Les minéraux et vitamines (CMV) dans la ration du cheval
Un complément minéral et vitaminé, ou CMV, corrige les apports d’une ration composée surtout de fourrage, sans remplacer le foin ni l’eau. Calcium, phosphore, cuivre, zinc, sélénium et vitamines doivent être évalués ensemble, selon l’âge, le travail, la qualité du fourrage et l’état de santé du cheval.

Sommaire9 parties
Pas à pas
- 1Lister les aliments
Notez pendant trois jours le foin, l’herbe, les céréales, les aliments complets, les pierres à lécher et les compléments réellement consommés. Indiquez les quantités pesées et le poids approximatif du cheval.
- 2Lire les étiquettes
Relevez les apports par dose de calcium, phosphore, cuivre, zinc, manganèse, iode, sélénium et vitamines. Vérifiez si un aliment complet apporte déjà ces nutriments.
- 3Comparer les besoins
Tenez compte de l’âge, du poids, du travail, de la gestation, de la lactation, de la croissance et de l’état corporel. Pour un cas particulier, faites valider la ration par un vétérinaire ou un nutritionniste équin.
- 4Peser la ration
Utilisez une balance plutôt qu’un volume approximatif. Pesez le CMV chaque jour au début, puis contrôlez régulièrement la mesure utilisée.
- 5Introduire progressivement
Commencez avec une petite partie de la dose prévue et augmentez sur plusieurs jours jusqu’à la dose de l’étiquette, sans cumuler plusieurs produits riches en sélénium.
- 6Surveiller le cheval
Observez l’appétit, les crottins, l’état corporel, la locomotion, le poil et la corne. Appelez le vétérinaire dans la journée en cas de faiblesse, raideur ou dégradation rapide.
À quoi sert un CMV ?
Un CMV est un aliment complémentaire qui apporte des minéraux, des oligo-éléments et des vitamines. Les minéraux sont notamment le calcium et le phosphore, présents en quantité importante dans l’organisme. Les oligo-éléments, comme le cuivre, le zinc, le manganèse, l’iode et le sélénium, sont nécessaires en très petites quantités. Leur rôle concerne les os, les muscles, la peau, les sabots, le sang et le fonctionnement de nombreuses enzymes.
Une ration composée de foin, d’eau et d’un peu d’herbe peut couvrir une partie des besoins, mais sa composition varie selon le sol, les espèces végétales, la date de récolte, le stockage et la quantité réellement consommée. Un aliment complet contient déjà des vitamines et des minéraux en proportion calculée. Ajouter un CMV par-dessus sans lire l’étiquette peut donc conduire à des apports excessifs.
Le CMV ne fournit généralement pas assez d’énergie, de fibres ou de protéines pour remplacer le fourrage. Il ne soigne pas une maladie et ne corrige pas une ration mal distribuée. Chez un poulain, une jument pleine, un cheval âgé, un cheval maigre ou un cheval atteint d’une maladie métabolique, demandez l’avis du vétérinaire ou d’un nutritionniste équin avant toute modification durable.
Calcium et phosphore, le couple des os
Le calcium intervient dans la solidité du squelette, la contraction musculaire et la transmission nerveuse. Le phosphore participe aussi aux os et au métabolisme énergétique. Chez le cheval adulte à l’entretien, les besoins journaliers se comptent en dizaines de grammes pour un cheval de 500 kg, mais ils varient selon le poids, la matière sèche consommée, le travail et les sources utilisées.
Le rapport calcium/phosphore de la ration est généralement recherché autour de 1,5 à 2 pour 1, avec un rapport qui ne devrait pas rester inférieur à 1 pour 1. Cette règle ne permet pas de calculer seule la ration : un rapport correct peut cacher un manque global, et un apport très élevé de calcium peut perturber l’utilisation d’autres minéraux.
La luzerne apporte souvent davantage de calcium que de nombreux foins de graminées, tandis que les céréales et certains coproduits peuvent être relativement riches en phosphore. Pour un poulain en croissance, une jument en fin de gestation ou une jument allaitante, l’équilibre des minéraux doit être contrôlé avec davantage de précision, car le squelette se développe rapidement.
Oligo-éléments et sélénium
Le cuivre, le zinc et le manganèse participent notamment à la qualité des tissus conjonctifs, de la peau, du poil et du sabot. Le fer est souvent déjà présent en quantité suffisante dans les fourrages et l’eau ; un complément riche en fer n’est donc pas automatiquement utile. L’iode intervient dans la fonction thyroïdienne. Les besoins et les risques dépendent de la ration totale, pas d’un seul aliment.
Le sélénium intervient dans la protection des cellules contre l’oxydation et dans le fonctionnement musculaire. La marge entre besoin et excès est étroite. Une carence peut contribuer à des troubles musculaires ou à une faiblesse, mais ces signes ont de nombreuses autres causes. Un excès prolongé peut provoquer une mauvaise qualité de la corne, des anomalies de la crinière ou de la queue, une perte de poils et, dans les cas graves, des troubles généraux.
Ne cumulez pas un CMV, une pierre à lécher enrichie, un aliment complémentaire pour la musculature et un aliment complet sans additionner leurs apports en sélénium. Une suspicion de carence ou d’excès justifie un appel au vétérinaire dans la journée, surtout en cas de faiblesse, raideur, difficulté à se déplacer, troubles de la déglutition ou aggravation rapide.
Choisir un CMV sans aliment complet
Pour un cheval nourri principalement au foin, recherchez un CMV dont la dose quotidienne est clairement indiquée pour le poids de l’animal. Vérifiez la quantité de calcium, de phosphore, de cuivre, de zinc, de manganèse, d’iode et de sélénium par dose, ainsi que les vitamines A, D et E. La dose d’un produit ne se compare pas directement à celle d’un autre : la concentration varie fortement entre une poudre, un granulé et un aliment distribué à plusieurs centaines de grammes.
Un cheval de 500 kg reçoit souvent quelques dizaines à quelques centaines de grammes de CMV par jour selon la concentration du produit. Cette fourchette ne remplace pas l’étiquette. Pesez la dose avec une balance de cuisine pendant les premiers jours, car un gobelet peut contenir des quantités très différentes selon la densité du granulé ou de la poudre.
En France, un CMV vendu comme aliment pour animaux doit être étiqueté avec sa catégorie, ses constituants analytiques, ses additifs, son mode d’emploi et ses précautions d’utilisation. Ce produit relève de la réglementation de l’alimentation animale, non des règles FFE de compétition. Il ne modifie ni l’identification SIRE ni les papiers du cheval. Le Code rural encadre la protection et la détention des animaux ; la distribution doit rester compatible avec leurs besoins et leur état de santé.
Distribuer et contrôler les apports
Introduisez le CMV sur plusieurs jours, en mélangeant la dose pesée à une petite quantité d’aliment humide ou de fibres que le cheval consomme entièrement. Distribuez-le à heure régulière et ne laissez pas un autre cheval accéder à la ration. Si le cheval refuse le produit, vérifiez sa texture et son odeur, puis demandez conseil avant de changer brutalement de complément.
Conservez le sac fermé, au sec, à l’abri de la chaleur et des rongeurs. Notez la date d’ouverture, la dose quotidienne et les autres produits distribués. Un sac de 5 kg peut durer d’environ trois semaines à plusieurs mois selon la dose. En France, en 2026, le prix courant se situe souvent autour de 20 à 60 euros pour un CMV généraliste de 5 kg et de 35 à 90 euros pour des formules plus concentrées ou ciblées ; les tarifs varient selon la marque, le conditionnement et le circuit de vente.
Réévaluez la ration après un changement de foin, de pâture, de travail ou d’état corporel. Une analyse de fourrage réalisée par un laboratoire peut préciser les teneurs en calcium, phosphore et oligo-éléments. Un poil terne ou une corne fragile ne suffit pas à diagnostiquer une carence. En cas de perte d’état rapide, faiblesse, troubles musculaires, diarrhée persistante ou cheval qui ne mange plus, appelez le vétérinaire selon l’urgence, sans augmenter vous-même les doses.
Le CMV dans une ration cohérente
La base reste un fourrage propre, distribué en quantité adaptée au poids et à l’état du cheval, avec une eau disponible en permanence. Un cheval adulte consomme souvent environ 1,5 à 2 % de son poids vif en matière sèche par jour, fourrage et aliments compris. Pour un cheval de 500 kg, cela correspond à une quantité de matière sèche qui varie selon le fourrage et son taux d’humidité ; le poids distribué ne se déduit donc pas directement de cette règle.
Le travail, la température, la croissance, la gestation, la lactation et certaines maladies changent les besoins. Un poney rustique à l’entretien n’a généralement pas la même ration qu’un cheval de sport travaillant plusieurs fois par semaine. Chez un cheval sujet à l’embonpoint ou à la fourbure, choisissez un produit peu énergétique et contrôlez la ration entière avec le vétérinaire ou un professionnel formé à la nutrition équine.
Le CMV accompagne aussi les bonnes conditions de vie : accès au fourrage, déplacements réguliers, contacts sociaux, repos et surveillance quotidienne. Pour apprendre à repérer l’état corporel et suivre les changements de ration, Chevaloo vous propose d’autres fiches pratiques et son jeu équestre, à utiliser comme complément ludique, jamais comme conseil vétérinaire.
Questions fréquentes
Un CMV est-il obligatoire pour tous les chevaux ?
Non. Il dépend de la ration entière et de sa composition. Un aliment complet correctement distribué est déjà supplémenté, tandis qu’un cheval nourri surtout au foin peut avoir besoin d’un CMV. La qualité du fourrage, l’analyse disponible, l’âge, le travail et l’état de santé déterminent la décision.
Puis-je donner le même CMV à mon poney et à mon cheval ?
Le produit peut être identique, mais la dose et la ration ne le sont pas forcément. Un poney consomme souvent moins de matière sèche et peut prendre du poids avec un apport énergétique inutile. Vérifiez la concentration, pesez la dose pour chaque animal et demandez conseil si l’un est en croissance, âgé ou sujet à la fourbure.
Comment savoir si mon cheval manque de sélénium ?
L’aspect du poil ou des sabots ne suffit pas à conclure. Une faiblesse, une raideur ou des troubles musculaires peuvent avoir plusieurs causes. Le vétérinaire interprète l’examen clinique et, si nécessaire, les analyses en tenant compte de toute la ration. N’ajoutez pas de sélénium avant cet avis, car l’excès peut être toxique.
Combien coûte un CMV et combien de temps dure un sac ?
En France, en 2026, comptez souvent 20 à 60 euros pour 5 kg d’un produit généraliste, et 35 à 90 euros pour une formule plus concentrée ou ciblée. Selon une dose de quelques dizaines à quelques centaines de grammes par jour, le sac peut durer de trois semaines à plusieurs mois. Les prix varient selon la marque et le conditionnement.
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Sources
- 1.IFCE Équipédia, Alimentation du cheval equipedia.ifce.fr
- 2.IFCE, SIRE, informations officielles sur l’identification des équidés ifce.fr
- 3.AVEF, Association vétérinaire équine française avef.fr
- 4.RESPE, Réseau d’épidémiosurveillance en pathologie équine respe.net
Mis à jour le . Ces repères généraux ne remplacent pas l’avis du vétérinaire qui suit votre cheval. En cas de doute, appelez-le.
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