de l’acide gastrique en continu, contrairement à l’être humain qui sécrète davantage pendant les repas. Le fourrage mastiqué régulièrement stimule la salivation, et la salive aide à tamponner cet acide. Quand le cheval reste plusieurs heures sans manger, la protection apportée par la salive diminue alors que la sécrétion acide continue.
Les lésions touchent surtout la partie supérieure de l’estomac, appelée muqueuse squameuse, moins protégée contre l’acidité. La partie glandulaire, située plus bas, peut aussi être atteinte, avec des mécanismes et une évolution différents. Les risques augmentent avec les repas riches en concentrés, le travail intense, le transport, les changements d’écurie et les périodes répétées de stress.
- Fourrage distribué en plusieurs fois avec de longues périodes sans accès
- Repas de granulés ou de céréales volumineux
- Transport fréquent, compétition ou changement de groupe
- Travail soutenu avec l’estomac vide
Reconnaître des signes souvent discrets
Un ulcère gastrique ne provoque pas toujours une douleur spectaculaire. Le cheval peut laisser une partie de sa ration, manger lentement, perdre de l’état, devenir irritable au sanglage ou se défendre lorsque vous approchez la sangle. Une baisse de performance, des transitions moins franches, un cheval qui s’arrête souvent pour bâiller ou une attitude inhabituelle au pansage méritent une observation suivie.
Ces signes ne suffisent pas à poser un diagnostic, car ils ressemblent à ceux d’une douleur dentaire, d’un problème de dos, d’une ration mal adaptée ou d’une autre maladie digestive. Notez pendant plusieurs jours les quantités mangées, les crottins, le poids ou le tour de poitrine, les séances de travail et les épisodes de douleur. Apportez ce relevé au vétérinaire.
Confirmer avec une gastroscopie
La gastroscopie utilise une caméra souple introduite par un naseau pour examiner l’œsophage, l’estomac et le début de l’intestin. Le vétérinaire peut ainsi localiser les lésions, estimer leur étendue et rechercher une autre cause aux signes observés. Les analyses de sang ou l’observation du comportement ne permettent pas, à elles seules, de confirmer un ulcère gastrique.
La préparation varie selon la clinique, le poids du cheval et le protocole retenu. Une période sans aliment est souvent demandée, fréquemment autour de 12 à 16 heures, avec des consignes particulières pour l’eau. Suivez uniquement les instructions du vétérinaire, car un jeûne mal organisé peut augmenter le stress ou poser un problème chez certains chevaux. En France, une gastroscopie coûte souvent environ 250 à 600 euros en 2026, hors déplacement, consultation ou examens complémentaires.
- Demandez la durée exacte du jeûne et les règles pour l’eau
- Prévenez le vétérinaire si le cheval est très anxieux ou malade
- Notez les traitements et compléments déjà utilisés
- Demandez comment seront communiqués les résultats et le suivi
Réduire les périodes sans fourrage
Pour un cheval adulte, la quantité quotidienne de fourrage se raisonne souvent autour de 1,5 à 2 % du poids vif en matière sèche, à ajuster selon l’état corporel, l’herbe, le travail et la ration complète. Pour un cheval de 500 kg, cela correspond approximativement à 7,5 à 10 kg de matière sèche par jour. Comme le foin contient de l’eau, la quantité pesée telle quelle est souvent supérieure, fréquemment autour de 8 à 12 kg, selon son taux d’humidité.
Le foin à volonté réduit les périodes de jeûne, mais il faut contrôler le poids d’un poney, d’un cheval rustique ou d’un animal au pré riche. Pesez une ration sur 24 heures, utilisez si besoin un filet à petites mailles et vérifiez chaque semaine l’état corporel, le tour de poitrine et la quantité réellement consommée. Évitez les changements brusques de foin et maintenez plusieurs points de distribution lorsque plusieurs chevaux vivent ensemble.
- Peser le foin distribué pendant une journée complète
- Limiter autant que possible les périodes sans fourrage, idéalement à quelques heures
- Répartir les repas si l’accès continu est impossible
- Surveiller les chevaux qui grossissent avec un filet à foin adapté
- Laisser une eau propre et disponible en permanence
Adapter les repas et le travail
Les concentrés, comme les granulés, les céréales ou certains aliments complets, se donnent en plusieurs petits repas lorsque le cheval en a besoin. Respectez la quantité indiquée par le fabricant et faites valider la ration par le vétérinaire ou un nutritionniste équin. Un repas trop volumineux augmente la charge digestive, surtout lorsqu’il est distribué après une longue période sans foin.
Avant une séance, donnez du fourrage plutôt que de faire travailler le cheval l’estomac vide. Une portion pratique de 1 à 2 kg de foin, proposée environ 30 à 60 minutes avant le travail, convient souvent à un cheval adulte, avec adaptation au poids et à la ration totale. Commencez chaque séance progressivement, prévoyez une détente suffisante et limitez les enchaînements stressants lorsque le cheval montre des signes de fatigue ou d’inquiétude.
- Distribuer les concentrés en au moins deux repas si la ration le permet
- Proposer du foin avant le travail et après le retour au calme
- Éviter un effort intense immédiatement après un repas volumineux
- Conserver des horaires réguliers pour les repas et les sorties
- Prévoir des sorties au paddock ou au pré et des contacts sociaux
Organiser le suivi au quotidien
Un cavalier de club ou un demi-pensionnaire peut participer à la prévention sans modifier seul un traitement. Observez la mangeoire avant et après la ration, demandez au responsable combien de foin est distribué, notez les changements de comportement et signalez rapidement une baisse d’appétit. Une fiche partagée entre les cavaliers, le propriétaire et l’écurie évite de perdre une information importante.
Le vétérinaire réévalue la situation selon les signes, la gastroscopie et l’évolution de l’état général. Une amélioration du comportement ne prouve pas que les lésions sont guéries. Le suivi peut nécessiter une nouvelle organisation de l’alimentation, du travail, du transport et des temps de repos. Aucun produit ou médicament ne doit être donné de votre propre initiative, même s’il est présenté comme protecteur de l’estomac.
- Photographier la ration laissée avant de vider la mangeoire
- Inscrire les dates de transport, concours, coliques ou changements de box
- Vérifier chaque jour l’accès au foin et à l’eau
- Prévenir le propriétaire et le vétérinaire de toute évolution
- Respecter les consignes de reprise du travail
Quand appeler le vétérinaire ?
- Tout de suiteCheval qui présente une douleur abdominale importante, se roule, transpire ou se couche et se relève sans arrêt
- Tout de suiteCheval qui ne mange plus, ne boit plus ou reste couché sans se relever normalement
- Dans la journéeAmaigrissement, baisse d’appétit ou épisodes de coliques répétés sur plusieurs jours
- Sous quelques joursSensibilité persistante au sanglage, baisse de performance ou changement de comportement sans urgence apparente
La nuit et le week-end, le répondeur de votre vétérinaire indique le service de garde. Notez la température, le pouls et l’heure des premiers signes : ces repères l’aident à juger l’urgence.
Questions fréquentes
Un cheval qui mange du foin peut-il quand même avoir des ulcères ?
Oui. L’accès au fourrage réduit un facteur de risque, sans supprimer les autres. Le travail intense, les repas concentrés, le transport, le stress, certaines maladies et des facteurs individuels peuvent intervenir. Un cheval qui mange du foin mais présente des signes répétés doit être examiné par un vétérinaire.
Le bâillement signifie-t-il forcément que mon cheval a un ulcère ?
Non. Le bâillement peut apparaître après une période de détente, lors d’une transition d’activité ou avec d’autres inconforts. Associé à une baisse d’appétit, une réaction au sanglage, un amaigrissement ou des coliques répétées, il devient un élément à noter. Seule la gastroscopie permet de voir directement les lésions gastriques.
Faut-il donner du foin à volonté à tous les chevaux ?
Le fourrage doit rester disponible le plus longtemps possible, mais la quantité doit tenir compte du poids, de l’état corporel, de l’herbe et du travail. Un poney sujet à l’embonpoint peut nécessiter une distribution contrôlée avec pesée et filet à foin. Demandez un avis professionnel si le cheval grossit ou maigrit.
Combien de temps faut-il attendre avant de travailler après le foin ?
Une petite portion de foin avant le travail est généralement préférable à un exercice à jeun. Une attente d’environ 30 à 60 minutes est un repère pratique, à adapter à la quantité donnée et à l’intensité de la séance. Évitez surtout l’effort intense juste après un repas concentré volumineux.
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Sources
- 1.IFCE, Équipédia, santé et alimentation du cheval equipedia.ifce.fr
- 2.AVEF, Association vétérinaire équine française avef.fr
- 3.VetAgro Sup, Clinique équine et informations vétérinaires vetagro-sup.fr
Mis à jour le . Ces repères généraux ne remplacent pas l’avis du vétérinaire qui suit votre cheval. En cas de doute, appelez-le.
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- AlimentationCombien de foin par jour pour un cheval ?Un cheval consomme généralement une quantité de fourrage correspondant à 1,5 à 2 % de son poids vif en matière sèche chaque jour. Pour calculer la quantité réellement distribuée, il faut tenir compte de l’humidité du foin, du poids du cheval, de son état corporel et de son activité.
- AlimentationCombien de repas par jour pour un cheval ?Un cheval mange naturellement de nombreuses petites bouchées réparties sur la journée. Pour respecter sa digestion, gardez du fourrage disponible le plus longtemps possible, servez les concentrés en au moins 2 à 3 repas et conservez des horaires réguliers, avec une ration adaptée à son poids, son âge et son travail.
