La gourme chez le cheval : symptômes, isolement et conduite à tenir
La gourme est une maladie bactérienne très contagieuse des équidés, due à Streptococcus equi equi. Une fièvre, un jetage nasal et des ganglions qui gonflent sous la gorge nécessitent d’isoler le cheval et d’appeler le vétérinaire, sans attendre l’apparition d’un abcès.

Sommaire8 parties
Ces repères aident à observer et à agir vite. Le diagnostic et les traitements relèvent du vétérinaire : au moindre doute, appelez-le.
Pas à pas
- 1Prévenir l’écurie
Informez immédiatement le moniteur, le propriétaire ou le responsable de l’écurie. Notez la température, les signes observés et l’heure de leur apparition.
- 2Éloigner le cheval
Placez le cheval dans un espace séparé, sans contact direct avec les autres équidés. Réservez-lui un seau, un licol, une longe et du matériel de pansage.
- 3Appeler le vétérinaire
Appelez le vétérinaire dans la journée en décrivant la fièvre, le jetage, l’appétit, la respiration et le gonflement éventuel des ganglions.
- 4Organiser les soins
Servez les chevaux sains avant le cheval suspect, changez de vêtements souillés et lavez-vous les mains après chaque manipulation.
- 5Lister les contacts
Écrivez les noms des chevaux exposés, les dates de contact, les transports et les personnes ayant utilisé le matériel commun.
- 6Suivre la durée d’isolement
Maintenez l’isolement jusqu’à l’accord du vétérinaire. La disparition de la fièvre ne prouve pas que le cheval ne transmet plus la bactérie.
Une infection bactérienne très contagieuse
La gourme, aussi appelée angine du cheval, est provoquée par la bactérie Streptococcus equi subsp. equi. Elle atteint surtout les voies respiratoires supérieures et les ganglions lymphatiques, petits organes de défense situés notamment sous la gorge et entre les ganaches. Les ganglions peuvent augmenter de volume, devenir douloureux, puis former des abcès qui s’ouvrent et libèrent du pus.
La transmission se fait par contact avec les sécrétions d’un cheval malade ou porteur, directement ou par l’intermédiaire d’un seau, d’un licol, d’une longe, d’une mangeoire, d’un abreuvoir, d’un vêtement ou des mains. Dans une écurie, un seul cheval infecté peut donc exposer plusieurs congénères, même si certains ne présentent encore aucun signe.
- Incubation habituelle : environ 3 à 14 jours après la contamination.
- Les chevaux de tout âge peuvent être atteints, y compris les poulains et les chevaux âgés.
- La contamination concerne les chevaux, poneys, ânes et autres équidés, pas les humains.
- La bactérie peut persister chez certains chevaux dans les poches gutturales, des cavités situées derrière le pharynx.
Reconnaître les premiers signes
La maladie commence souvent par une fièvre, un cheval abattu et une baisse d’appétit. La température rectale habituelle d’un cheval adulte se situe approximativement entre 37,5 et 38,5 °C, avec des variations individuelles et liées au moment de la mesure. Une température à 39 °C ou davantage, surtout avec un écoulement nasal, doit être signalée au vétérinaire dans la journée.
Le jetage nasal, c’est-à-dire l’écoulement qui sort des naseaux, peut d’abord être clair puis devenir épais et jaunâtre. Une toux humide, une gêne pour avaler, une salivation inhabituelle et des ganglions gonflés sous la gorge sont compatibles avec la gourme, sans suffire à confirmer le diagnostic. D’autres maladies respiratoires peuvent produire des signes proches.
Les abcès des ganglions peuvent mûrir en quelques jours et s’ouvrir sous la mâchoire ou dans la région de la gorge. Une atteinte plus profonde peut gêner la respiration ou la déglutition. Un cheval qui respire difficilement, ne peut plus avaler ou reste couché sans se relever doit être pris en charge en urgence.
- Mesurez la température avec un thermomètre dédié, en notant l’heure et la valeur.
- Observez l’appétit, la consommation d’eau, la respiration et l’aspect du jetage.
- Ne percez jamais un ganglion gonflé et ne pressez pas un abcès.
- Ne partagez pas le seau, le licol, la longe ou le matériel de pansage.
Isoler le cheval dès la suspicion
Dès qu’un cheval présente fièvre et écoulement nasal, prévenez le responsable de l’écurie et éloignez-le des autres équidés dans un espace séparé. L’isolement doit comprendre une distance ou une séparation physique, un seau et du matériel réservés, ainsi qu’un ordre de soins allant des chevaux sains vers le cheval suspect. Les cavaliers ne doivent pas circuler d’un groupe à l’autre avec des mains ou des vêtements souillés.
La durée d’isolement ne se décide pas uniquement à la disparition de la fièvre. Un cheval peut encore excréter la bactérie après amélioration, parfois plusieurs semaines. En pratique, le vétérinaire peut demander de maintenir la séparation au moins trois semaines après la fin des signes, puis de réaliser des examens, notamment une recherche bactérienne dans les sécrétions nasales ou les poches gutturales, selon le contexte du foyer.
Nettoyez les sécrétions avec du matériel jetable ou réservé au cheval malade, puis lavez-vous les mains. Les surfaces et objets contaminés doivent être nettoyés avant désinfection avec un produit et un temps de contact adaptés aux recommandations du vétérinaire. Le fumier, les seaux et les eaux de rinçage ne doivent pas être déplacés vers les zones fréquentées par les chevaux.
- Interdire les sorties, cours, concours et transports jusqu’à l’accord du vétérinaire.
- Servir le cheval isolé en dernier et changer de vêtements ou de surblouse avant de revenir au troupeau.
- Noter chaque cheval exposé, la date du dernier contact et l’apparition éventuelle de signes.
- Organiser une surveillance de la température des chevaux exposés pendant la période définie par le vétérinaire.
Confirmer le diagnostic et signaler le foyer
Le vétérinaire examine le cheval, évalue les ganglions, la gorge, la respiration et l’état d’hydratation. Il peut proposer un prélèvement sur le jetage, le pus ou les poches gutturales afin de rechercher Streptococcus equi. Un résultat négatif isolé ne suffit pas toujours à exclure le portage, car l’excrétion bactérienne peut être intermittente. Le vétérinaire interprète donc le résultat avec les signes et l’historique des contacts.
En France, la gourme n’est généralement pas classée parmi les maladies à déclaration obligatoire qui imposent une notification administrative systématique par le propriétaire à l’État. Elle doit toutefois être signalée au vétérinaire, qui peut conseiller une déclaration volontaire au RESPE, le Réseau d’épidémiosurveillance en pathologie équine, selon les critères en vigueur. La FFE et le SIRE ne remplacent pas le vétérinaire pour le suivi sanitaire d’un foyer.
Prévenez rapidement le centre équestre, les propriétaires des chevaux exposés et, si nécessaire, les personnes ayant transporté du matériel ou un cheval du même groupe. Les déplacements doivent être suspendus jusqu’à l’évaluation du risque. Pour un foyer nécessitant analyses, visites et désinfection, les frais vétérinaires varient selon la région et le nombre de chevaux : en 2026, une consultation se situe souvent autour de 80 à 180 euros, tandis qu’un ou plusieurs prélèvements analysés peuvent ajouter environ 50 à 150 euros, selon le laboratoire et les examens.
- Le SIRE sert à l’identification et à l’enregistrement des équidés, pas à la déclaration courante d’un cas de gourme.
- La FFE gère ses activités fédérales, licences et compétitions, pas le diagnostic sanitaire.
- Le RESPE recueille des signalements épidémiologiques selon ses modalités publiques.
- Demandez au vétérinaire les conditions de reprise des cours, concours et transports.
Réduire le risque dans l’écurie
La prévention commence à l’arrivée d’un nouveau cheval. Une quarantaine séparée d’environ trois semaines est couramment utilisée dans les écuries, avec du matériel dédié et une surveillance quotidienne. La durée et les examens à prévoir dépendent du risque, de l’origine du cheval et des recommandations du vétérinaire. Un cheval récemment exposé ne doit pas rejoindre directement un groupe sans évaluation sanitaire.
Le nettoyage des mains entre deux lots, l’entretien régulier des abreuvoirs et mangeoires, ainsi que l’absence de partage des licols et seaux limitent les transmissions indirectes. Les chevaux malades doivent rester dans un environnement calme, avec de l’eau propre et un fourrage facile à consommer si la déglutition est douloureuse. Ne forcez jamais un cheval qui avale difficilement.
Des vaccins contre la gourme existent dans certains contextes, mais leur disponibilité, leur indication et leur protocole dépendent du produit, du pays et de l’avis vétérinaire. La vaccination ne dispense ni de la quarantaine ni de l’isolement d’un cheval suspect. Le vétérinaire choisit la stratégie adaptée au niveau de risque du centre équestre, à l’âge des chevaux et aux antécédents de foyer.
- Quarantaine recommandée à l’arrivée : souvent environ trois semaines, dans un espace séparé.
- Contrôle quotidien : température, appétit, écoulement nasal, toux, ganglions et comportement.
- Aucun échange de matériel entre le cheval isolé et les autres chevaux.
- Nettoyage des mains avant et après chaque manipulation du cheval malade.
Quand appeler le vétérinaire ?
- Tout de suiteRespiration difficile, cheval qui ne peut plus avaler ou gonflement important de la gorge
- Tout de suiteCheval couché qui ne se relève pas, très abattu ou qui ne boit plus
- Dans la journéeFièvre à 39 °C ou davantage avec abattement, écoulement nasal ou baisse d’appétit
- Dans la journéeGanglions gonflés sous la gorge, douleur pour avaler ou salivation inhabituelle
La nuit et le week-end, le répondeur de votre vétérinaire indique le service de garde. Notez la température, le pouls et l’heure des premiers signes : ces repères l’aident à juger l’urgence.
Questions fréquentes
La gourme est-elle dangereuse pour mon cheval ?
La plupart des chevaux guérissent avec une prise en charge vétérinaire et une surveillance adaptée, mais des complications respiratoires, musculaires ou neurologiques existent. La gravité varie selon l’âge, l’état général et la forme de la maladie. Une difficulté à respirer, à avaler ou un abattement marqué justifie un appel vétérinaire immédiat.
Combien de temps un cheval atteint reste-t-il contagieux ?
La contagiosité ne s’arrête pas forcément lorsque la fièvre et le jetage disparaissent. La bactérie peut encore être excrétée pendant plusieurs semaines et persister dans les poches gutturales de certains chevaux. Le vétérinaire fixe la fin de l’isolement, souvent après une période d’au moins trois semaines suivant les signes et, selon le foyer, des examens de contrôle.
Puis-je monter un autre cheval après avoir manipulé un cheval suspect ?
Évitez de monter ou de manipuler un autre cheval tant que vous n’avez pas changé les vêtements souillés, nettoyé vos chaussures et lavé vos mains. Le matériel partagé peut transporter les sécrétions. Dans une écurie touchée, suivez l’ordre de soins défini par le responsable et le vétérinaire, en terminant par le cheval isolé.
Dois-je déclarer la gourme au SIRE ou à la FFE ?
La gourme n’entraîne généralement pas de déclaration obligatoire du propriétaire au SIRE ou à la FFE. Vous devez en revanche prévenir le vétérinaire et le responsable de l’écurie. Le vétérinaire peut recommander un signalement volontaire au RESPE, selon la situation et les modalités en vigueur, afin de contribuer à la surveillance des foyers.
Testez-vous
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Sources
- 1.IFCE Équipédia, Gourme chez le cheval equipedia.ifce.fr
- 2.RESPE, Réseau d’épidémiosurveillance en pathologie équine respe.net
- 3.AVEF, Association vétérinaire équine française avef.fr
- 4.Ministère de l’Agriculture, Santé et protection des équidés agriculture.gouv.fr
Mis à jour le . Ces repères généraux ne remplacent pas l’avis du vétérinaire qui suit votre cheval. En cas de doute, appelez-le.
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