Criollo : caractère, usages et entretien
Le criollo est un cheval sud-américain issu de chevaux ibériques arrivés avec les colons, puis sélectionné pendant des siècles dans les plaines argentines. Compact, économe et endurant, il accompagne le travail du bétail, la randonnée au long cours et certaines disciplines western. Il convient à un cavalier qui apprécie un cheval actif, sûr dans ses appuis et proche de l’extérieur.

Sommaire9 parties
Carte d’identité
- Type
- Cheval de selle
- Origine
- Argentine, avec des variétés apparentées dans plusieurs pays d’Amérique du Sud
- Taille
- 1,40 à 1,48 m
- Poids
- 400 à 500 kg
- Robes
Le criollo existe dans de nombreuses robes, notamment le bai, l’alezan, le gris, l’isabelle et le rouan ; une liste, une étoile ou des balzanes peuvent être présentes selon les lignées.
- Caractère
- Endurant sur la durée
- Vif dans ses réactions
- Attentif à son environnement
- Coopératif avec un cavalier clair
- Parfois indépendant en extérieur
- Niveau conseillé
- Intermédiaire
Un cavalier de niveau Galop 3 ou 4, encadré pour les premières sorties, peut convenir à un criollo bien mis. Son énergie et son autonomie demandent des aides précises, surtout lorsque le cheval travaille seul en extérieur.
- Entretien
- Rustique
Le criollo supporte une vie au pré avec abri, fourrage adapté et sorties régulières ; sa capacité à utiliser des pâtures pauvres ne justifie pas une ration riche chez un cheval peu travaillé. Ses pieds et ses crins demandent l’entretien habituel d’un cheval vivant dehors, avec une surveillance accrue après les longues randonnées.
- Stud-book
- Le stud-book argentin est tenu par l’Asociación de Criadores de Caballos Criollos ; la reconnaissance administrative d’un cheval criollo en France dépend de ses documents d’origine et de son inscription auprès du SIRE.
Criollo en 3D
Des chevaux ibériques aux plaines argentines
Le criollo descend de chevaux ibériques introduits en Amérique du Sud à partir du XVIe siècle. Des animaux échappés ou retournés à l’état sauvage se sont adaptés aux plaines argentines, aux variations de climat et aux déplacements sur de grandes distances. Le Barbe et le sorraia figurent parmi les ascendances généralement citées, même si les populations criollo diffèrent selon les pays et les stud-books.
Les gauchos ont sélectionné ces chevaux pour rassembler le bétail, se déplacer et rester longtemps en selle. À la fin du XIXe siècle, l’arrivée de races européennes a fragilisé la population argentine. Des éleveurs ont alors organisé une sélection fondée sur l’utilisation et créé le stud-book argentin en 1918. Le terme criollo reste toutefois plus large que la seule race argentine.
Reconnaître un criollo
Le criollo présente un modèle compact, avec une encolure courte à moyenne, un dos plutôt court et une arrière-main musclée. Sa tête est généralement expressive, avec un profil rectiligne ou légèrement convexe. Les membres sont secs et solides, terminés par des pieds adaptés aux déplacements répétés sur des sols parfois durs. La queue et la crinière sont souvent fournies sans être excessivement longues.
Les allures sont économiques et régulières, avec un trot capable de durer sans mouvements très amples. Le galop reste pratique pour les changements de direction et les déplacements autour du bétail. Les individus diffèrent selon leur pays d’origine, leur sélection de travail et la variété concernée.
- Une taille généralement comprise entre 1,40 et 1,48 m au garrot
- Un corps court et profond, porté par une arrière-main puissante
- Des membres secs avec des articulations nettes et des pieds résistants
- Une tête souvent expressive, au profil droit ou légèrement convexe
- Des robes variées, dont le bai, l’alezan, le gris, l’isabelle et le rouan
Un tempérament actif et attentif
Au pré, le criollo observe beaucoup son environnement et se déplace volontiers pour rejoindre un congénère ou explorer une zone. Au travail, il réagit rapidement aux changements de direction et aux indications du cavalier. Cette vivacité peut devenir précipitation si les demandes sont répétées sans relâchement ou si le cavalier manque de stabilité dans ses mains.
Son endurance mentale aide lors des longues sorties et des séances variées. Il apprend bien lorsque l’exercice a un but lisible, par exemple franchir un dispositif naturel, trier du bétail ou maintenir une allure régulière. Un cadre constant permet de canaliser son autonomie sans chercher à l’éteindre.
Monter un criollo
En selle, vous ressentez un cheval compact, réactif aux jambes et capable de conserver une allure régulière pendant plusieurs heures. Son trot n’a pas toujours le confort d’un cheval sélectionné pour le dressage, mais son équilibre aide dans les virages, les terrains irréguliers et les transitions fréquentes. Le galop est souvent pratique, avec une amplitude adaptée au déplacement plutôt qu’à la démonstration.
Un cavalier à partir du Galop 3 ou 4 peut progresser avec lui dans une structure qui connaît les chevaux d’extérieur ou l’équitation western. En club français, il reste moins courant que le poney de sport ou le cheval de selle européen. Chez un propriétaire, il prend davantage de sens avec des sorties régulières, du travail varié et des objectifs d’endurance, de randonnée ou de tri du bétail.
Les disciplines adaptées au criollo
La randonnée et le tourisme équestre correspondent à son endurance, à son pied sûr et à sa capacité à avancer longtemps avec une ration modérée. Le TREC peut également lui convenir grâce aux changements d’allure, aux obstacles naturels et à la lecture du terrain. En endurance, son modèle économe et son aptitude historique aux déplacements prolongés sont des atouts, à condition de construire progressivement le travail.
Le criollo est aussi lié à l’équitation de travail et à l’équitation western, notamment dans les épreuves inspirées du travail du bétail. En Argentine, il participe à des épreuves de résistance et de maniabilité, tandis que le criollo brésilien, appelé crioulo, est utilisé dans des pratiques de ranch et de sport. Le polo concerne certaines lignées ou certains croisements, plutôt que tous les criollo.
Un cheval rustique à garder actif
Une vie au pré en groupe, avec un abri et un fourrage adapté à son activité, correspond bien au criollo. Son histoire dans des milieux où les ressources variaient a favorisé un cheval économe ; un individu peu travaillé peut donc prendre de l’état sur une pâture riche. La ration doit être ajustée à son poids, à la qualité de l’herbe et au nombre d’heures de travail, plutôt qu’à sa seule race.
Ses pieds résistants facilitent les sorties répétées, sans dispenser d’un contrôle régulier après les terrains caillouteux ou les longues distances. Le pansage permet de vérifier les membres et les zones de harnachement, tandis que le démêlage de la crinière et de la queue limite les nœuds chez les chevaux vivant dehors. Aucune sensibilité sanitaire propre au criollo ne fait l’objet d’un consensus aussi établi que certaines prédispositions connues dans d’autres races.
Le saviez-vous ?
- 1.Le mot criollo signifie créole en espagnol et désigne à l’origine un cheval local d’ascendance ibérique.
- 2.Le crioulo brésilien appartient à la même grande famille historique, mais son stud-book et sa sélection sont brésiliens.
- 3.Le criollo argentin a été sélectionné avec des épreuves d’utilisation, et non uniquement sur son apparence.
Questions fréquentes
Le criollo convient-il à un cavalier débutant ?
Il peut convenir à un débutant accompagné par un moniteur si l’individu est calme et déjà bien éduqué. Pour un achat, un niveau intermédiaire reste plus prudent, car le criollo réagit vite et peut prendre des initiatives en extérieur. Un essai en carrière puis sur un chemin permet de vérifier sa régularité.
Quelle différence existe-t-il entre un criollo et un crioulo ?
Criollo est le terme espagnol, souvent employé pour le cheval argentin. Crioulo est le nom portugais de la variété brésilienne, particulièrement développée dans le Rio Grande do Sul. Les deux populations partagent une origine coloniale ibérique, mais elles dépendent de stud-books et de sélections nationales distincts.
Le criollo est-il adapté à la randonnée ?
Oui, la randonnée fait partie des usages qui correspondent le mieux à son histoire et à son modèle. Il peut conserver une allure régulière sur de longues distances et s’adapter à des terrains variés. La préparation doit néanmoins augmenter progressivement la durée des sorties, surtout pour un cheval jusque-là peu travaillé.
Le criollo est-il un cheval de polo ?
Certaines lignées et certains croisements sont utilisés au polo, où la réactivité et les changements de direction sont recherchés. Le criollo de travail ou de randonnée n’a toutefois pas automatiquement le niveau technique d’un cheval de polo. Il faut donc regarder l’éducation, la souplesse et l’expérience de l’individu.
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Sources
- 1.IFCE, Équipédia, encyclopédie du cheval equipedia.ifce.fr
- 2.International Federation for Equestrian Sports, disciplines équestres fei.org
- 3.Fédération Française d’Équitation, disciplines et règlements ffe.com
- 4.Wikipédia, article « Criollo » fr.wikipedia.org
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