La luzerne pour le cheval : riche, utile et à doser
La luzerne apporte davantage de protéines et de calcium que beaucoup de foins de graminées, sous forme de brins séchés ou de bouchons compressés. Elle peut aider un jeune cheval, une jument allaitante ou un cheval qui manque d’état, à condition d’être introduite progressivement et intégrée à toute la ration.

Sommaire9 parties
Pas à pas
- 1Peser le cheval
Estimez le poids avec une toise et un ruban barymétrique ou une balance, puis notez ce repère. Une erreur de poids modifie directement la quantité distribuée.
- 2Peser la luzerne
Pesez la quantité sèche avec une balance de cuisine ou d’écurie. Ne vous fiez pas au volume d’un seau, qui varie selon la densité des brins et des bouchons.
- 3Commencer doucement
Distribuez environ un quart de la quantité visée pendant deux ou trois jours, mélangée au fourrage habituel. Vérifiez les crottins, l’appétit et l’absence de gêne digestive.
- 4Augmenter par paliers
Augmentez progressivement sur 7 à 10 jours jusqu’à la quantité retenue. Revenez au palier précédent si les crottins changent nettement ou si le cheval refuse sa ration.
- 5Réhydrater les bouchons
Ajoutez l’eau et le temps de trempage indiqués sur l’emballage. Donnez-les lorsque tous les morceaux sont souples et contrôlez le seau avant de le présenter au cheval.
- 6Contrôler l’état corporel
Touchez les côtes, le chignon et l’attache de la queue chaque mois. Une prise ou une perte d’état entraîne une révision de la ration, avec l’aide d’un professionnel si elle persiste.
Ce que la luzerne apporte dans la ration
La luzerne cultivée, Medicago sativa, appartient à la famille des légumineuses, comme le trèfle. Récoltée en foin, elle apporte généralement autour de 15 à 20 % de protéines brutes sur matière sèche, avec des variations liées au stade de coupe, au séchage et à la parcelle. Elle contient aussi beaucoup de calcium, souvent autour de 10 à 15 g par kilogramme de matière sèche, alors que les valeurs d’un foin de graminées peuvent être plus basses.
Cette richesse soutient les besoins des poulains en croissance, des juments en fin de gestation ou en lactation et des chevaux qui perdent facilement de l’état. Elle ne remplace toutefois pas l’analyse de la ration : l’énergie, les protéines, le phosphore, le sel et les oligo-éléments doivent rester cohérents. Une luzerne très feuillue est souvent plus nutritive qu’une luzerne récoltée tardivement, dont les tiges sont épaisses et fibreuses.
- Protéines : utiles à la construction et à l’entretien des muscles, des tissus et des phanères.
- Calcium : important pour le squelette, les dents et la contraction musculaire.
- Fibres : indispensables au fonctionnement du gros intestin et à l’occupation alimentaire.
- Énergie : variable selon la coupe, la proportion de feuilles et le séchage.
Brins, bouchons et luzerne déshydratée
La luzerne en brins ressemble à un foin court ou long, avec des tiges et des feuilles séchées. Elle convient bien à un cheval qui mâche correctement et qui reçoit déjà du fourrage en quantité suffisante. Les feuilles se perdent facilement au fond du sac : secouez doucement le contenu et ne jetez pas systématiquement les petits fragments, car ils concentrent une partie des nutriments.
Les bouchons sont fabriqués en comprimant de la luzerne séchée et hachée. Leur densité facilite le stockage et le pesage, mais un cheval qui les avale trop vite peut s’étouffer avec un aliment sec. Pour un vieux cheval, un poney glouton ou un animal ayant des difficultés dentaires, réhydratez-les si l’étiquette le prévoit, jusqu’à obtenir une texture souple sans morceaux durs. Le temps de trempage dépend du produit, souvent de 10 à 30 minutes.
- Brins : mâchonnage plus long et comportement alimentaire proche du foin.
- Bouchons : mesure pratique, volume réduit et qualité souvent régulière.
- Granulés très fins : à distinguer des bouchons, car leur vitesse d’ingestion peut être différente.
- Produit humide : distribuez-le rapidement et ne le laissez pas fermenter dans un seau chaud.
À quels chevaux proposer de la luzerne
La luzerne peut trouver sa place chez un cheval qui travaille régulièrement, chez un jeune en croissance ou chez une jument qui nourrit son poulain. Elle aide aussi à augmenter la densité nutritionnelle d’une ration lorsque le foin seul ne maintient pas l’état corporel. Chez un cheval adulte de loisir en bon état, une petite quantité suffit souvent, surtout si le foin est déjà riche et si un aliment complémentaire est distribué.
Un poney rustique, un cheval en surpoids ou un animal ayant déjà présenté une fourbure demande davantage de prudence. La luzerne n’est pas automatiquement interdite, mais son apport en énergie et en protéines peut s’ajouter à une herbe riche ou à un concentré. Faites vérifier l’état corporel, le travail, le poids estimé et la ration complète par un vétérinaire ou un nutritionniste équin, en particulier si le cheval a un syndrome métabolique ou une maladie de Cushing.
- Poulain et jeune cheval : intérêt possible, avec une ration calculée selon la croissance.
- Jument en lactation : intérêt possible, en complément d’un fourrage adapté.
- Cheval au travail : petite part possible lorsque les besoins augmentent.
- Poney en surpoids : quantité limitée et avis professionnel avant une distribution quotidienne.
Quelle quantité donner au quotidien
Comme repère de départ, comptez environ 0,2 à 0,3 kg de luzerne pour 100 kg de poids vif par jour chez un cheval adulte qui reçoit déjà du foin. Cela correspond à 1 à 1,5 kg par jour pour un cheval de 500 kg, et à 400 à 600 g pour un poney de 200 kg. Ces chiffres concernent le produit distribué tel quel et doivent être ajustés selon sa forme, sa valeur nutritive et le reste de la ration.
Chez un cheval ayant des besoins élevés, la part peut être augmentée après calcul de la ration, parfois jusqu’à environ 0,5 kg pour 100 kg de poids vif par jour. Cette fourchette ne constitue pas une posologie et ne convient pas à tous les chevaux. Pesez les bouchons avec une balance, car un gobelet peut contenir des masses très différentes selon la densité. Le fourrage reste la base, généralement autour de 1,5 à 2 % du poids vif en matière sèche par jour, selon l’état et la situation.
- 500 kg : commencez autour de 1 kg par jour, réparti en deux repas si possible.
- 200 kg : commencez autour de 400 g par jour, puis observez l’état et les crottins.
- Divisez les quantités importantes en plusieurs repas pour réduire la vitesse d’ingestion.
- Pesez le produit au moins une fois avant d’utiliser un doseur habituel.
Introduire et distribuer la luzerne
Introduisez la luzerne sur 7 à 10 jours, en remplaçant progressivement une petite partie du fourrage habituel. Commencez par une poignée pesée ou environ un quart de la quantité visée pendant deux ou trois jours, puis augmentez par paliers si l’appétit, les crottins et le comportement restent habituels. Un changement brutal de fourrage peut perturber le microbiote du gros intestin et favoriser des troubles digestifs.
Pour des bouchons, vérifiez la notice du fabricant, placez la quantité dans un seau stable et ajoutez l’eau indiquée. Attendez que les morceaux aient gonflé et contrôlez la température avant de donner. Servez la luzerne dans une mangeoire propre, séparée des produits moisis ou poussiéreux. Un cheval qui tousse en mangeant, salive abondamment ou laisse couler de l’eau et des aliments par les naseaux doit être surveillé et faire appeler le vétérinaire immédiatement si une obstruction œsophagienne est suspectée.
- Pesez la quantité sèche avant l’ajout d’eau.
- Mélangez la nouvelle luzerne avec le fourrage habituel pendant la transition.
- Retirez les restes humides après quelques heures, surtout par temps chaud.
- Surveillez les crottins, l’appétit, la consommation d’eau et l’état corporel.
Les précautions à connaître
Une luzerne poussiéreuse, humide ou mal conservée peut irriter les voies respiratoires et perdre rapidement sa qualité. Refusez un sac qui sent le moisi, chauffe, présente des zones blanchâtres ou contient de nombreux insectes. Stockez les bouchons et les brins dans un endroit sec, ventilé, sur une palette ou une surface surélevée, à l’abri de l’eau et des rongeurs.
Appelez le vétérinaire tout de suite en cas de coliques, de cheval couché qui ne se relève pas, de cheval qui ne mange plus avec douleur apparente, ou de suspicion d’obstruction œsophagienne. Une diarrhée persistante, une baisse d’état progressive ou des crottins anormaux justifient un appel dans la journée. Une boiterie brutale ou une plaie située près d’une articulation impose également une prise en charge urgente, quelle que soit la présence de luzerne dans la ration.
- Nourriture moisie ou échauffée : ne la distribuez pas.
- Changement d’alimentation : réalisez-le progressivement sur au moins une semaine.
- Fourbure, embonpoint ou maladie métabolique : demandez un avis avant l’ajout régulier.
- Bouchons secs avalés trop vite : réévaluez la taille des repas et la réhydratation.
Questions fréquentes
La luzerne fait-elle grossir tous les chevaux ?
Elle peut augmenter l’apport en protéines et en énergie, mais la prise de poids dépend de toute la ration, de l’herbe, du travail et du métabolisme. Un cheval au repos qui reçoit déjà un foin riche peut prendre de l’état avec une quantité modeste. Pesez la luzerne et surveillez l’état corporel plutôt que de raisonner au volume.
Peut-on donner de la luzerne à un poney ?
Oui, une petite quantité peut convenir à un poney, notamment si ses besoins nutritionnels sont supérieurs à ceux d’un adulte au repos. Un poney en surpoids, sujet à la fourbure ou atteint d’un trouble métabolique doit toutefois recevoir une ration calculée. Demandez un avis vétérinaire avant une distribution quotidienne.
Faut-il faire tremper les bouchons de luzerne ?
Suivez d’abord l’étiquette du produit. Les bouchons secs peuvent être avalés trop rapidement, surtout par un cheval glouton, âgé ou ayant une mastication diminuée. Une réhydratation de 10 à 30 minutes est fréquente, mais le temps varie selon la taille des bouchons. Donnez le mélange dès qu’il est souple et propre.
La luzerne remplace-t-elle le foin ?
Elle peut constituer une partie du fourrage, sous forme de brins ou de bouchons, mais elle ne doit pas être ajoutée sans recalculer la ration. Le cheval a besoin d’un apport quotidien de fibres et d’un temps de mastication suffisant. Chez certains chevaux, le foin de graminées reste la base la plus adaptée, avec seulement une part de luzerne.
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Sources
- 1.IFCE Équipédia, Alimentation du cheval equipedia.ifce.fr
- 2.AVEF, Association vétérinaire équine française avef.fr
- 3.RESPE, Réseau d’épidémiosurveillance en pathologie équine respe.net
Mis à jour le . Ces repères généraux ne remplacent pas l’avis du vétérinaire qui suit votre cheval. En cas de doute, appelez-le.
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