La paille : litière ou aliment pour le cheval ?
La paille sert d’abord de litière, avec une fonction de confort et d’absorption dans le box. Sèche, propre et adaptée, elle peut aussi compléter le fourrage d’un cheval qui reçoit peu d’herbe, à condition de limiter les quantités et de surveiller l’hydratation, les crottins et l’appétit.

Sommaire9 parties
Pas à pas
- 1Évaluer le fourrage
Notez la quantité de foin, la durée de pâturage, le poids approximatif du cheval et son état corporel. La paille vient en complément d’une ration déjà observée.
- 2Inspecter la paille
Ouvrez la balle et vérifiez qu’elle est sèche, souple, propre, sans odeur de moisi ni poussière abondante. Écartez toute partie humide ou suspecte.
- 3Peser la portion
Pesez une première portion avec une balance ou un peson. Pour un cheval de 500 kg, commencez généralement autour de 0,5 kg par jour.
- 4Fractionner les prises
Répartissez la paille sur deux à quatre distributions. Évitez de déposer une grande quantité d’un seul coup dans le box.
- 5Introduire progressivement
Augmentez la quantité sur 7 à 14 jours, en surveillant les crottins, l’appétit, la consommation d’eau et les signes de douleur abdominale.
- 6Contrôler chaque jour
Retirez la paille souillée et vérifiez que le cheval conserve une ration de fourrage adaptée. Appelez le vétérinaire tout de suite en cas de signes de colique.
Ce que la paille apporte réellement
La paille est la tige sèche des céréales après la récolte du grain. Elle contient beaucoup de fibres, notamment de la cellulose, mais sa lignine, une fraction peu digestible, limite l’énergie utilisable par le cheval. Sa teneur en protéines et en minéraux varie selon la céréale, la récolte et le stockage. Elle ne remplace donc pas automatiquement un foin analysé ou correctement choisi.
Pour un cheval adulte à l’entretien, la paille peut contribuer à prolonger le temps de mastication lorsque l’herbe est restreinte. Elle convient surtout comme complément fibreux dans une ration déjà construite avec du foin ou un autre fourrage. Une jument pleine, un poulain en croissance, un cheval âgé ou un cheval au travail soutenu ont des besoins qui rendent une ration composée en grande partie de paille inadaptée sans avis professionnel.
La paille d’avoine est souvent appréciée pour son appétence, tandis que la paille de blé ou d’orge peut être plus variable selon la récolte et la coupe. Ces tendances ne permettent pas de juger une balle à distance. La poussière, les moisissures, les tiges piquantes et les plantes étrangères comptent davantage que le nom de la céréale.
- Fibres longues : elles prolongent la mastication et soutiennent le fonctionnement digestif.
- Énergie modérée à faible : la valeur varie selon la céréale, la maturité et la conservation.
- Protéines limitées : la paille ne couvre généralement pas seule les besoins d’un cheval.
- Minéraux variables : un complément minéral peut être nécessaire selon la ration globale.
La paille comme litière dans le box
En litière, la paille isole le cheval du sol et absorbe une partie de l’urine. Une couche régulière permet au cheval de se coucher, de se relever et de se déplacer sans glisser. Dans un box standard, la quantité utilisée dépend du sol, de la ventilation, du type de paille, de la fréquence de curage et de la propreté du cheval. Une consommation par le cheval peut aussi modifier fortement le stock nécessaire.
Une paille de litière doit être sèche au toucher, souple, sans odeur de moisi et sans zones noires ou humides. La poussière visible quand vous secouez la fourche signale une qualité médiocre pour un cheval sensible des voies respiratoires. Retirez chaque jour les crottins et les plaques mouillées, puis remettez une paille propre dans les zones dégarnies. Un curage complet régulier évite l’accumulation d’ammoniac, un gaz irritant produit par l’urine.
La paille de litière n’est pas automatiquement destinée à être mangée. Si le cheval trie et ingère beaucoup de brins souillés, changez l’organisation de la distribution et demandez conseil au responsable de l’écurie. Une litière mélangée à des crottins, de la terre, des ficelles ou des produits de traitement ne doit jamais être donnée comme fourrage.
- Prévoir une surface sèche et non glissante autour de la mangeoire et de l’abreuvoir.
- Retirer les crottins au moins chaque jour dans un box occupé.
- Écarter toute balle présentant de la moisissure, une odeur aigre ou une poussière abondante.
- Ne jamais distribuer au râtelier la paille tombée dans une litière souillée.
Quand la paille peut compléter le fourrage
La paille peut aider un cheval qui a peu d’herbe au paddock, notamment lorsque la pousse est faible ou que le temps de pâturage doit être limité. Elle augmente le volume de fibres à mâcher avec moins d’énergie qu’un foin riche. Cette stratégie peut convenir à certains poneys faciles à maintenir en état, à condition de conserver une ration de fourrage contrôlée et un accès permanent à une eau propre.
Pour un cheval de 500 kg, un repère pratique de départ est de 0,5 à 1 kg de paille propre par jour, réparti en plusieurs distributions. Selon la ration, le poids, l’état corporel et l’analyse du foin, certains chevaux peuvent recevoir jusqu’à environ 2 kg par jour en complément. Ces chiffres restent des fourchettes de terrain, exprimées en matière distribuée, et ne remplacent pas un calcul de ration. Un poney de 250 kg reçoit une quantité proportionnellement plus faible.
La paille ne doit pas faire disparaître le fourrage principal. La quantité totale de matière sèche consommée quotidiennement dépend du poids, de l’activité, de l’état corporel et de la qualité des aliments. Chez un adulte, les recommandations de rationnement du fourrage sont souvent établies autour d’au moins 1,5 % du poids vif en matière sèche, avec des adaptations individuelles. Le vétérinaire ou le nutritionniste équin peut ajuster ce repère pour un cheval malade, âgé ou en surpoids.
- Commencer par environ 0,5 kg par jour pour un cheval de 500 kg.
- Augmenter lentement sur 7 à 14 jours si les crottins et l’appétit restent normaux.
- Répartir la quantité sur deux à quatre prises plutôt qu’en une seule masse.
- Conserver du foin ou un autre fourrage adapté dans la ration globale.
- Peser une poignée ou un petit sac une fois pour connaître le poids réel distribué.
Les risques d’un excès de paille
Une grande quantité de paille, surtout introduite brutalement, peut ralentir le transit intestinal. Le cheval mastique moins efficacement si ses dents sont usées ou douloureuses, avale des brins longs et boit parfois insuffisamment. Le contenu digestif devient alors plus sec. Une accumulation dans le côlon peut contribuer à une colique, c’est-à-dire une douleur abdominale dont la cause doit être recherchée rapidement.
Surveillez les crottins après chaque changement : leur nombre, leur taille, leur humidité et leur facilité d’émission donnent des repères utiles. Une baisse nette de l’appétit, des crottins rares ou très secs, des grattages répétés, des regards vers le flanc, des coups de pied vers le ventre, des déplacements inhabituels ou des roulades imposent d’appeler le vétérinaire tout de suite. Ne donnez aucun médicament de votre propre initiative et ne forcez pas le cheval à marcher.
Une paille trop poussiéreuse peut aggraver une toux ou une affection respiratoire. Une paille moisie expose aussi le cheval à des particules et toxines indésirables. Si le cheval tousse au box, respire plus vite, présente un écoulement nasal ou refuse la paille, retirez la balle concernée, aérez sans créer de courant d’air direct et contactez le vétérinaire dans la journée si les signes persistent ou s’accentuent.
- Transition alimentaire sur 7 à 14 jours, même pour une petite quantité.
- Eau propre disponible en permanence, avec contrôle du débit de l’abreuvoir automatique.
- Surveillance quotidienne des crottins, de l’appétit et de l’état corporel.
- Appel vétérinaire immédiat en cas de signes de colique ou de cheval couché qui ne se relève pas.
- Contrôle dentaire au prochain passage si le cheval mâche lentement, laisse tomber des boulettes ou gaspille le fourrage.
Choisir et distribuer une paille correcte
Achetez une paille destinée à l’alimentation animale lorsque vous souhaitez en donner à manger. Vérifiez la date de récolte quand elle est connue, les conditions de stockage et l’absence de traitement ou de mélange avec une autre litière. Une balle stockée directement sur un sol humide peut moisir par dessous, même si sa partie supérieure semble saine. Ouvrez plusieurs bottes d’un lot avant de le distribuer.
Pour mesurer une quantité, utilisez un peson ou une balance. Le poids d’un petit ballot varie beaucoup selon son serrage et son humidité, souvent de quelques kilogrammes à plus de 15 kg. Une botte ronde ou cubique peut peser plusieurs centaines de kilogrammes. Compter les bottes donne donc un repère peu fiable pour la ration quotidienne. Notez le poids d’une portion préparée et gardez le même outil de mesure.
En France, le Code rural et de la pêche maritime impose de maintenir les animaux dans des conditions compatibles avec leurs impératifs biologiques. Cette obligation concerne l’accès à une alimentation et à une eau adaptées, ainsi que les conditions de détention. La FFE n’impose pas une quantité de paille pour les chevaux de propriétaires ou de club. Dans une pension, demandez au contrat et au responsable de l’écurie si la paille est facturée comme litière, distribuée comme fourrage, ou interdite à l’alimentation.
- Paille sèche, propre, sans moisissure ni odeur fermentée.
- Brins souples, sans objets étrangers, ficelles ou plantes inconnues.
- Stockage sur palette ou sol sec, sous abri ventilé.
- Portion pesée lorsque la paille est utilisée comme aliment.
- Prix indicatifs en France en 2026 : environ 3 à 8 € pour un petit ballot, 25 à 60 € pour une balle ronde, hors livraison ; les tarifs varient selon la région et la récolte.
Organiser une ration avec peu d’herbe
Commencez par estimer le poids du cheval et son état corporel. Les côtes doivent pouvoir être palpées sans être fortement visibles chez un cheval adulte en état correct. Un poney qui grossit facilement n’a pas les mêmes besoins qu’un cheval maigre au travail. Notez la quantité de foin, la durée de sortie, la consommation supposée de paille et l’activité hebdomadaire avant de modifier la ration.
Lorsque l’herbe est restreinte, le filet à foin ou le slow feeder, un dispositif qui ralentit l’accès au fourrage, peut prolonger l’ingestion du foin. La paille peut compléter ce dispositif, avec plusieurs petites prises. Évitez les longues périodes sans fibres, car elles réduisent le temps de mastication et peuvent augmenter les comportements de recherche alimentaire au box. L’eau doit rester accessible pendant toute la période de restriction.
Un cheval qui perd du poids, grossit rapidement, trie fortement son foin, mange de la paille souillée ou change de comportement alimentaire doit être réévalué. Demandez au vétérinaire un examen si une douleur dentaire, une maladie digestive ou un trouble métabolique est possible. Pour un poney destiné à un enfant, le poids de l’animal et les quantités doivent être suivis par un adulte, avec l’équipe du centre équestre ou le vétérinaire.
- Peser le cheval ou disposer d’une estimation fiable de son poids.
- Relever l’état corporel toutes les deux à quatre semaines.
- Distribuer foin et paille en plusieurs prises lorsque cela est possible.
- Vérifier l’eau matin et soir, et plus souvent par forte chaleur.
- Faire valider toute ration pauvre en herbe pour un poulain, une jument pleine ou un cheval malade.
Questions fréquentes
Puis-je nourrir mon cheval uniquement avec de la paille ?
La paille seule couvre mal les besoins en énergie, protéines, minéraux et vitamines de nombreux chevaux. Elle peut constituer une partie du fourrage d’un adulte à l’entretien, après étude de la ration, mais elle convient rarement seule à un poulain, une jument gestante, un cheval âgé ou un cheval au travail.
Quelle quantité de paille donner à un cheval de 500 kg ?
Commencez souvent par 0,5 à 1 kg par jour, puis ajustez progressivement. Une quantité proche de 2 kg peut convenir à certains chevaux comme complément, selon le foin, l’état corporel et l’activité. Pesez la portion, car le poids d’une botte varie fortement.
La paille peut-elle provoquer une colique ?
Oui, une ingestion excessive ou brutale peut favoriser un transit ralenti, surtout si le cheval boit peu, mâche mal ou reçoit des brins longs et secs. Appelez le vétérinaire tout de suite si l’appétit baisse, que les crottins diminuent ou que le cheval regarde ses flancs, gratte ou se roule.
Quelle différence entre paille de litière et paille alimentaire ?
La paille alimentaire est sélectionnée, stockée et distribuée pour être consommée. La paille de litière peut contenir de l’urine, des crottins, de la terre, des ficelles ou des poussières. Elle ne doit jamais être remise au râtelier après avoir été souillée dans le box.
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Sources
- 1.IFCE, Équipédia, alimentation du cheval equipedia.ifce.fr
- 2.Legifrance, Code rural et de la pêche maritime legifrance.gouv.fr
- 3.AVEF, Association vétérinaire équine française avef.fr
- 4.RESPE, Réseau d’épidémiosurveillance en pathologie équine respe.net
Mis à jour le . Ces repères généraux ne remplacent pas l’avis du vétérinaire qui suit votre cheval. En cas de doute, appelez-le.
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