Alimentation et ulcères gastriques chez le cheval
Une ration riche en fourrage, distribuée souvent, réduit les périodes où l’estomac reste vide. Luzerne avant le travail, repas concentrés modestes, amidon limité et suivi vétérinaire forment une stratégie cohérente pour un cheval sensible, sans remplacer une gastroscopie ni le traitement prescrit.

Sommaire9 parties
Pas à pas
- 1Peser le fourrage
Pesez la quantité distribuée sur 24 heures avec un peson ou une balance. Pour un cheval de 500 kg, partez souvent d’environ 9 à 12 kg de foin tel que distribué, puis ajustez selon le taux de matière sèche, l’herbe et l’état corporel.
- 2Repérer les périodes vides
Inscrivez l’heure de chaque distribution et mesurez la plus longue période sans fourrage. Réduisez ces intervalles avec une distribution supplémentaire, plusieurs filets ou un accès à l’herbe géré avec l’écurie.
- 3Préparer la luzerne
Pesez 0,5 à 1 kg de luzerne sèche pour un cheval de 500 kg si cette quantité convient à sa ration. Vérifiez l’absence de poussière et répartissez-la dans une mangeoire ou un filet propre.
- 4Donner avant le travail
Proposez la luzerne et une partie du foin 30 à 60 minutes avant de seller. Évitez le travail intense après une longue période sans fourrage et adaptez l’horaire au fonctionnement de l’écurie.
- 5Fractionner le concentré
Divisez la quantité quotidienne en au moins trois repas lorsque le concentré est nécessaire. Respectez l’étiquette et ne dépassez pas 0,5 kg d’aliment concentré pour 100 kg de poids vif par repas.
- 6Suivre les signes
Notez l’appétit, les crottins, l’état corporel, la réaction au sanglage et l’envie d’avancer. Appelez le vétérinaire dans la journée si ces signes se dégradent, ou tout de suite en cas de coliques ou d’abattement marqué.
Comprendre le lien entre ration et ulcères
Les ulcères gastriques correspondent à des lésions de la muqueuse de l’estomac. Chez le cheval, l’acide est produit en continu, alors que les repas sont parfois espacés par le travail, le transport ou la vie au box. Le syndrome d’ulcération gastrique équine comprend des atteintes de la partie squameuse, proche de l’entrée de l’estomac, et de la partie glandulaire, qui ne réagit pas exactement de la même manière.
Un cheval atteint peut perdre de l’état, trier sa ration, grincer des dents, montrer une baisse d’envie au travail ou devenir irritable au sanglage. Ces signes restent peu spécifiques. Une gastroscopie, réalisée par un vétérinaire, est l’examen qui permet de voir les lésions gastriques et d’en apprécier la gravité. Une amélioration après changement de ration ne prouve donc pas que l’ulcère est guéri.
Maintenir du fourrage pendant la journée
Le fourrage comprend le foin, l’herbe et certains fourrages conservés. Pour un cheval de 500 kg, un repère courant est de 7,5 à 10 kg de matière sèche par jour, soit souvent environ 9 à 12 kg de foin tel que distribué, selon son taux d’humidité. Les besoins varient avec le poids, l’état corporel, la qualité du foin, l’activité et la présence d’herbe.
Répartissez le foin en plusieurs prises et mesurez les périodes sans accès. Un filet à petites mailles ou plusieurs points de distribution ralentissent l’ingestion sans supprimer le fourrage. Chez un poney en surpoids, faites peser la ration et demandez l’avis du vétérinaire ou du nutritionniste équin avant de diminuer fortement le fourrage, car une restriction brutale augmente d’autres risques, notamment la fourbure.
Pour un cheval de 500 kg, 9 à 12 kg de foin par jour peuvent représenter environ 70 à 180 euros par mois en 2026, selon la région, le conditionnement, la qualité et la livraison. Le prix d’une petite botte ou d’un sac varie davantage que celui d’une balle achetée en quantité. Pesez toujours une portion réelle, car le volume d’un filet ne donne pas son poids.
Donner de la luzerne avant l’exercice
La luzerne est un fourrage riche en protéines et en calcium. Sa mastication stimule la salivation, et sa capacité tampon peut limiter la baisse du pH gastrique autour de l’exercice. Pour un cheval de 500 kg, une portion de 0,5 à 1 kg de luzerne sèche, proposée 30 à 60 minutes avant le travail, constitue un repère utilisé dans les rations de chevaux sensibles. Elle doit être intégrée à la quantité totale de fourrage.
Choisissez une luzerne propre, sans poussière, moisissure ni échauffement. Les bouchons ou granulés de luzerne doivent être donnés selon les indications du fabricant et humidifiés si le cheval les avale rapidement. Une luzerne très riche peut déséquilibrer la ration d’un poney facile à maintenir ou d’un cheval souffrant d’un trouble métabolique. Faites valider la ration complète lorsque le cheval reçoit déjà un aliment minéral, un aliment complémenté ou plusieurs fourrages.
Donnez la luzerne dans une mangeoire stable, à hauteur adaptée, puis laissez le cheval mâcher avant de seller. Pour un cheval qui mange très vite, répartissez cette portion dans un petit filet ou une mangeoire à reliefs. La luzerne ne remplace ni le diagnostic, ni le traitement d’un ulcère confirmé.
Limiter l’amidon et fractionner les repas
L’amidon se trouve surtout dans les céréales et dans de nombreux aliments concentrés. Une grande quantité donnée en une seule fois peut dépasser la capacité de digestion de l’intestin grêle et favoriser l’arrivée de glucides dans le gros intestin. Pour un cheval sensible, privilégiez un aliment pauvre en amidon, lisez l’étiquette et comparez la teneur annoncée par kilogramme, plutôt que le seul nom commercial.
Répartissez les concentrés sur au moins trois repas lorsque leur quantité est nécessaire. Un repère de sécurité souvent utilisé en alimentation équine est de ne pas dépasser 0,5 kg d’aliment concentré pour 100 kg de poids vif par repas. Pour un cheval de 500 kg, cela correspond à 2,5 kg au maximum par repas, seuil qui reste trop élevé pour certaines rations et ne constitue pas une cible contre les ulcères.
Pour un cheval de loisir recevant peu de concentré, le fourrage couvre souvent la plus grande partie de la ration. Pour un cheval de sport, la quantité dépend du travail, de l’état corporel, du fourrage et de l’aliment choisi. Les aliments pauvres en amidon coûtent souvent 0,50 à 1,20 euro par kilogramme en 2026, selon la marque et le conditionnement. Ne changez pas de formule en une journée.
Organiser une journée favorable à l’estomac
Avant le travail, donnez une portion de foin et, si elle convient à la ration, la luzerne prévue 30 à 60 minutes avant le départ. Évitez de faire travailler un cheval après une longue période sans manger. Après l’exercice, remettez d’abord du fourrage et attendez que la respiration soit revenue à son niveau habituel avant une ration importante. L’eau propre doit rester accessible en permanence, sauf consigne vétérinaire ponctuelle.
Dans une écurie, notez les horaires de distribution, la quantité pesée, la durée du travail et les signes observés au pansage ou au sanglage. Un demi-pensionnaire ne doit pas modifier seul la ration d’un cheval de club ou de propriétaire. Discutez avec le responsable de l’écurie, car un changement effectué par une seule personne peut désorganiser les repas et les apports minéraux.
Pour une transition, remplacez environ un quart de l’ancien aliment tous les deux à trois jours et surveillez l’appétit, les crottins et l’état général. Un changement de foin ou de luzerne mérite la même progressivité. Une baisse nette de consommation, une douleur abdominale, des coliques ou un cheval qui se couche et ne se relève pas imposent d’appeler le vétérinaire tout de suite.
Savoir quand demander un avis vétérinaire
Appelez le vétérinaire dans la journée si le cheval mange moins pendant plusieurs heures, perd de l’état, présente des crottins anormaux de façon répétée ou montre une gêne persistante au sanglage. Appelez-le tout de suite en cas de coliques, de douleur intense, de cheval couché qui ne se relève pas, de transpiration inhabituelle ou d’abattement marqué. Ces signes peuvent avoir d’autres causes que des ulcères et ne doivent pas être traités avec un produit choisi seul.
Le vétérinaire peut proposer un examen général, une gastroscopie et un plan de prise en charge adapté au type de lésion. Ne donnez aucun médicament, complément ou pansement gastrique sans consigne professionnelle. Après un traitement prescrit, gardez la ration riche en fourrage et cherchez avec le vétérinaire les facteurs favorisants, comme les repas espacés, le stress, le transport, le travail intense ou une maladie associée.
Le suivi porte aussi sur le poids et l’état corporel. Photographiez le cheval de profil tous les quatre à six semaines, toujours à distance comparable, et notez les quantités réellement mangées. Une perte ou une prise d’état progressive se corrige avec la ration complète, jamais avec la seule suppression des céréales.
Questions fréquentes
Le foin à volonté guérit-il les ulcères gastriques ?
Le fourrage fréquent réduit les périodes où l’estomac reste vide et peut limiter certains facteurs de risque. Il ne guérit pas une lésion déjà présente. Une gastroscopie et l’avis du vétérinaire restent nécessaires si le cheval présente une baisse d’appétit, une perte d’état, une gêne au sanglage ou des coliques répétées.
Puis-je donner de la luzerne à un poney qui grossit facilement ?
Oui, la luzerne peut entrer dans la ration, mais sa quantité doit être pesée et comptée dans l’ensemble des apports. Un poney en surpoids ou à risque de fourbure demande une ration calculée avec soin. Ne réduisez pas brutalement le fourrage et demandez l’avis du vétérinaire si l’état corporel est élevé.
Combien de temps avant le travail faut-il donner la luzerne ?
Un repère pratique est de proposer une petite portion 30 à 60 minutes avant l’exercice, avec du foin. Le cheval doit réellement la mâcher. L’horaire dépend de la vitesse d’ingestion, de la durée du travail et de l’organisation de l’écurie. Un cheval douloureux ou diagnostiqué ulcéreux doit suivre le plan du vétérinaire.
Quel aliment choisir pour un cheval sensible de l’estomac ?
Choisissez d’abord un aliment dont la teneur en amidon est clairement indiquée et limitez les gros repas céréaliers. La formule adaptée dépend du fourrage, du poids, de l’état corporel et du niveau de travail. Comparez les étiquettes avec le responsable de l’écurie, un nutritionniste équin ou le vétérinaire, puis effectuez toute transition sur plusieurs jours.
Testez-vous
3 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.
Sources
- 1.IFCE Équipédia, Alimentation du cheval equipedia.ifce.fr
- 2.AVEF, Association vétérinaire équine française avef.fr
- 3.RESPE, Réseau d’épidémiosurveillance en pathologie équine respe.net
Mis à jour le . Ces repères généraux ne remplacent pas l’avis du vétérinaire qui suit votre cheval. En cas de doute, appelez-le.
À lire aussi
- AlimentationLe foin, base de la ration du chevalLe foin apporte la majorité des fibres dont le cheval a besoin pour faire fonctionner son appareil digestif et occuper ses journées. Qualité, quantité, coupe, poussière et conservation changent directement sa santé, son état corporel et le budget annuel d’un propriétaire.
- AlimentationCombien de foin par jour pour un cheval ?Un cheval consomme généralement une quantité de fourrage correspondant à 1,5 à 2 % de son poids vif en matière sèche chaque jour. Pour calculer la quantité réellement distribuée, il faut tenir compte de l’humidité du foin, du poids du cheval, de son état corporel et de son activité.
- AlimentationLa luzerne pour le cheval : riche, utile et à doserLa luzerne apporte davantage de protéines et de calcium que beaucoup de foins de graminées, sous forme de brins séchés ou de bouchons compressés. Elle peut aider un jeune cheval, une jument allaitante ou un cheval qui manque d’état, à condition d’être introduite progressivement et intégrée à toute la ration.
- AlimentationCombien de repas par jour pour un cheval ?Un cheval mange naturellement de nombreuses petites bouchées réparties sur la journée. Pour respecter sa digestion, gardez du fourrage disponible le plus longtemps possible, servez les concentrés en au moins 2 à 3 repas et conservez des horaires réguliers, avec une ration adaptée à son poids, son âge et son travail.
