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La diarrhée du cheval : reconnaître les signes et savoir quand appeler

Un crottin simplement mou après un changement d’herbe n’a pas la même urgence qu’une diarrhée liquide répétée, surtout chez un poulain ou un cheval abattu. Apprenez à surveiller l’aspect des crottins, l’hydratation, la température et l’état général, puis à transmettre au vétérinaire des informations utiles.

Mis à jour le 6 min de lecture

Une vétérinaire accroupie téléphone près d’un poulain alezan et de selles liquides, sous le regard d’un cheval bai
Sommaire9 parties

Ces repères aident à observer et à agir vite. Le diagnostic et les traitements relèvent du vétérinaire : au moindre doute, appelez-le.

Pas à pas

  1. Sécuriser l’espace

    Éloignez le cheval des zones communes si une infection est possible, tout en lui laissant de l’eau, du fourrage et une surveillance régulière. Prévenez immédiatement le responsable de l’écurie.

  2. Observer les crottins

    Notez l’heure, la fréquence, la quantité, la présence de mucus ou de sang et l’état de la peau sous la queue. Prenez une photo pour la transmettre au vétérinaire.

  3. Relever les signes

    Contrôlez l’appétit, la soif, le comportement, les gencives et la température si vous maîtrisez le geste. Ne forcez jamais un cheval qui se défend.

  4. Retirer les extras

    Mettez en pause les concentrés, fruits, friandises et nouveaux aliments en attendant l’avis vétérinaire. Ne supprimez pas durablement le fourrage sans consigne.

  5. Renforcer l’hygiène

    Utilisez des seaux et du matériel séparés, retirez les souillures et lavez-vous les mains avant de manipuler un autre cheval.

  6. Appeler le vétérinaire

    Transmettez l’âge du cheval, la durée de la diarrhée, les changements récents, la température, l’état général et le nombre d’animaux atteints.

Reconnaître un crottin mou ou une diarrhée

Un crottin normal est formé de boulettes qui gardent leur forme lorsqu’elles tombent. Il devient mou lorsque les boulettes s’écrasent ou forment une masse humide, parfois après un changement d’herbe, un transport ou une émotion. Une diarrhée liquide s’écoule sans conserver de forme et peut salir la queue, les cuisses et la peau autour de l’anus.

Observez la fréquence habituelle de votre cheval, car elle varie selon la ration, l’accès au pré et la quantité de fourrage. Un cheval adulte produit souvent plusieurs crottins par jour, fréquemment autour de 8 à 15, avec des variations individuelles. Notez l’heure, l’aspect, la présence de mucus ou de sang, l’odeur inhabituelle et la quantité approximative.

La diarrhée devient préoccupante lorsqu’elle se répète, dure plus de quelques heures, s’accompagne d’abattement ou revient plusieurs jours de suite. Une peau irritée par les selles liquides peut se fissurer rapidement. Nettoyez doucement à l’eau tiède, séchez en tamponnant et demandez conseil au vétérinaire avant d’appliquer une crème.

Surveiller la déshydratation

La déshydratation correspond à une perte d’eau supérieure aux apports. La diarrhée liquide entraîne aussi une perte de sels minéraux, appelés électrolytes. Surveillez les gencives, qui doivent rester humides et roses, le comportement, la quantité d’urine et l’envie de boire. Des gencives sèches, collantes ou très pâles sont anormales.

Vous pouvez relever la température avec un thermomètre rectal réservé au cheval, sans forcer si l’animal se défend. Chez l’adulte au repos, la température est souvent proche de 37,5 à 38,5 °C, avec des variations selon l’heure, l’effort et les sources. Une température élevée, un pouls rapide au repos ou une respiration inhabituelle renforcent l’urgence de l’appel.

L’élasticité de la peau donne un indice imparfait : pincez brièvement un petit pli cutané à l’encolure, puis relâchez. Une peau qui reste plissée plusieurs secondes peut traduire une déshydratation, mais ce test est moins fiable chez le cheval âgé ou très maigre. Ne faites pas boire de force et ne versez aucun produit dans la bouche sans consigne vétérinaire.

  • Gencives sèches, collantes, très pâles ou violacées
  • Cheval faible, prostré, titubant ou couché de façon inhabituelle
  • Urines rares ou absentes, yeux semblant plus enfoncés
  • Température élevée, transpiration anormale ou respiration accélérée

Comprendre les causes possibles

Un changement rapide d’alimentation peut perturber le microbiote intestinal, c’est-à-dire l’ensemble des micro-organismes qui participent à la digestion dans le gros intestin. Les causes fréquentes comprennent une mise à l’herbe brutale, une nouvelle botte de foin, une augmentation de concentrés, un accès important aux céréales ou une consommation inhabituelle de fruits et de friandises.

Les parasites digestifs peuvent provoquer une baisse d’état, des crottins anormaux ou une diarrhée, surtout si le suivi repose sur des traitements systématiques sans analyses. La vermifugation raisonnée s’appuie sur le contexte, l’âge, la gestion du pâturage et, lorsque le vétérinaire le conseille, une analyse coprologique des crottins. Un poney, un poulain ou un cheval vivant en groupe ne présente pas automatiquement le même risque qu’un adulte au box.

Des virus, des bactéries ou d’autres agents infectieux peuvent aussi être en cause. La fièvre, l’abattement, plusieurs chevaux atteints, une diarrhée très abondante ou un épisode après un transport doivent faire renforcer les mesures d’hygiène. Séparez le matériel de pansage, utilisez un seau propre et lavez vos mains avant de toucher un autre cheval.

Agir dans les premières heures

Prévenez le propriétaire, le responsable d’écurie ou le moniteur si vous êtes demi-pensionnaire ou cavalier de club. Éloignez le cheval des aires communes si une infection est possible, sans le laisser seul sans surveillance ni accès à l’eau. Relevez l’heure du premier épisode, l’aspect des crottins, la température si vous savez la prendre et les changements des trois derniers jours.

Laissez une eau propre et facilement accessible. Le cheval doit pouvoir boire de lui-même, sans être forcé. En attendant l’avis vétérinaire, évitez les concentrés, les friandises, les fruits et tout nouvel aliment ; ne supprimez pas durablement le fourrage sans consigne, car le cheval a besoin de fibres et d’une alimentation régulière.

Ne donnez pas de médicament humain, d’argile, de charbon, d’huile, de levure ou d’électrolytes de votre propre initiative. Un traitement peut masquer des signes, aggraver un déséquilibre ou être inadapté à la cause. Gardez si possible une photo récente des crottins et un échantillon dans un récipient propre, selon les instructions du vétérinaire, sans le conserver inutilement.

Identifier les situations à risque

La diarrhée chez un poulain est plus préoccupante que chez un adulte en bon état, car ses réserves d’eau sont plus faibles et certaines infections évoluent vite. Chez un cheval âgé, maigre, atteint d’une maladie chronique ou récemment opéré, le seuil d’appel doit également être bas. Une jument après la mise bas et son poulain doivent être surveillés ensemble.

Une diarrhée associée à des signes de colique, comme se regarder les flancs, gratter, se coucher et se relever, transpirer ou se rouler, constitue une urgence vétérinaire. Une douleur abdominale peut accompagner une maladie digestive plus grave. N’attendez pas de voir si le crottin redevient normal si le cheval est abattu, douloureux ou déshydraté.

Le nombre de chevaux concernés donne aussi un repère. Si plusieurs animaux d’une même écurie ont des selles liquides, limitez les déplacements, ne partagez ni seaux ni fourches et demandez au vétérinaire quelles mesures appliquer. Le RESPE peut diffuser des alertes sanitaires, mais le diagnostic et les consignes pour votre cheval relèvent du vétérinaire.

Réduire le risque de récidive

Introduisez tout nouvel aliment progressivement, sur plusieurs jours à plusieurs semaines selon la quantité et la sensibilité du cheval. Pesez les rations plutôt que d’estimer au seau, gardez des horaires réguliers et basez l’alimentation sur un fourrage adapté. Un accès fréquent au fourrage limite les longues périodes sans fibres, tandis qu’une mise à l’herbe progressive réduit les changements brusques.

Entretenez les abreuvoirs, retirez les crottins des zones très fréquentées et évitez la surpopulation au pâturage. Le renouvellement de l’eau doit être vérifié chaque jour, y compris au pré. Pour les parasites, discutez avec le vétérinaire d’un plan fondé sur l’âge, le mode de vie, le pâturage et les résultats d’analyses plutôt que sur un calendrier identique pour tous.

En France, l’identification et la traçabilité des équidés relèvent du système SIRE de l’IFCE. Elles permettent de retrouver les informations de l’animal et de ses détenteurs, mais ne remplacent pas un suivi sanitaire. Gardez le carnet de santé, les résultats d’analyses, les changements de ration et les coordonnées du vétérinaire avec les documents du cheval.

Quand appeler le vétérinaire ?

  • Tout de suiteDiarrhée liquide répétée avec abattement, douleur, signes de colique, déshydratation, sang ou température élevée
  • Tout de suitePoulain, cheval âgé, maigre, récemment opéré ou atteint d’une maladie chronique qui présente une diarrhée
  • Tout de suiteCheval incapable de boire, qui ne se relève pas, chancelle ou présente des gencives très sèches ou pâles
  • Dans la journéeDiarrhée persistante plusieurs heures, même avec un cheval encore vif et qui mange
  • Sous quelques joursCrottins mous récurrents sans autre signe général, après vérification de la ration et du pâturage

La nuit et le week-end, le répondeur de votre vétérinaire indique le service de garde. Notez la température, le pouls et l’heure des premiers signes : ces repères l’aident à juger l’urgence.

Questions fréquentes

Faut-il mettre le cheval à jeun ?

Ne mettez pas un cheval à jeun de votre propre initiative. Retirez les concentrés, les fruits et les friandises en attendant l’avis du vétérinaire, tout en laissant de l’eau propre et le fourrage habituel s’il mange normalement. Une privation prolongée de fibres peut perturber davantage le fonctionnement digestif.

Une diarrhée après la mise à l’herbe est-elle normale ?

Des crottins plus souples peuvent apparaître lors d’un changement d’herbe, surtout si la transition est rapide. Une diarrhée liquide, répétée, malodorante ou accompagnée de fièvre et d’abattement n’est pas à banaliser. Réduisez les changements supplémentaires, surveillez le cheval et appelez le vétérinaire dans la journée si cela persiste.

Puis-je donner un vermifuge contre la diarrhée ?

Non, pas sans conseil vétérinaire. Toutes les diarrhées ne sont pas dues aux parasites, et un traitement inadapté peut retarder le diagnostic ou favoriser les résistances. Le vétérinaire peut proposer une analyse des crottins et choisir une stratégie selon l’âge, le pâturage, les signes et les traitements déjà réalisés.

Combien coûte une consultation pour une diarrhée équine en 2026 ?

En France, une consultation équine se situe souvent autour de 80 à 180 euros en journée, hors déplacement et examens. Une visite urgente, de nuit ou un dimanche peut dépasser 150 à 300 euros, selon la région et la clinique. Une analyse de crottins ou des examens complémentaires s’ajoutent ; demandez une estimation au vétérinaire.

Testez-vous

3 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.Quel signe impose d’appeler le vétérinaire tout de suite ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : Une diarrhée liquide avec abattement et gencives sèches. L’abattement et les gencives sèches évoquent une déshydratation possible. Associés à une diarrhée liquide, ils justifient un appel immédiat.

  2. 2.Quelle mesure limite le risque lors d’un changement d’alimentation ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : Introduire le nouvel aliment progressivement. Une transition progressive laisse au microbiote intestinal le temps de s’adapter et réduit les perturbations digestives.

  3. 3.Que faut-il éviter sans prescription vétérinaire ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : Donner un médicament humain ou un antidiarrhéique. Un produit inadapté peut masquer une maladie, provoquer des effets indésirables ou retarder une prise en charge nécessaire.

Sources

  1. IFCE Équipédia, Santé et bien-être des équidés equipedia.ifce.fr
  2. IFCE, SIRE, identification et traçabilité des équidés ifce.fr
  3. RESPE, Réseau d’épidémiosurveillance en pathologie équine respe.net
  4. AVEF, Association vétérinaire équine française avef.fr

Mis à jour le . Ces repères généraux ne remplacent pas l’avis du vétérinaire qui suit votre cheval. En cas de doute, appelez-le.

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