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Calculer une ration en UFC et MADC

Le calcul d’une ration permet de comparer l’énergie et les protéines réellement apportées par le foin, l’herbe et les aliments concentrés. Vous apprendrez à utiliser les unités du système français INRAE, à estimer les besoins d’entretien et de travail, puis à vérifier un exemple chiffré sans remplacer l’avis d’un vétérinaire ou d’un nutritionniste équin.

Mis à jour le 7 min de lecture

Un poney alezan porte un licol tandis qu’une enfant tient sa longe et qu’une monitrice note des observations près de l’écurie
Sommaire9 parties

Pas à pas

  1. Peser le cheval

    Mesurez le poids vif avec une balance ou un ruban barymétrique utilisé toujours au même endroit. Notez aussi l’âge, l’état corporel, le mode de vie et le temps de travail hebdomadaire.

  2. Décrire le fourrage

    Pesez le foin tel qu’il est distribué, relevez sa matière sèche et utilisez si possible une analyse indiquant les UFC et la MADC par kilogramme de matière sèche.

  3. Calculer l’entretien

    Pour un repère INRAE, estimez environ 0,043 UFC par kilogramme de poids vif à la puissance 0,75 et 1,5 gramme de MADC par kilogramme de poids vif.

  4. Ajouter le travail

    Classez le travail selon sa durée, son intensité et le terrain, puis appliquez un repère de table. Contrôlez ensuite l’état corporel, car le calcul reste une estimation.

  5. Additionner les apports

    Pour chaque aliment, multipliez les kilogrammes de matière sèche par les UFC et la MADC correspondantes, puis additionnez séparément l’énergie et les protéines.

  6. Organiser les repas

    Répartissez le fourrage sur la journée, fractionnez les concentrés et introduisez tout changement progressivement. Laissez de l’eau propre et du sel accessibles.

Comprendre les unités UFC et MADC

L’UFC, ou unité fourragère cheval, mesure l’énergie disponible pour le cheval après digestion. Une UFC ne correspond donc pas à un kilogramme d’aliment. Un foin pauvre, un foin de prairie riche et un aliment concentré peuvent apporter des quantités d’UFC différentes pour le même poids. Les valeurs utilisées dans les tables INRAE varient selon l’analyse du fourrage, sa récolte, son stade de maturité et sa conservation.

La MADC signifie matière azotée digestible cheval. Elle estime la quantité de protéines réellement digestibles, exprimée en grammes. Les protéines participent notamment à l’entretien des muscles, de la peau, des crins et des tissus. Un cheval peut recevoir assez d’UFC et manquer de MADC, ou l’inverse, ce qui explique pourquoi une ration se vérifie sur les deux critères.

Les valeurs figurant sur l’étiquette d’un aliment concernent parfois le produit tel qu’il est distribué, tandis que les tables de rationnement travaillent souvent sur la matière sèche. La matière sèche correspond à ce qui reste après retrait de l’eau. Pour comparer deux aliments, pesez donc la quantité distribuée, notez leur taux de matière sèche et utilisez les unités indiquées par la fiche technique.

Estimer les besoins d’entretien

L’entretien correspond à l’énergie nécessaire pour vivre sans croissance, gestation, lactation ni travail. Elle couvre la respiration, la circulation, la température corporelle, les déplacements ordinaires et le renouvellement des tissus. Dans le système INRAE, une estimation courante utilise environ 0,043 UFC par kilogramme de poids vif élevé à la puissance 0,75, avec environ 1,5 gramme de MADC par kilogramme de poids vif. Les tables et les individus peuvent conduire à des valeurs différentes.

Pour un cheval adulte de 500 kilogrammes, le calcul donne environ 4,5 UFC d’entretien et 750 grammes de MADC par jour. Il s’agit d’un repère théorique, sans tenir compte d’un hiver froid, d’un accès important au pâturage, d’une maladie, d’un état corporel trop maigre ou trop gras. Un poney rustique peut prendre de l’état avec une ration qui convient à un cheval de sport du même poids.

Le poids vif se mesure avec une balance, une toise équipée d’un ruban barymétrique ou, à défaut, un ruban de poids utilisé toujours au même endroit. Relevez aussi la note d’état corporel, c’est-à-dire l’évaluation de la couverture graisseuse, toutes les deux à quatre semaines. Une côte visible, une encolure très grasse ou une fonte musculaire doivent conduire à revoir la ration avec un professionnel.

Ajouter le coût du travail

Le travail augmente les besoins selon sa durée, son intensité et le terrain. Une séance de 45 minutes principalement au pas et au trot ne demande pas la même ration qu’un entraînement d’endurance, un parcours de cross ou plusieurs heures de randonnée. Les catégories de travail utilisées dans les tables INRAE donnent des repères, mais elles ne remplacent pas l’observation du poids, de l’état corporel, de la récupération et de la transpiration.

Pour un calcul pédagogique, vous pouvez appliquer un facteur indicatif aux besoins d’entretien, par exemple environ 1,25 pour un travail léger et 1,5 pour un travail modéré. Ces coefficients sont des repères de calcul, pas des valeurs universelles. Un cheval de club qui travaille brièvement plusieurs jours par semaine peut rester proche de l’entretien, tandis qu’un cheval qui saute, galope ou concourt régulièrement peut changer de catégorie.

L’énergie dépensée n’est pas le seul point à surveiller. Le fourrage doit rester la base de la ration, les repas concentrés doivent être fractionnés et la transition s’étaler sur plusieurs jours. Une augmentation rapide des céréales ou des granulés peut perturber la digestion et augmenter le risque de coliques ou de fourbure, surtout chez un poney en surpoids ou sensible aux sucres.

Vérifier une ration chiffrée

Prenons un cheval adulte de 500 kilogrammes, en état corporel correct, vivant au paddock et effectuant un travail léger. Pour l’exercice, retenons un objectif théorique proche de 5,7 UFC et de 940 grammes de MADC par jour. Ces valeurs sont illustratives. Elles doivent être remplacées par les valeurs de l’analyse du foin, de l’étiquette de l’aliment et par l’avis d’un professionnel si le cheval est âgé, malade, maigre, obèse ou soumis à un entraînement soutenu.

Supposons un foin pesé à 9 kilogrammes tel quel, contenant 85 % de matière sèche, 0,50 UFC et 55 grammes de MADC par kilogramme de matière sèche. Il apporte 7,65 kilogrammes de matière sèche, 3,83 UFC et environ 421 grammes de MADC. Ajoutons 2 kilogrammes d’un aliment complémentaire à 90 % de matière sèche, 1 UFC et 95 grammes de MADC par kilogramme de matière sèche. Cet aliment apporte 1,8 UFC et 171 grammes de MADC.

Le total atteint environ 5,63 UFC et 592 grammes de MADC. L’énergie est proche de l’objectif choisi, mais l’apport protéique reste insuffisant pour cet exemple. Ajouter 2 kilogrammes de luzerne sèche contenant 85 % de matière sèche, 0,65 UFC et 130 grammes de MADC par kilogramme de matière sèche apporte environ 1,1 UFC et 221 grammes de MADC. Le total devient environ 6,73 UFC et 813 grammes de MADC, ce qui montre qu’il faut parfois ajuster séparément énergie et protéines.

Distribuer la ration sans risque

Pesez le foin et les aliments avec une balance, car un seau rempli ne donne pas une quantité fiable. Distribuez le fourrage en plusieurs accès ou utilisez un filet à petites mailles si le cheval mange trop vite, en vérifiant qu’il peut réellement manger et qu’il ne reste pas longtemps sans fibres. L’eau propre doit rester disponible en permanence, y compris après le travail, avec un abreuvoir entretenu.

Fractionnez les aliments concentrés en au moins deux repas et adaptez le volume de chaque repas aux recommandations du fabricant. Une ration riche en céréales ou en granulés ne doit pas être donnée en une seule fois. Introduisez tout nouvel aliment sur environ une à deux semaines, en diminuant l’ancien aliment au fur et à mesure, sans changer simultanément le foin, les horaires et les compléments.

Le Code rural et de la pêche maritime impose à la personne qui détient un animal de répondre à ses besoins compatibles avec son espèce. En pratique, cela comprend une alimentation adaptée, de l’eau, des soins et une surveillance quotidienne. L’identification au SIRE concerne les équidés et leurs documents, mais elle ne remplace pas le suivi de la ration, du poids et de l’état de santé.

Prévoir le coût et le suivi

En France, pour 2026, le foin acheté au détail se situe souvent autour de 0,20 à 0,60 euro par kilogramme, selon la région, le conditionnement, la qualité et la livraison. Les aliments concentrés se trouvent fréquemment entre 0,45 et 1,20 euro par kilogramme, tandis que la luzerne déshydratée peut coûter environ 0,35 à 0,90 euro par kilogramme. Ces fourchettes changent avec les récoltes et les volumes commandés.

Dans l’exemple, 9 kilogrammes de foin peuvent représenter environ 1,80 à 5,40 euros par jour, 2 kilogrammes d’aliment 0,90 à 2,40 euros et 2 kilogrammes de luzerne 0,70 à 1,80 euro. Le coût quotidien indicatif atteint donc environ 3,40 à 9,60 euros, hors minéraux, sel, eau, stockage, transport et main-d’œuvre. Un aliment moins cher au kilogramme n’est pas forcément moins coûteux par ration.

Notez chaque semaine le poids distribué, les refus, les crottins, l’état de la robe, l’appétit et l’évolution de l’état corporel. Appelez le vétérinaire tout de suite en cas de coliques, de cheval qui ne mange plus, de diarrhée abondante, de faiblesse marquée ou de cheval couché qui ne se relève pas. Une perte d’état progressive ou une baisse d’appétit persistante justifie un appel dans la journée.

Questions fréquentes

Faut-il calculer une ration pour un poney qui mange seulement du foin ?

Oui, surtout si le poney est en surpoids, sujet à la fourbure ou vivant sur une herbe riche. Le foin apporte déjà de l’énergie et des protéines, parfois en excès. Faites analyser le fourrage si possible, pesez la quantité distribuée et contrôlez l’état corporel toutes les deux à quatre semaines.

Comment savoir si mon foin apporte assez de MADC ?

L’aspect du foin donne des indices, comme une récolte feuillue et une odeur agréable, mais il ne permet pas de connaître précisément sa MADC. Une analyse de laboratoire est plus fiable. À défaut, demandez au fournisseur l’analyse de la récolte et évitez d’ajouter un complément protéique sans vérifier l’ensemble de la ration.

Les UFC et les MADC figurent-elles sur tous les sacs d’aliment ?

Non. Les fabricants indiquent souvent l’énergie digestible, les protéines brutes ou d’autres valeurs, avec des unités qui ne sont pas directement équivalentes aux UFC et à la MADC. Consultez la fiche technique du produit et demandez au fabricant les valeurs utilisables dans le système français avant de faire le calcul.

Quand faut-il demander l’aide d’un vétérinaire pour une ration ?

Appelez le vétérinaire dans la journée si le cheval perd de l’état, mange moins, présente une diarrhée persistante ou change nettement de comportement. Appelez tout de suite en cas de coliques, de cheval couché qui ne se relève pas, de faiblesse marquée ou de suspicion de fourbure. Les chevaux âgés ou atteints d’une maladie nécessitent un suivi personnalisé.

Testez-vous

3 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.Que mesure principalement l’UFC dans le système français ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : L’énergie utilisable par le cheval. L’UFC estime l’énergie disponible après digestion. Elle dépend de la composition de l’aliment et ne correspond pas directement à son poids.

  2. 2.Pourquoi faut-il convertir un aliment en matière sèche ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : Pour comparer des aliments contenant des quantités d’eau différentes. La matière sèche retire l’eau et permet de comparer plus justement un foin, une luzerne et un aliment concentré.

  3. 3.Quelle pratique limite le risque digestif lors d’un changement d’aliment ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : Introduire le nouvel aliment progressivement sur environ une à deux semaines. Une transition progressive laisse au microbiote du gros intestin le temps de s’adapter et réduit le risque de déséquilibre digestif.

Sources

  1. IFCE Équipédia, Alimentation du cheval equipedia.ifce.fr
  2. INRAE, Alimentation et nutrition animales inrae.fr
  3. Légifrance, Code rural et de la pêche maritime legifrance.gouv.fr
  4. AVEF, Association des vétérinaires équins français avef.fr

Mis à jour le . Ces repères généraux ne remplacent pas l’avis du vétérinaire qui suit votre cheval. En cas de doute, appelez-le.

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