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Les tiques et le cheval : les repérer, les retirer et surveiller sa monture

Une tique peut rester discrète dans les crins ou les plis de peau avant de grossir en se nourrissant du sang du cheval. Une inspection régulière, un retrait avec un tire-tique et la surveillance de la température et du comportement réduisent le risque de laisser évoluer une maladie transmise par les tiques.

Mis à jour le 6 min de lecture

Une enfant inspecte la crinière d’un poney alezan aux crins lavés tandis qu’une vétérinaire examine son antérieur près de l’écurie
Sommaire9 parties

Ces repères aident à observer et à agir vite. Le diagnostic et les traitements relèvent du vétérinaire : au moindre doute, appelez-le.

Pas à pas

  1. Préparer le matériel

    Prenez un tire-tique propre, des gants jetables si vous en avez, un petit contenant fermé et le nécessaire de nettoyage prévu par l’écurie. Attachez le cheval dans un endroit calme, avec une personne expérimentée si la zone est difficile d’accès.

  2. Écarter les crins

    Écartez les poils autour de la tique et repérez son point d’ancrage. Approchez votre main lentement pour éviter que le cheval ne bouge au moment du retrait.

  3. Placer le tire-tique

    Glissez la fente ou le crochet sous la tique, au plus près de la peau, sans comprimer son abdomen. Choisissez la taille correspondant à l’outil et à la tique.

  4. Retirer sans écraser

    Effectuez le mouvement indiqué par le fabricant, généralement une rotation lente et régulière. Ne tirez pas brusquement et ne versez aucun produit sur la tique avant l’intervention.

  5. Vérifier la peau

    Contrôlez que la tique est retirée et regardez la zone sans la gratter. Si une partie semble rester en place, demandez conseil au vétérinaire plutôt que de creuser la peau.

  6. Nettoyer et noter

    Nettoyez la zone selon les consignes de l’écurie, lavez-vous les mains et notez la date, l’emplacement et l’état du cheval. Surveillez ensuite son appétit, son comportement et sa température si vous savez la relever.

Où chercher les tiques sur un cheval

Les tiques sont de petits acariens qui vivent une partie de leur cycle dans l’environnement, notamment dans les herbes hautes, les lisières, les sous-bois et les zones humides. Elles s’accrochent au cheval lorsqu’il broute ou traverse la végétation. Les adultes mesurent souvent quelques millimètres avant leur repas, tandis que les larves et les nymphes sont beaucoup plus difficiles à voir.

Commencez par la tête : base des oreilles, ganaches, dessous de la mâchoire, commissures des lèvres et toupet. Passez ensuite les doigts dans les crins de l’encolure et autour du garrot, puis examinez le passage de sangle, l’arrière des coudes, le poitrail, le ventre, l’espace entre les postérieurs, le fourreau ou la mamelle. Les paturons et la base de la queue méritent aussi une vérification.

  • Inspectez le cheval à la lumière, en écartant les crins avec les doigts.
  • Recherchez une petite boule fixée à la peau, parfois grise, brune ou noire.
  • Palpez doucement les zones difficiles à regarder, sans arracher la tique par frottement.
  • Demandez l’aide d’un adulte ou d’un soigneur pour examiner le fourreau et les membres postérieurs.

Organiser une surveillance régulière

En période d’activité des tiques, inspectez votre cheval chaque jour lorsqu’il vit au pré ou revient d’une promenade. Le risque varie selon la région, la météo et la végétation ; il augmente souvent lorsque les températures sont douces et que l’herbe reste humide. Une inspection après chaque sortie en forêt, en bordure de haie ou dans un chemin envahi d’herbes prend généralement quelques minutes.

Pendant le pansage, utilisez d’abord vos mains dans les zones sensibles, puis une brosse douce sur les parties dégagées. Notez la date, l’endroit de la tique et son aspect dans le carnet de soins. Si plusieurs chevaux du même pré portent des tiques, prévenez le responsable de l’écurie afin que la surveillance soit renforcée pour tout le groupe. Le retrait d’une tique ne demande aucune déclaration à la FFE ou au SIRE.

  • Inspectez quotidiennement le cheval exposé pendant les périodes à risque.
  • Contrôlez toujours le cheval après une randonnée ou une séance dans les broussailles.
  • Ajoutez la date et la zone concernée au carnet de soins.
  • Surveillez aussi les chiens et les personnes qui fréquentent la même pâture.

Retirer une tique avec un tire-tique

Le tire-tique est un petit outil à fente ou à crochet qui permet de saisir la tique près de la peau. Son prix se situe généralement entre 3 et 10 euros pour un outil simple, et entre 5 et 15 euros pour un petit kit en France en 2026. Les tarifs varient selon la marque, le nombre de tailles et le point de vente.

Choisissez une taille adaptée à la tique et suivez le mouvement prévu par le fabricant, souvent une rotation lente sans écraser l’abdomen. N’appliquez ni huile, ni alcool, ni produit irritant avant le retrait : ces gestes peuvent augmenter le stress de la tique et compliquer l’intervention. Après le retrait, nettoyez la zone selon les consignes de l’écurie et lavez-vous les mains.

  • Saisissez la tique au plus près de la peau.
  • Ne tirez pas sur son corps gonflé et ne le pressez pas.
  • N’utilisez jamais de flamme ou de substance grasse.
  • Demandez au vétérinaire quoi faire si la tique se déchire ou si une partie reste fixée.

Maladies transmises au cheval

La piroplasmose équine regroupe principalement des infections dues à des parasites du sang transmis par certaines tiques. Elle peut provoquer de la fièvre, de l’abattement, une baisse d’appétit, des muqueuses pâles ou jaunes et des urines foncées. La gravité varie selon l’agent, l’immunité et l’état général du cheval. Un diagnostic vétérinaire repose sur l’examen et des analyses, car une tique visible ne suffit pas à confirmer la maladie.

L’anaplasmose équine peut entraîner une fièvre, une grande fatigue, une baisse d’appétit, des œdèmes des membres ou de petites hémorragies cutanées. La maladie de Lyme, liée à une bactérie transmise par des tiques, donne des signes variables et difficiles à attribuer au seul examen extérieur. Une raideur, une sensibilité inhabituelle ou un changement de comportement durable doivent être signalés au vétérinaire, sans conclure à Lyme sans examens adaptés.

  • Piroplasmose : fièvre, muqueuses décolorées ou jaunes, urines foncées.
  • Anaplasmose : fièvre, abattement, œdèmes des membres ou saignements ponctiformes.
  • Lyme : signes variables, parfois discrets et non spécifiques.
  • Une analyse vétérinaire est nécessaire pour distinguer ces maladies d’autres causes.

Réduire l’exposition sans négliger le bien-être

La prévention commence par la gestion du milieu : entretenez les abords des clôtures, limitez les zones très embroussaillées lorsque cela est possible et vérifiez les chevaux après les sorties. Ces mesures ne suppriment pas les tiques, car elles peuvent aussi se trouver dans des prairies ordinaires. Le cheval doit conserver un accès suffisant au fourrage, à l’eau, à l’abri et aux contacts sociaux.

Demandez conseil au vétérinaire avant d’utiliser un produit répulsif ou antiparasitaire sur un cheval, surtout chez un poulain, une jument gestante, un cheval âgé ou un animal présentant une maladie. Respectez l’étiquette, l’espèce visée et les délais éventuels. Ne transférez jamais sur le cheval un produit prévu pour un chien, un chat ou l’environnement, car la sécurité et la réglementation diffèrent.

  • Entretenez les passages et les abords de clôture sans supprimer les zones d’ombre utiles.
  • Inspectez le cheval après chaque passage dans les hautes herbes.
  • Ne partagez pas un produit entre espèces sans avis vétérinaire.
  • Gardez un tire-tique propre dans la caisse de pansage.

Savoir quand appeler le vétérinaire

Une tique isolée sur un cheval qui reste vif, mange, boit et présente une température habituelle relève d’un retrait soigneux et d’une surveillance. Prenez la température seulement si vous savez utiliser un thermomètre rectal en sécurité, avec l’aide d’un adulte si nécessaire. La température habituelle varie selon les individus et le moment de la journée ; une valeur élevée doit être interprétée avec le contexte et l’avis du vétérinaire.

Appelez rapidement si l’état général change après une exposition aux tiques. Une fièvre persistante, un cheval qui mange moins, des muqueuses pâles ou jaunes, des urines brunâtres, des œdèmes ou une faiblesse marquée peuvent correspondre à une maladie vectorielle, comme à d’autres urgences. Ne donnez aucun médicament de votre propre initiative et ne retardez pas l’appel pour attendre l’évolution.

  • Comparez le comportement du cheval à son état habituel.
  • Observez l’appétit, la consommation d’eau, les crottins et la couleur des muqueuses.
  • Notez l’heure du retrait et les signes apparus ensuite.
  • Gardez une photo de la tique ou le spécimen dans un contenant fermé si le vétérinaire le demande.

Quand appeler le vétérinaire ?

  • Tout de suiteMuqueuses très pâles ou jaunes, urines brunâtres, faiblesse ou respiration anormalement rapide
  • Tout de suiteŒdème soudain des membres, petites hémorragies cutanées ou aggravation rapide de l’état général
  • Dans la journéeFièvre, abattement marqué ou cheval qui mange nettement moins après une exposition aux tiques
  • Sous quelques joursTique déchirée, partie restée fixée ou inflammation locale qui augmente

La nuit et le week-end, le répondeur de votre vétérinaire indique le service de garde. Notez la température, le pouls et l’heure des premiers signes : ces repères l’aident à juger l’urgence.

Questions fréquentes

Une tique sur mon cheval signifie-t-elle qu’il a la piroplasmose ?

Non. La présence d’une tique prouve une exposition, pas une infection. La transmission dépend notamment de l’espèce de tique et de l’agent qu’elle porte. Surveillez l’état général, la température, l’appétit et la couleur des muqueuses, puis demandez un avis vétérinaire si un signe anormal apparaît.

Faut-il arracher la tique avec les doigts ?

Évitez de la saisir directement avec les doigts, car vous risquez de comprimer son abdomen ou de la déchirer. Un tire-tique permet de la prendre au ras de la peau avec un mouvement contrôlé. Si le cheval bouge ou si la zone est dangereuse à atteindre, faites intervenir un soigneur ou appelez le vétérinaire.

La maladie de Lyme est-elle facile à reconnaître chez le cheval ?

Non. Les signes attribués à la maladie de Lyme peuvent être variables et ressemblent à ceux de nombreuses autres affections : baisse de forme, sensibilité, raideur ou changement de comportement. Une tique et un signe isolé ne suffisent pas pour établir le diagnostic. Le vétérinaire interprète les examens avec l’histoire du cheval.

Dois-je traiter toute la pâture contre les tiques ?

Un traitement systématique du pré n’est généralement pas une solution simple, car les tiques vivent dans l’environnement et les produits peuvent présenter des risques pour les animaux, les personnes et le milieu. Renforcez l’inspection, entretenez les zones de passage et demandez un conseil professionnel avant toute application sur le cheval ou dans l’écurie.

Testez-vous

3 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.Quelle zone faut-il inspecter après une sortie dans les broussailles ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : Les oreilles, les plis, le passage de sangle et les membres. Les tiques recherchent des zones où la peau est fine ou protégée par les crins et les plis. Les oreilles, le ventre, le passage de sangle et les membres font partie des secteurs à contrôler.

  2. 2.Quel geste convient pour retirer une tique ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : La saisir au ras de la peau avec un tire-tique. Le tire-tique permet de retirer l’acarien sans comprimer son abdomen. L’huile, l’alcool, la flamme et les frottements peuvent compliquer le retrait ou irriter la peau.

  3. 3.Quel signe impose un appel vétérinaire immédiat ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : Des urines brunâtres avec une grande faiblesse. Des urines foncées associées à une faiblesse peuvent signaler une atteinte importante, notamment une maladie transmise par les tiques. Le vétérinaire doit être contacté tout de suite.

Sources

  1. IFCE, Équipédia, portail d’information sur la santé et l’élevage équins equipedia.ifce.fr
  2. RESPE, Réseau d’épidémiosurveillance en pathologie équine respe.net
  3. AVEF, Association vétérinaire équine française avef.fr
  4. VetAgro Sup, École nationale vétérinaire, agroalimentaire et de l’alimentation vetagro-sup.fr

Mis à jour le . Ces repères généraux ne remplacent pas l’avis du vétérinaire qui suit votre cheval. En cas de doute, appelez-le.

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