Nourrir son cheval en hiver : fourrage, eau et herbe pauvre
En hiver, votre cheval dépense davantage d’énergie pour maintenir sa température, surtout au pré par temps humide et venteux. La ration repose d’abord sur un fourrage disponible longtemps, une eau liquide et propre, puis sur un complément adapté à l’état corporel, à l’âge et au travail.

Sommaire8 parties
Pas à pas
- 1Peser le fourrage
Pesez le foin réellement distribué sur 24 heures, puis notez les refus. Pour un cheval de 500 kg, une base courante se situe autour de 11 à 14 kg de foin tel que distribué, à ajuster selon son état et son activité.
- 2Contrôler l’eau
Touchez l’eau matin et soir, cassez la glace et vérifiez qu’aucun dépôt ni déjection ne la souille. Mesurez le volume ajouté pendant une journée pour repérer une baisse inhabituelle.
- 3Observer l’état corporel
Passez vos mains sur les côtes, le garrot et le dos chaque semaine. Un poil d’hiver épais peut dissimuler une perte de poids, surtout chez un cheval vivant dehors.
- 4Répartir le foin
Placez plusieurs tas, filets ou râteliers éloignés les uns des autres lorsque les chevaux vivent en groupe. Chaque animal doit pouvoir manger sans être chassé en permanence.
- 5Adapter progressivement
Modifiez la quantité ou la nature du fourrage par étapes sur plusieurs jours. Évitez les changements brusques entre herbe, foin, enrubannage et aliments concentrés.
- 6Demander un avis
Appelez le vétérinaire dans la journée si le cheval maigrit, boit beaucoup moins, mange mal ou présente des crottins anormaux. Une colique, une fièvre ou une douleur aiguë nécessitent un appel immédiat.
Augmenter le fourrage avant les concentrés
Le cheval produit une partie de sa chaleur grâce à la fermentation des fibres dans son gros intestin. En hiver, donnez donc la priorité au foin, qui est de l’herbe séchée, plutôt qu’à une hausse systématique des céréales. La quantité totale de matière sèche se situe souvent entre 1,5 et 2 % du poids vif par jour. Pour un cheval de 500 kg, cela correspond approximativement à 9 à 12 kg de matière sèche.
Le foin contient généralement autour de 85 % de matière sèche, mais sa teneur varie selon la récolte. Un cheval de 500 kg recevra donc souvent environ 11 à 14 kg de foin tel que distribué. Un cheval vivant dehors par froid humide peut avoir besoin d’une quantité supérieure, surtout s’il perd de l’état corporel. Pesez une ration sur une journée avant de modifier les apports.
- Répartissez le foin en plusieurs distributions ou laissez-en une partie disponible longtemps.
- Pesez quelques filets de foin pour connaître le poids réel d’une portion.
- Surveillez les côtes, le dos, l’attache de queue et la couverture graisseuse chaque semaine.
- Réduisez la poussière en choisissant un foin propre, bien sec et correctement stocké.
Garder une eau liquide et accessible
Un cheval adulte boit souvent entre 20 et 50 litres d’eau par jour, soit environ 5 à 10 litres pour 100 kg, avec des variations liées à la température, au travail, à la lactation et à la teneur en eau de l’herbe. Le foin sec augmente généralement le besoin de boire. Un abreuvoir gelé pendant plusieurs heures peut donc réduire la consommation et favoriser la déshydratation ou les troubles digestifs.
Vérifiez l’eau au moins matin et soir lorsque le gel est annoncé, et davantage si l’abreuvoir est petit ou exposé au vent. Cassez la glace, retirez les morceaux flottants et contrôlez la propreté du bac. L’eau doit rester sans odeur, sans algues ni déjections. Un seau isolé ou un système antigel peut aider, à condition que le cheval puisse boire sans difficulté et que l’installation soit sécurisée.
- Placez l’abreuvoir loin de la zone de crottins et de boue.
- Contrôlez que le flotteur ou la résistance antigel fonctionne réellement.
- Proposez plusieurs points d’eau dans un grand pré pour limiter les déplacements et les conflits.
- Ne versez jamais d’eau brûlante dans un abreuvoir en plastique ou fragile.
Adapter la ration à une herbe hivernale pauvre
L’herbe d’hiver pousse moins vite lorsque la température et la luminosité diminuent. Une prairie très pâturée fournit alors surtout un volume limité de fibres, avec une valeur énergétique et protéique variable. Observez la hauteur de l’herbe, les zones rasées et le temps passé à chercher des brins. Si votre cheval termine rapidement les rares touffes, distribuez du foin dans un râtelier ou plusieurs filets à petites mailles.
La qualité de l’herbe ne se déduit pas uniquement de sa couleur. Une prairie peut sembler verte tout en apportant peu de matière sèche, tandis qu’une herbe courte après gel peut présenter une composition variable. Les poneys, chevaux rustiques et animaux atteints de syndrome métabolique restent sensibles aux déséquilibres alimentaires et à la fourbure. Pour eux, demandez l’avis du vétérinaire ou d’un nutritionniste équin avant d’augmenter fortement l’accès à l’herbe.
- Examinez la prairie chaque semaine après pluie, gel ou forte fréquentation.
- Complétez au foin avant que le cheval ne perde de l’état.
- Évitez les changements brusques entre pâture, foin et aliment concentré.
- Pesez le cheval ou utilisez un ruban de poids à intervalles réguliers.
Surveiller le poids, l’âge et le travail
Un cheval qui vit au pré dépense davantage lorsqu’il lutte contre le vent, la pluie et la boue. Le poil épais peut masquer une perte d’état : passez la main sur les côtes, le garrot et la ligne du dos au moins une fois par semaine. Chez un cheval adulte en état stable, le foin peut suffire. Une hausse d’aliment concentré se discute seulement si le fourrage ne couvre plus les besoins ou si l’état corporel diminue.
Les poulains, les juments gestantes ou allaitantes, les chevaux âgés et ceux qui travaillent régulièrement ont des besoins différents. Un cheval âgé peut mal broyer le foin à cause d’une usure dentaire et perdre du poids malgré une mangeoire pleine. Faites contrôler ses dents selon les recommandations de votre vétérinaire. Pour un poney facile à engraisser, évitez de distribuer des compléments énergétiques sans raison mesurée.
- Prenez une photo de profil chaque mois dans des conditions comparables.
- Notez la quantité de foin, l’état du pré et l’évolution du poids.
- Demandez un calcul de ration si vous distribuez foin, luzerne et concentré.
- Appelez le vétérinaire dans la journée si l’amaigrissement progresse ou si l’appétit change.
Organiser une distribution sûre au pré
Le foin doit rester propre, sec et accessible sans créer de compétition excessive. Dans un groupe, plusieurs points de distribution espacés permettent aux chevaux dominés de manger sans être chassés. Un filet à foin ralentit parfois la prise alimentaire, mais ses mailles, sa hauteur et sa fixation doivent éviter qu’un pied ou un fer puisse s’y accrocher. Un râtelier stable, sans bord coupant, convient lorsque plusieurs chevaux partagent la distribution.
Le Code rural et de la pêche maritime encadre la protection des animaux et impose des conditions compatibles avec leurs besoins biologiques. Au pré, cela comprend notamment un accès à l’eau, une alimentation adaptée, une surveillance régulière et une protection contre les conditions météorologiques difficiles. Inspectez chaque jour l’abri, les clôtures, les seaux et les zones boueuses. Une colique, une boiterie brutale, une fièvre ou un cheval couché qui ne se relève pas imposent d’appeler le vétérinaire tout de suite.
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- Retirez le foin humide, moisi ou présentant une odeur de fermentation.
- Placez les filets hors des passages étroits et vérifiez les attaches chaque jour.
- Nettoyez les mangeoires et les abreuvoirs régulièrement, même par temps froid.
- Isolez rapidement un cheval malade selon les consignes du vétérinaire et de l’écurie.
Questions fréquentes
Faut-il donner des céréales à un cheval qui vit au pré en hiver ?
Non, pas automatiquement. Un cheval adulte au travail léger peut couvrir ses besoins avec un fourrage adapté et un complément minéral si nécessaire. Les céréales ou aliments concentrés se justifient selon l’état corporel, le travail, l’âge et la qualité du foin. Une ration trop riche augmente les risques de troubles digestifs et de prise de poids.
Quelle quantité de foin donner à un cheval de 500 kg ?
Une base fréquente correspond à environ 11 à 14 kg de foin tel que distribué par jour, car le foin contient souvent autour de 85 % de matière sèche. Cette fourchette varie selon la qualité du fourrage, l’accès à l’herbe, le froid, le travail et l’état du cheval. Pesez le foin et surveillez son poids.
Que faire si l’abreuvoir du pré est gelé ?
Cassez la glace, retirez les morceaux et contrôlez que l’eau redevient immédiatement accessible. Vérifiez ensuite le volume bu et l’état général du cheval. Si l’animal refuse de boire, semble abattu, présente des signes de colique ou produit peu de crottins, appelez le vétérinaire tout de suite.
Le foin suffit-il pour un poney rustique en hiver ?
Il peut suffire, mais la réponse dépend de l’état corporel, de la qualité du foin et de l’accès à l’herbe. Un poney facile à engraisser doit être surveillé pour limiter le risque de fourbure, tandis qu’un poney âgé ou maigre peut nécessiter une ration calculée. Faites contrôler toute perte de poids ou douleur des pieds par un vétérinaire.
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Sources
- 1.IFCE Équipédia, Alimentation du cheval equipedia.ifce.fr
- 2.IFCE, Bien-être et conditions de détention des équidés ifce.fr
- 3.Association vétérinaire équine française, ressources de santé équine avef.fr
- 4.Légifrance, Code rural et de la pêche maritime legifrance.gouv.fr
Mis à jour le . Ces repères généraux ne remplacent pas l’avis du vétérinaire qui suit votre cheval. En cas de doute, appelez-le.
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