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L’orge et le maïs dans la ration du cheval

L’orge et le maïs apportent beaucoup d’énergie grâce à leur amidon, un glucide rapidement fermentescible lorsqu’il arrive en quantité dans l’intestin. Pour limiter les troubles digestifs, ces céréales doivent être correctement transformées, distribuées en petites portions et intégrées à une ration calculée avec le fourrage.

Mis à jour le 6 min de lecture

Un enfant verse des grains dans la mangeoire d’un cheval alezan, près de sacs d’orge et de maïs devant l’écurie
Sommaire9 parties

Pas à pas

  1. Peser le cheval

    Utilisez une mesure connue ou un ruban barymétrique pour estimer le poids, puis notez l’âge, l’état corporel, le travail et les éventuels antécédents de fourbure ou de coliques.

  2. Évaluer le fourrage

    Faites le point sur la quantité de foin ou d’herbe disponible et, si possible, sur sa valeur nutritionnelle. Les céréales complètent le fourrage, elles ne le remplacent pas.

  3. Choisir la forme adaptée

    Préférez l’orge aplatie ou floconnée et le maïs concassé, aplati ou floconné. Écartez les grains moisis, humides ou fortement poussiéreux.

  4. Lire l’étiquette

    Relevez la teneur en amidon, la quantité quotidienne conseillée et le poids d’une mesure. Demandez au fabricant les données manquantes avant de calculer.

  5. Fractionner les repas

    Divisez la quantité quotidienne en au moins trois repas dès que le volume de concentré augmente, en gardant plusieurs heures entre les distributions.

  6. Changer progressivement

    Sur sept à dix jours environ, augmentez la nouvelle céréale par petites fractions tout en diminuant l’ancienne. Surveillez les crottins, l’appétit et l’état général.

Deux céréales énergétiques aux propriétés différentes

L’orge contient généralement autour de 50 à 60 % d’amidon dans sa matière sèche, selon la variété et les sources. Le maïs en contient souvent davantage, environ 65 à 75 %. L’amidon fournit de l’énergie utile au travail, à la croissance ou à la lactation, mais une quantité trop importante qui arrive rapidement dans l’intestin postérieur peut perturber sa fermentation.

L’orge est moins énergétique que le maïs à poids égal, tandis que le maïs est très dense et pauvre en fibres. Le cheval qui reçoit du maïs peut donc consommer beaucoup d’énergie dans un petit volume. Cette caractéristique demande une pesée précise, notamment chez le poney, le cheval rustique ou l’animal peu travaillé.

Une céréale ne remplace pas le fourrage. Le foin, l’herbe ou l’enrubannage adapté doivent rester la base de la ration, car les fibres soutiennent la mastication, la salivation et le fonctionnement du gros intestin. La quantité de céréales dépend du poids, de l’état corporel, de l’âge, du travail et de la valeur nutritionnelle du fourrage.

Pourquoi transformer les grains avant de les distribuer

Le cheval digère moins bien un grain entier lorsque son enveloppe protège l’amidon. L’orge aplatie ou floconnée est plus accessible aux enzymes digestives. Le maïs doit généralement être concassé, aplati ou floconné, car ses grains durs peuvent traverser le tube digestif partiellement digérés. La cuisson à la vapeur ou l’expansion modifie aussi la structure de l’amidon.

Le trempage simple ne cuit pas une céréale et ne garantit pas une meilleure digestion de son amidon. Une céréale humide doit être distribuée rapidement, dans un récipient propre, car la chaleur et l’humidité favorisent les fermentations et les moisissures. Ne distribuez jamais un grain présentant une odeur de moisi, des grumeaux inhabituels ou des traces de nuisibles.

Les aliments du commerce associant céréales floconnées, fibres, minéraux et vitamines sont souvent plus simples à intégrer qu’un mélange improvisé. Lisez l’étiquette en recherchant la teneur en amidon, la quantité distribuée par jour et les recommandations liées au poids du cheval. Deux aliments portant le même nom peuvent avoir des valeurs différentes selon leur formulation.

Calculer une quantité sans dépasser les capacités digestives

Pour donner un ordre de grandeur, un cheval de 500 kg au travail modéré peut recevoir quelques centaines de grammes à plusieurs kilogrammes d’aliment concentré par jour, selon son foin et ses besoins. Cette fourchette ne constitue pas une ration automatique. Un poney à l’entretien peut n’avoir besoin d’aucune céréale, alors qu’une jument allaitante ou un cheval de sport peut nécessiter un aliment concentré formulé.

Un repère de prudence souvent utilisé consiste à ne pas dépasser environ 1 g d’amidon par kilogramme de poids vif et par repas. Pour un cheval de 500 kg, cela correspond à 500 g d’amidon au maximum dans un repas, et non à 500 g de maïs ou d’orge. La quantité réelle dépend de l’analyse de l’aliment. Demandez au fabricant ou au nutritionniste la teneur en amidon avant de convertir.

Fractionnez les concentrés en trois repas ou davantage lorsque la quantité quotidienne augmente, avec plusieurs heures entre les distributions. Une mesure en volume peut tromper, car un litre de maïs ne pèse pas comme un litre d’orge floconnée. Pesez la ration avec une balance, puis conservez la même mesure seulement après l’avoir étalonnée. Le cheval doit avoir accès au fourrage et à une eau propre.

Les situations où la prudence doit augmenter

Le poney, l’âne, le cheval rustique et l’animal en surpoids stockent parfois facilement l’énergie. Chez eux, l’orge et le maïs peuvent aggraver un déséquilibre alimentaire, surtout si l’herbe est riche au printemps. Un poney avec une encolure épaissie, une crête dure ou des dépôts graisseux doit être évalué avec un vétérinaire avant l’ajout de céréales, car ces signes peuvent accompagner un syndrome métabolique.

Après une fourbure, une céréale riche en amidon ne doit pas être réintroduite sans avis vétérinaire. Une fourbure correspond à une inflammation douloureuse des tissus qui relient la paroi de la boîte cornée aux structures internes du pied. Si le cheval reporte son poids vers l’arrière, marche avec difficulté, a les pieds chauds ou présente un pouls digité marqué, appelez le vétérinaire tout de suite.

Les chevaux ayant des antécédents de coliques, de diarrhée, d’ulcères gastriques ou de myosite demandent aussi une ration individualisée. Une douleur abdominale, des crottins très rares, des efforts répétés pour se coucher ou un cheval qui se roule imposent d’appeler le vétérinaire en urgence. Ne modifiez pas fortement la ration pendant l’attente et suivez les consignes données au téléphone.

Acheter et conserver les céréales correctement

En France, en octobre 2026, les prix indicatifs observés pour des céréales destinées à l’alimentation équine se situent souvent autour de 0,40 à 1,20 € par kilogramme pour de l’orge ou du maïs en sac, avec des tarifs plus élevés pour les produits floconnés, cuits ou incorporés dans un aliment complet. Le prix varie selon le conditionnement, la région, la certification et les coûts de transport.

Achetez un produit étiqueté pour l’alimentation animale, avec un numéro de lot, une date de durabilité et des consignes de distribution. Stockez les sacs dans un local sec, ventilé, fermé aux rongeurs et posé sur une palette, jamais directement contre un mur humide. Utilisez les sacs ouverts rapidement et vérifiez régulièrement l’odeur, l’aspect et la présence éventuelle d’insectes.

Une transition alimentaire se fait progressivement sur environ sept à dix jours, en remplaçant une partie de l’ancien aliment par le nouveau. Surveillez l’appétit, les crottins, l’état corporel et le comportement pendant cette période. Une diarrhée persistante, une baisse d’appétit, des signes de colique ou une température anormale justifient un appel au vétérinaire dans la journée, ou tout de suite en cas de colique marquée.

Distribuer les céréales avec méthode

Avant chaque repas, vérifiez que la mangeoire est propre et que le cheval avale normalement. Distribuez d’abord le fourrage lorsque l’organisation de l’écurie le permet, car la mastication ralentit l’ingestion et augmente la salivation. Un aliment concentré ne doit pas être jeté au sol dans une zone souillée, ni donné à un cheval qui vient de fournir un effort intense sans période de récupération.

Pour un cheval de 500 kg recevant une petite quantité d’aliment, commencez par peser la ration totale de la journée, puis divisez-la entre les repas prévus. Un cheval qui reçoit 1,5 kg par jour peut par exemple recevoir 500 g lors de trois distributions, si cette quantité correspond bien à ses besoins et à la teneur en amidon du produit. Ce chiffre illustre la méthode, il ne remplace pas un calcul de ration.

Notez la quantité distribuée, le type de céréale, le poids du cheval et son état corporel. Une variation visible de l’encolure, des côtes ou de la croupe doit conduire à réévaluer la ration avec le responsable de l’écurie, un vétérinaire ou un professionnel de la nutrition équine. Les restes moisis ou humides sont retirés immédiatement.

Questions fréquentes

Puis-je donner de l’orge ou du maïs entier à mon cheval ?

Le grain entier est moins régulièrement digéré, surtout pour le maïs dont l’enveloppe est dure. Choisissez une forme concassée, aplatie, floconnée ou cuite selon le produit. Si des grains entiers apparaissent régulièrement dans les crottins, demandez conseil au vétérinaire ou au nutritionniste équin et ne compensez pas en augmentant la quantité.

Quelle quantité de maïs donner à un poney ?

Il n’existe pas de quantité universelle. Un poney à l’entretien ou en surpoids peut ne nécessiter aucune céréale, car le foin couvre souvent ses besoins énergétiques. Le maïs étant riche en amidon, faites calculer la ration à partir du poids, de l’état corporel, du travail et du fourrage. Après une fourbure, demandez un avis vétérinaire avant toute distribution.

L’orge fait-elle grossir plus que le maïs ?

À poids égal, le maïs est généralement plus énergétique et plus riche en amidon que l’orge. La prise de poids dépend cependant de la ration entière, de l’herbe, du foin, de l’activité et du métabolisme individuel. Une mesure en volume ne permet pas de comparer correctement les deux céréales : pesez-les et utilisez les données de l’étiquette.

Puis-je donner une ration de céréales juste après le travail ?

Après un effort, laissez le cheval récupérer, respirer calmement et boire selon ses habitudes avant de distribuer le concentré. Évitez un gros repas riche en amidon sur un cheval encore très essoufflé ou déshydraté. En cas d’abattement, de transpiration anormale, de douleur, de colique ou de refus de boire, appelez le vétérinaire tout de suite.

Testez-vous

3 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.Quelle forme rend généralement l’amidon du maïs plus accessible au cheval ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : Le maïs floconné ou concassé. Le concassage, l’aplatissage, le floconnage ou la cuisson ouvrent la structure du grain et améliorent l’accès à son amidon.

  2. 2.Pour un cheval de 500 kg, que signifie le repère de 1 g d’amidon par kilogramme et par repas ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : 500 g d’amidon au maximum dans le repas. Le calcul concerne l’amidon, pas le poids total de céréale. Il faut donc connaître la teneur en amidon du produit pour déterminer la quantité distribuable.

  3. 3.Quel signe impose d’appeler le vétérinaire tout de suite ?

    Bonne réponse.La bonne réponse : Un cheval qui se roule à répétition avec des signes de douleur abdominale. Des signes de colique, notamment une douleur abdominale avec agitation ou roulades répétées, constituent une urgence vétérinaire.

Sources

  1. IFCE Équipédia, Alimentation du cheval equipedia.ifce.fr
  2. IFCE, Institut français du cheval et de l’équitation ifce.fr
  3. AVEF, Association des vétérinaires équins français avef.fr
  4. RESPE, Réseau d’épidémiosurveillance en pathologie équine respe.net

Mis à jour le . Ces repères généraux ne remplacent pas l’avis du vétérinaire qui suit votre cheval. En cas de doute, appelez-le.

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