Le cheval en hiver : eau, foin, boue et travail adapté
En hiver, votre cheval dépense davantage pour maintenir sa température lorsque le froid, le vent et l’humidité s’installent. Eau non gelée, fourrage disponible, pieds surveillés, abri sec et séances ajustées réduisent les risques de déshydratation, de gale de boue, de coliques et de blessures liées au sol.

Sommaire9 parties
Pas à pas
- 1Observer avant d’entrer
Depuis l’extérieur, regardez si le cheval mange, se déplace et réagit comme d’habitude. Prévenez-le à la voix avant d’entrer dans le pré ou le box.
- 2Vérifier l’eau
Cassez la glace, retirez les morceaux, nettoyez les souillures visibles et contrôlez le niveau. Faites fonctionner l’abreuvoir automatique si le cheval en utilise un.
- 3Distribuer le foin
Pesez la quantité prévue, répartissez-la dans plusieurs apports ou un filet adapté, puis contrôlez le lendemain ce qui reste et ce qui est souillé.
- 4Inspecter les pieds
Soulevez chaque antérieur puis chaque postérieur, curez de la pince vers les talons et observez la fourchette, la sole, la paroi et les glomes.
- 5Contrôler les membres
Passez la main sur les paturons et les canons pour repérer chaleur, gonflement, croûtes, plaie ou douleur. Ne décollez pas une croûte adhérente avec force.
- 6Évaluer le sol
Avant de monter, marchez quelques minutes avec le cheval en main sur la zone prévue. Renoncez au travail si le sol est verglacé, très profond ou dangereux.
- 7Sécher après l’effort
Marchez jusqu’au retour d’une respiration calme, retirez la sueur avec une chemise séchante si nécessaire et remettez le cheval dans un espace sec.
Maintenir une eau liquide et propre
Un cheval adulte boit souvent entre 20 et 40 litres d’eau par jour, davantage après le travail, en cas de ration sèche ou lorsqu’il mange beaucoup de foin. En hiver, il peut moins aller à l’abreuvoir si l’eau est très froide ou partiellement gelée. Cette baisse d’ingestion augmente le risque de déshydratation et de coliques, une douleur abdominale qui impose une surveillance vétérinaire.
Passez la main dans l’abreuvoir matin et soir pour casser la glace, puis retirez les morceaux avant de vérifier le niveau et la propreté. Un seau ou un bac isolé limite le gel, sans supprimer les contrôles. Les abreuvoirs automatiques doivent être testés en actionnant leur flotteur. En pension, demandez qui vérifie les points d’eau les jours de gel et comment les chevaux reçoivent de l’eau si l’installation tombe en panne.
- Contrôle au minimum matin et soir par temps de gel, davantage lors d’une alerte forte.
- Eau claire, sans crottin, litière ni algues visibles.
- Seau stable et suffisamment lourd pour éviter les renversements.
- Surveillez particulièrement les chevaux âgés, malades ou récemment transportés.
Augmenter le fourrage avec méthode
La fermentation du fourrage dans le gros intestin produit de la chaleur. En hiver, le foin devient donc le principal soutien alimentaire lorsque l’herbe pousse peu. La quantité dépend du poids, de la qualité du foin, de l’état corporel, de l’âge et du travail. Un repère couramment utilisé se situe autour de 1,5 à 2 kilogrammes de matière sèche pour 100 kilogrammes de poids vif par jour, à ajuster avec un professionnel.
Un cheval de 500 kilogrammes reçoit souvent au moins 8 à 10 kilogrammes de foin par jour, parfois davantage selon sa ration et ses dépenses. Pesez un filet rempli au printemps ou lors de sa mise en place, car le volume trompe facilement. En 2026, le foin en petites bottes coûte couramment environ 5 à 12 euros pour 10 à 15 kilogrammes, tandis qu’une botte ronde de 250 à 350 kilogrammes peut coûter environ 70 à 150 euros selon la région, la qualité et le transport.
Introduisez toute hausse de ration progressivement sur plusieurs jours, surtout si le cheval recevait peu de fourrage. Le foin doit être propre, sec, sans odeur de moisi ni poussière abondante. Un cheval qui mange très vite peut recevoir le foin dans un filet à petites mailles, à condition de pouvoir s’alimenter sans frustration excessive et de ne pas rester longtemps sans fourrage.
- Pesez le foin avec un peson ou une balance, au lieu d’estimer uniquement au volume.
- Contrôlez l’état corporel en palpant les côtes, l’encolure, le garrot et l’attache de queue.
- Fractionnez les apports si le cheval ne peut pas avoir du foin à volonté.
- Demandez conseil au vétérinaire ou au nutritionniste équin en cas d’amaigrissement.
Limiter les effets de la boue sur les pieds
La boue ramollit la corne et macère la fourchette, la partie en forme de V située sous le sabot. Elle favorise aussi les irritations du paturon, appelées gale de boue, surtout lorsque les membres restent mouillés puis sèchent avec des croûtes. Curez les quatre pieds chaque jour, en retirant la terre autour de la fourchette, des lacunes et du bord de la sole, sans creuser dans une zone douloureuse.
Choisissez une zone stabilisée près de l’abreuvoir, de l’entrée de l’abri ou du râtelier pour limiter le piétinement dans la boue. Une aire drainée avec des matériaux adaptés réduit l’humidité persistante, sans remplacer le curage. Séchez les membres avec une serviette propre si le cheval rentre trempé, puis ne décollez pas les croûtes de force. Le maréchal-ferrant ou le pareur ajuste la fréquence des soins selon la pousse et l’état de la corne.
En 2026, une paire d’hipposandales coûte souvent 80 à 250 euros, avec des écarts selon le modèle et la taille. Elles ne doivent être utilisées qu’avec un ajustement correct et sur les durées prévues par le professionnel. Une ferrure ou un parage ne se modifient pas pour lutter contre la boue sans examiner le pied et les aplombs.
- Curez les pieds avant et après le travail, ainsi qu’au moins une fois les jours de repos.
- Recherchez chaleur, pouls digité marqué, odeur forte, fissure ou sensibilité inhabituelle.
- Ne mettez pas un produit irritant sur une peau lésée sans avis professionnel.
- Évitez les zones où les chevaux s’enfoncent jusqu’aux boulets.
Prévoir un abri sec et accessible
Un abri protège du vent, de la pluie froide et du soleil lorsqu’il réapparaît après une averse. Il doit rester accessible à tous les chevaux, y compris ceux qui se font repousser, avec une entrée assez large et un sol non glissant. La litière doit rester sèche dans la zone de repos. Retirez chaque jour les parties souillées et surveillez les angles, les clous, les tôles coupantes et les fils accessibles.
Un cheval non tondu, en bon état corporel et habitué progressivement au climat peut supporter le froid, surtout s’il dispose de fourrage et d’un abri. Un poulain, un cheval âgé, maigre, malade ou tondu demande une évaluation individualisée. Une couverture humide ou mal ajustée refroidit et blesse par frottement. Contrôlez le garrot, les épaules, le poitrail et la base de la queue au moins une fois par jour.
Le Code rural impose au détenteur de placer l’animal dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce et de lui fournir une alimentation, un abreuvement et des soins appropriés. Pour une pension, vérifiez le contrat et le plan de surveillance prévu en cas d’intempéries. En 2026, une couverture d’extérieur coûte souvent 80 à 250 euros, selon l’imperméabilité, la coupe et le grammage, sans compter l’ajustement.
- Vérifiez l’absence de courant d’air direct dans la zone de repos.
- Contrôlez l’accès de chaque cheval, notamment après un changement de groupe.
- Gardez une zone de sol ferme devant l’abri, le râtelier et l’abreuvoir.
- Retirez une couverture mouillée et recherchez les frottements sous les sangles.
Adapter le travail au froid et au sol
Avant de seller, observez le sol de la carrière, du manège ou du chemin. Le gel dur, les plaques de glace, la boue profonde et les ornières augmentent les contraintes sur les tendons et les articulations. Commencez par 10 à 15 minutes de pas, rênes ajustées et contact souple, puis ajoutez progressivement le trot. Le cheval doit avancer sans trébucher, glisser, raccourcir son allure ou se défendre.
Par temps froid, une séance de 30 à 45 minutes peut convenir à un cheval habitué au travail, en réduisant les phases rapides si le sol est mauvais. Pour un cheval tondu, utilisez un couvre-reins pendant l’échauffement et retirez-le si la transpiration devient importante. Après le travail, marchez 10 à 15 minutes, séchez la sueur avec une chemise adaptée et contrôlez la respiration avant de le remettre au box ou au pré.
Évitez les arrêts prolongés avec un cheval encore chaud, ainsi que les départs rapides après une longue période au box. Un cheval qui tousse, respire difficilement, boite ou refuse d’avancer doit être retiré du travail. Le casque conforme EN 1384 ou VG1 reste nécessaire, avec des chaussures à talon ; le gilet de protection est requis pour le cross selon les règles applicables à l’épreuve.
- Pas de travail monté sur glace visible ou sol gelé très irrégulier.
- Échauffement progressif de 10 à 15 minutes au pas.
- Retour au calme de 10 à 15 minutes après une séance soutenue.
- Contrôle des membres, des pieds et de la transpiration avant le rangement.
Organiser la surveillance quotidienne
Une routine courte réduit les oublis en période de pluie et de nuit précoce. À chaque visite, regardez l’attitude, l’appétit, les crottins, la respiration au repos, les membres et les pieds. Vérifiez aussi la quantité de foin réellement consommée. Une baisse nette d’appétit, un cheval isolé, couché plus longtemps que d’habitude ou qui gratte le sol mérite une observation immédiate et un avis professionnel si le doute persiste.
Pour un cheval en pension, notez qui fournit le foin, qui casse la glace et qui appelle le vétérinaire. Un budget mensuel d’hiver varie fortement : le foin peut représenter environ 60 à 180 euros pour un cheval de 500 kilogrammes selon la quantité distribuée, le conditionnement et le transport. Ajoutez la litière, la ferrure ou le parage, les réparations de clôture et le renouvellement éventuel d’une couverture. Ces fourchettes correspondent à des prix observés en France en 2026 et varient selon les régions.
Les propriétaires doivent conserver les coordonnées du vétérinaire, du maréchal-ferrant et d’une personne capable d’intervenir. En centre équestre, un cavalier mineur ne doit pas gérer seul une urgence : il prévient immédiatement l’enseignant ou le responsable. Les signes vitaux, comme la température, le pouls et la fréquence respiratoire, s’interprètent avec le contexte et les valeurs habituelles du cheval.
- Matin : eau, appétit, crottins, attitude et état général.
- Après-midi : disponibilité du foin, état de l’abri et niveau de boue.
- Après le travail : respiration, sueur, membres et pieds.
- Soir : eau non gelée, couverture sèche et cheval capable de se coucher.
Quand appeler le vétérinaire ?
- Tout de suiteCheval couché qui ne se relève pas, difficulté à respirer ou douleur intense
- Tout de suiteAbsence d’eau bue avec abattement, signes de colique ou crottins très diminués
- Tout de suiteBoiterie brutale, membre très chaud ou gonflé, plaie près d’une articulation
- Dans la journéeFièvre, écoulement nasal important, toux inhabituelle ou plusieurs chevaux malades
- Sous quelques joursAmaigrissement progressif, gale de boue persistante ou problème de pied récurrent
La nuit et le week-end, le répondeur de votre vétérinaire indique le service de garde. Notez la température, le pouls et l’heure des premiers signes : ces repères l’aident à juger l’urgence.
Questions fréquentes
Faut-il donner davantage de granulés quand il fait froid ?
Le froid ne justifie pas automatiquement une hausse d’aliment concentré. Le foin apporte de la fibre et soutient la production de chaleur pendant la digestion. Commencez par vérifier l’état corporel, la quantité réellement consommée et le travail. Une modification de ration se fait progressivement avec l’accord du responsable d’écurie, du vétérinaire ou d’un professionnel de l’alimentation équine.
Mon cheval peut-il rester au pré tout l’hiver ?
Oui, certains chevaux vivent dehors toute l’année si le pré est adapté, si l’eau reste disponible, si le fourrage couvre leurs besoins et si un abri accessible les protège du vent et des intempéries. Les chevaux âgés, maigres, malades, tondus ou dominés demandent une surveillance renforcée. Le terrain doit aussi comporter une zone stable près des points très fréquentés.
Comment savoir si mon cheval a froid ?
Un cheval qui tremble, se tient contracté, reste dos au vent, a les extrémités très froides ou perd de l’état peut être en difficulté. Examinez aussi la couverture, si elle existe, car elle peut être humide ou trop serrée. Améliorez d’abord l’accès au fourrage et à l’abri, puis demandez conseil au vétérinaire si l’attitude ou l’état corporel changent.
Puis-je monter après une nuit de gel ?
Inspectez la carrière et les chemins avant de seller. Un sol dur, gelé, verglacé, profond ou rempli d’ornières augmente le risque de glissade et de contrainte sur les membres. Si la surface est sûre, commencez par 10 à 15 minutes de pas et réduisez les allures rapides. Arrêtez la séance si le cheval trébuche, glisse, boite ou respire anormalement.
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Sources
- 1.IFCE Équipédia, Bien-être et besoins du cheval equipedia.ifce.fr
- 2.Legifrance, Code rural et de la pêche maritime, protection des animaux legifrance.gouv.fr
- 3.RESPE, Réseau d’épidémiosurveillance en pathologie équine respe.net
Mis à jour le . Ces repères généraux ne remplacent pas l’avis du vétérinaire qui suit votre cheval. En cas de doute, appelez-le.
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