La mise à l’herbe au printemps, étape par étape
Au printemps, l’herbe jeune est riche en sucres et peut déclencher fourbure ou troubles digestifs chez un cheval sensible. Une transition conduite sur deux à trois semaines, avec du foin, des sorties fractionnées et une surveillance quotidienne, permet d’adapter progressivement la ration à la pousse de la prairie.

Sommaire9 parties
Pas à pas
- 1Évaluer le cheval
Notez son âge, son poids estimé, son état corporel, ses antécédents de fourbure et son activité. Demandez un avis vétérinaire avant la mise à l’herbe si le cheval est obèse, fourbu ou atteint d’une maladie métabolique.
- 2Préparer le foin
Distribuez du foin avant la sortie, afin que le cheval arrive calmement sur la parcelle. Gardez une quantité de fourrage adaptée dans la journée, même lorsque le temps de pâture augmente.
- 3Commencer court
Laissez brouter 15 à 20 minutes pendant les trois premiers jours. Restez à proximité les premières fois pour observer l’ingestion, les crottins et le comportement.
- 4Augmenter par paliers
Ajoutez environ 15 à 45 minutes tous les trois jours, selon la richesse de l’herbe et la réaction du cheval. Revenez au palier précédent si les crottins se ramollissent ou si l’état corporel évolue rapidement.
- 5Fractionner les sorties
Lorsque l’herbe est riche ou que le poney doit maigrir, répartissez le temps quotidien en deux sorties. Une muselière peut compléter ce dispositif après un essai surveillé et un contrôle quotidien de la peau.
- 6Contrôler chaque jour
Vérifiez l’appétit, les crottins, la démarche, la chaleur des sabots, le pouls digité et l’état général. Appelez le vétérinaire tout de suite en cas de signes de fourbure ou de colique douloureuse.
Pourquoi la transition doit durer deux à trois semaines
L’herbe de printemps contient beaucoup d’eau et une quantité variable de sucres solubles, notamment lorsque les nuits sont fraîches et les journées lumineuses. Le cheval doit aussi adapter sa flore digestive à ce nouvel aliment. Un changement brutal peut favoriser diarrhée, crottins mous, gaz ou coliques, qui correspondent à des douleurs abdominales parfois urgentes.
La fourbure est une inflammation douloureuse des structures qui relient la paroi du sabot aux tissus internes. Le risque augmente chez les poneys rustiques, les chevaux en surpoids, ceux qui ont déjà fourbé et ceux atteints de syndrome métabolique équin ou de maladie de Cushing. Pour ces animaux, demandez au vétérinaire un plan personnalisé avant la première sortie prolongée.
- Commencez lorsque la prairie est portante et que vous pouvez observer le cheval après chaque sortie.
- Conservez le foin pendant toute la transition, même si le cheval broute déjà plusieurs heures.
- Évitez de comparer deux prairies uniquement à leur hauteur, car leur richesse varie selon la météo et la pousse.
- Retardez l’augmentation si les crottins deviennent mous, si le cheval prend rapidement de l’état ou s’il montre une gêne.
Construire un planning de pâture fractionné
Pour un cheval adulte d’environ 500 kilogrammes sans facteur de risque particulier, vous pouvez commencer par 15 à 20 minutes d’herbe pendant trois jours. Passez ensuite à 30 ou 45 minutes pendant trois jours, puis à une heure, une heure et demie, deux heures et enfin trois à quatre heures, en gardant chaque palier plusieurs jours. Ce planning reste indicatif : la richesse de l’herbe, l’état corporel et le travail modifient la vitesse d’adaptation.
Fractionnez les sorties en deux périodes courtes lorsque la prairie est très rase, très riche ou lorsque le cheval doit perdre du poids. Une sortie de 30 minutes le matin et une autre de 30 minutes en fin de journée limitent parfois la quantité avalée par rapport à une heure continue, sans supprimer le risque. Le cheval doit retrouver du foin à l’écurie et disposer d’eau propre après chaque passage.
- Jours 1 à 3 : 15 à 20 minutes d’herbe.
- Jours 4 à 6 : 30 à 45 minutes.
- Jours 7 à 9 : environ 1 heure.
- Jours 10 à 12 : 1 heure 30 à 2 heures.
- Jours 13 à 21 : 2 à 4 heures, selon l’état du cheval et la richesse de la parcelle.
Garder le foin et ajuster la ration
Le fourrage, c’est-à-dire l’herbe, le foin ou l’enrubannage, doit rester la base de l’alimentation. À titre de repère, un cheval consomme souvent autour de 1,5 à 2 % de son poids corporel en matière sèche de fourrage par jour, soit environ 7,5 à 10 kilogrammes de matière sèche pour 500 kilogrammes. L’herbe fraîche contient beaucoup d’eau : son poids ne se compare donc pas directement à celui du foin.
Donnez une portion de foin avant la sortie pour réduire la précipitation au pâturage. Ne retirez pas les aliments concentrés ou les compléments sans regarder la ration complète, le travail et l’état corporel. Une baisse visible de la ligne du dos, des côtes difficiles à sentir ou une encolure très chargée indiquent qu’un professionnel doit réévaluer l’alimentation, plutôt que de prolonger la pâture.
- Pesez le foin avec un peson quelques jours pour connaître la quantité réellement distribuée.
- Répartissez le foin en plusieurs prises lorsque le cheval reste longtemps au box.
- Faites évoluer la quantité de foin progressivement, en parallèle de l’augmentation de l’herbe.
- Contrôlez l’état corporel toutes les deux semaines, au même endroit et si possible avec la même personne.
Repérer fourbure et coliques rapidement
Une fourbure peut commencer par une démarche courte et raide, une difficulté à tourner, un report du poids vers les postérieurs ou des sabots anormalement chauds. Le pouls digité, perceptible sur le côté du paturon, peut être plus marqué qu’à l’habitude. Ces signes justifient d’appeler le vétérinaire tout de suite, surtout si le cheval reste campé, marche difficilement ou a déjà présenté une fourbure.
Pour les coliques, surveillez l’appétit, les crottins, les regards vers le flanc, les grattages, les coups de pied au ventre, les tentatives répétées de se coucher et la transpiration. Une douleur abdominale persistante, intense ou inhabituelle impose le vétérinaire en urgence. Retirez l’accès à l’herbe en attendant ses consignes, gardez le cheval en sécurité et ne donnez aucun médicament de votre propre initiative.
- Fourbure suspectée : appelez le vétérinaire tout de suite.
- Colique avec douleur, transpiration, roulades ou absence de crottins : urgence vétérinaire immédiate.
- Diarrhée légère sans abattement : contactez le vétérinaire dans la journée si elle persiste ou s’accompagne d’autres signes.
- Notez l’heure de début, la dernière prise alimentaire, les crottins et les changements de comportement.
Utiliser une muselière de pâture
La muselière de pâture est un panier fixé au licol, avec une petite ouverture qui limite la quantité d’herbe ingérée. Elle peut aider un poney en surpoids ou sujet à la fourbure, mais elle ne remplace ni la mesure du temps de pâture ni le suivi de l’état corporel. En France, les modèles courants coûtent environ 40 à 100 euros en 2026, selon le licol, la matière et le système de sécurité.
Présentez-la d’abord à pied, puis laissez le cheval la porter quelques minutes avec une récompense adaptée à sa ration. Vérifiez chaque jour les lèvres, le chanfrein, les ganaches et le dessous de la mâchoire. Vous devez pouvoir passer environ deux doigts entre les sangles et la peau, sans serrer la gorge. Le cheval doit pouvoir boire, respirer librement et attraper quelques brins d’herbe. Retirez-la si elle provoque une blessure, une gêne respiratoire ou une panique.
- Choisissez une taille adaptée à la longueur du chanfrein et à la morphologie du poney.
- Utilisez un modèle avec système de rupture ou attache de sécurité si le fabricant le prévoit.
- Contrôlez la peau avant et après chaque utilisation.
- Prévoyez des périodes sans muselière et du foin accessible.
- Surveillez que le cheval ne reste pas bloqué contre une clôture ou un abreuvoir.
Organiser une prairie sûre et conforme
Avant la première sortie, inspectez la clôture, les portails, les abreuvoirs et les zones boueuses. Retirez les objets coupants, vérifiez que l’électricité fonctionne et évitez les fils bas où un membre pourrait se prendre. Le cheval doit pouvoir se déplacer, se coucher et accéder à un abri ou à une zone protégée des intempéries. Une transition alimentaire réussie ne compense pas une prairie dangereuse ou un troupeau mal constitué.
Le Code rural impose au détenteur de prendre les mesures nécessaires pour assurer aux animaux une alimentation, un abreuvement et des soins adaptés à leurs besoins, notamment selon l’article R214-17. Prévoyez une eau propre disponible en permanence, un contrôle quotidien et une solution de retrait rapide. En pension ou en demi-pension, écrivez clairement qui augmente le temps de pâture et qui surveille les signes d’alerte.
- Inspectez la clôture et l’abreuvoir avant chaque changement de parcelle.
- Introduisez un nouveau cheval progressivement dans le groupe, avec surveillance des poursuites et des morsures.
- Contrôlez l’état des sabots après les premières sorties, surtout sur sol humide.
- Gardez le numéro du vétérinaire et les consignes d’urgence affichés dans l’écurie.
Questions fréquentes
Quand commencer la mise à l’herbe au printemps ?
Il n’existe pas de date identique pour toutes les régions. Commencez quand vous pouvez surveiller le cheval, que la parcelle est praticable et que vous disposez encore de foin. Le calendrier dépend de la météo, de la pousse, de la richesse de l’herbe et du profil du cheval. Un poney ayant déjà fourbé doit être évalué par un vétérinaire avant la première sortie.
Faut-il supprimer le foin quand le cheval va au pré ?
Non, le foin reste utile pendant toute la transition et lorsque le temps de pâture est limité. L’herbe fraîche contient beaucoup d’eau et sa quantité réelle de matière sèche varie fortement. Réduisez le foin seulement par étapes, après observation de l’état corporel, des crottins et de la durée passée à brouter. Une ration calculée par un professionnel est préférable pour un cheval à risque.
Combien d’heures un poney peut-il porter une muselière de pâture ?
La durée dépend du modèle, de la météo, de l’état du poney et de sa capacité à boire et à manger du foin. Commencez par quelques minutes surveillées, puis augmentez progressivement. Contrôlez la peau et le comportement à chaque retrait. Si le poney respire mal, panique, se blesse ou n’accède plus correctement à l’eau, retirez-la et demandez conseil au vétérinaire.
Comment distinguer une simple raideur d’une fourbure ?
Une raideur après un repos peut avoir plusieurs causes, mais une démarche courte, un refus de tourner, un report du poids vers les postérieurs, des sabots chauds ou un pouls digité marqué sont préoccupants. Ne cherchez pas à trancher seul. Mettez le cheval à l’abri de l’herbe et appelez le vétérinaire tout de suite, sans administrer de médicament de votre propre initiative.
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Sources
- 1.IFCE Équipédia, Alimentation du cheval et gestion de l’herbe equipedia.ifce.fr
- 2.IFCE, Bien-être et besoins du cheval ifce.fr
- 3.Association Vétérinaire Équine Française, informations de santé équine avef.fr
- 4.RESPE, réseau d’épidémiosurveillance en pathologie équine respe.net
Mis à jour le . Ces repères généraux ne remplacent pas l’avis du vétérinaire qui suit votre cheval. En cas de doute, appelez-le.
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