La piroplasmose chez le cheval
La piroplasmose est une maladie due à des parasites du sang transmis principalement par certaines tiques. Une fièvre, des urines brun foncé ou des muqueuses jaunes doivent conduire à appeler le vétérinaire rapidement, car l’anémie et l’atteinte des organes peuvent évoluer en quelques heures.

Sommaire9 parties
Ces repères aident à observer et à agir vite. Le diagnostic et les traitements relèvent du vétérinaire : au moindre doute, appelez-le.
Pas à pas
- 1Observer sans faire travailler
Placez le cheval au calme et vérifiez son comportement, son appétit, sa respiration et la couleur de ses muqueuses. Ne le montez pas et ne le faites pas trotter pour tester sa forme.
- 2Mesurer la température
Utilisez un thermomètre rectal réservé aux chevaux, en restant sur le côté. Notez la valeur, l’heure et les conditions de mesure, puis appelez le vétérinaire si la température est élevée ou si l’état général est altéré.
- 3Examiner les urines
Observez une miction spontanée sans forcer le cheval à uriner. Une urine brun rouge, couleur thé ou très foncée constitue un signe d’alerte à signaler immédiatement.
- 4Préparer les informations
Rassemblez le carnet de soins, les traitements récents, les dates de déplacement et les zones de pâture. Notez la présence éventuelle de tiques et l’heure d’apparition des signes.
- 5Retirer une tique stable
Si le cheval reste stable, utilisez un tire-tique au ras de la peau et retirez l’animal sans l’écraser. N’appliquez ni huile, ni alcool, ni produit irritant avant le retrait.
- 6Limiter les manipulations
Laissez de l’eau propre et le fourrage habituel à disposition, sans donner de médicament. Si le cheval est faible, tombe ou respire difficilement, attendez les consignes du vétérinaire avant tout déplacement.
Comprendre la piroplasmose
La piroplasmose équine, aussi appelée babésiose équine, est provoquée par des parasites qui vivent dans les globules rouges. Les deux agents principalement décrits chez le cheval sont Theileria equi et Babesia caballi. Certaines tiques les transmettent lorsqu’elles se fixent pour prendre un repas de sang. Toutes les tiques ne sont pas infectées, et le risque varie selon les régions, les saisons et les déplacements du cheval.
Après une contamination, les premiers signes peuvent apparaître après quelques jours à plusieurs semaines. La maladie peut être aiguë, avec une forte fièvre et un abattement marqué, ou plus discrète. Certains chevaux restent porteurs pendant longtemps sans signe visible, puis déclarent une rechute lors d’un stress, d’une autre maladie ou d’un effort important.
La transmission directe d’un cheval à l’autre ne correspond pas au mode habituel. Une transmission par du matériel contaminé par du sang, comme une aiguille réutilisée, reste possible et justifie une hygiène stricte. La piroplasmose n’est pas une maladie que le cavalier attrape en caressant son cheval.
Reconnaître les signes d’alerte
La fièvre est souvent le premier repère. Prenez la température par voie rectale avec un thermomètre réservé aux chevaux, en restant sur le côté de l’animal. Chez un cheval adulte au repos, la température se situe souvent autour de 37,5 à 38,2 °C, avec des variations individuelles. Une température à 39 °C ou davantage, surtout si elle s’accompagne d’abattement, doit être signalée au vétérinaire tout de suite.
Les muqueuses sont les membranes visibles à l’intérieur des lèvres ou autour des gencives. Elles peuvent devenir très pâles, jaunâtres ou rouges foncé lorsque les globules rouges sont détruits. Des urines brun rouge, couleur thé ou très foncées peuvent traduire le passage de pigments sanguins dans les urines. Une baisse d’appétit, une respiration plus rapide, une fréquence cardiaque élevée ou des membres gonflés peuvent aussi apparaître.
Un cheval malade peut rester immobile, transpirer sans travailler, perdre de l’état ou présenter une faiblesse inhabituelle. Mesurez la température et, si vous savez le faire sans danger, comptez les battements cardiaques pendant quinze secondes puis multipliez par quatre. Un adulte au repos se situe souvent autour de 28 à 44 battements par minute, mais la douleur et la fièvre font monter cette valeur.
- Fièvre mesurée au thermomètre, souvent supérieure à 38,5 ou 39 °C.
- Muqueuses pâles, jaunes ou rouge foncé.
- Urines brun foncé, rougeâtres ou couleur thé.
- Abattement, perte d’appétit, faiblesse ou respiration accélérée.
Confirmer avec le vétérinaire
Les signes seuls ne suffisent pas à confirmer une piroplasmose. Le vétérinaire peut examiner les muqueuses, écouter le cœur et les poumons, évaluer l’hydratation et réaliser une prise de sang. Le laboratoire peut rechercher le parasite au microscope, analyser son matériel génétique par PCR et rechercher des anticorps. Ces examens ne répondent pas tous à la même question et leur interprétation dépend du moment du prélèvement.
Une analyse sanguine peut montrer une anémie, c’est-à-dire une diminution des globules rouges, ainsi qu’une baisse des plaquettes ou des modifications liées au fonctionnement du foie. Un résultat positif aux anticorps indique un contact avec l’agent infectieux, sans toujours prouver que les signes actuels sont dus à une crise active. Le vétérinaire choisit les examens selon l’état du cheval et son historique.
Le traitement et la surveillance relèvent exclusivement du vétérinaire. Un cheval très atteint peut nécessiter des soins rapprochés, des contrôles sanguins et une restriction complète de l’exercice. Ne donnez aucun médicament de votre propre initiative, y compris un produit prévu pour une autre maladie, car il peut masquer les signes ou aggraver une atteinte du foie ou des reins.
Agir avant l’arrivée du vétérinaire
Si votre cheval présente une forte fièvre, des urines foncées ou des muqueuses jaunes, installez-le dans un endroit calme, ombragé et bien ventilé. Évitez le travail, le transport inutile et les manipulations répétées. Laissez de l’eau propre à disposition et proposez son fourrage habituel s’il veut manger, sans le forcer. Un cheval faible ne doit pas être déplacé seul ni attaché dans une position inconfortable.
Notez l’heure du premier signe, la température, la fréquence cardiaque si elle a été mesurée, l’aspect des urines, l’appétit et les traitements déjà reçus. Photographiez les muqueuses ou les urines si le signe disparaît avant l’arrivée du vétérinaire. Préparez le numéro d’identification du cheval, son carnet de soins et la liste des déplacements récents.
Ne percez pas une tique avec les doigts et ne versez ni alcool, ni huile, ni produit irritant dessus. Si l’animal est stable et que vous savez utiliser un tire-tique, retirez-la sans l’écraser, puis lavez-vous les mains. En présence d’une faiblesse importante, d’un cheval qui tombe ou d’une température élevée, appelez d’abord le vétérinaire avant de chercher à retirer les tiques.
- Mesurer la température au repos et noter l’heure.
- Mettre le cheval au calme, à l’ombre et sans exercice.
- Laisser de l’eau propre et le fourrage habituel à portée.
- Préparer le carnet de soins et les informations de déplacement.
- Ne donner aucun médicament sans consigne vétérinaire.
Réduire le risque de piqûre
Inspectez le cheval chaque jour pendant les périodes et dans les zones favorables aux tiques, puis après une sortie dans l’herbe haute, les broussailles ou les sous-bois. Passez les doigts sur l’encolure, le poitrail, le passage de sangle, entre les antérieurs, sous le ventre, autour du fourreau ou de la mamelle, entre les cuisses et près de la base de la queue. Une tique peut être difficile à voir dans un pelage épais.
Retirez rapidement toute tique fixée avec un tire-tique adapté. Saisissez-la au plus près de la peau, tirez progressivement selon le modèle de l’outil, puis vérifiez la zone. Désinfectez seulement la petite plaie avec un produit conseillé par le vétérinaire ou l’équipe de l’écurie. Surveillez une rougeur, un gonflement ou un écoulement pendant les jours suivants.
Entretenez les abords des clôtures et des zones de repos en limitant les broussailles et les herbes très hautes lorsque cela reste compatible avec la gestion du pâturage. Les traitements répulsifs ou acaricides ne conviennent pas à tous les chevaux et doivent respecter l’étiquette du produit, l’âge de l’animal et les règles de compétition. En 2026, comptez environ 3 à 10 euros pour un tire-tique et 5 à 20 euros pour un thermomètre équin. Une consultation vétérinaire coûte souvent 60 à 150 euros en journée, davantage en urgence, hors analyses et déplacement, selon le secteur et la clinique.
- Inspection quotidienne en saison à tiques et après les sorties.
- Contrôle des zones chaudes et peu visibles du corps.
- Retrait immédiat avec un tire-tique.
- Entretien raisonné des bordures et des zones de repos.
- Demande d’avis vétérinaire avant tout produit antiparasitaire externe.
Surveiller un cheval porteur
Après une piroplasmose, certains chevaux restent porteurs de Theileria equi ou de Babesia caballi. Ils peuvent sembler en forme tout en présentant un risque de rechute ou des résultats positifs lors d’analyses. Le vétérinaire décide des contrôles selon les signes, les résultats sanguins, l’origine du cheval et ses projets de transport ou de compétition.
Reprenez le travail progressivement seulement lorsque le vétérinaire l’a autorisé. Une reprise trop rapide peut aggraver la fatigue liée à l’anémie. Pendant les jours ou semaines qui suivent un épisode, surveillez l’appétit, la température, la couleur des muqueuses, les urines et la tolérance à une marche calme.
Les formalités peuvent changer selon le pays de destination, le transport et les exigences de l’organisateur. Demandez les conditions à l’avance au vétérinaire sanitaire, à la Fédération française d’équitation ou aux autorités compétentes. Conservez les comptes rendus d’analyses dans le carnet de soins et transmettez-les à la personne qui assure la garde du cheval.
Quand appeler le vétérinaire ?
- Tout de suiteTempérature rectale à 39 °C ou plus avec abattement, baisse d’appétit ou frissons
- Tout de suiteUrines brun foncé, muqueuses jaunes ou très pâles, respiration rapide ou cœur très accéléré
- Tout de suiteCheval qui tombe, reste couché sans se relever, présente une faiblesse marquée ou des signes de colique
- Dans la journéeFièvre modérée qui persiste, fatigue inhabituelle ou baisse d’état après une période à tiques
- Sous quelques joursZone de piqûre qui gonfle, devient chaude ou coule après le retrait d’une tique
La nuit et le week-end, le répondeur de votre vétérinaire indique le service de garde. Notez la température, le pouls et l’heure des premiers signes : ces repères l’aident à juger l’urgence.
Questions fréquentes
La piroplasmose se transmet-elle directement entre chevaux ?
La transmission habituelle passe par une tique infectée qui se fixe sur le cheval. Une contagion par simple contact, partage d’un paddock ou échange de matériel propre n’est pas le mécanisme principal. Une transmission par du sang contaminé reste possible avec du matériel invasif mal stérilisé, notamment une aiguille réutilisée.
Peut-on monter un cheval qui a de la fièvre ?
Non. La fièvre, l’abattement, les urines foncées ou les muqueuses jaunes justifient l’arrêt du travail et un appel vétérinaire. L’exercice augmente les besoins en oxygène alors que l’anémie réduit le transport de cet oxygène. La reprise se fait progressivement après amélioration clinique et accord du vétérinaire.
Toutes les tiques donnent-elles la piroplasmose ?
Non. Seules certaines tiques portent les parasites responsables, et leur présence varie selon les régions, les milieux et les saisons. Une tique fixée doit toutefois être retirée rapidement, car elle peut transmettre plusieurs agents infectieux. Notez sa présence et surveillez le cheval dans les semaines suivantes.
Un cheval guéri peut-il rester porteur ?
Oui. Certains chevaux conservent les parasites ou des traces immunitaires après l’épisode clinique. Ils peuvent rester sans signe pendant longtemps. Le vétérinaire interprète les analyses et organise le suivi selon l’état du cheval, ses déplacements et les exigences sanitaires d’un transport ou d’une compétition.
Testez-vous
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Sources
- 1.IFCE Équipédia, ressources sur la piroplasmose et les maladies équines equipedia.ifce.fr
- 2.RESPE, réseau d’épidémiosurveillance en pathologie équine respe.net
- 3.AVEF, Association vétérinaire équine française avef.fr
- 4.FEI, ressources sanitaires sur l’équidé et les maladies transmissibles fei.org
Mis à jour le . Ces repères généraux ne remplacent pas l’avis du vétérinaire qui suit votre cheval. En cas de doute, appelez-le.
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