Aller au contenu

Nourrir un cheval à risque de fourbure

Une ration pauvre en sucres et en amidon réduit l’exposition du cheval à risque, surtout lorsque le fourrage et l’herbe sont maîtrisés. La quantité se raisonne selon le poids, l’état corporel, le travail, l’âge et l’avis du vétérinaire, avec une surveillance attentive des pieds.

Mis à jour le 8 min de lecture

Un poney palomino baisse la tête près d’un filet à foin, accompagné d’une enfant devant une écurie
Sommaire9 parties

Pas à pas

  1. Pesez le cheval

    Mesurez le poids avec une balance ou un ruban toujours au même endroit. Notez la date, l’état corporel et le périmètre thoracique pour suivre une tendance plutôt qu’une seule valeur.

  2. Pesez le fourrage

    Pesez la quantité distribuée telle quelle, puis vérifiez la matière sèche indiquée par l’analyse. Répartissez la ration sur plusieurs repas ou points de distribution.

  3. Analysez le foin

    Prélevez un échantillon représentatif de plusieurs poignées ou petites bottes du même lot. Envoyez-le à un laboratoire et transmettez le résultat au vétérinaire.

  4. Réduisez l’herbe

    Modifiez la durée de pâturage selon la météo, la pousse et l’avis professionnel. Utilisez une muselière adaptée ou une aire pauvre en herbe après une habituation progressive.

  5. Vérifiez chaque jour

    Observez l’appétit, les crottins, la démarche, la chaleur des sabots et le comportement. Retirez la muselière pour contrôler la peau et la capacité à boire.

  6. Alertez le vétérinaire

    Appelez tout de suite en cas de douleur marquée ou de déplacement difficile. Signalez dans la journée toute baisse d’appétit, modification de démarche ou diminution des crottins.

Identifier un cheval à risque

Un cheval ayant déjà fait une fourbure reste à risque, même si ses pieds semblent revenus à la normale. Le risque augmente aussi avec le surpoids, un chignon gras, un dépôt de graisse à l’encolure ou à la base de la queue, une difficulté à maigrir et certaines maladies hormonales comme le syndrome métabolique équin ou la maladie de Cushing. Les poneys, les chevaux rustiques et certains chevaux âgés sont souvent concernés, sans qu’une race suffise à prévoir la maladie.

Le vétérinaire peut examiner les pieds, évaluer la note d’état corporel et proposer des examens sanguins lorsque le contexte le justifie. Une fourbure se manifeste parfois par une chaleur des sabots, un pouls digité marqué, une démarche raide, une position campée ou une réticence à avancer. Appelez le vétérinaire tout de suite en cas de douleur aiguë, de cheval qui se déplace difficilement ou qui reste couché et ne se relève pas.

  • Pesez le cheval avec une balance, un ruban barymétrique ou une mesure répétée au même endroit.
  • Photographiez l’encolure, les côtes et la base de la queue chaque mois.
  • Notez les changements d’herbe, de foin, de concentré et d’activité physique.
  • Demandez un avis vétérinaire avant une restriction alimentaire chez un cheval déjà malade ou très maigre.

Calculer une ration de fourrage

Le fourrage, c’est le foin, l’herbe ou un fourrage conservé qui constitue la base de la ration. Un repère couramment utilisé est de 1,5 à 2 % du poids vif par jour en matière sèche, soit environ 9 à 12 kg de matière sèche pour un cheval de 600 kg. Le poids réel distribué est supérieur lorsque le foin contient de l’humidité. Un foin à 85 % de matière sèche correspond ainsi à environ 10,6 à 14,1 kg de foin tel que distribué pour ce même cheval.

Pour faire maigrir un cheval en surpoids, la quantité ne doit pas être diminuée brutalement. Le vétérinaire ou le nutritionniste équin peut fixer une ration temporairement plus basse, souvent autour de 1,5 % du poids vif en matière sèche, avec une surveillance rapprochée. Le cheval doit continuer à mastiquer plusieurs heures par jour. Répartissez le foin dans plusieurs filets à petites mailles ou points de distribution, sans empêcher l’accès à l’eau et au repos.

Une balance à foin permet de vérifier les quantités réellement données. Pesez une botte ou un filet rempli, puis notez le poids avant chaque modification. Un cheval qui perd rapidement de l’état, mange moins, produit moins de crottins ou devient abattu doit être signalé au vétérinaire dans la journée.

  • Exemple pour 500 kg : environ 7,5 à 10 kg de matière sèche de fourrage par jour.
  • Exemple avec un foin à 85 % de matière sèche : environ 8,8 à 11,8 kg de foin distribué.
  • Pesez aussi les aliments complémentaires, les carottes et les friandises.
  • Ne supprimez jamais l’eau ni le fourrage sans consigne vétérinaire.

Choisir et préparer un foin pauvre en sucres

L’analyse du foin mesure notamment la matière sèche, les protéines, les fibres et les glucides solubles dans l’eau, souvent regroupés sous l’expression sucres solubles. L’amidon est un autre glucide, généralement plus présent dans les céréales et certains aliments concentrés. Pour un cheval à risque, demandez au laboratoire une analyse adaptée et transmettez le résultat au vétérinaire ou au nutritionniste équin. Les valeurs varient fortement selon la parcelle, la date de coupe, la météo et le stockage.

Le trempage peut diminuer une partie des sucres solubles du foin, avec un effet variable selon le lot et la durée. Un trempage à l’eau froide pendant environ 30 à 60 minutes est parfois utilisé lorsque l’analyse n’est pas disponible. Des durées plus longues peuvent modifier davantage le foin, mais elles augmentent les pertes de minéraux et les risques d’échauffement ou de contamination si l’eau est tiède. Égouttez, distribuez rapidement et nettoyez le bac.

Le foin trempé ne devient pas automatiquement pauvre en sucres. Une analyse avant et après trempage reste la méthode la plus fiable pour connaître l’effet sur votre foin. Le prix indicatif d’une analyse simple se situe souvent autour de 50 à 150 euros en 2026, selon le laboratoire et les paramètres demandés.

  • Stockez le foin au sec, ventilé, surélevé du sol et à l’abri des souillures.
  • Jetez un foin moisi, poussiéreux ou présentant une odeur anormale.
  • Changez l’eau de trempage à chaque préparation.
  • Portez des gants si votre peau réagit à l’eau chargée de poussières ou de moisissures.

Gérer l’herbe et la muselière

La teneur en sucres de l’herbe varie avec la saison, la température, l’ensoleillement, la sécheresse et la repousse. Une nuit froide suivie d’un soleil vif peut maintenir ou augmenter les sucres dans la plante. L’herbe n’est donc pas automatiquement moins riche le matin ou le soir. Demandez conseil selon la parcelle et la météo, et limitez l’accès lors des périodes de pousse rapide ou après un stress climatique.

Une muselière de pâture réduit la quantité d’herbe ingérée, sans supprimer le risque. Choisissez un modèle laissant respirer le cheval, vérifiez deux fois par jour l’absence de frottement et contrôlez qu’il peut boire. Retirez-la pour inspecter la peau, le nez et la mâchoire. Une muselière coûte généralement 30 à 100 euros en 2026. Elle ne doit pas remplacer une gestion globale du poids, du fourrage, de l’exercice et du suivi vétérinaire.

Commencez progressivement, par de courtes périodes surveillées, afin que le cheval apprenne à brouter avec l’équipement. Une sortie dans un paddock pauvre en herbe, une alternance avec une aire stabilisée et plusieurs distributions de foin peuvent compléter la mesure. Le cheval doit garder des contacts sociaux, un abri et une possibilité de se déplacer.

  • Évitez les sorties longues sur une herbe courte, très verte ou en repousse active.
  • Contrôlez les frottements sous le nez et derrière les oreilles après chaque utilisation.
  • Vérifiez que le cheval boit normalement avec la muselière.
  • Retirez immédiatement l’équipement en cas de blessure, de détresse ou de difficulté à boire.

Limiter l’amidon et sécuriser les repas

Les céréales comme l’orge, le maïs et l’avoine apportent de l’amidon, tandis que les mélassés et certains aliments sucrés apportent des sucres rapidement disponibles. Chez un cheval à risque, évitez les distributions improvisées de grains, pains, friandises en quantité ou gros repas concentrés. Un aliment présenté comme léger peut tout de même contenir une quantité notable de glucides. Lisez l’étiquette et demandez la composition complète au fabricant.

Un cheval peu travaillé reçoit souvent assez d’énergie avec son fourrage et un apport minéral adapté, mais chaque ration dépend de l’analyse du foin, du poids et de l’état corporel. Les minéraux et vitamines ne doivent pas être supprimés avec les concentrés. Un aliment complémentaire pauvre en amidon peut être choisi avec un professionnel, en respectant la quantité indiquée sur l’étiquette. Aucun complément ne corrige une herbe trop riche ou une ration trop abondante.

Distribuez les repas à horaires réguliers et évitez les changements brusques. Toute transition d’aliment doit se faire progressivement sur plusieurs jours, souvent une à deux semaines selon le produit et la sensibilité du cheval. Les tarifs varient selon le conditionnement et la marque : comptez environ 20 à 60 euros par mois pour un complément minéral courant, hors foin, en 2026.

  • Comptez les friandises dans la ration quotidienne.
  • Préférez de petits repas si un concentré est nécessaire.
  • Ne donnez jamais un reste alimentaire sans vérifier sa sécurité pour le cheval.
  • Faites valider la ration complète lorsqu’un cheval reçoit plusieurs compléments.

Organiser le suivi vétérinaire

Pesez le cheval ou relevez son périmètre thoracique toutes les deux à quatre semaines dans les mêmes conditions. Observez les sabots, la chaleur, la démarche, l’envie d’avancer et la facilité à tourner. Un maréchal-ferrant ou un pareur peut signaler une modification du pied, mais il ne remplace pas le vétérinaire pour diagnostiquer une fourbure ou une maladie métabolique. Une visite de contrôle peut être organisée selon l’historique, l’âge et les résultats d’examen.

Appelez le vétérinaire tout de suite si le cheval adopte une position campée, marche avec difficulté, présente une douleur importante des antérieurs, des sabots très chauds ou un pouls digité nettement marqué. Appelez dans la journée si l’appétit baisse, si les crottins diminuent, si la démarche change légèrement ou si le cheval prend rapidement du poids. Pour une surveillance stable, inscrivez les mesures et discutez-en au prochain passage.

Le Code rural et de la pêche maritime, notamment son article L214-1, impose de placer l’animal dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce. Aucun règlement FFE ni document SIRE ne fixe une quantité universelle de foin pour un cheval à risque. En pension, écrivez les consignes dans le contrat ou le carnet de soins, avec les personnes autorisées à modifier la ration.

  • Contrôlez l’état corporel toutes les deux à quatre semaines.
  • Faites vérifier les pieds selon le calendrier établi avec le professionnel du parage ou de la ferrure.
  • Gardez les analyses de foin, les poids et les comptes rendus vétérinaires.
  • Prévoyez un responsable remplaçant pour les jours de sortie ou de demi-pension.

Questions fréquentes

Faut-il donner du foin trempé à tous les chevaux à risque ?

Non. Le trempage peut réduire une partie des sucres solubles, avec un effet variable selon le foin et la durée. Il augmente aussi les pertes dans l’eau et les contraintes d’hygiène. Une analyse du fourrage, une ration pesée et l’avis du vétérinaire permettent de choisir entre foin sec adapté, trempage ou autre organisation.

L’herbe du matin est-elle toujours moins dangereuse ?

Non. Le taux de sucres dépend de la température nocturne, du soleil, de la sécheresse et de la repousse. Après une nuit froide et ensoleillée, l’herbe peut rester riche le matin. Une gestion de la durée d’accès, de la parcelle et du poids du cheval est plus fiable qu’une heure fixe appliquée toute l’année.

Une muselière empêche-t-elle la fourbure ?

Non. Elle réduit généralement la quantité d’herbe ingérée lorsque le modèle est bien ajusté, mais elle ne supprime pas le risque. Surveillez l’eau, les frottements, la respiration, le comportement et l’état corporel. Retirez-la si le cheval se blesse ou ne boit pas normalement, puis demandez conseil au professionnel qui suit l’animal.

Que faire si mon cheval à risque refuse son foin ?

Appelez le vétérinaire dans la journée, ou tout de suite s’il présente une douleur, des signes de colique ou une grande faiblesse. Un refus peut venir d’un problème dentaire, digestif, douloureux ou alimentaire. Ne remplacez pas spontanément le foin par des céréales, du pain ou une grande quantité de friandises.

Testez-vous

3 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.Quel repère sert souvent à estimer la quantité quotidienne de fourrage ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : 1,5 à 2 % du poids vif en matière sèche. La quantité se raisonne en matière sèche et s’ajuste selon le poids, l’état corporel, le travail et l’avis vétérinaire. Le poids du foin distribué dépend de son humidité.

  2. 2.Que faut-il vérifier avec une muselière de pâture ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : Qu’elle permet de boire et ne provoque aucun frottement. Le cheval doit pouvoir respirer et boire normalement. La peau, le nez et la mâchoire doivent être inspectés régulièrement, car la muselière ne supprime pas le risque de fourbure.

  3. 3.Quel signe justifie d’appeler le vétérinaire tout de suite ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : Une position campée avec douleur et déplacement difficile. Une douleur aiguë, une position campée ou une difficulté à marcher peuvent correspondre à une fourbure et nécessitent une prise en charge vétérinaire urgente.

Sources

  1. IFCE Équipédia, alimentation et nutrition du cheval equipedia.ifce.fr
  2. IFCE, système d’information relatif aux équidés et réglementation ifce.fr
  3. AVEF, Association vétérinaire équine française avef.fr
  4. RESPE, Réseau d’épidémiosurveillance en pathologie équine respe.net

Mis à jour le . Ces repères généraux ne remplacent pas l’avis du vétérinaire qui suit votre cheval. En cas de doute, appelez-le.

À lire aussi