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L’herbe et le pâturage : gérer la saison, les sucres et la parcelle

L’herbe peut couvrir une grande partie des besoins d’un cheval, à condition d’adapter l’accès au pré à sa condition physique, à la pousse et à la météo. Quantité disponible, teneur en sucres, surface, rotation et refus déterminent la qualité du pâturage et le risque de fourbure.

Mis à jour le 7 min de lecture

Un cheval alezan et un poney pie broutent dans un pré fleuri et clôturé, près d’un enfant assis dans l’herbe et d’un abreuvoir
Sommaire9 parties

Pas à pas

  1. Évaluer le cheval

    Notez son âge, son poids approximatif, son état corporel, son niveau de travail et ses antécédents de fourbure. Demandez l’avis du vétérinaire pour un cheval obèse, métabolique, âgé ou malade.

  2. Inspecter la parcelle

    Repérez l’herbe disponible, les zones nues, les refus, les plantes inconnues, l’eau, l’abri et les risques de clôture avant chaque mise à l’herbe.

  3. Distribuer du foin

    Donnez du foin avant la première sortie afin que le cheval ne se jette pas sur l’herbe. Maintenez un fourrage adapté pendant toute la transition.

  4. Commencer progressivement

    Commencez par 15 à 20 minutes, puis augmentez de 10 à 15 minutes tous les deux ou trois jours si le cheval reste stable.

  5. Diviser la parcelle

    Utilisez deux à six paddocks si possible, avec une zone de repos. Déplacez les chevaux avant le rasage complet de l’herbe et la dégradation du sol.

  6. Contrôler chaque jour

    Vérifiez l’eau, les clôtures, les crottins, les pieds, la démarche, l’état corporel et le comportement. Notez les changements pour prévenir rapidement l’équipe ou le vétérinaire.

Une valeur alimentaire qui change avec la saison

Au printemps, l’herbe pousse vite et contient souvent beaucoup d’eau et de sucres solubles. Elle peut couvrir une large part des besoins d’un cheval adulte peu travaillé, mais sa composition varie selon l’espèce végétale, le stade de croissance, la météo et la fertilisation. En été, la pousse ralentit lors des sécheresses et l’herbe perd parfois de sa valeur. En automne, une repousse après la pluie peut redevenir très riche, surtout après un épisode froid et lumineux.

En hiver, l’herbe pâturée apporte généralement moins d’énergie lorsque la pousse est arrêtée, mais une parcelle courte peut encore contenir des sucres. Le cheval doit alors recevoir du fourrage adapté à son état corporel, c’est-à-dire son niveau de couverture musculaire et graisseuse, et à la qualité réelle du pré. La jument suitée, le poulain, le cheval âgé ou le cheval de sport ont des besoins différents d’un poney rustique au repos.

  • Printemps : surveillez la prise d’état et réduisez la durée d’accès si le cheval grossit rapidement.
  • Été sec : contrôlez les zones nues, la disponibilité de l’eau et la présence de foin.
  • Automne : une repousse courte après la pluie peut rester riche en sucres.
  • Hiver : ne considérez pas l’herbe comme le seul fourrage sans observer l’état du cheval.

Sucres, fructanes et risque de fourbure

Les fructanes sont des glucides solubles stockés par certaines graminées, les plantes de la famille des herbes. Avec les sucres simples, ils participent à la quantité de glucides non structuraux de l’herbe. Leur teneur n’est pas prévisible avec une simple règle d’horaire : elle dépend de la plante, de la lumière, de la température, de la croissance et du stress hydrique. Une herbe très courte peut aussi concentrer ses réserves près du sol.

Un cheval en surpoids, atteint de syndrome métabolique équin ou ayant déjà fait une fourbure demande une gestion vétérinaire de l’alimentation. La fourbure est une inflammation douloureuse des structures qui relient la paroi du sabot à l’os du pied. Pieds chauds, pouls digité marqué, démarche raide, position campée ou difficulté à tourner imposent d’appeler le vétérinaire tout de suite. Ne forcez pas le cheval à marcher et retirez l’accès à l’herbe en attendant ses consignes.

  • Observez le cheval avant de modifier son accès au pré : poids, crête d’encolure, locomotion et antécédents comptent.
  • Évitez les changements brusques après une période au foin ou au box.
  • Une analyse d’herbe peut aider, mais elle ne remplace pas l’examen du cheval ni l’avis vétérinaire.
  • Le pâturage au panier doit être surveillé : frottements, accès à l’eau, alimentation et comportement restent à contrôler.

Choisir une surface et une charge de pâturage

Pour un cheval adulte, une base de planification souvent utilisée se situe autour de 0,5 à 1 hectare par animal sur l’année, soit 5 000 à 10 000 m². Cette fourchette varie fortement selon la pluviométrie, la fertilité du sol, le type d’herbe, le nombre de chevaux, la durée de pâturage et la quantité de foin distribuée. Une petite parcelle peut convenir à une sortie quotidienne si elle est gérée comme une aire stabilisée avec fourrage apporté.

Un cheval de 500 kg consomme souvent environ 1,5 à 2,5 % de son poids en matière sèche de fourrage par jour, soit 7,5 à 12,5 kg de matière sèche. L’herbe fraîche ne contient qu’environ 15 à 25 % de matière sèche selon son stade et la météo : la masse broutée peut donc être plusieurs fois supérieure. Ces valeurs servent à raisonner, pas à calculer seuls une ration pour un poulain, une jument pleine ou un cheval malade.

  • Comptez la surface réellement accessible, sans les bâtiments, les mares, les talus impraticables ni les zones interdites.
  • Réduisez la charge si le sol se dégrade, si l’herbe disparaît ou si la boue s’installe autour de l’eau.
  • En 2026, une clôture électrique complète coûte souvent 3 à 10 euros par mètre selon les piquets, rubans, électrificateur et pose.
  • Une pension au pré se situe fréquemment entre 150 et 400 euros par mois en 2026, avec de grands écarts selon la région et les services.

Organiser la mise à l’herbe et la rotation

Après l’hiver, commencez par une sortie de 15 à 20 minutes, puis augmentez la durée de 10 à 15 minutes tous les deux ou trois jours si les crottins, le poids et la locomotion restent normaux. Atteindre deux à quatre heures quotidiennes prend souvent deux à trois semaines. Le foin reste disponible pendant la transition afin de limiter l’ingestion rapide d’herbe jeune.

Diviser la parcelle en deux à six paddocks permet de laisser une zone au repos pendant que le cheval pâture ailleurs. La durée de repos varie d’environ trois à six semaines au printemps, parfois davantage en été sec. Déplacez les chevaux avant que l’herbe soit rasée et avant que le sol ne se transforme en boue. Un plan simple avec dates d’entrée, de sortie et hauteur observée aide toute l’équipe à suivre la parcelle.

  • Faites sortir après le foin, plutôt qu’un cheval affamé directement sur une herbe abondante.
  • Retirez les crottins régulièrement dans les petits paddocks pour limiter les zones délaissées.
  • Gardez une parcelle de secours en cas de pluie, sécheresse, blessure ou dégradation du sol.
  • Laissez toujours une eau propre et contrôlez l’abreuvoir au moins chaque jour.

Comprendre et gérer les refus

Les refus sont les zones d’herbe laissées par le cheval, souvent autour des crottins ou des endroits souillés. Ils ne prouvent pas que l’herbe est mauvaise : ils indiquent surtout une sélection alimentaire et une répartition inégale du pâturage. Dans une petite parcelle, faucher les refus à une hauteur raisonnable après la sortie des chevaux peut homogénéiser la repousse, à condition d’identifier les plantes présentes et de retirer les déchets de coupe.

Inspectez chaque parcelle avant la mise à l’herbe. Le séneçon, l’if, le laurier-cerise, les glands en quantité et certaines plantes ornementales peuvent être dangereux selon l’espèce et la quantité ingérée. Un cheval qui salive beaucoup, tremble, présente une diarrhée importante, respire mal, ne mange plus ou semble abattu doit être isolé sans prise de risque et le vétérinaire appelé dans la journée, ou tout de suite si l’état est marqué.

  • Ramassez les refus après fauchage afin que le cheval ne trie pas des tas d’herbe coupée.
  • Ne laissez pas un tas de déchets verts ou de tontes à portée des chevaux.
  • Photographiez une plante inconnue et demandez son identification à un professionnel avant de la laisser dans la parcelle.
  • Faites vérifier les zones de refus persistantes si elles s’accompagnent de crottins mous ou d’une perte d’état.

Vérifier le bien-être au pré

Un cheval au pré doit pouvoir boire, se déplacer, se reposer et se protéger des intempéries. Un abri naturel ou construit doit être accessible sans conflit permanent, avec un sol praticable et une surface suffisante pour que chaque équidé puisse s’écarter. La vie en groupe répond aux besoins sociaux du cheval, mais l’introduction d’un nouveau poney se fait progressivement, d’abord à travers une clôture sûre puis sous surveillance.

Inspectez la clôture, les fils, les rubans, les piquets, les portails et les points d’eau avant chaque changement de parcelle. Retirez le fil de fer barbelé des zones accessibles et placez les mangeoires de façon à éviter les bousculades. En France, chaque équidé doit être identifié selon les règles du système SIRE, et le détenteur doit respecter les obligations applicables à la détention et à la protection des animaux prévues par le Code rural. Vérifiez les démarches auprès de l’IFCE et de SIRE pour votre situation.

  • Contrôlez l’eau, l’abri, la clôture et l’état corporel chaque jour.
  • Observez les interactions entre chevaux après chaque changement de groupe.
  • Gardez le numéro du vétérinaire et l’adresse du lieu accessibles à toute personne qui surveille le pré.
  • Appelez le vétérinaire en urgence pour une colique, une boiterie brutale, une plaie près d’une articulation ou un cheval couché qui ne se relève pas.

Questions fréquentes

Quelle surface faut-il pour un cheval au pré ?

Prévoyez souvent 0,5 à 1 hectare par cheval pour une gestion annuelle, soit 5 000 à 10 000 m², mais cette fourchette varie avec le climat, le sol, la pousse et la quantité de foin. Une petite parcelle peut convenir avec rotation, repos des sols et fourrage distribué.

L’herbe du matin est-elle toujours moins sucrée ?

Aucune règle horaire ne convient à toutes les parcelles. Les sucres et fructanes dépendent de la plante, de la lumière, de la température, de la croissance et du stress. Pour un cheval à risque, faites valider la stratégie par le vétérinaire et surveillez surtout l’accès total, le poids et les signes de fourbure.

Combien de temps faut-il pour mettre un cheval à l’herbe ?

Comptez généralement deux à trois semaines pour atteindre plusieurs heures de pâturage. Commencez par 15 à 20 minutes après une distribution de foin, puis augmentez progressivement. Des crottins très mous, une prise d’état rapide ou une démarche raide doivent conduire à réduire l’accès et à demander conseil.

Faut-il faucher les refus ?

Oui, cela peut aider à homogénéiser la repousse, surtout sur une petite parcelle, mais retirez les produits de fauche et identifiez les plantes présentes. Les refus autour des crottins indiquent aussi une mauvaise répartition du pâturage : ramassage, rotation et déplacement des points d’alimentation peuvent limiter le problème.

Testez-vous

3 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.Quelle durée de départ convient généralement après l’hiver ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : 15 à 20 minutes. Une courte sortie après du foin limite l’ingestion rapide d’herbe jeune. La durée augmente ensuite progressivement sur deux à trois semaines.

  2. 2.Que désigne un fructane ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : Un glucide soluble stocké par certaines plantes. Les fructanes sont des glucides solubles végétaux. Leur quantité varie avec la plante, la lumière, la température et la croissance.

  3. 3.Quel signe impose d’appeler le vétérinaire tout de suite ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : Une démarche raide avec pieds chauds et pouls digité marqué. Ces signes peuvent évoquer une fourbure, qui nécessite une prise en charge vétérinaire urgente. Ne faites pas marcher le cheval sans consigne.

Sources

  1. IFCE Équipédia, alimentation et conduite des équidés equipedia.ifce.fr
  2. IFCE, SIRE et identification des équidés ifce.fr
  3. AVEF, Association vétérinaire équine française avef.fr
  4. RESPE, Réseau d’épidémiosurveillance en pathologie équine respe.net

Mis à jour le . Ces repères généraux ne remplacent pas l’avis du vétérinaire qui suit votre cheval. En cas de doute, appelez-le.

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